La France cède neuf blindés légers à l'armée tchadienne

Un soldat de l'armée tchadienne est assis au sommet d'un char qui est transporté sur un camion à N'Djamena, le 3 janvier 2020. (AFP)
Un soldat de l'armée tchadienne est assis au sommet d'un char qui est transporté sur un camion à N'Djamena, le 3 janvier 2020. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 23 janvier 2021

La France cède neuf blindés légers à l'armée tchadienne

  • La France a cédé samedi de neuf blindés légers ERC 90 Sagaie à l'armée tchadienne
  • En 2013, le Tchad avait envoyé ses troupes combattre les djihadistes dans le nord du Mali, lors de l'intervention française Serval

NDJAMENA : La France a cédé samedi de neuf blindés légers ERC 90 Sagaie à l'armée tchadienne, un de ses principaux partenaires pour la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme au Sahel, au cours d'une cérémonie officielle à N'Djamena.

« Cette cession par la France de 9 engins blindés ERC 90 Sagaie, dont la particularité est d'avoir été conçu d'emblée dans la zone sahélienne, montre une nouvelle fois la permanence et la solidarité de la France vis-à-vis du Tchad », a souligné l'ambassadeur de France au Tchad, Bertrand Cochery, au camp Kosseï de N'Djamena.

« Le Tchad a toujours répondu à l'appel. Il sait répondre avec force, courage et détermination aux attaques terroristes sur son propre territoire comme sur l'ensemble de la bande sahelo-saharienne », a-t-il ajouté.

En 2013, le Tchad avait envoyé ses troupes combattre les djihadistes dans le nord du Mali, lors de l'intervention française Serval.

L'armée tchadienne fait aussi partie de l'organisation régionale G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), engagée depuis 2017 avec la France pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.

Le président français Emmanuel Macron, qui a reçu le président tchadien Idriss Déby Itno en début de semaine, a évoqué mardi un « ajustement » des forces françaises au Sahel, huit ans après le début de l'intervention antidjihadistes dans la région. La France mise notamment sur la montée en puissance des forces locales.

Ainsi est toujours espéré le déploiement d'un nouveau bataillon tchadien dans la zone des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso), promis il y a un an mais qui se heurte à des retards alors que le pays est aussi confronté à des attaques terroristes de Boko Haram dans la région du lac Tchad.

La cession de ces engins blindés légers à six roues motrices est appuyée par un programme de formation dans les domaines techniques et tactiques pour permettre aux futurs chefs d'engins d'être « autonomes et de commander leur équipage en toutes circonstances », selon un communiqué de l'ambassade de France au Tchad.

Les ERC 90 (engins de reconnaissance à canon de 90 mm) Sagaie ont été utilisés par la France dans de nombreux théâtres d'opération mais sont progressivement remplacés dans le cadre du programme Scorpion, qui vise à moderniser l'armée de Terre.

Le ministre de la défense tchadien, Mahamat Abali Salah, a pour sa part salué « la qualité de coopération » entre les deux pays et exhorté leurs « partenaires à œuvrer davantage pour la dynamique de cette coopération ».

En février, un sommet est prévu à N'Djaména pour marquer le premier anniversaire du sommet de Pau (janvier 2020) qui avait recentré les objectifs sur la zone des « trois frontières », avec plusieurs succès tactiques à la clé notamment contre l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

L'élection présidentielle, elle, aura lieu le 11 avril au Tchad, où le président Déby est au pouvoir depuis 30 ans.


Première mission du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle aux Philippines

Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
Le 6 juillet 1999, un prototype du Rafale M02 effectue un appontage sur la piste du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle à Brest (Photo Getty Images)
Short Url
  • L'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.
  • La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

SUBIC BAY FREEPORT ZONE PHILIPPINES : Le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle a effectué sa première mission aux Philippines, où l'ambassadrice de France a jugé dimanche que ces exercices militaires étaient « encore plus importants » en raison de la montée des tensions en mer de Chine méridionale.

« Compte tenu de la montée des tensions, il est d’autant plus important de défendre le droit international et la liberté de navigation, que ce soit en mer ou dans les airs », a déclaré l'ambassadrice Marie Fontanel sur le pont du porte-avions, dans la baie de Subic, au nord de Manille.

Le groupe aéronaval a rejoint la marine des Philippines vendredi pour ces exercices.

Constitué de quelque 3 000 marins, il avait quitté le port de Brest en novembre pour une mission de plusieurs mois en mer Rouge, dans l'océan Indien et dans le Pacifique, durant laquelle il doit intégrer régulièrement des frégates ou des sous-marins de pays étrangers.

La France cherche à réaffirmer son poids dans la région Asie-Pacifique, où la Chine et les États-Unis sont en concurrence pour exercer leur influence.

Les Philippines cherchent pour leur part à renforcer leurs relations avec leurs alliés face aux confrontations régulières entre Manille et Pékin concernant la mer de Chine méridionale. Pékin y revendique en effet la majeure partie de cette voie navigable stratégique.

En novembre, Manille avait annoncé l'achat à la France de 40 vedettes rapides de patrouille dans le cadre d'un accord de 440 millions de dollars (environ 420 millions d'euros).


L'écrivain Boualem Sansal a entamé une grève de la faim, a déclaré son avocat

Short Url
  • « Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.
  • Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

PARIS : L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, incarcéré en Algérie depuis mi-novembre, a entamé lundi une grève de la faim, a indiqué son avocat dimanche à l'AFP, précisant tenir cette information d'une source judiciaire.

« Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d'un procès équitable », a affirmé Me François Zimeray, avocat français de l'écrivain, confirmant une information du JDD.

Selon Me Zimeray, qui a expliqué ne pas avoir obtenu de visa pour se rendre en Algérie afin de voir son client, Boualem Sansal aurait pris cette décision « en raison des pressions exercées contre lui pour changer d'avocat ».

« Ni la pondération dans l'expression de sa défense, ni la retenue face à la campagne abjecte que j'ai subie dans certains médias algériens, ni le respect du cadre judiciaire de ce pays ne semblent avoir été appréciés par un régime qui persiste à me refuser le visa sans raison valable, privant Boualem Sansal de la défense de son choix », a martelé l'avocat.

Ce dernier a également affirmé que le protocole de soin suivi par Boualem Sansal avait été interrompu, alors que l'écrivain souffrirait d'un cancer, d'après des informations de presse.

Boualem Sansal est poursuivi en vertu de l'article 87 bis du Code pénal algérien, qui sanctionne comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État, l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.

Selon le quotidien français Le Monde, le pouvoir algérien aurait mal pris les déclarations de Boualem Sansal au média français Frontières, réputé d'extrême droite, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire de ce dernier pays aurait été amputé sous la colonisation française au profit de l'Algérie.

Son incarcération a provoqué les protestations de nombreux intellectuels et écrivains, qui estiment les poursuites sans aucun fondement.

Boualem Sansal a longtemps affirmé être né en 1949, ce qui lui donnerait aujourd'hui 75 ans. En décembre, son éditeur Antoine Gallimard avait pour sa part indiqué qu'il était en vérité né en 1944 et avait donc 80 ans.


Immigration : un conseil interministériel se réunit mercredi

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
Le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau (C) serre la main d'un agent de la police nationale française dans une caserne de pompiers après une attaque au couteau à Mulhouse, dans l'est de la France, où un homme est soupçonné d'avoir tué une personne et grièvement blessé deux agents de police, le 22 février 2025 (Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP)
Short Url
  • Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.
  • Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

PARIS : Le gouvernement français réunira un conseil interministériel de contrôle de l'immigration mercredi, alors qu'une attaque au couteau, perpétrée par un Algérien en situation irrégulière, a fait un mort samedi à Mulhouse, a assuré dimanche le ministre des Affaires étrangères.

Ce conseil, qui était prévu avant l'attaque de Mulhouse, « se réunira ce mercredi », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec Europe 1 et CNews, où il était interrogé sur l'attaque de samedi.

Au cours de l'entretien, le ministre a été interrogé sur les discussions avec ses homologues algériens concernant les obligations de quitter le territoire français (OQTF).

« Cette attaque terroriste nous appelle à amplifier encore la mobilisation qui est la nôtre pour mieux contenir et prévenir les conséquences de la présence de ce terroriste islamiste sur le territoire national », a estimé le ministre avant d'évoquer le conseil interministériel.

Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a indiqué que le suspect faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a accusé l'Algérie de l'avoir refoulé à 10 reprises.

Le Premier ministre, François Bayrou, a d'ailleurs convoqué un conseil interministériel de contrôle de l'immigration ce mercredi. « Nous devons faire plus et nous devons faire mieux », a-t-il déclaré.

M. Barrot a également affirmé avoir demandé « aux 19 ambassadeurs, dans les pays où nous rencontrons le plus de difficultés pour renvoyer les étrangers en situation irrégulière, à me faire un rapport circonstanciel dont je présenterai les résultats ce mercredi au Premier ministre pour que nous puissions prendre des mesures fortes ».

« Il y a des pays vis-à-vis desquels il nous faut effectivement prendre des mesures fortes. Il y en a d'autres où, au contraire, il nous faut des mesures d'accompagnement », a-t-il ajouté.