Quelque 7 000 personnes fuient les combats en Ethiopie occidentale

Des réfugiés éthiopiens, qui ont fui le conflit du Tigré, arrivent au camp de Tenedba à Mafaza, dans l'est du Soudan, le 8 janvier 2021 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 23 février 2021

Quelque 7 000 personnes fuient les combats en Ethiopie occidentale

  • En novembre, seulement quelques centaines de réfugiés avaient traversé la frontière, mais le mouvement s'est accéléré depuis, a indiqué le HCR
  • Les violences interethniques qui déchirent l'ouest de l'Ethiopie, notamment la zone de Metekel, ont débuté avant le lancement de l'offensive du gouvernement fédéral au Tigré

GENÈVE: Quelque 7 000 personnes ont fui les violences interethniques en Ethiopie occidentale et ont cherché refuge au Soudan voisin depuis novembre dernier, ont indiqué mardi les Nations unies. 

Quelque 3 000 réfugiés qui ont franchi la frontière pour se rendre dans l'Etat du Nil bleu dans le sud-est du Soudan, ont déjà pu être enregistrés et pour l'heure 1 000 d'entre eux ont pu bénéficier d'une assistance humanitaire. 

En novembre, seulement quelques centaines de réfugiés avaient traversé la frontière, mais le mouvement s'est accéléré depuis, a indiqué le HCR. 

« La situation s'est rapidement aggravée ces trois derniers mois », a souligné un porte-parole, Babar Baloch. 

Ces violences sont indépendantes de celles qui frappent la région du Tigré dans le nord de l'Ethiopie depuis début novembre 2020 - à cause d'affrontements entre les autorités locales et le gouvernement fédéral- et qui ont forcé plus de 61 000 personnes à elles aussi traverser la frontière pour trouver refuge au Soudan. 

Les violences interethniques qui déchirent l'ouest de l'Ethiopie, notamment la zone de Metekel, ont débuté avant le lancement de l'offensive du gouvernement fédéral au Tigré et se sont intensifiées pendant l'opération, nouvelle illustration des tensions meurtrières qui fracturent le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique (environ 110 millions d'habitants) depuis l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019.  

« La majorité des réfugiés arrivant au Soudan appartiennent à l'ethnie Gumuz », a souligné le porte-parole. 

Il a indiqué que le HCR avait pu apporter de l'aide à quelque 1 000 réfugiés à Yabatcher près de la frontière, qui vivent avec la population locale. 

L'agence onusienne a notamment pu fournir de la nourriture, de l'eau mais aussi un accès aux soins et à des installations sanitaires. 

Le HCR « va accroître son aide », a encore indiqué M. Baloch. 


L'ONU adopte à l'unanimité une résolution exigeant l'équité dans l'accès aux vaccins

Siège des Nations Unies à New York. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
  • La résolution appelle aussi à la solidarité et à des cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre le virus et procéder aux vaccinations
  • Fait rare à l'ONU, la résolution, rédigée par le Royaume-Uni, a été co-sponsorisée par l'ensemble des 15 membres du Conseil de sécurité

NATIONS-UNIES, ETATS-UNIS : Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution exigeant l'équité dans l'accès aux vaccins contre la pandémie de Covid-19, traduisant une certaine unité retrouvée de la communauté internationale.

La résolution, la deuxième en un an du Conseil de sécurité sur la pandémie, appelle aussi à la solidarité et à des cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre le virus et procéder aux vaccinations.

« Le vote pour l'équité en matière de vaccins est important et nous apprécions cela », a réagi le patron de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Mais des mesures concrètes doivent être prises comme renoncer à la propriété intellectuelle sur les brevets pour augmenter la production, la couverture du vaccin et se débarrasser de ce virus dès que possible », a-t-il ajouté.

Fait rare à l'ONU, la résolution, rédigée par le Royaume-Uni, a été co-sponsorisée par l'ensemble des 15 membres du Conseil de sécurité, selon des diplomates.

« Nous faisons tous face à la même menace, à la même pandémie et la coopération internationale ainsi que l’action multilatérale sont nécessaires », relève un diplomate sous couvert d'anonymat. « Cette résolution peut être une étape dans une bonne direction », estime-t-il.

Après à peine une semaine de négociations, cette résolution représente un virage de la communauté internationale vers une unité souvent prise en défaut depuis le déclenchement de la pandémie il y a un an. Elle traduit aussi un net réchauffement de la relation entre les Etats-Unis et la Chine depuis l'arrivée du démocrate Joe Biden au pouvoir.

Même s'il reste des sujets compliqués, l'origine du virus, la question de la transparence, « aujourd’hui, notamment à cause des changements intervenus aux Etats-Unis, ce sujet n'est pas aussi controversé qu’au printemps dernier », note un diplomate sous couvert d'anonymat. Quant à savoir si cette unité perdurera, « nous verrons », ajoute-t-il.

« Accès équitable et abordable »

L'an dernier, il avait fallu plus de trois mois à la France et la Tunisie pour faire adopter une résolution appelant à des cessez-le-feu dans le monde alors qu'une rivalité exacerbée entre les Etats-Unis et la Chine a longtemps bloqué toute adoption rapide.

La résolution approuvée vendredi « souligne le besoin urgent de solidarité, d'équité et d'efficacité et invite au don de doses de vaccin par les économies développées et tous ceux en mesure de le faire aux pays à revenu faible et intermédiaire ou dans le besoin (…) pour un accès équitable aux produits de santé contre le Covid-19 ».

Le Conseil appelle aussi « au renforcement des approches nationales et multilatérales et de la coopération internationale (…) afin de faciliter un accès équitable et abordable aux vaccins Covid-19 dans les situations de conflit armé, les situations d'après-conflit et les situations d'urgence humanitaire complexes ».

La résolution exige par ailleurs « que toutes les parties aux conflits armés s'engagent immédiatement dans une pause humanitaire durable, étendue et soutenue pour faciliter, entre autres, la livraison et la distribution équitables, sûres et sans entrave des vaccins Covid-19 dans les zones de conflit armé ».

Le Conseil demande enfin au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, de procéder fréquemment à « une évaluation complète des obstacles à l'accessibilité aux vaccins" et aux pays membres de l'Organisation de prendre "des mesures pour éviter la spéculation et le stockage indu qui pourraient entraver l'accès à des vaccins sûrs et efficaces, en particulier dans les situations de conflit armé ».

Depuis fin décembre 2019, la pandémie a fait plus de 2,5 millions de morts dans le monde.


Cloué à Washington par la pandémie, Blinken invente les «voyages virtuels»

Antony Blinken, Secrétaire d’État des États-Unis. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
  • Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard
  • Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique

WASHINGTON : « Heureux d'être "au" Mexique ! » Sur le papier, le programme a tout d'une visite officielle. Mais sur le papier seulement : cloué à Washington par la pandémie, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, dont la principale mission serait de parcourir le monde, a inventé vendredi le "voyage virtuel".

Dans le langage du département d'Etat, le chef de la diplomatie américaine s'est donc « rendu » vendredi matin au Mexique, pour « rencontrer» son homologue Marcelo Ebrard.

Il a même « visité » la frontière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juarez, côté mexicain, où des responsables en uniforme lui ont exposé les défis de ce point de passage emblématique – un signal fort pour démontrer que le gouvernement de Joe Biden tourne la page de la politique migratoire draconienne de Donald Trump et de son "mur" controversé.

« Nous travaillons globalement à faire en sorte d'avoir une frontière sûre, ordonnée, et humaine », a dit le ministre américain, qui a évoqué un processus qui « prendra du temps » pour que les Etats-Unis accueillent à nouveau sur leur sol les demandeurs d'asile. L'ex-président avait obtenu qu'ils restent au Mexique le temps de l'examen de leur dossier.

Antony Blinken a aussi promis de s'attaquer aux « raisons déchirantes qui poussent les gens à risquer leur vie et leur sécurité pour entrer aux Etats-Unis à tout prix ». Mais « la frontière est fermée aux migrations irrégulières », a-t-il lancé, tentant de conjuguer humanité et fermeté.

Et comme lors d'un déplacement normal, une poignée de journalistes ont été invités à « voyager » avec Antony Blinken, assistant au début des entretiens avant d'être évincés de la salle.

Sauf que... ce n'était pas un déplacement normal.

« Protéger » le personnel

Contrairement à son prédécesseur républicain Mike Pompeo, qui a continué de parcourir le monde malgré le coronavirus, le secrétaire d'Etat démocrate, bien que déjà vacciné, a décidé pour l'instant de respecter la règle gouvernementale interdisant tout voyage non « essentiel ».

Seuls de rares émissaires chargés de dossiers brûlants, comme le Yémen, sont autorisés à ce stade à se rendre sur le terrain.

Car un voyage ministériel, ce sont des dizaines de personnes impliquées –  conseillers, agents de sécurité, journalistes... Et l'administration Biden affiche son respect des règles sanitaires, en rupture avec un certain laxisme de l'ère Trump.

D'autant que certains diplomates américains en poste à l'étranger commencent à déplorer la lenteur de la vaccination.

« Afin de protéger notre personnel, dans les ambassades et ici, nous avons décidé de faire cela virtuellement pour ne pas devoir attendre le moment où il sera sûr de voyager », a expliqué à la presse la secrétaire d'Etat adjointe pour les Amériques, Julie Chung.

Elle a vanté un programme « créatif », avec « rencontre » des diplomates américains sur place, « échange » avec des étudiants... "C'est le nouveau monde dans lequel nous vivons, à travers des plateformes virtuelles", a-t-elle justifié.

Ce « nouveau monde » a ses avantages – « pas de décalage horaire », a souri le secrétaire d'Etat –  mais aussi ses inconvénients.

Alors qu'Antony Blinken, depuis les dorures du département d'Etat, drapeaux américain et mexicain derrière lui, conversait par écrans interposés, la retransmission vidéo simultanée était quasiment inaudible pour cause de grésillements fastidieux.

Après le Mexique, le secrétaire d'Etat s'est téléporté au Canada pour « rencontrer » le Premier ministre Justin Trudeau, autre voisin avec lequel le président Biden a lui-même eu mardi son premier « sommet » bilatéral virtuel.

Un format qui « empêche aux diplomates d'avoir des conversations feutrées » parfois plus fructueuses, déplore Brett Bruen. Cet ex-diplomate qui dirige un cabinet de conseil estime que l'administration Biden doit « trouver un équilibre, car renoncer aux contacts face-à-face n'est pas une alternative viable ».

Antony Blinken devrait faire d'autres vrais-faux voyages par visioconférence dans les prochaines semaines. Aucune date n'est encore fixée officiellement pour un premier déplacement en personne.


Plan de relance Biden: la Chambre vote vendredi, incertitude au Sénat

Le président américain Joe Biden monte à bord d'Air Force One à « Joint Base Andrews » dans le Maryland le 26 février 2021 (Photo, AFP)
Short Url
  • La gardienne des procédures, complexes, du Sénat, Elizabeth MacDonough, a jugé que le texte ne pouvait pas inclure la hausse du salaire minimum horaire à 15 dollars
  • Joe Biden prévoit plusieurs dizaines de milliards de dollars pour l'accélération du rythme des vaccinations et le déploiement de tests

WASHINGTON: La Chambre américaine des représentants vote vendredi soir sur le plan de relance de 1 900 milliards de dollars voulu par Joe Biden, mais après un revers de procédure au Sénat, la hausse du salaire minimum réclamée par les démocrates ne figurera certainement pas dans la version finale.   

C'est une figure méconnue du Congrès qui a bousculé jeudi soir l'avancée de ce plan titanesque, que le nouveau président américain voulait au départ voir adopté dès début février.  

La gardienne des procédures, complexes, du Sénat, Elizabeth MacDonough, a jugé que le texte ne pouvait pas inclure la hausse du salaire minimum horaire à 15 dollars, inscrite dans le projet de loi.   

Si certains progressistes s'en sont indignés, appelant à outrepasser le jugement de cette « parliamentarian », une responsable non élue, Joe Biden a fait savoir dès jeudi soir qu'il le « respectait ».   

Tout en exhortant le Congrès à « avancer rapidement pour adopter le Plan de sauvetage américain ». Et en annonçant qu'il tenterait de faire avancer séparément l'augmentation du salaire fédéral minimum, actuellement à 7,25 dollars.   

Le message aux démocrates, qui contrôlent la majorité au Congrès, est clair: le temps presse pour relancer une économie américaine durement frappée par la pandémie de Covid-19.    

Agissez « rapidement afin d'adopter cette loi pour donner aux Américains le soutien et l'aide urgents dont ils ont besoin », a écrit le Bureau de la gestion et du budget à la Maison Blanche (OMB) aux parlementaires, vendredi matin.  

Dans la soirée, la Chambre votera sur le projet de loi d'origine, qui comprend la hausse du salaire minimum jusqu'à 15 dollars par heure, d'ici 2025.   

Une mesure « nécessaire », a justifié jeudi soir la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi. « Cette disposition restera donc dans le Plan de sauvetage américain qui sera soumis au vote », dont l'heure n'a pas encore été annoncée, a-t-elle martelé.   

Dans les faits, cette décision implique une plus longue navette parlementaire.   

Compte tenu de leur majorité à la chambre basse, le plan de 1 900 milliards de dollars a de fortes chances d'y être facilement adopté. Il sera ensuite envoyé, la semaine prochaine, au Sénat, où la hausse du salaire devrait être retirée.   

S'il y est à son tour adopté, ce texte repartira à la Chambre pour un vote sur une version finale harmonisée.   

Chèques de 1 400 dollars  

Le retrait de la hausse du salaire minimum pourrait, dans les faits, faciliter l'adoption du plan de soutien. Car certains démocrates modérés étaient opposés à cette mesure.   

Or avec son infime majorité au Sénat, et l'opposition annoncée des républicains au plan Biden, le parti a impérativement besoin d'unité pour faire adopter ce projet.   

Le sénateur Bernie Sanders et d'autres démocrates progressistes étudiaient toutefois vendredi une alternative pour encourager la hausse des revenus minimum: introduire dans le vaste plan de soutien un amendement créant des pénalités fiscales pour les grandes entreprises qui payent moins qu'un « minimum vital ».   

Mais les démocrates modérés pourraient aussi s'y opposer.   

Face à l'incertitude, les grands patrons américains appellent à agir vite.  

Dans le détail, le plan Biden vise à soutenir l'économie et la lutte contre la Covid-19.   

Il prévoit plusieurs dizaines de milliards de dollars pour l'accélération du rythme des vaccinations et le déploiement de tests mais aussi 130 milliards de dollars pour aider les écoles et lycées à rouvrir malgré la pandémie.   

De nouveaux chèques d'aide d'un montant de 1.400 dollars devraient être envoyés aux Américains, selon leur niveau de revenus, et la durée de versement des allocations chômage prolongée jusqu'au 30 septembre 2021.  

Les démocrates ont promis d'adopter ces mesures avant le 14 mars, lorsque le versement d'allocations chômage prolongé dans un précédent plan d'aide cessera.