Washington soutient le retour du Hirak et réaffirme son attachement aux libertés

La foule n'a cessé de scander «silmiya, silmiya» une façon de rappeler que ces marches sont pacifiques et qu’elles doivent toujours le rester.(AFP)
"Libérez les otages" en allusion aux prisonniers politiques qui n'ont pas été compris par la grâce présidentielle. (Photo Sarah Ben Ali Cherif).
Jeunes et moins jeunes ont pris les rues d'Alger d'assaut, en dépit de la Covid-19. (Photo Sarah Ben Ali Cherif).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Washington soutient le retour du Hirak et réaffirme son attachement aux libertés

  • «Pas de marche arrière! Nous sommes tous unis et on jure que l’on ne s’arrêtera pas»
  • Le mouvement populaire semble repartir de plus belle à l’occasion de son deuxième anniversaire

ALGER: Dans une déclaration à Arab News en français, un porte-parole du département d'État américain a affirmé mardi que Washington voit d’un bon œil le déroulement des manifestations en faveur de la démocratie en Algérie. «Nous pensons que tout le monde devrait être libre d'exprimer ses opinions politiques», a déclaré le porte-parole. «Les personnes ont le droit de se réunir librement et de manifester pacifiquement», a-t-il ajouté, apportant ainsi son soutien aux manifestations pour le 2e anniversaire du Hirak dans la capitale algérienne.

Suspendu au printemps dernier en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, après plus de cinquante vendredis consécutifs de manifestation, le mouvement populaire semble repartir de plus belle à l’occasion de son 2e anniversaire. Ni la pluie, ni les forces de l’ordre déployées en grand nombre n’ont pu empêcher des milliers d’Algériens de manifester dans la capitale.

Dès les premières heures de la matinée de mardi, la foule a commencé à grandir. Avant la mi-journée, la place Maurice-Audin, dans le centre d’Alger, ne parvenait plus à contenir les milliers de manifestants venus des quatre coins du pays, a constaté la correspondante d'Arab News en français Sarra Benali Cherif

Dans cette ambiance particulière, un véritable «raz-de-marée»… Des Algériens de tous âges ont envahi le centre d’Alger. Les protestataires ont tenu à faire savoir que leur détermination était intacte: «Rien n’arrêtera notre révolution, nul n’a le droit de décider à la place du peuple», déclare ainsi Mohamed, étudiant en droit.

La foule ne cessait de scander «silmiya, silmiya», une façon de rappeler que ces marches sont pacifiques et qu’elles doivent toujours le rester. «Nous sommes un peuple pacifique et conscient, on croit à cette paix à laquelle nous aspirons et nous continuons de la défendre. C’est désormais une notion sacrée», revendique un sexagénaire.

Les manifestants brandissent des drapeaux algériens et scandent des slogans du Hirak: «Pour l'indépendance de l'Algérie» , «Pour un État civil et non militaire», «Libérez nos frères détenus», ou encore: «Pour un État de droit».

«Nous sommes tous là pour réclamer une Algérie de justice et de démocratie. Les corrompus doivent quitter immédiatement les sphères du pouvoir», nous a déclaré la jeune Amel, drapée de l'emblème national. «Le Hirak n'a jamais vraiment cessé de réclamer un changement de système pour mettre fin à un régime indirectement contrôlé par le pouvoir des militaires», ajoute-t-elle.

«Pas de marche arrière !»

Même forme d’engagement chez Bilal et ses amis, tous ingénieurs: «Nous réclamons le démantèlement de la totalité du système au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962», clame le jeune homme. «Le pouvoir en place permet à ce même système de se régénérer et nous allons tous lutter pour que cela ne se produise pas», indique-t-il encore.

Les manifestants ont entonné l'hymne national et ont brandi les photos des valeureux martyrs de la guerre de libération nationale pour montrer leur patriotisme, leur soif de justice et d'unité nationale.

«Pas de marche arrière! Nous sommes tous unis et on jure que l’on ne s’arrêtera pas», entend-on alors que la marée humaine se met en marche. Visiblement, le mouvement populaire n’a rien perdu de sa vigueur et, surtout, il garde le cap sur ses revendications de changement et de rupture.

La presse algérienne a eu du mal à couvrir les manifestations d’aujourd’hui. Huée et sifflée par de nombreux manifestants qui scandaient Ya Sahafa Ya Chyietine («la presse lèche les bottes du pouvoir»), les journalistes algériens ont eu des difficultés à pouvoir travailler correctement. «Vous êtes dans la désinformation, vous mentez et vous déformez les réalités! Honte à vous!», s’indigne un manifestant, avant d’ajouter en chantant: «Nous ne sommes pas venus pour l'anniversaire du Hirak, nous sommes venus pour que vous partiez.»

Il faut dire que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a entamé depuis son investiture un chantier de réforme pour gagner la confiance du peuple: nouvelle Constitution, nouveau code électoral, remaniement ministériel, Assemblée populaire nationale dissoute, détenus d’opinion  graciés… Mais toutes ces mesures n’ont pas suffi à désamorcer la colère populaire.


 


Les réformes destinées aux femmes en Arabie saoudite stimulent la croissance économique

Issam Abousleiman, directeur régional de la Banque mondiale pour les pays du CCG. (Photo fournie)
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  • Abousleiman a affirmé que le Royaume était en bonne voie pour atteindre ses objectifs et que les nouvelles réformes prennent généralement entre 3 et 5 ans afin d’avoir un impact concret
  • Le rapport annuel WBL de la Banque mondiale a également indiqué que l’Arabie saoudite avait fait des progrès significatifs

JEDDAH: L’Arabie saoudite a mis en œuvre un grand nombre de réformes ambitieuses dans le but de renforcer l’inclusion économique des femmes; ce qui a permis aux femmes d’accéder davantage à l’éducation et aux possibilités d’emploi.

Selon un rapport du Global Entrepreneurship Monitor en 2020, les taux les plus élevés d'intentions entrepreneuriales des femmes ont été signalés dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord à 36,6%, les femmes entrepreneurs saoudiennes étaient sans aucun doute responsables de cette tendance.

Issam Abousleiman, directeur régional de la Banque mondiale pour les pays du CCG, a déclaré à Arab News que les femmes saoudiennes ont joué un rôle fondamental dans la stimulation de la croissance économique dans le Royaume.

« L'Arabie saoudite a fait de nombreuses réformes liées à l'environnement des affaires, ainsi que les lois qui sont mesurées par l'indice Women, Business and the Law (WBL) (les femmes, les affaires et le droit) que nous avons », a-t-il révélé, ajoutant que ces lois avaient augmenté le nombre des femmes entrepreneurs dans le Royaume.

Abousleiman a également souligné que le nombre de femmes entrepreneurs saoudiennes avait augmenté de 50% entre 2018 et 2019, en particulier dans le secteur des services aux consommateurs.

Le rapport annuel WBL de la Banque mondiale a également indiqué que l’Arabie saoudite avait fait des progrès significatifs, obtenant 80 points sur 100.

Les réformes dans le Royaume ont permis de financer des projets et des initiatives, qui ont créé des opportunités pour les femmes dans le secteur gouvernemental comme dans le secteur privé. Ces réformes ont joué un rôle essentiel dans la création d'environnements de travail sûrs de manière à favoriser la croissance et l'innovation.

« Ces nouvelles entreprises créent de nouveaux emplois et fournissent des moyens de subsistance à de nombreuses personnes en Arabie saoudite », a précisé Abousleiman.


A Bagdad, la messe du pape entre youyous et effluves d'encens

Le pape François préside la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)
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  • A l'arrivée du souverain pontife de 84 ans, une nuée de youyous s'élève ainsi que des centaines de mains tournées vers le ciel
  • «C'est la première vraie rencontre entre le Saint-père et ses fidèles», se félicite le père Nadheer Dakko, de l'église Saint Joseph

BAGDAD: Tout a commencé pour ces fidèles par une longue attente silencieuse sous le soleil couchant de Bagdad. Puis, ce que la plupart d'entre eux n'imaginaient que dans leurs rêves les plus fous est arrivé: le pape François est apparu. 

Devant l'église Saint Joseph de la capitale irakienne, les rares chrétiens ayant obtenu un billet pour assister à la première messe papale de l'histoire de l'Irak rompent brutalement leur silence. 

A l'arrivée du souverain pontife de 84 ans, une nuée de youyous s'élève ainsi que des centaines de mains tournées vers le ciel. 

Au milieu des bouquets, des missels en arabe et des rosaires serrés entre des doigts tremblants, François salue des femmes, certaines la tête couverte de voiles noirs ou blancs. 

Et il a l'air encore plus heureux que les Irakiens qui l'accueillent. 

Les jeunes --peu nombreux dans l'assemblée-- dégainent aussitôt leurs téléphones portables, abaissant leur masque pour se prendre en photo avec le pape en arrière-plan. 

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Le pape François quitte après avoir presidé la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)

Hostie et spray désinfectant 

Des voix enfantines d'une chorale de bienvenue au souverain pontife se font entendre. 

« Ca fait trois jours qu'on répète sans arrêt! », explique l'une des chanteuses, pas peu fière, portant une casquette floquée d'une photo du pape François trop grande pour sa tête. 

Après cet accueil, une petite partie des personnes rassemblées entre dans l'église entièrement ceinturée d'imposants blocs de béton, pour prendre place sur des bancs de bois --à bonne distance les unes des autres à cause de la pandémie de coronavirus. 

D'autres restent à l'extérieur sur des bancs de bois installés sur le parvis face à des écrans géants qui retransmettent la messe en direct. 

Et, de nouveau, quand entre la procession du pape, en tenue blanche aux liserés dorés, de puissants youyous s'élèvent des travées tandis que résonnent les chants liturgiques en arabe d'une chorale masquée. 

« C'est la première vraie rencontre entre le Saint-père et ses fidèles », se félicite le père Nadheer Dakko, de l'église Saint Joseph, à l'issue du deuxième jour de la visite papale marqué principalement par des entrevues officielles. 

Une rencontre néanmoins entravée par les restrictions liées à la Covid-19. Pour la communion, le partage du vin et du pain bénis, le pape ne s'est pas déplacé. 

A sa place, une demi-douzaine de prêtres munis de sprays désinfectants ont servi les fidèles dans l'église, déposant la petite hostie ronde dans leur main préalablement aspergée d'alcool. 

Dans son homélie, le pape François évoque l'amour, le pouvoir de témoigner et la force qu'il convient de garder face aux persécutions. 

Autant de mots qui résonnent en Nabil Yaacoub, quadragénaire bagdadi qui dit avoir »survécu à tout » dans sa ville meurtrie depuis près de vingt ans par une invasion américaine, une guerre civile et des attentats jihadistes à répétition. 

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Le pape François préside la messe à la cathédrale Saint-Joseph de Bagdad, le 6 mars 2021 (Photo, AFP)

« Panser les plaies »  

« J'ai survécu aux violences confessionnelles, aux explosions mais maintenant le pape est là », confie ce catholique irakien. 

« Dans ce pays où tant de mal a été fait, il va pouvoir panser les plaies: c'est comme un père qui rentre enfin à la maison », espère l'homme qui regarde la messe sur l'un des écrans géants du parvis. 

Chaque paroisse n'a pu envoyer que treize fidèles. 

Pour tous les autres, ne serait-ce que pour quelques secondes et de loin, voir le pape reste une consolation. Il faut pour cela contourner les dizaines de barrages des forces de l'ordre autour de l'église. 

Samira Youssef a réussi à se frayer un chemin avec sa soeur. 

« J'attends devant l'église depuis midi mais, de toutes façons, j'ai attendu ce moment toute ma vie », glisse-t-elle. « S'ils ne me laissent pas entrer, je sais que je vais pleurer ».  

A quelques pas de là, un jeune garçon se gratte la tête en contemplant des gardes suisses qui le dépassent de plusieurs têtes. 

« Je vis juste à côté et je viens tous les jours allumer un cierge à Saint Joseph », raconte Fahad, musulman de 12 ans qui a ses habitudes à l'église. « Mais aujourd'hui, le pape en personne est là! », répète-t-il, incrédule. 

Avant de reprendre: « J'espère que ça deviendra son habitude: j'espère que le pape viendra tout le temps en Irak ». 


Le Premier ministre libanais met en garde contre le chaos face à l’effondrement de la livre

Le Premier ministre par intérim du Liban, Hassan Diab, prend la parole au siège du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 6 mars 2021 (Reuters)
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  • Hassan Diab a menacé de ne plus remplir ses fonctions si cela pouvait accélérer la formation d'un nouveau cabinet
  • Il s’est exprimé lors d’un discours laconique à la nation alors que la livre continuait de s’effondrer par rapport au dollar

BEYROUTH: Le Premier ministre par intérim du Liban a averti samedi que le pays se dirigeait rapidement vers le chaos et a appelé les politiciens à mettre de côté leurs divergences afin de former un nouveau gouvernement capable de solliciter une aide étrangère indispensable. 

Hassan Diab a menacé de ne plus remplir ses fonctions si cela pouvait accélérer la formation d’un nouveau gouvernement. 

Il s’est exprimé lors d’un discours laconique à la nation alors que la livre continuait de s’effondrer par rapport au dollar, s'échangeant à un moment donné à 10 500 livres libanaises sur le marché noir pour la première fois de son histoire. Des manifestants en colère bloquent des rues et des autoroutes à travers le pays et brûlent des pneus depuis plusieurs jours, alors que la livre poursuit sa chute vertigineuse atteignant de nouveaux records. 

La chute de la monnaie locale a entraîné une forte augmentation des prix ainsi que des retards de livraison de carburant, ce qui a provoqué des pannes d'électricité plus prolongées dans tout le pays, de plus de 12 heures par jour dans certaines régions. La crise a plongé près de la moitié de la population du petit pays de 6 millions d'habitants dans la pauvreté, les a privés de leurs épargnes et réduit leur pouvoir d'achat. 

De petits groupes de manifestants ont de nouveau bloqué des routes dans plusieurs zones vendredi, incendiant des pneus et des meubles. 

«Le dollar est à 10 500 (livres) et tout le monde a quatre ou cinq bouches à nourrir, y compris les parents. Ils (les politiciens corrompus) doivent subvenir à nos besoins », a crié un manifestant. 

«Ils se sont fait vacciner contre le coronavirus, mais ont ouvert le pays pour que les gens puissent mourir», a-t-il ajouté, faisant référence à un groupe de parlementaires vaccinés au parlement même le mois dernier sans autorisation préalable. Une initiative qui a conduit la Banque mondiale à envisager de suspendre son financement de la campagne de vaccination au Liban. 

Un autre manifestant qui ne s'est identifié que par son prénom, Ali, a déclaré qu'il était frustré que d'autres Libanais restent chez eux. 

« Où est le peuple libanais ? Le dollar est maintenant à 10 500 (livres) et il atteindra 15 ou 20 (mille). Pourquoi sommes-nous à la maison ? Nous devons descendre dans la rue ! 

Diab, qui a démissionné à la suite de l'explosion du 4 août au port de Beyrouth, a suggéré qu'il pourrait arrêter d’honorer ses obligations. 

«Si cela aide à former un gouvernement, je suis prêt à recourir à cette option même si cela va à l'encontre de mes principes», a-t-il déclaré. 

En octobre, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a été nommé pour former un nouveau gouvernement, mais cinq mois plus tard, les litiges entre lui et le président Michel Aoun sur la mouture du gouvernement empêchent sa formation. 

Le Liban a également désespérément besoin de devises étrangères, mais les donateurs internationaux ont déclaré qu'ils n'aideraient le pays financièrement que si des réformes majeures étaient mises en œuvre pour lutter contre la corruption généralisée, qui a conduit le pays au bord de la faillite. 

« Qu’attendez-vous, plus d’effondrement ? Plus de souffrance ? Le chaos ?" s’est exclamé Diab, fustigeant les hauts responsables politiques, sans les nommer, qui s’intéressent plus au nombre et à l’ affiliation des ministres qu’au pays qui s’effondre. 

« Quelle différence cela fera-t-il d'avoir plus ou moins de ministres (au sein du cabinet) si tout le pays plonge?», a-t-il réagi. 

« Le Liban fait face à un grave danger et les Libanais en paient le prix. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.