Tag anti-musulmans sur le chantier de la plus grande mosquée d'Europe

Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman, a vivement réagi (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 février 2021

Tag anti-musulmans sur le chantier de la plus grande mosquée d'Europe

  • L'inscription - «Non à l'islam, ça va au bled» - a été tracée en grande lettres capitales noires sur la palissade du chantier
  • La Grande mosquée Bey Sultan est construite à l'initiative de la Communauté islamique du Millî Görüs (CIMG), une organisation proche de la Turquie

STRASBOURG: Un homme de 20 ans, sympathisant d'extrême droite, a été placé en garde à vue jusqu'à mardi après-midi pour avoir tracé la veille un tag anti-musulmans sur la palissade d'une mosquée en construction à Strasbourg, dans l'est de la France, a-t-on appris mardi de source policière.

Cet étudiant à Strasbourg, qui a indiqué s'être rendu à Paris samedi pour la manifestation de Génération identitaire, mouvement d'extrême droite menacé de dissolution, a revendiqué son geste, a indiqué le parquet de Strasbourg.

L'inscription - « Non à l'islam, ça va au bled » - a été tracée en grande lettres capitales noires sur la palissade du chantier de la Grande mosquée Bey Sultan.

Appelée à devenir la plus grande mosquée d'Europe, elle est construite à l'initiative de la Communauté islamique du Millî Görüs (CIMG), une organisation proche de la Turquie qui gère des centaines de mosquées en Europe.

Stoppé par des passants, l'auteur du tag avait été placé en garde à vue lundi après-midi. Celle-ci a été levée mardi après-midi.

L'inscription visant la religion musulmane et non la communauté musulmane, l'étudiant n'est pas poursuivi pour provocation à la haine raciale mais pour dégradation par tag. 

Il est convoqué début avril au tribunal et encourt 3 750 euros d'amende.

Dans un communiqué de la Ville de Strasbourg, les élus de l'ensemble des groupes politiques représentés au conseil municipal ont condamné mardi « unanimement et avec la plus grande fermeté tout acte islamophobe ou xénophobe ».

« Élu·e·s de la République, nous rappelons avec fermeté que chacun·e doit pouvoir vivre sa foi sans discrimination et nous tenons à assurer notre entier soutien à la communauté musulmane de Strasbourg », ont-ils ajouté.

« De tels actes sont une expression de haine et d'intolérance à l'égard des Français de confession musulmane ou de leurs lieux de cultes et mettent en péril le vivre ensemble », a réagi Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM).

« Nous avons terminé l'année 2020 avec un bilan de 235 actes anti-musulmans déclarés dans les commissariats et les gendarmeries », a rappelé Zekri, également président de l'Observatoire national de lutte contre l'Islamophobie.


Qualifié de «militant islamiste», Taha Bouhafs porte plainte contre Eric Zemmour pour «injure»

Le journaliste franco-algérien et militant antiraciste Taha Bouhafs pose lors d'une séance photo à Paris le 21 février 2020. (Photo, AFP)
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  • La plainte vise également un responsable de Cnews en tant que directeur de publication du site internet de la chaîne
  • Eric Zemmour a été condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, dont la dernière fois pour incitation à la haine raciale fin septembre

PARIS : Le journaliste Taha Bouhafs a porté plainte vendredi pour « injure publique » contre le polémiste Eric Zemmour qui l'a qualifié de « militant islamiste » et contre la chaîne Cnews, selon le texte de cette plainte.

Le journaliste de 23 ans reproche à Eric Zemmour d'avoir dit de lui le 30 novembre sur la chaîne Cnews ceci : « Monsieur Bouhafs qui s'appelle journaliste et qui est en fait militant (...). Vous allez pas me dire que lui n'est pas un militant, un militant indigéniste, un militant islamiste ».

D'après cette plainte avec constitution de partie civile déposée vendredi à Paris, qualifier M. Bouhafs de « militant islamiste » n'est pas « anodin » dans « le contexte actuel ».

« Ces propos ne peuvent que renvoyer à la vague d'attentats commis dans les semaines précédant la diffusion de l'émission » litigieuse, avec des attaques à Paris, à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice, explique la plainte de l'avocat de M. Bouhafs, Me Arié Alimi.

La plainte vise également un responsable de Cnews en tant que directeur de publication du site internet de la chaîne.

Dans un avis adopté en janvier, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM), indépendant de l'Etat, avait critiqué cette séquence.

Eric Zemmour est un pilier de la chaîne d'info CNews. Il a été condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, dont la dernière fois pour incitation à la haine raciale fin septembre.

Dans un autre dossier, il a aussi été définitivement condamné à 3 000 euros d'amende pour provocation à la haine religieuse après des propos anti-musulmans tenus en 2016.

Dès 2011, il avait été condamné pour provocation à la haine, après avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait ».

Il fait l'objet d'une enquête à Paris depuis début octobre pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste » après avoir qualifié les migrants mineurs de « voleurs », « assassins » et « violeurs » sur Cnews.


Confiner Paris? La mairie tempère, Castex tance

Le Premier ministre français Jean Castex accompagné de la maire de Paris Anne Hidalgo et de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pecresse. (Photo, AFP/Archives)
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  • Le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire a relativisé vendredi la proposition d'un confinement de trois semaines dans la capitale
  • « Entrevoir une sortie de crise sanitaire après trois semaines de confinement revenait à raconter des fadaises », estime Castex

PARIS : Une simple « hypothèse »: le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire a relativisé vendredi la proposition d'un confinement de trois semaines dans la capitale, critiquée jusqu'à être qualifiée de « fadaises » par le Premier ministre Jean Castex.

« Ce n'est pas une demande de notre part, mais simplement une hypothèse que nous souhaitons mettre sur la table » dans un contexte d'augmentation du taux d'incidence de la Covid-19 en Ile-de-France, a affirmé l'adjoint de la maire PS Anne Hidalgo lors d'une conférence de presse.

Jeudi soir, il avait affirmé que la mairie allait « faire des propositions de mesures complémentaires avec des degrés différents pour les mettre en débat » avec les représentants de l'Etat, la préfecture de police et l'Agence régionale de santé (ARS).

Parmi celles-ci, le renforcement du dépistage dans les écoles et entreprises, « le retour au télétravail de façon obligatoire », mais aussi un confinement de trois semaines afin « d'avoir la perspective de tout rouvrir » à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels. Plutôt qu'un confinement le week-end comme à Nice ou Dunkerque, autres villes touchées par une nouvelle flambée de l'épidémie, mesure jugée « très contraignante sur le plan de l'impact sociétal et assez peu efficace sur le plan sanitaire ».

« Boulette »

Vendredi, l'élu socialiste a précisé son hypothèse avec un périmètre géographique « à l'échelle de l'Île-de-France, probablement au moins à l'échelle de la zone dense », et le « maintien de l'ouverture des écoles » avec vaccination du personnel enseignant. Et a lié ce confinement strict à la condition que « la situation se dégrade rapidement ».

Une réponse au porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui, au lendemain du placement de 20 départements sous surveillance renforcée, a souligné que « quand on réfléchit sur Paris, il faut réfléchir sur la région Île-de-France ».

En déplacement à Lyon, M. Attal a ensuite ironisé, constatant que « les propositions évoluaient » et appelé à « ne pas jouer avec les nerfs des Français » mis à rude épreuve depuis la survenue de l'épidémie il y a un an.

Le Premier ministre Jean Castex a été plus direct : il a affirmé qu'entrevoir une sortie de crise sanitaire après trois semaines de confinement revenait à raconter des « fadaises ». « Vous savez très bien qu'avec les variants, ce n'est pas possible », a ajouté le chef de gouvernement, en déplacement à Nantes.

Certains, comme le député ex-LREM Matthieu Orphelin, y ont vu de la « politicaille ». Selon lui, « si la mairie de Paris a fait une boulette, ce n'est pas la peine que le Premier ministre s'engouffre dans la brèche ».

L'opposition de droite parisienne a elle dénoncé une « demande faite sans aucune concertation » des maires d'arrondissement, de l'opposition au Conseil de Paris, de la région et des communes limitrophes. « De passage à Paris, Anne Hidalgo exige un confinement strict de Paris! Toujours en déconnexion avec ce que vivent les Parisiens », a ironisé sur Twitter la maire (LR) du 7e arrondissement Rachida Dati.

La région Ile-de-France, gouvernée par la droite, a apporté une réponse plus mesurée. « Si on peut éviter un reconfinement total, il faut essayer de trouver un chemin qui permette de le faire », a indiqué l'entourage de la présidente (Libres!) Valérie Pécresse. Pour lequel « il faudra sans doute des mesures de restriction supplémentaires au niveau régional, qu'il faudra doser

« Tension » à l'hôpital

Anne Hidalgo est venue au secours de son premier adjoint en fin de journée en soulignant sur Twitter l'urgence de « faire des choix clairs et efficaces qui assurent une efficacité sanitaire maximale et donnent des horizons tangibles à nos concitoyens ».

Et dans la concertation, pour montrer que le message était bien passé. « Je réunirai lundi les maires d'arrondissement, pour échanger sur des propositions de mesures qui seront soumises au préfet de police et à l'ARS d'Ile-de-France et concertées avec les communes et départements de petite et grande couronne », a indiqué Anne Hidalgo.

Les 8 départements franciliens sont tous sous « surveillance renforcée », susceptibles de faire l'objet de mesures de confinements locaux à partir du week-end du 6 mars si la situation continuait à se dégrader, après « concertations avec les élus », avait affirmé jeudi le Premier ministre Jean Castex.

Or, « les prévisions de l'AP-HP, de l'Inserm d'Ile-de-France, de l'Institut Pasteur et de l'Agence nationale de santé publique laissent craindre un impact lourd sur les hospitalisations en mars », insiste Mme Hidalgo.


Seine-Saint-Denis: un adolescent de 15 ans tué par balle

Une photo prise le 11 février 2021 du bâtiment de la direction régionale de la police judiciaire à Paris (Photo, AFP)
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  • Le parquet a précisé n'avoir « aucun élément sur le contexte ». A ce stade de l'enquête « aucune personne n'a été interpellée », a ajouté le parquet. 
  • Vers 17h00, l'adolescent se trouvait dans une maison de quartier de la commune de Bondy quand il a été touché

PARIS: Un adolescent de 15 ans a été tué par balle, vendredi à Bondy (Seine-Saint-Denis), par deux personnes qui ont pris la fuite à scooter, a-t-on appris de source policière et auprès du parquet.  

Vers 17h00, l'adolescent se trouvait dans une maison de quartier de la commune de Bondy quand il a été touché, a indiqué le parquet de Bobigny.  

Le parquet a précisé n'avoir « aucun élément sur le contexte ». A ce stade de l'enquête « aucune personne n'a été interpellée », a ajouté le parquet. 

La ville de Bondy est située dans la banlieue nord-est de Paris. 

L'enquête a été confiée à la police judiciaire du département de Seine-Saint-Denis, a précisé cette source.  

Cette semaine, la région parisienne a été marquée par la mort de deux adolescents de 14 ans en Essonne, une fille et un garçon poignardés lors de rixes différentes entre jeunes de bandes rivales.