Le programme scolaire iranien, un menaçant instrument de la haine

Les enseignants des écoles publiques en Iran utilisent aujourd'hui des manuels conçus par l'État pour endoctriner les jeunes à exporter la révolution en adoptant le terrorisme (Photo fournie).
Les enseignants des écoles publiques en Iran utilisent aujourd'hui des manuels conçus par l'État pour endoctriner les jeunes à exporter la révolution en adoptant le terrorisme (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 04 mars 2021

Le programme scolaire iranien, un menaçant instrument de la haine

  • Les enseignants utilisent des manuels conçus par l'État qui encouragent les jeunes à exporter la révolution à travers des moyens violents
  • Les programmes scolaires encouragent les soulèvements politiques contre les États arabes et diabolisent les États-Unis, Israël et le peuple juif

WASHINGTON, D.C.: Le gouvernement iranien reste le plus grand État commanditaire du terrorisme dans le monde et, malheureusement, son programme éducatif ne fait pas exception. Les enseignants des écoles publiques en Iran utilisent aujourd'hui des manuels conçus par l'État pour endoctriner les jeunes à exporter la révolution en adoptant le terrorisme et d'autres moyens agressifs. Par conséquent, le contenu de ses manuels devrait être une préoccupation mondiale.

Image intitulée «Let’s Go» (Allons-y), tirée d’un manuel actuel de l’État iranien, représentant un officier du CGRI tué en Syrie du nom de Mohsen Hojaji. 1er année secondaire, Préparation à la défense, page 123 (Photo fournie).

J'ai récemment terminé la première étude approfondie sur la haine et l'extrémisme dans les manuels iraniens actuels en près d'une demi-décennie dans le cadre de mon travail en cours avec la Ligue anti-diffamation (ADL), dont les résultats sont accessibles intégralement sur le site web de l'ADL.

L'évaluation du matériel pédagogique dans le but d’identifier et repousser les contenus haineux est une tendance importante au Moyen-Orient. En conséquence, cet essai reproduit les principales conclusions de la recherche de l'ADL sur l'Iran et ajoute plusieurs nouveaux exemples notables au-delà du contenu du rapport original.

Les programme de l’État iranien encouragent particulièrement le terrorisme et les soulèvements politiques contre les États arabes. Ils diabolisent également l'Amérique, Israël et le peuple juif, un mantra né d'une manière qui fait partie intégrante de ces mêmes théories de conspiration haineuses et des appels à la violence.

Graphique d'une leçon sur la guerre informatique. 1er année secondaire, Préparation à la défense, p. 126 (Photo fournie).                                                                

Pour cette raison, condamner le contenu problématique des manuels de Téhéran n’est qu’une partie de la solution. Nous devons également redoubler d’efforts afin d’enseigner la consolidation de la paix et la tolérance interconfessionnelle dans les manuels scolaires de chaque pays, pour qu’il soit plus difficile d’exploiter les sentiments de méfiance entre l’Est et l’Occident, entre les sunnites et les chiites, ou entre les musulmans, les juifs et les chrétiens ainsi que les adeptes d’autres confessions.

Les manuels actuels du gouvernement iranien endoctrinent les enfants avec des messages qui les mettent dans une atmosphère permanente de préparation à la guerre. Les livres apprennent aux enfants à assembler des fusils d'assaut, à effectuer des manœuvres militaires et à découvrir l'importance de la guerre informatique.

Les livres font également l’apologie des jeunes qui sacrifient leur vie pour soutenir ou exporter la révolution iranienne. Ceci implique souvent la glorification d’enfants soldats qui ont combattu et sont morts dans des circonstances traumatisantes pendant la guerre Iran-Irak ou de montrer des enfants brandissant des armes de guerre, notamment un lance-roquettes.

Schéma énumérant les pièces d'un fusil d'assaut Kalachnikov. 1er année secondaire, Préparation à la défense, p. 92 (Photo fournie).

Ainsi, les manuels scolaires glorifient un jeune Iranien de 20 ans nommé Muhammed Reza Deghan, un «martyr modèle défendant les lieux saints». Deghan a été tué quelques semaines après son déploiement en Syrie en tant que combattant volontaire pour l’aile étudiante des paramilitaires du Basij iranien.

Les livres enseignent aussi que le Basij idéal aspire toujours au martyre.

Sur la même page du manuel, dans la fameuse liste des «martyrs modèles défendant les lieux saints», figure Mustafa Badreddine, le cerveau terroriste, aujourd’hui mort, du Hezbollah libanais. On y retrouve aussi Ali Reza Tavassoli, fondateur de la Brigade Fatemiyoun, l’un des groupes mandataires du Corps des gardiens de la révolution islamique qui recrute de jeunes Afghans, en particulier des enfants soldats, pour combattre en Syrie.

Passage du manuel qui décrit Mustafa Badreddine du Hezbollah et le fondateur de la Brigade afghane Fatemiyoun comme des «martyrs modèles» tués dans la prétendue défense des lieux saints islamiques en Syrie, illustré en bas à droite et en bas à gauche. Muhammed Reza Deghan, étudiant volontaire Basij, est représenté au milieu à gauche. 1er année secondaire, Préparation à la défense, p. 45 (Photo fournie).

Cette année, le programme scolaire de l’État iranien a ajouté des passages dans de nombreuses matière afin de «célébrer le martyr» du cerveau terroriste du CGRI, Qassem Soleimani. À titre d’exemple, un manuel officiel d’études militaires comporte désormais un graphique sous l’intitulé «Modèles et exemples de ténacité et de résistance».

Outre Soleimani, la photo comprend Abu Mahdi Al-Muhandis, que le manuel qualifie de «martyr modèle du monde islamique». Au moment de leur mort en 2020, le Kata’ib Hezbollah d’al-Muhandis en Irak et Force d’Al-Quds du CGRI de Soleimani figuraient sur la liste américaine des groupes terroristes.

Un langage de guerre est même appliqué à des politiques qui, selon Téhéran, n'ont aucune application militaire. Fait remarquable, un manuel actuel du lycée présente le travail de «jeunes scientifiques nucléaires iraniens» comme «une bénédiction offerte par votre grand jihad et le sang de vos jeunes généreux».

«Leçon 6: Modèles et exemples de ténacité et de résistance». Qassem Soleimani est figure en haut au centre. Abu Mahdi Al-Muhandis est illustré au deuxième à droite, avec l'étiquette «modèle de martyr du monde islamique» ajoutée dans la légende associée. Image tirée d'un manuel actuel de l'État iranien, 1er année secondaire, Préparation à la défense, p. 45 (Photo fournie).

Les voisins arabes sont les plus directement touchés par le programme radical de l’Iran. Par exemple, un manuel d'histoire de la 2eme année secondaire appelle carrément à renverser le royaume de Bahreïn, proclamant que «la révolution bahreïnite ne s'est pas encore concrétisée» et que cela devrait inclure spécifiquement «le renversement du règne d'Al-Khalifa».

Ce passage fait partie d’un chapitre entier consacré à l’exportation de la révolution iranienne à travers le monde arabe. Il plaide pour des soulèvements ces dernières années contre ce qu'il appelle les gouvernements «marionnettes» en Égypte, en Libye, en Tunisie et au Yémen dans l'espoir de faire progresser ce que les livres louent comme «l'école du Hajj Qassem Soleimani». Le chapitre exprime également une admiration remarquable pour le groupe des Frères musulmans et son fondateur, Hassan Al-Banna.

Ces messages extrémistes sont ensuite complétés par des théories de l'intolérance et du complot. Par exemple, un manuel actuel de 1ere année secondaire sur la préparation à la défense enseigne la fausse rumeur selon laquelle l'Arabie saoudite et l'Amérique ont créé Daech comme un acte de sabotage contre l'Iran. Un manuel de droit religieux pour le même niveau indique que les adeptes de certaines croyances religieuses sont physiquement impurs, notamment les bouddhistes et les bahaïs, ainsi que les salafistes saoudiens.

 «… Avec la grande ambition et la détermination des jeunes scientifiques iraniens et malgré les constantes conspirations et oppositions des ennemis de la révolution islamique, les scientifiques nucléaires iraniens ont obtenu de nombreux succès. L’imam Khomeiny a dit au sujet de la protection des acquis de la révolution: «J’annonce à la chère nation iranienne cette bénédiction offerte par votre grand jihad et le sang de vos jeunes généreux» [Installations nucléaires de Natanz]. 2eme année secondaire, Histoire de l'Iran contemporain, p. 230 (Photo fournie).

Le programme iranien fait de l’Amérique le principal méchant d’aujourd’hui dans un conflit perpétuel entre l’islam et l’impérialisme.

Ces livres qualifient les États-Unis de «le Grand Satan», et affirment que les sanctions internationales contre l’Iran ne sont qu’une partie du «plan satanique» de Washington, dans le but de soumettre les nations du monde et détruire la foi islamique des gens.

Ils affirment aussi que l'Amérique et d'autres nations occidentales sont engagées dans un complot afin de propager l'incrédulité et la corruption morale, en utilisant des outils tels que la drogue et les jeux vidéo. Ils insistent aussi que les chrétiens occidentaux qui tentent de répandre leur foi sont aussi engagés dans ce complot impérialiste généralisé, plutôt que dans l’émanation authentique de leur doctrine religieuse.

 «… Le peuple de Bahreïn exige sérieusement la mise en œuvre de réformes fondamentales et le renversement du régime d'Al Khalifa, et de cette manière, il a sacrifié de nombreux martyrs, mais en raison de la protection étrangère de ce régime et de la répression sévère du peuple, la révolution Bahreïnite n'a pas encore apporté ses fruits. [La place de perles, le site de départ du soulèvement des Bahreïnis] »2eme année, secondaire. L’histoire de l’Iran contemporain, page. 251 (Photo fournie).

Cette politique de désinformation est même appliquée à la pandémie par les derniers manuels scolaires officiels iraniens. Ils enseignent que les médias étrangers exagèrent la portée du coronavirus à l’origine de la Covid-19 afin de dissuader les Iraniens de se rassembler pour exprimer leur soutien au régime, et pour semer la panique face aux pénuries médicales.

Sans surprise, l’État d’Israël fait l’’objet d’une consigne explicite de coup d’État. Les graphiques dans les manuels d'aujourd'hui enseignent le chant «Mort à Israël» et présentent les citations de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, décédé, selon laquelle «Israël doit être anéanti».

Mais l’animosité de Téhéran ne s’adresse pas uniquement à Israël. Son programme scolaire véhicule un récit fondamentalement anti-juif de l'histoire, des temps anciens aux temps modernes, et présente de manière sélective les Juifs d'une manière extrêmement négative.

Un profil complémentaire de Hassan Al-Banna, qui a fondé le groupe des Frères musulmans en Égypte. Page 238 d'un manuel de 2eme année secondaire apparemment sur le thème de l'histoire nationale iranienne (Photo fournie).

Par exemple, l'Arabie saoudite a récemment institué des passages de manuels enseignant la Charte d’Al-Madinah (Médine) comme modèle de coexistence juive-musulmane. Le programme scolaire iranien, d'autre part, met encore beaucoup plus l'accent sur l'exemple des tribus juives qui ont rompu le pacte avec les musulmans, suggérant que les Juifs en général ne sont pas dignes de confiance, et qu’ils recherchent constamment la destruction de l'islam.

Les manuels scolaires iraniens accusent le peuple juif d’un éventail de maux de société d’une manière qui propage les stéréotypes antijuifs habituels de la cupidité, la traîtrise, ou encore la domination mondiale.

Les débats sur la direction adéquate lors de la prière musulmane ou l’éventualité de hadiths inexacts sont désignés comme l'œuvre de conspirations juives immorales. Il en va de même pour les clubs francs-maçons.

Exercice 3: «Pourquoi les médias étrangers ont-ils empêché les gens d'assister à la célébration nationale du 22 Bahman (l'anniversaire de la révolution islamique le 02/11/20) en injectant avec des rumeurs synchronisées sur la propagation du Corona?» 1ere année secondaire, Préparation à la défense, p. 121 (Photo fournie).

Tout comme les médias, les juifs qui aspirent à toute forme d'autodétermination sont en outre qualifiés d'«ennemis de l'islam», même ceux qui prônent une solution à deux États et un État palestinien.

L’anti-américanisme et le fanatisme anti-juif dans le programme scolaire officiel de Téhéran sont des éléments essentiels de son orientation radicale. Cela comprend sa justification de l'hostilité envers les voisins arabes de, injustement décrits comme serviteurs des intérêts juifs et coloniaux.

Lorsque les manuels scolaires accusent l'Arabie saoudite de créer Daech, ils prétendent que cela est au service du «sionisme et de l'arrogance mondiale». Ils présentent les guerres dans la région comme une conspiration sioniste pour inciter au conflit parmi les musulmans, et les leaders arabes sont décrits comme des «musulmans ignorants et extrémistes» recherchés par l'Amérique, Israël et l'Occident en vue de souiller l'islam.

Graphique d'un manuel scolaire actuel de l'État iranien avec la citation de Khomeini «Israël doit être anéanti». CM2, Dons du ciel: éducation et formation islamiques, p. 102. (Photo fournie)

Le meilleur outil que les nations de la région et au-delà peuvent utiliser pour lutter contre cette incitation serait de redoubler d’efforts afin d’instaurer une éducation à la tolérance et supprimer tout enseignement restant que d’autres pourraient exploiter pour répandre la haine, la méfiance ou l’extrémisme.

Ceci comprend l'élimination des vestiges de leçons qui présentent Israël et les sionistes comme «l'ennemi» ou perpétuent de dangereux stéréotypes sur le peuple juif.

Il faut aussi veiller à ce que les différends théologiques, tels que ceux entre l'islam sunnite et chiite, soient traités par les programmes scolaires de manière à reconnaître et à respecter les différences importantes. Les minorités ne doivent pas marginalisées par des messages éducatifs qui pourraient conduire au recrutement par des extrémistes ou à la violence au sein de l'une ou de l'autre communauté.

Graphique d'un garçon tenant une pancarte indiquant «Mort à Israël», tirée d'une leçon sur les marches du gouvernement iranien pour la Journée internationale d’Al-Qods. 5eme année, Dons du ciel: éducation et formation islamiques pp. 120-122 (Photo fournie).

Et bien entendu, ceci inclut également l'enseignement que l'Amérique, l'Europe et les non-croyants du monde entier sont des amis et des partenaires potentiels, et non des ennemis de l'islam.

Bien sûr, enseigner efficacement la tolérance ne peut jamais être une voie à sens unique. L'Amérique, Israël et toutes les nations doivent faire davantage à cet égard, et véhiculer une plus grande tolérance envers les musulmans, envers les Arabes et envers les Palestiniens et envers leurs aspirations légitimes à devenir un État à part entière.

Cela signifie en outre apprendre à nos jeunes à être non seulement des patriotes, mais aussi des citoyens du monde, et que l’avenir de l’humanité dépend de notre collaboration au-delà des frontières politiques et religieuses de manière à relever des défis communs.

Image tirée d'un manuel actuel de l'État iranien, dans une leçon intitulée «Attaque culturelle». 3eme année, Dons du ciel: éducation et formation islamiques, p. 105 (Photo fournie).

*David Andrew Weinberg est directeur des affaires internationales à la Ligue anti-diffamation à Washington. Twitter: @DavidAWeinberg

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.


Le ministre saoudien des AE en Éthiopie pour discuter des développements régionaux

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
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  • Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales"
  • Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé mercredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba pour une visite officielle, a indiqué le ministère.

Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales", selon le communiqué publié sur X.

Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois.