« Donnez-nous de l'argent, pas des vaccins » s’insurgent les réfugiés afghans au Pakistan

Une mère et son fils devant leur tente dans un bidonville, lors du confinement imposé par la pandémie de coronavirus à Karachi. (Reuters)
Une mère et son fils devant leur tente dans un bidonville, lors du confinement imposé par la pandémie de coronavirus à Karachi. (Reuters)
Short Url
Publié le Dimanche 04 avril 2021

« Donnez-nous de l'argent, pas des vaccins » s’insurgent les réfugiés afghans au Pakistan

  • Les réfugiés disent qu'ils ne comptent pas se faire vacciner, invoquant un manque d'information
  • Près de 1,4 million de réfugiés afghans vivent dans 54 camps à travers le Pakistan

KARACHI : Dans le sud du Pakistan, des réfugiés afghans demandent au gouvernement de l'argent plutôt que des vaccins pour lutter contre le coronavirus (Covid-19), dans la mesure où le virus ne s'est pas propagé dans leurs camps.

Les représentants des réfugiés afghans ont affirmé qu'ils ne possédaient aucune information concernant le programme de vaccination. Certains ont précisé que le virus n'avait causé aucun décès dans leurs camps, ce qui suscite des inquiétudes quant à la faible connaissance de ce virus parmi les réfugiés.

Près de 1,4 million de réfugiés afghans vivent dans 54 camps à travers le pays, en majorité dans les provinces du nord-ouest de Khyber Pakhtunkhwa et du sud-ouest du Baloutchistan, toutes deux situées à la frontière avec l'Afghanistan. D'autres camps sont établis dans de grandes villes comme Karachi et Islamabad.

« Personne ne nous a contactés à propos des vaccins », déclare à Arab News Zahir Pashtun, un jeune activiste du camp de réfugiés de New Saranan, dans le sud-ouest de la province du Baloutchistan. « À mon avis, les réfugiés ne se feront pas vacciner, ne serait-ce que pour 1 % d'entre eux », estime-t-il, avant d'ajouter que « certains pensent même qu'ils vont mourir s'ils se font vacciner ».

Selon Zahir Pashtun, le virus n'a fait aucune victime dans son camp, mais il a gravement affecté la situation financière des ouvriers de sa communauté dont la plupart sont payés à la journée, en raison de ses répercussions sur l'économie depuis mars dernier. Un ouvrier vivant dans le même camp estime que le gouvernement doit verser de l'argent aux réfugiés au lieu de les vacciner.

Le mois dernier, le Centre national de commandement et d'opération, l'organe principal de la réponse au coronavirus du Pakistan, a annoncé que la vaccination des étrangers vivant dans le pays avait été approuvée. Le ministère de la Santé a quant à lui signalé que la campagne démarrerait au cours de la première semaine d'avril. Rien de tel n'a encore été signalé.

Zabihullah Ahmadi est enseignant à l'école de réfugiés afghans Syed Jamaluddin, dans le Sind. D’après lui, il n'y a « aucun signe » de Covid-19 dans sa communauté. « Lorsque le gouvernement décidera de les (les réfugiés) vacciner, il faudra les sensibiliser au virus. Même alors, la plupart des réfugiés afghans risquent de refuser le vaccin car ils ne considèrent pas (le virus) comme étant une maladie », explique M. Ahmadi.

Depuis mars 2020, le Covid-19 a fait plus de 14 000 victimes au Pakistan. On compte 4 500 décès dans la province du Sind et un peu plus de 200 décès au Baloutchistan.

Qaiser Afridi, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, déclare à Arab News qu'il faudrait sensibiliser les gens « une fois qu'un système permettant de recenser les chiffres sera instauré ». Selon lui, un groupe de travail technique consacré aux réfugiés a été créé pour traiter ce problème.

« Les réfugiés seront inclus dans la campagne prévue pour les Pakistanais. Nous ne leurs avons pas consacré une démarche distincte », explique M. Afridi. Selon lui, les ressortissants afghans s'inscriront en ligne comme les autres citoyens à l'aide de leur Carte d'inscription. Ils devront ensuite se rendre au centre de vaccination pour adultes le plus proche dans les établissements de santé publics. « La vaccination ne se fera pas dans les villages de réfugiés », dit-il. 

« Nous n'avons vu personne mourir du Covid-19 », explique à Arab News Mullah Abdul Rehman, un réfugié afghan dans la province de Sind. Il raconte qu'il garde toujours un masque sur lui mais qu'il ne le porte qu'après avoir traversé le pont de Sohrab Goth en route vers Karachi. D'après lui, son camp est un « territoire libre de masques ». « Comme personne n'a contracté le coronavirus, les gens pensent qu'il n'est pas aussi important que le vaccin contre la polio », ajoute-t-il.

Toutefois, dans les camps de réfugiés situés au-delà des provinces du sud, les Afghans affichent une attitude bien différente. Dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, les réfugiés sont plus enclins à se faire vacciner.

 « Nous avons entendu parler du vaccin et nous nous efforçons de sensibiliser les gens à ce sujet ; le Covid-19 est une maladie mortelle », déclare à Arab News Mohibullah Salman, un responsable des jeunes dans le village de réfugiés de Jalala. « Les groupes de jeunes sensibilisent les gens qui se montrent de plus en plus disposés à se faire vacciner. Une fois que le gouvernement aura lancé la campagne de vaccination, un grand nombre de réfugiés rejoindront la file d'attente ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Short Url
  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.