Riyad appelle à plus de tolérance alors que les crimes contre les musulmans augmentent

L’Ambassadeur Abdallah al-Mouallimi, représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU. (ONU)
L’Ambassadeur Abdallah al-Mouallimi, représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU. (ONU)
Short Url
Publié le Jeudi 18 mars 2021

Riyad appelle à plus de tolérance alors que les crimes contre les musulmans augmentent

  • «Les médias sociaux, les discours de haine et la désinformation» compliquent la lutte contre l’islamophobie, déclare l'émissaire lors d'une réunion de haut niveau
  • Un rapport de l'ONU révèle que l’islamophobie a atteint des «proportions alarmantes»; la tendance est alimentée par les médias et certains dirigeants, dit Guterres

NEW YORK: «L’islamophobie est malheureusement omniprésente», a déclaré mercredi Abdallah al-Mouallimi, représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU, lors d’une réunion internationale de haut niveau orchestrée par l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour marquer la première Journée internationale de lutte contre l'islamophobie.

En réponse à une recrudescence des attaques et autres crimes haineux visant les musulmans du monde entier, l'organisation a adopté une résolution au mois de novembre de l'année dernière appelant à ce que le 15 mars soit considéré comme une journée pour mettre en avant le problème et le résoudre.

Cinquante-sept pays, avec une population totale d’1,8 milliard de personnes, sont membres de l'OCI. Certains d'entre eux, en Afrique de l'Ouest et en Amérique du Sud en particulier, ne sont pas des pays à majorité musulmane.

«Les médias sociaux, les discours de haine et les campagnes de désinformation ont rendu l'islamophobie plus difficile à combattre et à éradiquer», précise M. Al-Mouallimi, qui souligne que toute menace contre les libertés d'une communauté fondée sur la religion de ses membres est une menace pour les libertés de tous.

Non seulement les médias relaient les stéréotypes musulmans en mettant l'accent «de manière disproportionnée» sur les actions d'individus «perçus comme musulmans», explique-t-il, mais ils jouent également un rôle actif dans la propagation de la haine. Il a appelé la communauté internationale à adopter une position unifiée face à cette menace.

S'exprimant au nom du prince Faisal ben Farhan, ministre des Affaires étrangères du Royaume, M. Al-Mouallimi cite les termes de la «Charte de La Mecque», qui affirme que «les religions et les philosophies sont exonérées des péchés commis par leurs adhérents et revendicateurs», et qu’«une vraie compréhension de l'islam nécessite une vision objective qui écarte tout stéréotype préjudiciable.»

La charte, adoptée dans la ville sainte par la Ligue musulmane mondiale en mai 2019, est un ensemble de principes panislamiques qui visent à lutter contre l'extrémisme, à prôner la diversité religieuse et culturelle et à soutenir la législation contre la haine et la violence. Elle a été présentée par le roi Salmane d’Arabie saoudite, approuvée par les dirigeants islamiques de 139 pays et signée par plus de 1 200 musulmans de premier plan.

M. Al-Mouallimi a également fait part de ses préoccupations concernant l'augmentation des attaques individuelles contre les musulmans et il a rappelé aux participants à la réunion que «les comportements personnels ne doivent être attribués à aucune religion ou nationalité. Nous soulignons que la diffusion de discours de haine met en péril la paix de la société et sert l'agenda des extrémistes individuels pour nourrir leur haine.

L'émissaire saoudien appelle à la fin de toutes les «mesures disproportionnées» qui ciblent les musulmans et des activités qui attisent «l’intolérance religieuse, la discrimination et la violence».

Il réaffirme les principes consacrés par la création de la Journée internationale de la lutte contre l’islamophobie: une reconnaissance de la menace qui découle de l'intolérance croissante et de la violence sectaire, l'importance de mettre fin aux préjugés qui associent le terrorisme à une religion particulière, et la nécessité de sensibiliser aux actes de violence fondés sur la religion et de les condamner.

Al-Mouallimi salue également un rapport récent du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui conclut que «la suspicion, la discrimination et la haine pure et simple» envers les musulmans ont atteint des «proportions épidémiques».

Le rapport met en évidence les restrictions disproportionnées imposées aux musulmans qui manifestent ou pratiquent leur foi, leur accès limité à la citoyenneté, les exclusions socio-économiques auxquelles ils sont confrontés et la stigmatisation généralisée des communautés musulmanes. Ces formes de discrimination, dans les secteurs privé et public, «font souvent qu’il est difficile pour un musulman d’être musulman», dit l’auteur du rapport.

Selon le document, les musulmans sont fréquemment ciblés sur la base de signes distinctifs de leur religion tels que leurs noms, leur couleur de peau et leurs tenues vestimentaires, y compris le voile. L'étude met également en relief «les trois niveaux de discrimination» auxquels les femmes musulmanes sont confrontées en raison de leurs «sexe, appartenance ethnique et religion».

Le rapport – intitulé Countering Islamophobia/Anti-Muslim Hatred to Eliminate Discrimination and Intolerance Based on Religion or Belief – examine également «comment l'islamophobie perpétue un cercle vicieux dans lequel la politique de l'État valide les attitudes et les actions islamophobes privées, et comment la prévalence de telles attitudes peut conforter les politiques de l'État qui pénalisent les musulmans, suscitant de graves violations des droits de l’homme, parmi lesquels la liberté de religion ou de conviction».

Il conclut que «dans certains contextes, de telles actions cumulées peuvent atteindre un niveau de coercition interdit par le droit international».

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré lors de la réunion: «Malheureusement, trop souvent, les stéréotypes sont encore aggravés par certains médias et dirigeants.»

«Le sectarisme antimusulman est malheureusement en phase avec d'autres tendances déplorables que nous observons dans le monde: une résurgence de l'ethno-nationalisme, du néonazisme, de la stigmatisation et des discours de haine ciblant les populations vulnérables, dont les musulmans, les juifs, certaines communautés chrétiennes minoritaires, ainsi que d'autres.»

Bien que les actes d’intolérance ne soient pas toujours pris en compte dans les statistiques officielles, ils «portent atteinte à la dignité des gens et à notre humanité commune», a indiqué Guterres.

«La discrimination nous atteint tous», a-t-il ajouté. «Comme le rappelle le Coran: les nations et les tribus ont été créées pour établir des liens.»

Appelant à la cohésion sociale et à la fin du sectarisme, le chef de l'ONU confirme que la lutte contre la discrimination, le racisme et la xénophobie est une priorité pour l'organisation.

Parmi les autres invités à la réunion figuraient le président de l'Assemblée générale des Nations unies, Volkan Bozkir, le secrétaire général de l'OCI, Yousef al-Othaimeen, le Haut-Représentant des Nations unies pour l'Alliance des civilisations, Miguel Angel Moratinos, et les ministres des Affaires étrangères de l'Iran, de la Turquie et du Pakistan.

 


Le premier ministre libanais dit qu'il ne laissera pas son pays être entrainé dans un nouveau conflit

Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Short Url
  • Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban ne serait pas entraîné dans un nouveau conflit, après des déclarations du Hezbollah liées à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
  • Il a souligné le contrôle de l’État sur le sud du Liban et appelé au soutien arabe pour renforcer l’armée libanaise, en amont d’une conférence internationale prévue le 5 mars à Paris

DUBAI: Le premier ministre libanais a affirmé mardi qu'il "ne permettra(it)" pas que son pays soit entrainé dans un nouveau conflit, après que le Hezbollah a dit qu'il se sentirait visé par toute éventuelle attaque américaine contre l'Iran.

"Nous ne permettrons jamais à quiconque d'entrainer le pays dans une nouvelle aventure", a dit Nawaf Salam lors d'une conférence à Dubai, en réponse à une question sur les déclarations récentes du chef du Hezbollah pro-iranien.

La guerre menée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas a couté "très cher" au Liban et "personne n'est prêt à exposer le pays à des aventures de ce genre", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe islamiste, Naïm Qassem, a dit la semaine dernière que sa formation se sentirait "visé" par une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, et "choisira(it) en temps voulu comment agir".

Ce mouvement chiite est sorti affaibli d'un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n'est pas intervenu pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël en juin 2025.

Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l'accusant de tenter de se réarmer.

M.Salam a affirmé que son gouvernement avait "aujourd'hui un contrôle opérationnel du sud du pays", où l'armée avait annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël.

Il a appelé les pays arabes à le soutenir, à l'occasion de la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris et destinée à lever des fonds pour l'armée libanaise, confrontée à un manque de moyens financiers et d'équipements face au Hezbollah, qu'elle cherche à désarmer sur l'ensemble du pays.

"J'espère que tous nos frères arabes y participeront activement, car c'est la clé de la sécurité", a-t-il déclaré.


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Short Url
  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le prince héritier saoudien reçoit le président turc à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Short Url
  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une séance de pourparlers au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah, à Riyad.

Une cérémonie officielle d’accueil a été organisée en l’honneur du président Erdogan, à l’issue de laquelle les deux dirigeants ont tenu une séance de discussions.

Le président turc est arrivé plus tôt dans la journée en Arabie saoudite pour une visite officielle.

Il a été accueilli à l’aéroport international King Khalid par le vice-gouverneur de la région de Riyad, le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, ainsi que par plusieurs hauts responsables saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com