PARIS : Un rapport parlementaire présenté mercredi propose la création d'un musée d'histoire de la colonisation en France, thème qui enflamme régulièrement la société française où, loin d'être un simple "reliquat du passé" le niveau de racisme reste selon ses auteurs "extrêmement préoccupant".
"Toutes les histoires de France doivent être assumées", a souligné Caroline Abadie, députée du parti au pouvoir (LREM) et rapporteure de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur "l'émergence et l'évolution des différentes formes de racisme et les réponses à y apporter".
Ces histoires, notamment "celles qui font polémiques", "pourraient être utilement regroupées dans un musée", afin qu'elles "puissent trouver un peu de sérénité", a-t-elle souligné lors d'une visioconférence de presse.
"On a donc pensé à créer un musée" de l'histoire de la colonisation qui pourrait "être à la fois numérique et itinérant", a-t-elle précisé, un musée "posé dans une grande ville de France" ne "permettant pas de parler à l'ensemble des Français".
Au total, le rapport de la mission d'information, fruit de près de dix mois de travaux et d'une centaine d'heures d'audition, émet 57 préconisations qui doivent permettre d'apporter une "réponse universaliste déterminée" au niveau "extrêmement préoccupant" du racisme et de l'antisémitisme en France.
Outre le musée d'histoire du colonialisme, les députés appellent à ériger dans l'espace public des stèles en hommage "aux héros qui ont pu lutter contre l'esclavage et la colonisation".
Parallèlement, le nombre de postes de professeurs et de maîtres de conférences dédiés aux sujets des génocides, de l'esclavage et de la colonisation, doit être revu à la hausse, estime la mission d'information.
Face au "sous-signalement" des faits racistes, la plainte en ligne devrait être "plus largement développée" et le contrôle du cadre légal des contrôles d'identité doit être envisagé.