PARIS: L'organisation internationale de protection de l'environnement Greenpeace s'est inquiétée mardi de la lenteur de la mise en oeuvre des mesures d'amélioration de la sûreté des centrales nucléaires françaises, décidées après la catastrophe de Fukushima.
« Dix ans après la catastrophe, sur 23 mesures structurantes identifiées, seules 12 ont été mises en place sur l'ensemble du parc » français, conclut l'ONG hostile au nucléaire dans un rapport.
« Pire, au rythme actuellement prévu, il faudrait attendre 2039 pour que les normes post Fukushima soient enfin respectées sur l’ensemble des réacteurs français », selon Greenpeace.
Après la catastrophe au Japon en 2011, l'Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à Electricité de France (EDF), qui gère le parc de centrales, des mesures visant à accroître leur résistance.
Cela a conduit notamment à la création d'une force d'intervention rapide d'EDF capable d'agir rapidement en cas d'incident grave ou la mise en place de « diesels d'ultime secours » très résistants pour garantir l'alimentation électrique et le refroidissement des réacteurs même en cas d'événement extrême.
Greenpeace souligne toutefois que certaines améliorations ne seront réalisées que dans les années 2030.
L'arrêt automatique du réacteur en cas de séisme « ne sera pas achevé avant 2035 au mieux », selon elle. Certains réacteurs devront en effet attendre leur quatrième visite décennale à cette date pour bénéficier de cette amélioration.
« Greenpeace demande à l'ASN et au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour accélérer le calendrier des travaux post Fukushima et d'en finir avec ce laxisme dangereux à l'endroit d'une filière nucléaire très loin de l'excellence », a déclaré Roger Spautz, chargé de campagne chez Greenpeace.