Pandémie: les Anglais en terrasses, la France étend la vaccination

Une femme ajoute cœurs et messages au mémorial dédié aux victimes du virus au Royaume-Uni, une fresque géante sur le long de la Tamise (Photo, AFP).
Une femme ajoute cœurs et messages au mémorial dédié aux victimes du virus au Royaume-Uni, une fresque géante sur le long de la Tamise (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 12 avril 2021

Pandémie: les Anglais en terrasses, la France étend la vaccination

  • Le Royaume-Uni, confiné pour la troisième fois début janvier (avec des régions comme Londres confinées dès la mi-décembre), a vu sa situation sanitaire nettement s'améliorer depuis
  • En France, la vaccination va être élargie dès lundi à toutes les personnes âgées de 55 ans et plus, a annoncé dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran

LONDRES: Les Anglais se préparaient lundi à réinvestir terrasses de pubs et salons de coiffure au terme d'un long hiver confiné, tandis que tous les Français âgés de plus de 55 ans sont désormais invités à se faire vacciner.

« Je suis sûr que ce sera un énorme soulagement pour les propriétaires d'entreprises fermées depuis si longtemps et pour tous les autres, c'est l'occasion de recommencer à faire certaines des choses que nous aimons et qui nous ont manqué », s'est réjoui le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il y a exactement un an, Johnson, lui-même contaminé, sortait de l'hôpital après y avoir passé plusieurs jours dont trois nuits en soins intensifs.

La joie de retourner aux terrasses des cafés et restaurants est cependant ternie par la mort du prince Philip, 99 ans, vendredi, qui a plongé le Royaume-Uni dans une période de deuil national qui doit durer jusqu'au jour de ses obsèques, samedi.

Le pays, confiné pour la troisième fois début janvier (avec des régions comme Londres confinées dès la mi-décembre), a vu sa situation sanitaire nettement s'améliorer depuis. 

Il compte désormais moins de 3 000 cas et moins de 50 décès par jour. Moins de 3 000 patients atteints de la Covid-19 sont traités dans les hôpitaux contre près de 40 000 au pic de janvier. 

Il vaccine aussi à tour de bras : près de 60% de la population a reçu une première dose, soit la plus grande partie des moins de 50 ans, les autorités comptant proposer une première dose à l'ensemble des adultes d'ici fin juillet.

Cet objectif a été maintenu malgré les inquiétudes soulevées quant à d'éventuels risques de caillots sanguins liés au vaccin d'AstraZeneca, finalement réservé aux plus de 30 ans par précaution.

Des allègements de restrictions sanitaires sont également attendus cette semaine en Italie, Irlande, Slovénie et Grèce. 

L'Allemagne a pour sa part franchi le seuil des 3 millions de contaminations, selon des chiffres publiés lundi par l'autorité nationale de veille sanitaire. La chancelière Angela Merkel s'est à nouveau prononcée au cours du week-end en faveur d'une forme stricte de reconfinement national pour une période assez brève.

Freiner l'épidémie

En France, la vaccination va être élargie dès lundi à toutes les personnes âgées de 55 ans et plus, a annoncé dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran. Elles recevront l'AstraZeneca ou le vaccin de Johnson & Johnson, qui doit être livré à partir de lundi. 

La cadence de la campagne vaccinale est un enjeu crucial pour le gouvernement, au moment où la France est frappée par une violente troisième vague.

Mais pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, interrogé par le Journal du dimanche, tout miser sur le vaccin pour sortir de la crise s'apparente à « un pari hasardeux. Et risqué ».

Par ailleurs, la vente en pharmacie d'autotests de dépistage de la Covid-19 sur prélèvement nasal, pour les personnes asymptomatiques de plus de 15 ans, va être autorisée.

La situation est redevenue très tendue à l'hôpital, conséquence d'une épidémie hors de contrôle en mars, poussée par le variant anglais, plus contagieux, du coronavirus.

Au Brésil, l'un des pays les plus touchés au monde par la pandémie (plus de 353 000 morts à ce jour), la majorité des personnes se trouvant en soins intensifs ont désormais moins de 40 ans, a révélé dimanche une étude de l'Association brésilienne des soins intensifs (AMIB).

« Cette population ne contractait auparavant qu'une forme moins grave de la maladie et n'avait pas besoin de soins intensifs », a expliqué le Dr Ederlon Rezende, coordinateur de l'étude. « Une telle hausse pour ce groupe d'âge est très significative ».

De son côté le Venezuela va produire un vaccin anti-Covid cubain, à hauteur de deux millions de doses par mois, à partir du mois d'août, selon son président Nicolas Maduro. 

Ramadan sous contrainte

Des millions de fidèles musulmans s'apprêtent à entrer cette semaine dans le jeûne sacré du ramadan, l'un des cinq piliers de l'islam. Durant ce mois, ils doivent notamment s'abstenir de manger et de boire du lever au coucher du soleil. 

Traditionnellement une période de rassemblements, c'est aussi un mois de prières au cours duquel les fidèles convergent en nombre vers les mosquées.

Mais en raison de la pandémie de Covid-19, presque tous les pays musulmans ont imposé des restrictions aux fidèles, leur demandant de prier chez eux, et ont parfois instauré des couvre-feux.

Ces restrictions sanitaires sont soutenues, dans la plupart des cas, par les autorités religieuses.

Les autorités saoudiennes ont ainsi annoncé début avril que seules les personnes vaccinées contre la Covid-19 seraient autorisées à effectuer la omra, le petit pèlerinage à La Mecque, à partir du début du ramadan.

Le ramadan génère habituellement à La Mecque une grande affluence de fidèles venant d'Arabie saoudite et d'autres pays musulmans. Le petit pèlerinage, suspendu en mars 2020 en raison de la pandémie, a repris timidement début octobre avec des mesures de précaution.

Au Japon, où les JO de Tokyo-2020, retardés d'un an en raison de la pandémie, doivent s'ouvrir le 23 juillet, l'heure est également à un durcissement des mesures sanitaires, même si celles-ci demeurent nettement moins sévères que dans d'autres pays.

Elles prévoient notamment la fermeture des restaurants et des bars à 20H00 et des mesures spéciales pour la capitale. 

Malgré plusieurs vagues d'infections, le Japon a été relativement épargné jusqu'ici par rapport à d'autres pays, avec quelque 9 300 décès officiellement recensés dans l'archipel depuis janvier 2020. 

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 2 929 563 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.


Téhéran dit ne pas avoir tranché sur un accord brandi par Trump après l'annulation de frappes

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est proche et a annulé des frappes américaines prévues
  • Téhéran assure qu’aucune décision finale n’a encore été prise concernant cet accord

TEHERAN: Téhéran a indiqué vendredi ne pas avoir encore tranché sur l'accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre, tempérant cette nouvelle annonce de Donald Trump qui a évoqué une signature dès "ce week-end".

Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines qu'il avait menacées de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.

"Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe", a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.

La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n'avoir pas encore décidé de signer.

"Jusqu'à présent, l'Iran n'a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord", a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d'Etat iraniens.

Le dirigeant républicain a dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu'il a qualifié "d'accord-cadre très solide" avec les Etats-Unis et avancé que son vice-président, JD Vance, le signerait possiblement dès "ce week-end".

Mais il n'a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Selon un message sur X du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait "l'élimination de l'uranium enrichi" de Téhéran.

Cet espoir de résolution du conflit a entraîné à la baisse le pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédant 1,11% à 89,37 dollars vers 2H30 GMT. Rassérénés, les marchés asiatiques bondissent aussi vendredi matin, l'indice Nikkei à Tokyo grimpant de presque 4%, et le Kospi à Séoul flambant de plus de 7%.

- Terminal pétrolier menacé -

Jeudi, Donald Trump avait promis de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée, menaçant notamment de "prendre l'île de Kharg", son principal terminal pétrolier.

Mais "prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes", il a annoncé plus tard avoir "annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran", sur son réseau Truth Social.

Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l'Iran, pour la 38e fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.

L'Egypte a appelé Washington et Téhéran à saisir "l'opportunité" d'un accord pour mettre fin à la guerre, après l'annulation des frappes sur l'Iran, dans un communiqué publié tard jeudi.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril, a globalement été respecté jusqu'au week-end dernier, mais cette semaine a été marquée par une reprise marquée des hostilités, plus de trois mois après le début du conflit.

L'armée américaine a indiqué avoir ciblé dans la nuit de mercredi à jeudi "des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays".

L'Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie - tous interceptés - et a à nouveau ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. A Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

- Ormuz fermé -

Le détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, a concentré les tensions: l'autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement "jusqu'à nouvel ordre", alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.

L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche quand l'Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.

Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part.

Israël avait riposté aux missiles iraniens, avant que les deux ennemis n'annoncent suspendre les hostilités, comme réclamé par Donald Trump.

Dix membres du personnel d'un hôpital de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, ont été blessés dans un bombardement israélien jeudi, a indiqué à l'AFP le directeur de l'établissement.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.

Les opérations israéliennes ont tué plus de 3.700 personnes, principalement dans le sud du pays où son armée occupe désormais une partie du territoire.