Deux cents ans après, la révolution grecque plane toujours sur les relations entre Athènes et Ankara

La bataille navale de Navarin vue par Ambroise Louis Garneray (1827). (Chambre des communes)
La bataille navale de Navarin vue par Ambroise Louis Garneray (1827). (Chambre des communes)
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Publié le Vendredi 26 mars 2021

Deux cents ans après, la révolution grecque plane toujours sur les relations entre Athènes et Ankara

  • L’ombre de l’histoire, en particulier le début du processus révolutionnaire grec en 1821, continue aujourd’hui de planer sur les relations gréco-turques
  • La prise de conscience de la centralité de «l’autre » dans les processus historiques est essentielle pour comprendre les différends actuels entre les deux pays

WASHINGTON: Cette année est particulièrement symbolique pour la Grèce. Le pays célèbre le bicentenaire du début de l’insurrection grecque, qui a conduit à la création de l'État grec moderne en 1830.

Des centaines d'événements seront organisés cette année, notamment sous les auspices du Comité Grèce 2021 mis en place pour l'occasion.

Il vise à faire la lumière sur différents aspects de la renaissance de la nation grecque et les efforts réalisés pour gérer ses affaires indépendamment de l’Empire ottoman. Qu'est-ce que la guerre d'indépendance grecque et comment les relations gréco-turques ont-elles été affectées par son émergence?

Pour commencer, il est important de souligner que le processus de neuf ans qui a conduit à la formation moderne de l’État grec n’était pas une guerre d’indépendance au sens traditionnel. Il serait plus juste de le dépeindre comme une rébellion, voire une révolution, puisque les rebelles étaient loin de constituer une armée organisée.

De plus, aucun État grec, capable de mener un conflit armé conventionnel contre l'armée et la marine ottomanes organisées, n’existait à l'époque. Enfin, la révolution est partie de multiples endroits, car les Grecs étaient dispersés dans une vaste zone géographique à l'intérieur et à l'extérieur de l'Empire ottoman.
 

La révolution grecque démarre en février 1821, lorsqu‘Alexandros Ypsilantis publie un manifeste appelant à prendre les armes dans ce qui est aujourd’hui la Roumanie. Il fait valoir que le moment est venu pour les Grecs, où qu'ils soient, de se battre  pour la foi et la patrie».

Ypsilantis est à la tête de la Friendly Society («Filiki Eteria»), une organisation créée par des membres de la diaspora grecque à Odessa en 1814, qui va jouer un rôle clé pour soutenir la révolution, financièrement, logistiquement et politiquement.

La rébellion organisée par Ypsilantis est assez rapidement réprimée, car les révolutionnaires ne sont pas suffisamment préparés et sont facilement vaincus après l’intervention du tsar et son soutien au gouvernement central ottoman.

Pourtant, le flambeau est repris par des rebelles plus au sud, dans le Péloponnèse, et la révolution est finalement couronnée de succès en 1830, lorsque la pleine indépendance de l'État grec est reconnue par les grandes puissances du Royaume-Uni, de la France et de la Russie. Les puissances européennes se rendent en effet compte que l’autonomie de la Grèce et son éventuelle indépendance servent mieux leurs intérêts.

Guerre d'indépendance grecque entre 1821 et 1829, le général turc Ibrahim Pacha devant sa tente, gravure sur bois d’après un dessin de Jeanron, vers 1827. (Alamy)
Guerre d'indépendance grecque entre 1821 et 1829, le général turc Ibrahim Pacha devant sa tente, gravure sur bois d’après un dessin de Jeanron, vers 1827. (Alamy)

En outre, l’opinion publique occidentale sympathise largement avec les révolutionnaires en 1825-1826. Elle voit d’un bon œil la lutte de chrétiens qui combattent les musulmans (au moins dans certaines zones de conflit), et fait le lien entre l'image de la Grèce antique et la lutte moderne de ses successeurs sur son sol.

Le lien est fragile à plus d'un titre, mais cela a finalement peu d’importance. Le philhellénisme devient une force puissante qui permet aux révolutionnaires d'atteindre leur objectif. En 1832, l'Empire ottoman accepte également ce qui est devenu une évidence: la Grèce est désormais membre de la communauté des nations.

Sa lutte devient un cri de ralliement pour d'autres populations de l'Europe du XIXᵉ siècle. Les Polonais, les Hongrois et bien d'autres voient à juste titre dans la révolution grecque l'expression passionnée des idéaux des révolutions française et américaine, qui conduira à la formation de leurs propres États au fil du temps.

La révolution grecque de 1821 est donc un événement capital dans l'histoire du monde, bien plus lourde de conséquences que le petit État qui en a résulté. Pour les révolutionnaires et la classe politique de l'État émergent, les priorités sont toutefois plus immédiates. Il s’agit faire en sorte que la Grèce s'agrandisse et regroupe la majorité des Grecs toujours soumis à la domination ottomane.

Pour ce faire, les rebelles vont combattre les Ottomans à plusieurs reprises jusqu'à ce que les frontières du pays soient définitivement délimitées en 1947 et que l’intégration dans l’État des îles du Dodécanèse ait lieu. Deux décennies plus tôt, le Traité de Lausanne de 1923 avait mis fin à la guerre entre la Grèce et la Turquie, fixant les frontières de cette dernière.

Le dirigeant turc Moustafa Kemal Atatürk et ses camarades d'armes avaient auparavant rejeté l'Empire ottoman en déclin. Mais c’est surtout la ferveur nationaliste qui a conduit à la victoire militaire et à un nouvel ensemble d'accords diplomatiques signés entre la Grèce et d'autres puissances européennes.

 

Les observateurs modernes des relations gréco-turques ont souvent du mal à comprendre leurs différends actuels, ignorant la centralité de «l'autre» dans le processus historique qui a conduit les deux États à naître.

Comme je l'ai expliqué ailleurs, c'est précisément la formation historique de leur État – en particulier la création de l'identité et la configuration de la conscience nationale en opposition à l'autre camp – qui explique les débordements émotionnels et le peu de rationalité dans les mécanismes de règlement de leurs conflits.

Les employés du musée déballent une œuvre représentant l'héroïne de la révolution grecque, Laskarina Bouboulina, dans le nouveau musée dédié aux volontaires étrangers philhellènes qui ont combattu et sont morts pour la Grèce le 12 mars 2021 (AFP / File Photo)
Les employés du musée déballent une œuvre représentant l'héroïne de la révolution grecque, Laskarina Bouboulina, dans le nouveau musée dédié aux volontaires étrangers philhellènes qui ont combattu et sont morts pour la Grèce le 12 mars 2021 (AFP / File Photo)

Comment?

À partir des années 1820, et pendant tout un siècle, la victoire d’une partie sur le champ de bataille (ou, plus souvent, des cercles de décision diplomatique des grandes puissances, sur lesquels l’État grec s’appuyait habilement) signifiait une perte pour l’autre partie. De 1830 à la signature du Traité de Lausanne, des générations de Grecs sont déterminées, prêtes au combat, pour libérer «l’hellénisme asservi» de la domination turque, ou tourkokratia.

Lors de ce processus de reconquête, les Grecs réussissent également à intégrer d’autres régions provenant d’autres pays tels que le Royaume-Uni (les îles Ioniennes en 1863). En 1881, un pas supplémentaire est fait, lorsque les grandes puissances convainquent de nouveau les Ottomans de céder la Thessalie et une partie de l'Épire à la Grèce. Au début du XXᵉ siècle, le déclin de l’Empire ottoman s’accélère et la Grèce en profite.

Les guerres des Balkans de 1912-13 ont opposé la Grèce, la Serbie et la Bulgarie aux Ottomans. Ces pays se sont aussi battus entre eux, sur la Macédoine et certaines parties de l'Épire. L'union de la Crète avec la Grèce a également été scellée à cette époque.

La Grèce réussit à étendre son territoire de plus de 60% et son désir de libérer les «frères asservis» semble près d’aboutir en 1921. L'effondrement de l'Empire ottoman, combiné aux politiques diligentes du Premier ministre grec Eleftherios Venizelos, permet à la Grèce d’atteindre son apogée en 1921.

Pourtant, dix années de guerre continue font des ravages et l’irrédentisme grec illustré par la marche de son armée sur l’Anatolie centrale, s’arrête brutalement avec la contre-attaque dévastatrice d’Atatürk. Lausanne met fin aux hostilités entre les deux pays, mais pas avant que la Grèce et la Turquie se lancent dans un échange de populations dont le principal critère est l’appartenance religieuse.

Le Premier ministre grec Constantin Caramanlis (L) et son homologue turc Suleyman Demirel (R) s'entretiennent lors d’un sommet gréco-turc, le premier depuis la fin de la guerre de Chypre au Palais d'Egmont à Bruxelles, Belgique, le 31 mai 1975, principalement pour résoudre le conflit entre les deux pays sur le problème chypriote. (AFP/Fichier Photo)
Le Premier ministre grec Constantin Caramanlis (L) et son homologue turc Suleyman Demirel (R) s'entretiennent lors d’un sommet gréco-turc, le premier depuis la fin de la guerre de Chypre au Palais d'Egmont à Bruxelles, Belgique, le 31 mai 1975, principalement pour résoudre le conflit entre les deux pays sur le problème chypriote. (AFP/Fichier Photo)

Les vestiges de l'hellénisme perdurent dans la nouvelle République turque, car le patriarcat est autorisé à rester à Istanbul, de même qu’une importante minorité grecque. Dans les années qui suivent, et une fois la guerre terminée, les relations gréco-turques connaissent des hauts et des bas.

Les tensions sont le plus souvent vives, en particulier au sujet de Chypre, qui reste divisée à ce jour en deux parties (turque et grecque), et éclipse les tentatives de normalisation. Il est cependant important de souligner, qu’en raison de siècles de coexistence entre les deux peuples, leurs relations ont également traversé des périodes d’entente et de respect mutuel.

Immédiatement après la guerre, Atatürk et Venizelos ont établi  des relations cordiales, notamment en raison de leur véritable désir d’une paix durable et des réformes révolutionnaires d’Atatürk. En 1934, Venizelos propose même que le prix Nobel de la paix soit décerné à Atatürk.

Les relations amicales se sont cependant détériorées après le décès des deux dirigeants et ne sont améliorées qu'à la fin des années 1990, une autre période de rapprochement. L’ombre de l’histoire – en particulier le début du processus révolutionnaire grec en 1821 – continue aujourd’hui de planer sur les relations gréco-turques.

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* Dimitris Tsarouhas est professeur de relations internationales, spécialisé dans la politique grecque, les relations Grèce-Turquie, les relations UE-Turquie et les affaires européennes. Twitter: @dimitsar

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump dit que la guerre sera finie d'ici deux ou trois semaines, Ormuz n'est plus son problème

Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump annonce un retrait imminent des États-Unis d’Iran, avec ou sans accord, tout en minimisant l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, malgré les tensions persistantes
  • Le conflit s’intensifie : frappes en Iran, menaces contre des entreprises américaines, positions fermes d’Benjamin Netanyahu et exigences de Massoud Pezeshkian, sans signe de désescalade

WASHINGTON: Dans un nouveau revirement dont il est coutumier, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis quitteraient l'Iran "très bientôt", dans "deux ou trois semaines", peu importe qu'un accord soit conclu, et que le détroit d'Ormuz bloqué par la République islamique n'était plus son problème.

Après plus d'un mois de conflit, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente mercredi pas de signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.

La journée de mardi a été marquée par des frappes tous azimuts sur l'Iran et une mise en garde des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, envers les entreprises américaines du secteur des hautes technologies implantées dans la région.

Le président américain, de son côté, continue de souffler le chaud et le froid: lui qui avait promis lundi d'"anéantir" la stratégique île iranienne de Kharg et d'autres cibles si un accord n'était pas trouvé "rapidement", a fait machine arrière mardi.

"Tout ce que j'ai à faire c'est partir de l'Iran et nous le ferons très bientôt", a ainsi affirmé Donald Trump. Il a ensuite évoqué un délai de "deux, peut-être trois semaines", et finalement peu importe selon lui qu'un accord soit trouvé avec la République islamique: c'est "sans importance".

"Nous partirons très bientôt. Et si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole ou son gaz ils iront tout droit dans le détroit d'Ormuz (...) et ils se débrouilleront tout seuls. Je pense que ce sera un endroit très sûr en réalité, mais nous n'avons rien à voir avec ça", a-t-il poursuivi.

- "Espionnage" -

Il avait déjà affirmé mardi matin que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend de ce détroit stratégique, bloqué par l'Iran depuis le début du conflit.

La Maison Blanche a en tout cas annoncé que Donald Trump s'adresserait à la nation mercredi soir à 21H00 (01H00 GMT jeudi) pour "donner de nouvelles informations importantes sur l'Iran".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est quant à lui resté sur une ligne dure: "La campagne n'est pas terminée (...) nous allons continuer d'écraser le régime terroriste, nous renforcerons les zones de sécurité autour de nous et nous atteindrons nos objectifs", a-t-il affirmé lors d'une allocution télévisée.

De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a réclamé pour mettre fin à la guerre, des "conditions essentielles", en particulier "les garanties nécessaires pour empêcher la répétition de l'agression", le versement de compensations financières et un arrêt des hostilités sur tous les fronts.

En attendant, les Gardiens de la Révolution ont listé dans un communiqué 18 entreprises américaines dont Google, Apple, Meta ou encore Tesla, les accusant d'"espionnage" et menaçant de "destruction" de leurs locaux en représailles à tout nouvel "assassinat" de responsables en Iran.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé que les prochains jours seraient "décisifs", tout en assurant que les discussions avec l'Iran "se renforcent".

"Je reçois des messages directement de (l'envoyé spécial américain Steve) Witkoff, comme auparavant, et cela ne signifie pas pour autant que nous soyons en négociations", a tempéré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur Al Jazeera.

- "Interdiction de passage" -

Dans la soirée, plusieurs explosions ont été entendues dans le centre de Téhéran et selon les médias iraniens deux gros complexes sidérurgiques ont été frappés. Le gouvernement iranien avait indiqué plus tôt qu'une entreprise pharmaceutique avait été touchée, ainsi qu'une usine de dessalement sur l'île de Qeshm.

L'Union européenne a appelé l'Iran à garantir "la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, alors qu'une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce goulet, selon des médias d'Etat. Le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.

Au Liban, le ministère de la Santé a annoncé tôt dans la nuit mercredi que des frappes israéliennes avaient fait sept morts, cinq à Beyrouth et deux au sud de la capitale.

Un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" ont été frappés dans la région de Beyrouth, selon l'armée israélienne.

Dans la capitale libanaise, plus d'un millier de personnes fuyant les bombes ont trouvé refuge dans des tentes sous les gradins de la Cité sportive. "Nous vivions comme des rois dans nos maisons. Notre vie est devenue un calvaire", explique Khodr Salem, un commerçant qui se déplace à l'aide d'une béquille.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a déclaré que son pays avait l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, Beyrouth fustigeant une "nouvelle occupation" du pays.


Liban : dix pays européens et l'UE appellent à garantir la «sécurité» de la Finul 

De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • "Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts"
  • Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien

PARIS: Dix pays européens et l'Union européenne ont appelé mardi dans une déclaration conjointe à garantir la "sécurité et la sûreté" de la force de maintien de la paix de l'ONU Liban, dont trois militaires ont été tués ces derniers jours.

"Nous exigeons de l'ensemble des parties, en toutes circonstances, qu'elles garantissent la sécurité et la sûreté du personnel et des locaux de la Finul", ont affirmé dans cette déclaration les ministres des Affaires étrangères de la Belgique, de Chypre, de la Croatie, de la France, de la Grèce, de l'Italie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal et du Royaume-Uni ainsi que la haute Représentante de l'Union européenne.

"Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts", ajoutent les ministres, qui dénoncent des "pertes humaines inacceptables".

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien. Deux autres Casques bleus indonésiens ont été tués le lendemain dans une explosion, qui pourrait être due à une mine, a indiqué la même source à l'AFP.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir mardi une réunion d'urgence après la mort des Casques bleus au Liban.

Dans leur déclaration, les ministres appellent également "Israël à éviter toute nouvelle aggravation du conflit, notamment par le biais d'une opération terrestre sur le territoire libanais" et condamnent "fermement les attaques du Hezbollah menées contre Israël en soutien à l'Iran".

Ils encouragent également le gouvernement libanais "à maintenir son cap en mettant en œuvre des mesures concrètes et irréversibles, à tous les niveaux, afin de rétablir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, notamment concernant le monopole de l'État sur les armes"

La Finul, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.


Le roi Charles III en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril

Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
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  • Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais
  • Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022

LONDRES: Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres.

Leur programme "célèbrera les liens historiques et les relations bilatérales actuelles entre le Royaume-Uni et les États-Unis, à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance américaine", selon un communiqué.

Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais.

Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022.

Londres et Washington, liés par 250 ans d'Histoire, ont forgé une "relation spéciale" caractérisée par des liens diplomatiques, militaires et économiques très étroits.

Au cours de son règne, la reine Elizabeth II avait été reçue à quatre reprises en visite d'Etat aux Etats-Unis, notamment en 1976 pour célébrer le bicentenaire de l'indépendance américaine et en 1991, avec une adresse historique devant le Congrès américain.

Donald Trump, connu pour être un grand admirateur de la famille royale, avait déclaré mi-mars à la Maison Blanche avoir "vraiment hâte de voir le roi".

Le président américain a lui-même été reçu en septembre en visite d'Etat au Royaume-Uni pour la seconde fois, avec tout le faste royal, de la procession en carrosse au somptueux banquet au château de Windsor.

Selon l'ambassadeur américain à Londres, Warren Stephens, le président de la Chambre des représentants Mike Johnson a proposé que Charles III prononce un discours devant les deux chambres du Congrès américain.

Appels au report 

Cette visite aux Etats-Unis est annoncée en pleine guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, et aux conséquences économiques planétaires.

Donald Trump n'a pas épargné le Premier ministre Keir Starmer depuis le début du conflit, accusant le dirigeant britannique d'avoir soutenu trop mollement son grand allié américain.

"Ce n'est pas à Winston Churchill que nous avons affaire", avait-il cinglé début mars, se disant "mécontent de Londres" qui avait dans un premier temps refusé que les Etats-Unis utilisent ses bases militaires.

Le dirigeant travailliste a assuré que malgré ces déclarations, la "relation spéciale" avec Washington était "à l'oeuvre".

Son gouvernement, au pouvoir depuis juillet 2024, a pris soin de ménager ses relations avec l'administration Trump. Il s'enorgueillissait d'avoir obtenu un meilleur traitement que de nombreux pays, notamment dans les négociations sur les droits de douane.

Selon un sondage YouGov publié jeudi, près de la moitié des Britanniques (49%) sont contre cette visite.

Plusieurs parlementaires britanniques s'y opposent également. Cet honneur "ne devrait pas être accordé à quelqu'un qui insulte et porte atteinte à notre pays de façon répétée", a déclaré le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey.

La présidente de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des Communes, la travailliste Emily Thornberry, a elle aussi jugé "plus sûr de reporter" la visite, par crainte que Charles et Camilla se trouvent dans une situation "embarrassante".

Tenu à une stricte neutralité politique, Charles III n'a pas fait de commentaire public sur les velléités du président américain de faire du Canada --dont le roi est le chef d'Etat-- le 51e Etat américain. Ce qui ne l'a pas empêché de défendre la souveraineté de ce pays lors d'une visite hautement symbolique en mai 2025.

Agé de 77 ans, le roi Charles a connu en plus de trois ans de règne plusieurs crises majeures. Il a été diagnostiqué en février 2024 d'un cancer pour lequel il est toujours soigné. Il est par ailleurs confronté aux répercussions de l'affaire Jeffrey Epstein, qui ont conduit en février à l'arrestation de son frère Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel et financier américain décédé en 2019.