Attentat de la rue Copernic: le seul suspect fixé mercredi sur son éventuel procès

Des milliers de personnes défilent, le 03 octobre 2000 à Paris, pour protester contre l'attentat à l'explosiv visant la synagogue de la rue Copernic, dans la nuit du 03 octobre. (STF / AFP)
Des milliers de personnes défilent, le 03 octobre 2000 à Paris, pour protester contre l'attentat à l'explosiv visant la synagogue de la rue Copernic, dans la nuit du 03 octobre. (STF / AFP)
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Publié le Lundi 25 janvier 2021

Attentat de la rue Copernic: le seul suspect fixé mercredi sur son éventuel procès

  • Le 3 octobre 1980, l'explosion d'une bombe sur une moto devant une synagogue du XVIe arrondissement de la capitale, avait fait quatre morts et 46 blessés
  • Depuis la demande d'extradition formulée en 2008 par le juge antiterroriste Marc Trévidic, huit expertises graphologiques privées produites par la défense sont venues contredire trois experts français différents

PARIS : Quarante ans après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, la cour d'appel de Paris doit dire mercredi si elle renvoie l'unique suspect devant une cour d'assises ou si elle confirme le non-lieu, vivement contesté par les victimes. 

Cette décision dans ce dossier, l'un des plus vieux de l'antiterrorisme français, est très attendue. Aussi bien par les victimes qui espèrent un procès que par le suspect, Hassan Diab, un universitaire libano-canadien de 66 ans qui n'a cessé de clamer son innocence.

Le 3 octobre 1980, l'explosion d'une bombe sur une moto devant une synagogue du XVIe arrondissement de la capitale, avait fait quatre morts et 46 blessés. 

Pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, des personnes étaient tuées en France dans un attentat visant la communauté juive.

Depuis trois ans, les victimes espèrent voir infirmer le non-lieu accordé à M. Diab, accusé d'avoir posé la bombe de cet attentat attribué au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupe issu en 1975 d'une scission du FPLP fondé par Georges Habache et Ahmed Jibril.

En janvier 2018, les juges antiterroristes ont en effet, contre l'avis du parquet, renoncé à renvoyer aux assises M. Diab, considérant que les charges réunies contre cet ancien étudiant de Beyrouth n'étaient "pas suffisamment probantes". 

M. Diab, après trois ans de détention provisoire en France, s'était envolé immédiatement pour le Canada. 

Il y mène désormais une bataille contre la justice de son pays qui avait autorisé son extradition fin 2014. Un éventuel procès se déroulerait probablement en son absence.

Le 26 novembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait rouvert les débats après avoir reçu une énième expertise graphologique sur une fiche au cœur du débat judiciaire.

Pour l'accusation, l'acquéreur de la moto et poseur de la bombe est cet homme qui voyageait sous une fausse identité chypriote et a laissé derrière lui une fiche d'hôtel manuscrite de cinq mots: "PANADRIYU, ALEXANDER, LARNACA, Cyprus, technician".

"Doutes"

Depuis la demande d'extradition formulée en 2008 par le juge antiterroriste Marc Trévidic, huit expertises graphologiques privées produites par la défense sont venues contredire trois experts français différents.

Et dans l'ultime contre-expertise, rendue en novembre 2019, les trois nouveaux experts ne tranchent pas la question, mais concluent qu'"il n'est pas possible d'exclure" que M. Diab soit l'auteur de cette fiche.

Ce dernier est apparu en 1999 dans le collimateur des enquêteurs, quand ils mettent la main sur son passeport retrouvé dix-huit ans plus tôt sur un membre du FPLP/OS arrêté à Rome. Les tampons attestent un séjour en Europe du 20 septembre au 7 octobre 1980.

Mais Hassan Diab assure qu'il avait perdu son passeport depuis plusieurs semaines et qu'à cette période il passait ses examens à Beyrouth.

A l'audience, le parquet général a maintenu ses réquisitions de renvoi. Tout en admettant des "doutes" sur la présence de M. Diab à Paris le jour de l'attentat, le ministère public estime que le faisceau d'indices réuni par les enquêteurs mérite d'être débattu devant une cour d'assises.

"Je ne comprends pas ce non-lieu alors que l'extradition n'a pas été acceptée à la légère" par la justice canadienne, avait abondé le jour de l'audience Corinne Adler, l'une des jeunes filles qui célébraient leur bar-mitzvah lors de l'explosion qui avait fait s'écrouler la verrière.

Craignant de ne jamais obtenir un procès, elle voulait assister aux débats, mais la cour avait décidé de prononcer le huis clos.

Si un procès est finalement ordonné, "ce serait un grand aboutissement et la démonstration que la justice ne doit jamais lâcher", estime Me Eric Morain, l'avocat du policier qui était en faction devant la synagogue.

Pour la défense de M. Diab, assurée par Mes William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre, "cette ordonnance de non-lieu, en toute logique, doit être confirmée, compte tenu de l'importance des éléments à décharge".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».