Inflation vertigineuse et mesures sanitaires imposent aux Libanais un ramadan discret

Mahmud Fannas, Mousaharati traditionnel ou «réveilleur du Ramadan» qui sort les musulmans de leur sommeil pour le repas traditionnel du souhour avant l'aube pendant le mois sacré, visite un petit fan dans une ruelle de la vieille ville de Sidon, au Liban. (Photo, AFP)
Mahmud Fannas, Mousaharati traditionnel ou «réveilleur du Ramadan» qui sort les musulmans de leur sommeil pour le repas traditionnel du souhour avant l'aube pendant le mois sacré, visite un petit fan dans une ruelle de la vieille ville de Sidon, au Liban. (Photo, AFP)
Une femme examine des décorations du Ramadan dans un magasin à la veille du mois sacré, à Sidon, au Liban, le 10 avril 2021 (Photo, Reuters)
Une femme examine des décorations du Ramadan dans un magasin à la veille du mois sacré, à Sidon, au Liban, le 10 avril 2021 (Photo, Reuters)
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Publié le Mercredi 14 avril 2021

Inflation vertigineuse et mesures sanitaires imposent aux Libanais un ramadan discret

  • «Plus de 50% des Libanais vivent à présent sous le seuil de pauvreté» selon la Banque mondiale, conséquence directe de la crise économique et monétaire
  • Le gouvernement impose un couvre-feu pour la durée du Ramadan, de 21 heures à 5 heures du matin. Il a également interdit tous les événements relatifs à l’iftar

BEYROUTH: Les événements sociaux, les traditions et les rassemblements habituellement célébrés pendant le Ramadan sont très différents cette année au Liban, alors que le pays continue de faire face à un effondrement économique sans précédent et à une flambée des cas du coronavirus à l’origine de la Covid-19.

Les préparatifs pour le mois sacré ont été minimes à Beyrouth, et seules quelques pancartes qui rappellent aux gens de faire un don sont visibles dans les rues principales de la ville. Les organismes caritatifs comptent chaque année sur le Ramadan pour recueillir des dons, mais la capacité du pays à donner est se trouve à présent limitée.

«Plus de 50% des Libanais vivent à présent sous le seuil de pauvreté», a déclaré le 4 avril le vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Farid Belhaj.

Pour lutter contre la propagation du virus, la Chambre d'opérations nationale pour la gestion des catastrophes a imposé un nouveau couvre-feu pour la durée du Ramadan, de 21 heures à 5 heures du matin. Il a également interdit tous les événements relatifs à l’iftar.

Les organisations caritatives peuvent distribuer des repas aux maisons, mais seulement après avoir obtenu un permis via la plateforme électronique. Le nombre des fidèles dans les mosquées est limité à 30% tandis que les restaurants et les cafés, qui ont déjà subi plusieurs mois de fermeture, sont à nouveau fermés pour trente jours.

La hausse des prix est devenue le cauchemar quotidien des Libanais, et avec l'arrivée du Ramadan, le coût des produits de première nécessité, comme les légumes et les fruits, a encore fusé en raison de la forte demande.

«Le prix d'un kilo de bœuf est maintenant entre 60 000 et 70 000 livres, et un kilo de poulet taouk se vend à 50 000 livres le premier jour du Ramadan», a déclaré Abbas Ali Salim, un boucher dans la banlieue sud de Beyrouth, à Arab News.

«Les gens me posent des questions sur les prix, et quand je leur réponds, ils semblent très mécontents. Certains me supplient même de leur vendre à des prix plus bas. Mais la vérité est que je suis dans la même situation qu’eux. Je souffre comme eux. Le marché noir vend la viande subventionnée par l'État, monopolisée par les commerçants qui contrôlent les prix».

En raison de l'inflation, le coût d'un repas typique de l’iftar composé d’une soupe aux lentilles, d’une salade fattouch, d’un plat principal de poulet et de riz, d’une demi-tasse de yaourt et une seule date, atteint plus de 60000 livres libanaises, selon l'observatoire de crise de l'Université américaine de Beyrouth.

Selon ces estimations, un mois complet de repas de l’iftar pour une famille de cinq personnes coûterait 1,8 million de livres, ce qui est beaucoup plus élevé que le salaire minimum libanais de 675 000 livres. Ce coût ne couvre même pas les jus, les desserts, le gaz, l'électricité ou les produits de nettoyage utilisés dans la cuisine.

Les chercheurs de l'observatoire expliquent qu'une salade fattouch pour une petite famille qui coûtait 6000 livres pendant le Ramadan de l'année dernière, coûte aujourd’hui 18 500 livres. Cela signifie que le coût d’une salade quotidienne pendant le ramadan de cette année représenterait environ 82% du salaire minimum.

L'observatoire craint que les familles gèrent l'inflation en «réduisant les quantités ou en optant pour des alternatives moins chères afin de remplacer les légumes et la viande, ce qui entraînerait un état dr malnutrition».

Mohammad Chamseddine, chercheur de la firme indépendante d'études et de statistiques Information International, souligne que «les prix des produits de base pendant le Ramadan ont augmenté de 25 à 100%, avec une réduction significative des ventes, parallèlement au pouvoir d'achat érodé des Libanais, en particulier ceux qui sont payés en livres libanaises».

Le Ramadan a également été affecté par le lent rythme de la campagne de vaccination du pays contre la Covid-19, et qui a débuté en février. Le ministre libanais de la Santé, Hamad Hassan, a affirmé mardi que «plus de 20% des Libanais ont développé une immunité, soit par infection, soit par vaccination».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.