L’Iran doit «respecter» ses engagements et cesser toute «provocation », affirme l’Élysée

Réunion des parties prenantes au JCPOA, à Vienne en février 2020 (Photo, AFP).
Réunion des parties prenantes au JCPOA, à Vienne en février 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 27 janvier 2021

L’Iran doit «respecter» ses engagements et cesser toute «provocation », affirme l’Élysée

  • «S'ils sont sérieux sur les négociations et s'ils veulent obtenir un réengagement de l'ensemble des parties prenantes au JCPOA d'abord il faut qu'ils s'abstiennent d'autres provocations»
  • L’accord menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a sorti unilatéralement les États-Unis en 2018, rétablissant puis intensifiant les sanctions américaines contre Téhéran

PARIS: L’Iran doit cesser toute « provocation » et revenir au « respect » de ses propres engagements avant un retour des États-Unis dans l'accord nucléaire de 2015, a déclaré mardi la présidence française.

« S'ils sont sérieux sur les négociations et s'ils veulent obtenir un réengagement de l'ensemble des parties prenantes au JCPOA (l'accord sur le nucléaire, ndlr), d'abord il faut qu'ils s'abstiennent d'autres provocations et deuxièmement qu'ils respectent ce qu'ils ne respectent plus, c'est-à-dire leurs obligations », a souligné un conseiller de l'Élysée lors d'un échange avec l'Association de la Presse diplomatique française. 

« Il y a un premier temps qui est celui de l'exigence : l'Iran au titre du JCPOA, au titre aussi des modalités du réengagement du dialogue doit revenir en conformité (avec ses engagements, ndlr) », a-t-il insisté.

En 2015, la République islamique d'Iran et le Groupe des Six (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) avaient conclu à Vienne un Plan d'action global commun (JCPOA en anglais) censé régler la question nucléaire iranienne après douze années de tensions.

Mais il menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a sorti unilatéralement les États-Unis en 2018, rétablissant puis intensifiant les sanctions américaines contre Téhéran, accusé de chercher à se doter en catimini de l'arme atomique.

En riposte, Téhéran s'est affranchi depuis 2019 de la plupart de ses engagements, tout en démentant chercher à obtenir une capacité nucléaire militaire.

L'arrivée au pouvoir de Joe Biden, qui considère la politique de Donald Trump vis-à-vis de l'Iran comme un échec, pourrait à cet égard changer la donne.

La Russie et l'Iran ont déclaré mardi vouloir « sauver » l'accord sur le nucléaire iranien. Mais Moscou a aussi pris le contrepied de Washington en soulignant que la nouvelle administration américaine devait revenir à l'accord pour qu'il soit respecté par l'Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussi exclu un premier pas iranien. « Pourquoi l'Iran (...) devrait-il être le premier à faire montre de bonne volonté ? Ce sont les États-Unis qui ont rompu l'accord, sans raison. Ils doivent réparer leurs torts, ensuite l'Iran répondra ».

Paris n'a pas explicité selon quel séquençage les Iraniens pourraient revenir au respect de leurs engagements et les Américains pourraient lever les sanctions réintroduites après leur sortie de l'accord en 2018.

« Il va falloir, ça c'est un débat que nous aurons avec les Américains, voir comment au fond le retour des États-Unis au JCPOA se paie de gestes vérifiables de la part des Iraniens », a souligné l'Elysée.

Mais la France et la nouvelle administration américaine sont sur la même longueur d'ondes, a insisté Paris. « Nous sommes au clair sur ce qu'il faut faire et la manière dont il faut le faire », a dit la présidence française.

« Les Russes et les Chinois ne sont pas forcément disposés à jouer immédiatement le jeu des Américains parce que ces derniers ont changé de président », a-t-elle également noté.

Le futur secrétaire d’État américain Antony Blinken a confirmé que le gouvernement de Joe Biden était prêt à revenir dans l'accord sur le nucléaire iranien à condition que Téhéran respecte à nouveau ses engagements.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.