A Bagdad, la messe du pape entre youyous et effluves d'encens

Le pape François préside la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)
Le pape François préside la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 07 mars 2021

A Bagdad, la messe du pape entre youyous et effluves d'encens

  • A l'arrivée du souverain pontife de 84 ans, une nuée de youyous s'élève ainsi que des centaines de mains tournées vers le ciel
  • «C'est la première vraie rencontre entre le Saint-père et ses fidèles», se félicite le père Nadheer Dakko, de l'église Saint Joseph

BAGDAD: Tout a commencé pour ces fidèles par une longue attente silencieuse sous le soleil couchant de Bagdad. Puis, ce que la plupart d'entre eux n'imaginaient que dans leurs rêves les plus fous est arrivé: le pape François est apparu. 

Devant l'église Saint Joseph de la capitale irakienne, les rares chrétiens ayant obtenu un billet pour assister à la première messe papale de l'histoire de l'Irak rompent brutalement leur silence. 

A l'arrivée du souverain pontife de 84 ans, une nuée de youyous s'élève ainsi que des centaines de mains tournées vers le ciel. 

Au milieu des bouquets, des missels en arabe et des rosaires serrés entre des doigts tremblants, François salue des femmes, certaines la tête couverte de voiles noirs ou blancs. 

Et il a l'air encore plus heureux que les Irakiens qui l'accueillent. 

Les jeunes --peu nombreux dans l'assemblée-- dégainent aussitôt leurs téléphones portables, abaissant leur masque pour se prendre en photo avec le pape en arrière-plan. 

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Le pape François quitte après avoir presidé la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)

Hostie et spray désinfectant 

Des voix enfantines d'une chorale de bienvenue au souverain pontife se font entendre. 

« Ca fait trois jours qu'on répète sans arrêt! », explique l'une des chanteuses, pas peu fière, portant une casquette floquée d'une photo du pape François trop grande pour sa tête. 

Après cet accueil, une petite partie des personnes rassemblées entre dans l'église entièrement ceinturée d'imposants blocs de béton, pour prendre place sur des bancs de bois --à bonne distance les unes des autres à cause de la pandémie de coronavirus. 

D'autres restent à l'extérieur sur des bancs de bois installés sur le parvis face à des écrans géants qui retransmettent la messe en direct. 

Et, de nouveau, quand entre la procession du pape, en tenue blanche aux liserés dorés, de puissants youyous s'élèvent des travées tandis que résonnent les chants liturgiques en arabe d'une chorale masquée. 

« C'est la première vraie rencontre entre le Saint-père et ses fidèles », se félicite le père Nadheer Dakko, de l'église Saint Joseph, à l'issue du deuxième jour de la visite papale marqué principalement par des entrevues officielles. 

Une rencontre néanmoins entravée par les restrictions liées à la Covid-19. Pour la communion, le partage du vin et du pain bénis, le pape ne s'est pas déplacé. 

A sa place, une demi-douzaine de prêtres munis de sprays désinfectants ont servi les fidèles dans l'église, déposant la petite hostie ronde dans leur main préalablement aspergée d'alcool. 

Dans son homélie, le pape François évoque l'amour, le pouvoir de témoigner et la force qu'il convient de garder face aux persécutions. 

Autant de mots qui résonnent en Nabil Yaacoub, quadragénaire bagdadi qui dit avoir »survécu à tout » dans sa ville meurtrie depuis près de vingt ans par une invasion américaine, une guerre civile et des attentats jihadistes à répétition. 

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Le pape François préside la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)

« Panser les plaies »  

« J'ai survécu aux violences confessionnelles, aux explosions mais maintenant le pape est là », confie ce catholique irakien. 

« Dans ce pays où tant de mal a été fait, il va pouvoir panser les plaies: c'est comme un père qui rentre enfin à la maison », espère l'homme qui regarde la messe sur l'un des écrans géants du parvis. 

Chaque paroisse n'a pu envoyer que treize fidèles. 

Pour tous les autres, ne serait-ce que pour quelques secondes et de loin, voir le pape reste une consolation. Il faut pour cela contourner les dizaines de barrages des forces de l'ordre autour de l'église. 

Samira Youssef a réussi à se frayer un chemin avec sa soeur. 

« J'attends devant l'église depuis midi mais, de toutes façons, j'ai attendu ce moment toute ma vie », glisse-t-elle. « S'ils ne me laissent pas entrer, je sais que je vais pleurer ».  

A quelques pas de là, un jeune garçon se gratte la tête en contemplant des gardes suisses qui le dépassent de plusieurs têtes. 

« Je vis juste à côté et je viens tous les jours allumer un cierge à Saint Joseph », raconte Fahad, musulman de 12 ans qui a ses habitudes à l'église. « Mais aujourd'hui, le pape en personne est là! », répète-t-il, incrédule. 

Avant de reprendre: « J'espère que ça deviendra son habitude: j'espère que le pape viendra tout le temps en Irak ». 


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.