Quand de futurs chefs apprennent à cuisiner (aussi) pour les plus démunis

Organisée par l'association La Tablée des Chefs, cette 8ème édition, du 15 au 26 mars, permet aux élèves de 56 établissements de l'Hexagone de confectionner des repas destinés à l'aide alimentaire (Capture d’écran, AFP).
Organisée par l'association La Tablée des Chefs, cette 8ème édition, du 15 au 26 mars, permet aux élèves de 56 établissements de l'Hexagone de confectionner des repas destinés à l'aide alimentaire (Capture d’écran, AFP).
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Publié le Mercredi 17 mars 2021

Quand de futurs chefs apprennent à cuisiner (aussi) pour les plus démunis

  • «C'est important de nourrir tout le monde, c'est une façon de faire plaisir aux gens et ça fait chaud au cœur»
  • De futurs chefs cuisinent, pendant la Semaine des écoles hôtelières, pour des personnes en grande précarité, plus nombreuses avec la crise sanitaire

PARIS: « C'est important de nourrir tout le monde, c'est une façon de faire plaisir aux gens et ça fait chaud au cœur ». A l'instar de Raphaël Alfonso Chaves, 22 ans, de futurs chefs cuisinent, pendant la Semaine des écoles hôtelières, pour des personnes en grande précarité, plus nombreuses avec la crise sanitaire.

Organisée par l'association La Tablée des Chefs, cette 8ème édition, du 15 au 26 mars, permet aux élèves de 56 établissements de l'Hexagone de confectionner des repas destinés à l'aide alimentaire.

Ce lundi matin, les élèves du lycée parisien Jean Drouant s'affairent masqués, dans la bonne humeur, à préparer un dîner consistant -une salade chaude mêlant riz pilaf, chou, lentilles, carottes, maïs, suivie d'un crumble- qui sera servi quelques heures plus tard, dans un foyer de femmes sorties de la rue par l'association La Mie de Pain.

« Ca me tient très à cœur parce que ce sont des femmes. La cuisine est un langage universel, compris par tout le monde, et j'espère que ces personnes-là qui recevront nos repas, ça leur fera très très plaisir », dit Aymelin Unen, 21 ans. « Toutes les écoles, tous les restaurants devraient faire de même », ajoute-t-elle, les yeux brillants.

Plus jeune cheffe étoilée au Guide Michelin, Julia Sedefdjian les conseille –« Goûtez, attention à ce que ça ne soit pas trop salé ! »- tout en surveillant la mise en barquette du repas. « Lorsqu'ils seront chefs d'un restaurant, ils auront le réflexe de contacter une association pour donner leurs surplus. Sinon ça va direct à la benne, c'est pas top ! », espère-t-elle.

Selon elle, ces futurs chefs sont aussi heureux de venir en aide à d'autres jeunes, isolés et précarisés par la pandémie de Covid-19 car ils se disent « ça pourrait être moi ».

La crise sanitaire a en effet durement frappé l'hôtellerie restauration et nombre de travailleurs précaires du secteur ont besoin de l'aide alimentaire : des « extras » de l'événementiel en fin de droits, des jeunes, des étudiants privés des petits boulots de la restauration rapide qui les faisaient vivre.

« Pas admissible » que des gens aient faim

En 2020, l'hôtellerie restauration a perdu 130 000 postes : ses effectifs sont tombés à 1 049 352 salariés à fin décembre, dont 30,9% étaient au chômage partiel au dernier trimestre, selon les chiffres de l'Acoss.

Et pour les précaires, « la Covid est un cauchemar, la crise a fait doubler la file d'attente : aujourd'hui jusqu'à 150 personnes font la queue pour rien le soir, car nous n'avons plus de repas... Il y a un an c'était cinq ou six », déplore le directeur de la Mie de Pain Jean-Marie Hugues.

A Toulouse, les chefs Jeremy Morin et Mo Bachir ont confectionné mardi avec les élèves du lycée Renée Bonnet 500 repas distribués aux sans-abris et à des étudiants en situation de précarité.

Selon Vincent Brassart, qui préside La Tablée des Chefs, les jeunes élèves des lycées hôteliers, « qui sont parfois là par choix et parfois par défaut, prennent conscience qu'ils auront demain, un rôle social et environnemental incroyable à jouer ».

L'organisation fédère 80 chefs bénévoles qui animent des ateliers de cuisine dans des maisons pour enfants à caractère social et des collèges d'éducation prioritaire, pour développer leur éducation culinaire et les sensibiliser au gaspillage. L'association aide aussi hôteliers et restaurateurs à donner leurs surplus à l'aide alimentaire.

« Quand on a appris à cuisiner, on ne peut pas admettre qu'autour de son restaurant, des gens aient faim. Et il faut que demain, la carte de leur restaurant soit une carte de bonnes pratiques, avec des produits de saison, qui préservent les ressources », estime Brassart.

En France depuis sept ans et toujours en attente de papiers, Yvonne, originaire du Cameroun, entame sa barquette d'un air las, le soir, dans le réfectoire d'un foyer parisien de la Mie de Pain.  

Son visage s'illumine : « C'est très bon. Ca fait plaisir de savoir que des jeunes ont fait ça ».


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.