Comment la technologie supposée nous rapprocher nous divise

Le logo de Twitter sur un portable, avec une photo du président Trump en arrière-plan, le 27 mai 2020, à Arlington, en Virginie. (AFP/File Photo)
Le logo de Twitter sur un portable, avec une photo du président Trump en arrière-plan, le 27 mai 2020, à Arlington, en Virginie. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 17 avril 2021

Comment la technologie supposée nous rapprocher nous divise

  • Les écrivains arabes contemporains expliquent comment les technologies numériques renforcent peu le caractère tolérant, cosmopolite et sociable des sociétés
  • La technologie qui a accéléré la mondialisation semble avoir conduit bon nombre de personnes à se montrer intolérantes, cloisonnées et introverties

DUBAÏ : La plupart des gens reconnaissent sans doute qu'il aurait été difficile de surmonter le choc psychologique que représente l'isolement imposé par la pandémie de coronavirus (Covid-19) sans l'accès aux médias sociaux, aux achats en ligne et aux vidéoconférences pour pallier l’absence de tout contact humain.

Ces mêmes technologies suscitent chez les gens des sentiments de solitude, d'aliénation et de repli sur soi, même si elles ont accéléré la mondialisation et rassemblé pour la première fois des cultures disparates par une simple touche de clavier.

Loin de rendre les sociétés plus tolérantes, cosmopolites et sociables, la dépendance aux appareils mobiles, les « likes » comme forme de validation et la satisfaction instantanée que procurent le streaming et la livraison à domicile ont conduit bon nombre de personnes à se montrer intolérantes, cloisonnées et introverties.

Des militants du United Hindu Front (UHF) brandissent des pancartes ainsi qu'une photo de la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg lors d'une manifestation à New Delhi, le 4 février 2021. (AFP/File Photo)
Des militants du United Hindu Front (UHF) brandissent des pancartes ainsi qu'une photo de la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg lors d'une manifestation à New Delhi, le 4 février 2021. (AFP/File Photo)

« La mondialisation nous réunit tous dans un forum mondial, où nous nous rassemblons tous », dit Amin Maalouf, l'un des plus grands écrivains arabes contemporains et auteur de l'ouvrage Adrift : How Our World Lost its Way » (ou « A la dérive : comment notre monde s'est égaré»), entre autres livres.

« Réunis, nous ne nous sommes pourtant pas rapprochés les uns des autres. Cela nous a amenés à chercher ce qui nous distingue de la personne à côté de nous ».

L'auteur français d'origine libanaise installé à Paris, qui participe cette année au festival de littérature Emirates Airline organisé à Dubaï, estime que nous traversons une situation de « grand paradoxe ».

Amin Maalouf, auteur français d'origine libanaise basé à Paris, est l'un des plus grands écrivains arabes contemporains. (AFP/File Photo)
Amin Maalouf, auteur français d'origine libanaise basé à Paris, est l'un des plus grands écrivains arabes contemporains. (AFP/File Photo)

« Nous nous ressemblons de plus en plus, nous partageons la même vision du monde, nous disposons des mêmes instruments, et nous détenons les mêmes connaissances. Nos aspirations sont les mêmes. Et pourtant, il nous plait de penser que nous sommes bien différents les uns des autres », explique-t-il.

En effet, tous ceux qui ont exprimé une opinion peu populaire sur les médias sociaux vous raconteront à quel point les internautes peuvent être tribaux et dogmatiques, tout en se cachant derrière la sécurité de l'anonymat en ligne. Les divergences politiques peuvent dégénérer en attaques personnelles virulentes, dans lesquelles les faits sont souvent écartés pour céder la place aux conspirations et aux tropismes.

Ces divergences ne poseraient probablement pas un problème aussi majeur si elles se limitaient à la Toile. Toutefois, les émeutes au Capitole, le 6 janvier dernier, ont révélé que des allégations non étayées de fraude électorale étaient suffisantes pour inciter à la violence collective, dans le monde réel.

Déterminer à qui ou à quoi faire confiance constitue désormais un défi de taille, dans la mesure où le web regorge de sources d'informations biaisées et de nouvelles guidées par des objectifs fixés, qui rivalisent toutes pour attirer « hits », clics et « shares » en vue de façonner le discours dominant auprès du grand public.

En conséquence, les utilisateurs se fient souvent aux récits familiers et aux communautés imaginaires au lieu de chercher à vérifier la réalité et à s'ouvrir à des points de vue différents.

La Corée du Sud s'efforce aujourd'hui de tirer sa jeunesse de l'addiction au numérique, après s'être targuée pendant des années de sa technologie avancée allant de l'Internet à haut débit aux smartphones Samsung. (AFP/File Photo)
La Corée du Sud s'efforce aujourd'hui de tirer sa jeunesse de l'addiction au numérique, après s'être targuée pendant des années de sa technologie avancée allant de l'Internet à haut débit aux smartphones Samsung. (AFP/File Photo)

« C'est tout à fait normal, parce que le progrès de la science et de la technologie nous a rapprochés de façon tellement rapide que nous n'avons pas eu le temps de nous adapter », a ajouté M. Maalouf.

« Mais on peut garder confiance sur le long terme. La tendance principale est à unifier le monde et l'humanité, qui deviendront un jour une nation de peuples très différents, mais convaincus de partager un destin commun ».

« À court terme, en revanche, les identités spécifiques qui s'affirment sont de plus en plus agressives, et accepter la réalité issue des nouvelles technologies nécessitera du temps ».

Parmi les régions qui enregistrent la plus forte pénétration de l'internet figurent le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Le cabinet Internet World Stats, qui surveille l'usage de l'internet au niveau mondial ainsi que l'engagement dans les médias sociaux et les études de marché en ligne a constaté que près de 67 % de la région était active en 2019, contre une moyenne mondiale de 58,8 %.

L'Arabie saoudite, à l'instar des autres pays du Golfe, a enregistré des résultats particulièrement élevés dans ce domaine. Le taux de pénétration de l'internet dans le royaume, qui compte 35,3 millions d'habitants, dépasse les 90 %. Ceci ouvre les Arabes à tout un monde qui regorge d'idées et d'identités, mais aussi de divisions.

La communauté littéraire qui a participé au Festival de littérature d'Emirates Airline a largement reconnu le paradoxe soulevé par Maalouf.

Les plateformes virtuelles comme Netflix et Zoom sont apparues comme des bouées de sauvetage dans un monde en proie à la pandémie et contraint au confinement, mais en Syrie, où deux sites sont bloqués, les gens se sentent de plus en plus coupés du monde. (AFP/File Photo)

L'écrivaine saoudienne Badriah Al-Bishr, première femme à remporter le Prix de la presse arabe pour la meilleure chronique de journal (Arab Press Award for best newspaper column) en 2011, a confié à Arab News que si l'adhésion aux nouvelles technologies constituait une réalisation majeure pour l'humanité, elle a néanmoins engendré une surabondance d'informations.

« L'information n'a rien à voir avec le savoir. Nous acquérons du savoir à partir de données, tout comme nous préparons du pain avec de la farine. La technologie est bénéfique pour l'humanité - le problème est de savoir comment l'utiliser », affirme-t-elle.

Pour passer au crible cette avalanche de données, les entreprises technologiques ont élaboré des algorithmes sophistiqués à partir des interactions, ce qui permet de proposer aux utilisateurs un contenu pertinent. Cependant, les algorithmes utilisés par les géants des médias sociaux, tels que Facebook, peuvent « confiner » les utilisateurs dans une vision étroite et aveugle du monde, « ce qu'ils pensent souhaiter voir et voilà donc le danger des algorithmes », explique à Arab News Ahlam Bolooki, directrice du Festival de littérature Emirates Airline (Emirates Airline Festival of Literature).

Cinq mois avant les émeutes du Capitole, plus précisément en août, les spécialistes des données auprès de Facebook ont averti les responsables de l'entreprise du nombre inquiétant de groupes véhiculant des discours de haine présents sur la plateforme.

Facebook a maintenu son niveau d'usage aux États-Unis, en dépit d'une série de controverses concernant ce réseau social principal et même si les jeunes utilisateurs se tournent désormais vers des plateformes concurrentes telles que TikTok, selon une enquête réalisée le 7 avril 2021. (AFP/File Photo)
Le logo de Twitter apparaît sur un portable avec, en arrière-plan, la page Twitter du président Trump, qui a été suspendue en raison d'une série de plaintes non fondées sur la plateforme. (AFP/File Photo)

Les documents internes que le quotidien Wall Street Journal a pu consulter en janvier indiquent que « 70 % des 100 groupes civiques les plus actifs aux États-Unis sont considérés comme non recommandés pour des questions liées à la haine, à la désinformation, à l'intimidation et au harcèlement ».

Les responsables ont appris qu'un des groupes présentant le plus fort niveau d'engagement « a compilé les nouvelles les plus incendiaires de la journée et les a transmises à une foule infâme qui a aussitôt lancé des appels à la violence plus d'une fois ».

Les spécialistes de la recherche ont également averti qu’ « il faut agir pour stopper ces conversations et les empêcher de se développer aussi rapidement ».

Depuis lors, Facebook s'est engagé à remanier ses algorithmes.

En outre, Mme Al-Bishr souligne que le rythme du changement engendre également un fossé générationnel.

« La génération du millénaire, née au cours de cette période de développement technologique, croit que la vie se limite à la technologie - ils ignorent ce qu'ils ratent. Mais nous, la génération précédente, nous percevons clairement les lacunes », poursuit-elle.

Naouel Chaoui est une Italienne d'origine algérienne qui dirige un club de lecture populaire qui a été contraint de passer au mode numérique pendant la pandémie de Covid-19. Elle estime que la technologie, bien que pratique, ne peut se substituer aux rapports humains.

« La technologie nous ôte ce besoin de contact, réel et humain ; une petite tape sur l'épaule, une étreinte. La communication par le langage du corps occupe une place importante dans notre communication et, lorsqu'elle fait défaut, la communication perd son authenticité », affirme-t-elle à Arab News.

« J'ai l'impression que les nouvelles générations passent à côté de ce volet crucial des rencontres. Leurs rencontres se font à travers des jeux, sur des écrans, ou à travers leurs téléphones ».

Une des solutions, une fois la pandémie dissipée, serait sans doute que les gens se débranchent plus souvent, qu'ils remettent en question leurs idées préconçues et qu'ils élargissent leurs horizons.

Elif Shafak, a prominent British-Turkish author, speaking during her session. (Supplied)
Elif Shafak, éminent auteur turco-britannique. (fournie)

Elif Shafak, auteur turco-britannique de renom, dont les ouvrages ont été traduits en 54 langues, a affirmé que le fait de découvrir des points de vue diversifiés était essentiel pour l'apprentissage.

« En tant qu'humains, ce n'est pas par la répétition que nous apprenons des choses. Ce sont nos différences qui nous apprennent le plus, plutôt que nos similitudes », a déclaré Mme Shafak, également auteur des romans 10 Minutes 38 Seconds in This Strange World (10 minutes 38 secondes dans ce monde étrange) et The Forty Rules of Love (Les quarante règles de l'amour), lors du Festival de littérature d'Emirates Airline.

« Lorsque des personnes qui viennent d'horizons différents et portent des histoires différentes se réunissent, elles se mettent au défi et s'aident à améliorer leur flexibilité cognitive et à faire évoluer leurs perspectives ».

« Je crois profondément à l'importance des rencontres cosmopolites, à l'importance de réunir des personnes aux histoires divergentes et de leur permettre de se parler ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.


Un événement littéraire dans le quartier historique de Djeddah

L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
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  • Plus de 30 maisons d’édition arabes proposent nouveautés, livres rares et romans dans le quartier historique d’Al-Balad
  • L’initiative vise à encourager la lecture et dynamiser la scène culturelle pendant le Ramadan

DJEDDAH : L’événement littéraire à Al-Balad, dans le quartier historique de Djeddah, s’impose comme l’une des manifestations culturelles les plus emblématiques du Ramadan, faisant revivre l’histoire et la culture au cœur de la ville.

Organisé par le Ministère saoudien de la Culture en coopération avec le Jeddah Historic District Program, l’événement réunit plus de 30 maisons d’édition locales, du Golfe et du monde arabe, venues d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Liban, du Koweït et d’autres pays arabes.

Les visiteurs peuvent y découvrir une sélection variée d’ouvrages : nouveautés, livres d’occasion et rares, ainsi que des romans.

L’événement se poursuit jusqu’au 9 mars et accueille le public chaque jour après la prière du Maghrib jusqu’à 2 heures du matin.

Situé derrière Bab Jadid, il occupe un emplacement stratégique au cœur du quartier historique de Djeddah, un quartier animé et riche en activités.

Le gouvernement saoudien met l’accent sur l’organisation d’initiatives littéraires afin de promouvoir la lecture au sein de la société. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com