Un poids lourd du secteur à la tête de la Commission saoudienne de la mode

Avant sa nomination, Cakmak était doyen de l’École de la mode à la Parsons School of Design - The New School à New York, de 2015 jusqu’en juillet l'année dernière (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Un poids lourd du secteur à la tête de la Commission saoudienne de la mode

  • Poids lourd de l'industrie, le nouveau PDG de la commission est chargé de gérer, organiser et développer le secteur de la mode en Arabie saoudite
  • Cakmak a assisté à la conférence Fashion Futures au palais de Tuwaiq, à Riyad, le mois dernier

LONDRES: L’Arabie saoudite a nommé Burak Cakmak à la tête de la Commission de la mode du Royaume, a annoncé lundi le ministère de la Culture.

Poids lourd de l'industrie, le nouveau PDG de la commission est chargé de gérer, organiser et développer le secteur de la mode en Arabie saoudite.

Dans son rôle, Cakmak cherchera également à encourager le financement et l'investissement dans l'industrie de la mode saoudienne ainsi qu'à définir les lois et réglementations du secteur, tout en soutenant les professionnels et les entrepreneurs locaux tout en développant des programmes éducatifs et professionnels.

Avant sa nomination, Cakmak était doyen de l’École de la mode à la Parsons School of Design - The New School à New York, de 2015 jusqu’en juillet l'année dernière.

L’ancien doyen a occupé de nombreux postes de direction de haut niveau dans de grandes entreprises industrielles. Il a été en autres consultant en développement durable à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Cakmak a assisté à la conférence Fashion Futures au palais de Tuwaiq, à Riyad, le mois dernier, un événement qui a inauguré le premier défilé d’envergure du Royaume.

La Commission de la mode est l'un des onze organismes créés par le ministère de la Culture afin de gérer et de promouvoir le secteur culturel saoudien.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


The Breakdown: Joana Hadjithomas et Khalil Joreige évoquent Cedar IV, A Reconstitution

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige sont des artistes libanais basés à Paris (Photo fournie)
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  • Nous nous sommes demandé pourquoi un projet aussi intéressant avait disparu de notre histoire et de notre mémoire
  • La reconstitution est une manière de donner de la matière – la réalité – à nos souvenirs perdus

DUBAÏ: L’installation de 2011 du duo d’artistes libanais basé à Paris, est inspirée de la Lebanese Rocket Society des années 1960. 

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La Lebanese Rocket Society (Photo fournie) 

Joana Hadjithomas: Tout a commencé avec ma sœur. Elle faisait des recherches sur l'histoire du Liban et elle est tombée sur cette histoire de fusées lancées depuis le Liban (dans les années 1960). Cela nous est resté en tête. Quelques années plus tard, nous avons vu le timbre de la fusée Cedar IV, émis en 1964, et nous avons trouvé que c'était vraiment intéressant. 

Khalil Joreige: Nous nous sommes demandé pourquoi un projet aussi intéressant avait disparu de notre histoire et de notre mémoire. 

Joana: La Lebanese Rocket Society a vu le jour en 1960 à l'université de Haigazian. Un professeur – Manoug Manougian – avait une passion pour tout ce qui avait trait aux fusées. Ses étudiants ont commencé à fabriquer des fusées et des propulseurs à l'université. L'armée libanaise s’est jointe au projet, mais pour Manoug et ses étudiants, ça a toujours été un projet éducatif – jamais militaire. 

Khalil: Ce n’était pas non plus nationaliste. La plupart des personnes impliquées n’étaient pas libanaises – elles venaient de toute la région. Elles construisaient la paix à travers l’éducation. 

Joana: Les acteurs du programme pensaient qu'ils contribuaient à la course à l'espace – ils partageaient cette fascination de l’époque pour l'espace. Il s’agit d’espoir et de rêves. Nous avons donc estimé que nous devions raconter cette histoire et retrouver ceux qui en avaient fait partie. Cela n’a pas été facile car ils étaient dispersés dans le monde entier. 

Khalil: Nous avons dû réfléchir à différentes stratégies afin de conjuguer le passé au présent. 

Joana: Nous avons donc reconstruit une fusée avec  le soutien de la Biennale de Sharjah et nous l'avons offerte à l'université de Haigazian. La reconstitution est une façon de donner de la matière – la réalité – à nos souvenirs perdus. C’est pourquoi il était important de reconstituer la fusée à l’identique. Nous avons choisi Cedar IV parce que c’était l’une des plus réussies, mais nous n’y avons pas affiché le drapeau libanais. 

Khalil: Si vous y posez un drapeau, cela devient nationaliste et militariste. En le laissant blanc, cela reste un lieu de projection, une présence fantomatique. 

Joana: Aujourd'hui, la fusée ressemble à un missile militaire, mais ça n’en est pas un. 

Khalil: La sonde des Émirats arabes unis (qui a atteint Mars le 9 février) s'appelle «Hope». Lorsque vous visez une autre dimension, quelque chose que vous ignorez, il s’agit toujours d'espoir. 

Joana: La principale richesse du Liban est son peuple, mais nous sommes les otages de gens corrompus qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Nous étions vraiment heureux pour les Émirats arabes unis quand «Hope» a atteint Mars, et je pense que les Libanais y ont été sensibles parce que cela touche à leur droit de rêver aussi – et d’avoir la possibilité de se reconstruire et de se libérer de ces gens corrompus. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Covid-19 : dix affiches d'artistes, dont Mika, pour redonner des couleurs à Paris

Le chanteur libano-britannique Mika lors du Festival de musique live FNAC à Paris le 18 juillet 2015 (Photo, AFP)
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  • Ces oeuvres inédites sont exposées sur les mâts-drapeaux et les célèbres colonnes Morris, emblématiques du mobilier urbain parisien
  • Les dix affiches seront visibles durant le mois de mars dans toute la capitale

PARIS: Dix affiches réalisées par des artistes, dont Mika, vont être exposées en mars à Paris, sur les mâts-drapeaux et les colonnes Morris, orphelines des spectacles, films et expositions en raison de la pandémie, a indiqué vendredi la mairie. 

Pour habiller les espaces d'affichage de la capitale orphelins des annonces des événements culturels habituels (cinémas, théâtre, musées), Mika, qui mène ce projet, sa soeur Paloma Penniman et le directeur du musée des Arts décoratifs Olivier Gabet ont donné carte blanche à neuf artistes pour « redonner des couleurs à Paris », titre de cette exposition éphémère à ciel ouvert. 

Mika a lui-même co-signé une affiche réalisée avec une autre de ses soeurs, Yasmine Penniman, avec laquelle il crée ses pochettes d'album, affiches de tournée ou autres produits depuis deux décennies. 

Ces oeuvres inédites sont exposées sur les mâts-drapeaux et les célèbres colonnes Morris, emblématiques du mobilier urbain parisien et qui appartiennent au géant de l'affichage JCDecaux, et les espaces d'affichage de la Ville de Paris. 

Palais de la Porte Dorée, canal de l'Ourcq, hôtel Lutetia etc : des lieux emblématiques de la capitale figurent sur plusieurs de ces oeuvres aux couleurs chaudes. 

« Avec l'arrêt des spectacles, des cinémas, des théâtres et la fermeture des musées, les espaces d'affichage par définition ne se renouvelaient pas. Il y avait une forme de monotonie visuelle », explique l'artiste d'origine libanaise, âgé de 37 ans. « J'ai donc voulu raviver les couleurs de Paris en créant un espace créatif comme une grande galerie éphémère en plein air ». 

Les dix affiches seront visibles durant le mois de mars dans toute la capitale. 


La vénérable sandale Birkenstock propulsée sur la planète luxe

Le groupe a écoulé en 2019 plus de 24 millions de paires de chaussures dans plus de 100 pays, pour un chiffre d'affaires de quelque 720 millions d'euros, selon l'agence Bloomberg (Photo, AFP).
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  • Les deux propriétaires, Christian et Alex Birkenstock, louent des partenaires «ayant la même vision stratégique et à long terme que la famille»
  • Birkenstock est «considéré comme une marque patrimoniale avec des racines et un savoir-faire allemands forts et cela correspond bien aux autres marques patrimoniales chapeautées par LVMH»

FRANCFORT: Jadis symbole de ringardise, les célèbres sandales allemandes Birkenstock vont passer sous contrôle de fonds liées au géant du luxe LVMH, séduit par cette marque devenue culte, populaire tant chez les campeurs, les hipsters que les grands créateurs. 

Aucun détail financier n'a été révélé vendredi par les différentes parties mais selon plusieurs médias, la transaction valorise à environ 4 milliards d'euros l'ensemble du groupe, dont le chiffre d'affaires s'élevait à 720 millions d'euros en 2019.

Le rachat d'une part majoritaire du fabricant par L Catterton, contrôlé par LVHM, et le fonds Financière Agache de la famille Arnault, est "la prochaine étape logique pour atteindre une forte croissance également sur des marchés d'avenir comme la Chine et l'Inde", a annoncé le groupe familial allemand dans un communiqué. Il n'est pas précisé à combien s'élève cette part majoritaire.

Jadis producteur de semelles orthopédiques habillant des sandales au look rustique, le chausseur a progressivement gagné sa place dans les défilés de mode et aux pieds des stars. 

L'entrée dans le giron LVHM, qui reste soumise à l'approbation des autorités de la concurrence, consacre son atterrissage sur la planète luxe.

Les deux propriétaires, Christian et Alex Birkenstock, louent des partenaires "ayant la même vision stratégique et à long terme que la famille".

Le patron du fabricant Oliver Reichert évoque de son côté dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt des "opportunités" car "le propriétaire de LVMH Bernard Arnault joue un rôle clé dans la stratégie de L Catterton".

"Nous allons aider Birkenstock à réaliser son grand potentiel de croissance" a de son côté déclaré Bernard Arnault, cité dans un communiqué.

Birkenstock est "considéré comme une marque patrimoniale avec des racines et un savoir-faire allemands forts et cela correspond bien aux autres marques patrimoniales chapeautées par LVMH", décrypte Fflur Roberts, responsable du pôle luxe chez Euromonitor.

'Marque sexy' 

Dans les années 2000, la sandale "la plus laide du monde", avec son "lit de pied" en liège et ses grosses brides, s'est débarrassée de son image kitsch, vestige de la culture hippie, et a été adoptée par les branchés -- avec ou sans chaussettes.

Le groupe a dépoussiéré ses collections, lançant des modèles aux coloris plus gais et s'associant à des labels de créateurs comme Paco Rabanne, Valentino ou Céline qui a récemment revisité la Birkenstock en version fourrure (la "Furkenstock").

En février 2019, l'actrice Frances McDormand foulait même le tapis rouge des Oscars une paire de claquettes allemandes aux pieds, pour accompagner une robe de luxe griffée Valentino.

Cette touche glamour a achevé de rendre fréquentable la sandale qui s'appuie également sur le credo écolo, lié à l'usage de matériaux naturels (cuir, latex, liège), et le "Made in Germany".

S'y ajoute un effet Covid qui rend le confortable nu-pieds germanique, encore plus désirable.

"L'industrie de la mode traversait déjà une période de transition portée par les loisirs sportifs et une approche plus décontractée de l'habillement", explique Mme Roberts. "Cette tendance s'est accélérée avec la pandémie, les consommateurs plébiscitant des vêtements de détente à porter en télétravail et pour faire de l'exercice à domicile".

"Nous sommes une marque extrêmement sexy", résume le patron.

Production allemande 

Basé à Linz am Rhein dans le Land de Rhénanie-Palatinat (sud-ouest) et employant 4 300 personnes, Birkenstock revendique de produire en Allemagne, sur quatre sites dont l'un des plus importants se trouve à Görlitz, ex-RDA, non loin de la frontière polonaise.

"Il n'y aura pas de délocalisation de la production vers l'Asie ou ailleurs", a déclaré M. Reichert. 

Les héritiers Birkenstock avaient opéré un premier virage stratégique en 2013, appelant aux commandes de l'entreprise deux dirigeants choisis hors du cercle familial - Oliver Reichert et Markus Bensberg -  qui ont réorganisé l'entreprise.

Le groupe a écoulé en 2019 plus de 24 millions de paires de chaussures dans plus de 100 pays, pour un chiffre d'affaires de quelque 720 millions d'euros, selon l'agence Bloomberg. Les ventes sont soutenues par les sandales, mais également par la diversification opérée dans les produits cosmétiques et la literie haut de gamme.