Bataille houleuse attendue pour les élections législatives palestiniennes

Des Palestiniennes inscrivent leur nom pour les élections législatives et présidentielle, dans une école de la ville de Gaza, février 2021 (Photo, Reuters)
Des Palestiniennes inscrivent leur nom pour les élections législatives et présidentielle, dans une école de la ville de Gaza, février 2021 (Photo, Reuters)
Les dirigeants palestiniens insistent pour que le vote ait lieu à Jérusalem-Est (Photo, AFP)
Les dirigeants palestiniens insistent pour que le vote ait lieu à Jérusalem-Est (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 06 avril 2021

Bataille houleuse attendue pour les élections législatives palestiniennes

  • Le Hamas est le principal rival des forces palestiniennes laïques et de gauche lors des élections
  • Les Palestiniens qui «ont puni et humilié» le Fatah lors des dernières élections puniront le Fatah et le Hamas ensemble et les humilieront lors des prochaines élections

GAZA: Le grand nombre de listes concurrentes pour les élections palestiniennes indique la «soif» du peuple pour le changement. 

Les responsables électoraux ont annoncé que 36 listes de candidats ont été approuvées pour se présenter aux élections législatives prévues le mois prochain. 

Le vote, qui précède une élection présidentielle prévue le 31 juillet, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les mouvements palestiniens dominants – le Fatah et le Hamas – pour renforcer le soutien international à la gouvernance palestinienne. 

Le Fatah est confronté à des défis de la part de factions dissidentes, notamment la Liste de la liberté, dirigée par Nasser al-Qidwa, un neveu de Yasser Arafat, l’icône palestinienne défunte. 

Avant que la campagne électorale ne commence officiellement à la fin du mois d'avril, des indications officieuses indiquent que la rue palestinienne sera le théâtre d’une bataille houleuse. 

Ces derniers jours, les plates-formes des réseaux sociaux et les sites d’actualités locaux ont connu une forte polarisation. Ces interactions ont mis en évidence des signes d’hostilité entre les programmes des concurrents et leurs orientations politiques et intellectuelles. 

Nasser al-Qidwa, démis de ses fonctions de membre du Comité central du Fatah après un différend avec le président, Mahmoud Abbas, a déclenché une large controverse dans l'arène palestinienne. Ses déclarations, sur une chaîne de télévision française jeudi, indiquant qu’il s’opposait à ce qu'il a qualifié d'«islamisme politique» – dans une référence apparente au Hamas – ont suscité la controverse. Le Hamas est le principal rival des forces palestiniennes laïques et de gauche lors des élections. 

Les observateurs considèrent les propos de Nasser al-Qidwa comme le «coup de sifflet» du début d'une campagne électorale qui, selon eux, pourrait être le théâtre de «coups bas». 

Au cours de l'interview, qui n'a pas excédé vingt minutes, M. Al-Qidwa a déclaré : «Nous tous, tous les partis [du Fatah], avons des problèmes avec l'islam politique ou l'islamisme politique en général.» 

M. Al-Qidwa s'oppose à l'accord entre le Fatah et le Hamas, en vertu duquel les élections auront lieu. «Nous tenons tous à l'unité nationale palestinienne et à la restauration de la bande de Gaza, à la fois géographiquement et politiquement. Nous insistons sur cet objectif national central. Mais pas de la manière qui a été suivie jusqu'à présent, car c'est une manière irréelle et fragile.» 

Nasser al-Qidwa se présente aux élections avec une liste distincte de celle du Fatah officiel, soutenue par l'éminent dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti, détenu dans une prison israélienne depuis 2003. 

Le Hamas et d’autres partis ont vu dans les déclarations d’Al-Qidwa «un départ raté dans la course électorale vers le Conseil législatif palestinien». 

Basem Naeem, membre du Bureau des relations internationales du Hamas, déclare que Nasser al-Qidwa «essaie de résoudre son problème d'organisation et d'obtenir des succès personnels au détriment de notre unité nationale». Il ajoute: «Il n'est pas permis à qui que ce soit d'être le prolongement d’un quelconque projet étranger. La question palestinienne est très particulière et ses dirigeants ne peuvent pas se permettre de provoquer des conflits aussi vils et durables.» 

Hatem Abdelkader, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah, affilié à Marwan Barghouti, souligne que ces déclarations «n'expriment que le point de vue d'Al-Qidwa et n'expriment pas le point de vue du leader, Marwan Barghouti». «Bien que nous soyons en désaccord avec l'islam politique en termes d'idées et d'orientations, nous le respectons et le considérons comme un élément essentiel de la situation nationale palestinienne et un partenaire dans la bataille pour la libération nationale.» 

Une autre bataille se déroule sur les plates-formes des réseaux sociaux, principalement entre le Fatah et le Hamas, qui ont diffusé des vidéos hostiles reprenant des déclarations antérieures de responsables, notamment le président Abbas et le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh. 

Chaque partie essaie de remettre en question la crédibilité de l'autre et sa capacité à diriger le peuple palestinien. 

Des vidéoclips du président Abbas ont été largement diffusés et leurs promoteurs, soupçonnés d'être affiliés au Hamas, ont voulu montrer son hostilité à la résistance et son respect pour la coordination sécuritaire avec Israël. 

Des militants soupçonnés d'être du Fatah les ont contrés avec des dirigeants anti-Ismail Haniyeh et d'autres dirigeants du Hamas montrant leurs positions changeantes et contradictoires sur les questions politiques et sociétales.  

Le professeur de sciences politiques Ibrahim Abrash a évoqué des problèmes concernant le Hamas dans un article publié par des sites web affiliés au Fatah. Il déclare que l'arène palestinienne n'a pas encore produit un parti politique alternatif au Fatah, capable d'assumer la responsabilité et de respecter l'ensemble minimum de constantes et de droits politiques du peuple palestinien. 

«Dans le même temps, le public a fait l'expérience du règne du Hamas et de ce qui s'est passé dans la bande de Gaza et au niveau international», souligne-t-il. 

Les propos d'Ibrahim Abrash ont poussé le journaliste affilié au Hamas, Issam Shawer, à le critiquer. 

M. Shawer a déclaré que ce qu'Ibrahim Abrash a dit «n'a ni sincérité ni respect pour l'esprit des gens». Il a uniquement l'intention d’inciter les gens à soutenir le Fatah et d’empêcher le soutien au Hamas. 

Dans un article publié dans le journal Falastin affilié au Hamas à Gaza, Issam Shawer a lancé une attaque cinglante contre l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP). 

M. Shawer accuse l'OLP d'avoir abandonné les trois quarts de la Palestine historique, y compris Jérusalem. Il défend, quant à lui, l’expérience du Hamas au gouvernement et justifie ses échecs à Gaza par le siège, les guerres israéliennes et les mesures de l’Autorité palestinienne. 

Une liste officielle du Hamas et d'autres listes de ses proches figurent parmi les 36 listes électorales. 

Il existe également une liste officielle du Fatah. Une autre liste est partagée entre Nasser al-Qidwa et Marwan Barghouti. 

Une liste concerne le chef démis du Fatah, Mohammed Dahlan, en plus des listes des forces de gauche. Il existe également des listes avec des personnalités indépendantes. 

Nashaat al-Aqtash, professeur de médias à l'université de BirZeit, s'attend à des campagnes électorales houleuses dans la période à venir parmi les listes concurrentes, en particulier entre le Fatah et le Hamas. Il déclare que les circonstances actuelles sont complètement différentes de la situation qui prévalait lors des élections de 2006. 

Il souligne également que les Palestiniens qui «ont puni et humilié» le Fatah lors des dernières élections puniront le Fatah et le Hamas ensemble et les humilieront lors des prochaines élections. 

M. Al-Aqtash considère le grand nombre de listes concurrentes comme une indication de la «soif» de changement du peuple. 

Il indique que le Fatah et le Hamas ne parviendront pas à un «pouvoir de décision» en dépit du fait qu'ils remporteront le plus grand nombre de sièges. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Qatar: l'armée de l'air a abattu deux bombardiers iraniens 

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
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  • "L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays"
  • Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers

DOHA: L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

"L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd'hui", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Cette annonce intervient après que la compagnie énergétique publique qatarie a annoncé l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après les attaques de drones iraniens qui ont attaqué deux de ses principales usines de traitement de gaz.

Concernant ces attaques, un drone iranien a visé, d'après le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique à Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays, à 80 km au nord de la capitale, sur la côte.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d'eau d'une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques de drones n'ont pas fait de victimes, selon les autorités.

 


L'Arabie saoudite intercepte 5 drones près de la base aérienne Prince Sultan : porte-parole

Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
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  • Al-Maliki a annoncé l'interception et la destruction de cinq drones hostiles
  • Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès

RIYAD: Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki, a annoncé lundi l'interception et la destruction de cinq drones hostiles près de la base aérienne Prince Sultan.

Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès.

M. Al-Maliki a confirmé qu'aucune victime civile n'avait été signalée à la suite de l'interception, notant qu'un petit incendie s'était déclaré à l'intérieur de la raffinerie en raison de la chute de débris, mais qu'il avait été rapidement maîtrisé.