Le patron de l'OMS accuse des pays riches de saper le système de distribution équitable des vaccins

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (R) tient une conférence de presse avec Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), par vidéoconférence, le 22 février 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 22 février 2021

Le patron de l'OMS accuse des pays riches de saper le système de distribution équitable des vaccins

  • «Certains pays riches sont actuellement en train d'approcher les fabricants pour s'assurer l'accès à des doses de vaccins supplémentaires», a lancé le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus
  • Le système Covax comprend notamment un mécanisme de financement qui doit permettre à 92 économies à faible et moyen revenu d'avoir accès aux vaccins

GENÈVE: Le patron de l'OMS a accusé lundi « certains pays riches de saper » le dispositif de distribution équitable de vaccins anti-Covid, Covax, en persistant à approcher directement les fabricants pour avoir accès à davantage de précieuses doses. 

« Certains pays riches sont actuellement en train d'approcher les fabricants pour s'assurer l'accès à des doses de vaccins supplémentaires, ce qui a un effet sur les contrats avec Covax, et le nombre de doses allouées à Covax a été réduit à cause de cela », a lancé le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse commune par visioconférence avec le président allemand, Frank-Walter Steinmeier. 

Le système Covax a été mis en place pour tenter d'éviter que les pays riches ne s'accaparent l'ensemble des doses de vaccin qui sont encore fabriquées en quantité trop réduites pour répondre à la demande mondiale. 

Le système Covax comprend notamment un mécanisme de financement qui doit permettre à 92 économies à faible et moyen revenu d'avoir accès aux vaccins. 

Mais la pénurie de vaccins fait que les premières distributions aux pays démunis ne devraient pas avoir lieu avant la fin du mois quand dans beaucoup de pays riches les campagnes de vaccination ont commencé fin 2020. 

Répondant à une question sur les engagements conséquents pris par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Allemagne d'augmenter sensiblement leur contribution à Covax, le directeur général a laissé paraître sa frustration.  

« Avoir l'argent ne veut rien dire, si vous ne pouvez pas l'utiliser pour acheter des vaccins », a-t-il lancé.   

« Et nous pouvons seulement livrer des vaccins aux pays membres de Covax si les pays riches coopèrent en respectant les contrats passés par Covax », a-t-il insisté, enjoignant à ces pays, qu'il n'a pas cités, de s'assurer que leur comportement ne sape pas le système de distribution chapeauté entre autres par l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) et l'alliance pour les vaccins (Gavi). 

Et de lâcher: « mais je ne pense pas qu'ils se posent la question ». 

Frank-Walter Steinmeier a lui aussi plaidé pour que les vaccins soient plus largement distribués, pour des raisons morales mais aussi parce que c'est dans l'intérêt bien compris de tous d'éradiquer le virus rapidement, pour éviter que des variants, parfois plus dangereux, ne continuent d'éclore un peu partout. 

Mais, a-t-il reconnu, « les gouvernements ont d'abord et avant tout une obligation envers leur population ». 


Covid-19: essais prometteurs pour un médicament par voie orale

Logo du géant pharmaceutique Merck (Photo, AFP)
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  • Le médicament a réduit de façon significative la charge virale chez les patients au bout de cinq jours de traitement, a indiqué l'entreprise
  • La phase 2a du test a été conduite sur 202 patients non hospitalisés, ayant la Covid-19 avec des symptômes

SAN-FRANCISCO: Le géant pharmaceutique Merck et un laboratoire américain ont annoncé des progrès samedi dans la conception d'un médicament administré par voie orale contre la Covid-19: leur antiviral en cours de test a eu des effets positifs dans la réduction de la charge virale. 

« Sachant qu'il y un besoin non satisfait de traitements antiviraux contre le SARS-CoV-2, nous sommes encouragés par ces résultats préliminaires », a déclaré dans un communiqué Wendy Painter, la cheffe des médicaments de Ridgeback Biotherapeutics. 

Merck a interrompu fin janvier son travail sur deux potentiels vaccins contre la Covid-19 mais continue ses recherches sur deux traitements contre la maladie, dont le molnupiravir, développé avec la société américaine Ridgeback Bio.  

Le médicament a réduit de façon significative la charge virale chez les patients au bout de cinq jours de traitement, a indiqué l'entreprise samedi lors d'une réunion avec des spécialistes des maladies infectieuses. 

La phase 2a du test (les essais comptent trois phases avant la possible commercialisation) a été conduite sur 202 patients non hospitalisés, ayant la Covid-19 avec des symptômes. Il n'y a eu aucune alerte en termes de sécurité, et « sur les quatre incidents sérieux rapportés, aucun n'a été considéré en lien avec le médicament étudié », a précisé le laboratoire. 

Des antigrippaux comme l'oseltamivir (Tamiflu) et le zanamivir (Relenza) sont parfois prescrits contre la grippe saisonnière, mais la recherche peine à trouver un antiviral contre la Covid-19. 

Les résultats de cette étude, « à savoir une diminution plus rapide de la charge virale chez des individus ayant le Covid-19 en phase initiale et ayant reçu du molnupiravir, sont prometteurs », a assuré William Fischer, l'un des directeurs de l'étude et professeur de médecine à l'Université de Caroline du Nord. 

« S'ils sont renforcés par des études additionnelles, ils pourraient avoir des conséquences importantes en termes de santé publique, alors que le virus continue de se propager et d'évoluer dans le monde ». 

Merck travaille aussi sur un traitement baptisé MK-711. Les premiers résultats des essais cliniques montrent une réduction de plus de 50% du risque de décès ou d'insuffisance respiratoire chez les patients hospitalisés avec des formes modérées à sévères de la Covid-19, a fait savoir le groupe fin janvier. 


Le fondateur de Twitter met en vente son premier tweet

Le patron de Twitter Jack Dorsey (Photo, AFP)
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  • «Je crée mon compte Twttr», avait tweeté le fondateur de la plateforme le 21 mars 2006
  • Un clip de dix secondes montrant une action spectaculaire de LeBron James, s'est vendu pour 208 000 dollars sur Top Shot fin février

SAN FRANCISCO: Le patron de Twitter Jack Dorsey a mis en vente son tout premier tweet vendredi et l'offre la plus haute était de 2 millions de dollars samedi, signe de l'appétit pour ces nouvelles pièces de collection, des objets virtuels authentifiés sur la blockchain.  

« Je crée mon compte Twttr », avait tweeté le fondateur de la plateforme le 21 mars 2006. Vendredi, il a tweeté un lien vers le site « Valuables », où les amateurs peuvent faire une offre.  

L'offre la plus haute samedi - 2 millions de dollars - venait de Justin Sun, le fondateur de TRON, une plateforme de blockchain, technologie de base des cryptomonnaies, et patron de la plateforme de streaming BitTorrent.  

« Le créateur d'un tweet décide s'il voudrait l'émettre sur la blockchain pour créer une version unique authentifiée », explique le site de ventes aux enchères de tweets.  

Acheter un tweet signifie acquérir « un certificat numérique du tweet, unique parce qu'il a été signé et vérifié par le créateur », précise la société sur sa page de questions-réponses - comme un autographe.  

Le tweet lui-même reste visible de tous, tant que Jack Dorsey ou Twitter le laissent en ligne.  

Tout comme les séquences vidéo de matches de basket restent visibles gratuitement sur internet, même après avoir été cédées sous forme de « NFT » (« non-fungible token »), ou jeton non fongible: un objet virtuel à l'identité, l'authenticité et la traçabilité en théorie incontestables et inviolables, grâce à la blockchain.  

Un clip de dix secondes montrant une action spectaculaire de LeBron James, star de la ligue nord-américaine de basket NBA, s'est vendu pour 208 000 dollars sur Top Shot fin février.  

Lancée début octobre par la société Dapper Labs, en partenariat avec la NBA, Top Shot permet d'acheter et de vendre ces extraits vidéos, appelés « moments », à des prix variables selon leur rareté.  

Depuis le début de l'année, Top Shot a généré plus de 200 millions de dollars de transactions, d'après une porte-parole de Dapper Labs.  

En 2019, Justin Sun avait mis sur la table 4,6 millions de dollars pour déjeuner avec l'emblématique milliardaire Warren Buffett, un des pourfendeurs du bitcoin.  

Les « NFT » font fureur chez les collectionneurs depuis quelques mois, au point que la maison Christie's a mis aux enchères, fin février, pour la première fois, une oeuvre entièrement digitale vendue grâce à cette technologie. 


Le Gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé va poursuivre Bloomberg en justice

La semaine dernière, Bloomberg a publié des informations selon lesquelles l'administration Biden envisageait des sanctions contre le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé. Le département d'État américain le nie. (Fichier / AFP)
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  • Bloomberg a publié un article affirmant que les États-Unis envisageaient de sanctionner Riad Salamé, une décision que le département d'État américain nie
  • «Nous avons vu des rapports sur d'éventuelles sanctions contre Riad Salameh. Ils sont faux», a déclaré un porte-parole du département d'État à Arab News

LONDRES: Le gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, a annoncé vendredi qu'il allait intenter une action en justice contre le média économique Bloomberg après la publication par ce dernier d’un article affirmant que les États-Unis envisageaient de le sanctionner, une décision que le département d'État américain nie.

«Nous avons vu des rapports sur d'éventuelles sanctions contre Riad Salameh. Ils sont faux», a déclaré un porte-parole du département d'État à Arab News.

La semaine dernière, Bloomberg a publié des informations selon lesquelles l'administration Biden envisageait des sanctions contre le gouverneur de la banque centrale, une affirmation que Salemeh et le département d'État américain nient.

Une enquête sur un éventuel blanchiment d'argent et détournement de fonds a été ouverte par les autorités suisses.

Salamé, son frère et son assistante étaient également questionnés sur des transferts de plusieurs millions de dollars hors du pays à un moment où les citoyens libanais subissaient des restrictions drastiques sur leurs retraits de leurs propres comptes bancaires.

La monnaie du pays a atteint 10 000 livres libanaises pour un dollar américain mercredi, une chute sans précédent qui a déclenché une recrudescence des manifestations jusque-là entravées par la pandémie de coronavirus.

Le Liban a été témoin de manifestations à l'échelle nationale en octobre 2019 appelant à la fin de la corruption généralisée et décriant la détérioration des conditions économiques qui ont depuis réduit plus de la moitié de la population à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

La crise économique et financière actuelle du pays a été largement imputée à Salamé en raison de son long mandat à la gouvernance de la banque centrale à laquelle il a accédé en 1993.