La solidarité protège les artistes dans un Moyen-Orient touché par le coronavirus

Des amateurs d'art examinent une œuvre présentée à la galerie Hafez. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
Des amateurs d'art examinent une œuvre présentée à la galerie Hafez. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
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Publié le Dimanche 17 janvier 2021

La solidarité protège les artistes dans un Moyen-Orient touché par le coronavirus

  • Les différents réseaux artistiques, les galeries d'art et les institutions culturelles de la région ont uni leurs efforts dans ces moments difficiles
  • Les subventions, les commandes et les exonérations de loyer ont aidé les artistes des pays du Golfe à survivre à la pandémie et au ralentissement économique

DUBAÏ : L'art présente une dimension interculturelle, que ce soit dans sa forme, sa fonction ou sa signification. Cependant, depuis le déclenchement de la pandémie du coronavirus, le monde a vu les foires, les salles d'exposition, les salles de concert, les musées et les théâtres d'art dramatique fermer boutique et annuler des événements. Cette situation engendre une véritable menace pour les artistes et prive les sociétés des plaisirs qui leur semblaient autrefois si évidents.

Ces dernières décennies, le monde de l'art évoluait dans un circuit international d'expositions, de foires artistiques, de biennales et de spectacles. Artistes, conservateurs, collectionneurs, galeristes et amateurs d'art ont parcouru le monde entier pour se réunir dans des événements allant de Dakar à Mexico. Tel fut le paysage artistique avant que les voyages ne ralentissent pour s'interrompre par la suite en mars 2020.

À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. En raison de l'effondrement de l'économie mondiale, la création, la valorisation et la vente d'œuvres d'art sont mises sur la touche. En effet, la priorité pour de nombreux artistes consiste désormais à survivre, tant matériellement que moralement.

Galerie Dr. Dorothea van der Koelen (Mayence et Venise), Art Dubaï 2019. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
Galerie Dr. Dorothea van der Koelen (Mayence et Venise), Art Dubaï 2019. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)

Toutefois, l'art et la culture ont trouvé le moyen de s'épanouir au Moyen-Orient, une région pourtant déchirée, depuis longtemps, par les conflits, l'incertitude et les turbulences politiques.

Au début de l'année 2020, le tableau semblait déjà sombre, même avant que les restrictions ne soient imposées. Dans ce contexte, les EAU traversaient un ralentissement économique soutenu, et les tensions géopolitiques menaient au désespoir de nombreuses galeries de la région, en particulier celles du Liban et de l'Iran.

Grâce aux réformes sociales entreprises, à la diversification économique et à une scène culturelle en pleine expansion, l'Arabie saoudite représentait la principale lueur d'espoir. Cependant, la fermeture de ses frontières et l'annulation d'événements annoncés après le mois de mars ont freiné le dynamisme de l'industrie artistique.

La communauté d’art du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières auxquelles elle était confrontée.

Nombre de galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. (Fourni)
Nombre de galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. (Fourni)

Des organisations comme Art Jameel, le ministère de la Culture des Émirats arabes unis, la Fondation Kamel Lazaar en Tunisie et le Alserkal Avenue, centre artistique dynamique de Dubaï, n'ont pas tardé à lancer des initiatives de soutien aux entreprises créatives et culturelles en favorisant le développement des communautés ainsi que les échanges artistiques. Ainsi, Alserkal Avenue a offert aux locataires un forfait de trois mois de loyer gratuit.

Avançons rapidement jusqu'en janvier 2021. De nombreuses galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. Art Dubaï a été l'un des premiers événements à annuler sa foire en 2020, et pourtant, il vient d'annoncer qu'il reprendra son activité comme prévu du 17 au 20 mars à son siège à Madinat Jumeirah.

« Pour nous à Art Jameel, la 2020 a été une année de survie collective. 2021 s'annonce comme une année de reprise collective », confie à Arab News Antonia Carver, directrice d'Art Jameel.

« Nous avons distribué plus de 100 micro-subventions grâce à la Plateforme de recherche et de pratique (Research and Practice Platform) que nous avons inaugurée en avril dernier : ce programme, parmi bien d'autres, a montré que le monde arabe est très riche en talents créatifs et qui ont besoin d'un réseau de soutien continu ».

Certes, la crise est loin de se terminer. « Les artistes et les créateurs du Moyen-Orient ont besoin de toute une série de soutiens, y compris les bourses », ajoute Mme Carver.

La communauté d’art du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
La communauté artistique du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)

Comme on le dit souvent, « the show must go on » - peu importe de quelle manière -.

« Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même sans événements physiques, si l'on souhaite que le monde de l'art perdure », explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD).

« En réalité, nous n'organiserons probablement pas d'événements physiques avant septembre 2021 », confie-t-il à Arab News. « Je me suis vraiment efforcé de passer outre le langage des « événements physiques » ou des « événements en direct » et de les remplacer dorénavant par des événements en temps réel, organisés via Internet ou par téléphone et qui n’en sont pas moins réels ».

« Un point est primordial : il faut veiller à ce que les artistes soient soutenus », dit-il. Dans cette optique, M. Bragin a commandé plusieurs pièces produites par des artistes basés aux Émirats arabes unis. Elles seront présentées plus tard cette année.

« Nous avons constaté que nous devons agir rapidement », explique M. Bragin. « Les personnes qui travaillent dans le domaine de l'art et de la culture aux EAU éprouvent généralement  un certain sentiment de devoir. C'est une mission importante pour nous à titre personnel, mais aussi pour le pays et pour le développement des EAU. Nous souhaitons tous maintenir l'élan déjà engagé dans le pays. Nous ne voulons pas perdre du terrain ».

Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même en l'absence d’événements physiques, maintenir la scène artistique en mouvement, explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD). (Fourni)
Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même en l'absence d’événements physiques, maintenir la scène artistique en mouvement, explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD). (Fourni)

Il en est de même pour l'Arabie Saoudite. Si les restrictions imposées sur le coronavirus ont temporairement bouleversé les perspectives de différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a su aller de l’avant.

« L'année 2020, aussi difficile qu'elle ait été, a prouvé que les hommes sont suffisamment flexibles pour affronter les circonstances inhabituelles », affirme à Arab News Farah Abushullaih, directrice du musée Ithra au Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale à Dhahran.

« À Ithra, nous avons maintenu notre engagement à mettre la culture à la portée de tous, même lorsque nous avons fermé nos portes. Nous avons lancé la plateforme en ligne Ithra Connect pour interagir avec notre communauté. En effet, cette initiative a bénéficié à plus d'un million de personnes, ce qui témoigne de l'intérêt pour la culture dans le Royaume ».

Outre Ithra Connect, le musée a également mis en place Ithra Open-Call pour soutenir les jeunes artistes saoudiens et l'Exposition Covid-19 (« COVID-19 Exhibit »). Quant à l'exposition annuelle Tanween d'Ithra, elle a été présentée en ligne.

EN BREF: 

Les industries artistiques

* Les arts et l'artisanat.

* Le stylisme et la mode.

* La publicité.

* L'architecture.

* Les films, la vidéo, la photographie et la télévision/radio.

* La musique et les arts du spectacle.

* Les publications, les logiciels et les jeux informatiques.

Le musée Ithra entame l'année 2021 avec un calendrier rempli d'événements, dont Al-Sharqia Gets Creative, Ana Mohafeth et le Festival du film saoudien qui est organisé en partenariat avec la Saudi Arabian Society for Culture & Arts à Dammam, grâce au soutien de la Commission du film au ministère de la Culture.

« Malgré le ralentissement incontournable observé en 2020, le monde de l'art en Arabie Saoudite maintient son essor. Cet accomplissement a été réalisé grâce à un nombre considérable de créateurs, ainsi qu'au dynamisme du ministère de la Culture et aux institutions, collections et galeries de plus en plus présentes qui construisent de bonnes infrastructures et créent des opportunités pour tous les acteurs qui forment la scène artistique », souligne Alia Fattouh, directrice de l'Athr Gallery de Djeddah, l'une des plus importantes galeries d'art contemporain du Royaume.

Le Misk Art Institute (MAI), fondé en 2017 par le prince héritier Mohammed bin Salman pour encourager la créativité de tous, a organisé son événement annuel, la Misk Art Week, du 3 au 7 décembre. Au cours de cet événement qui s'est déroulé sur cinq jours à Riyad, 85 000 visiteurs en ligne et plus de 2 500 participants sont venus assister à l'événement, ce qui constitue un record.

« En raison de la pandémie, le  Misk Art Institute (MAI) a adapté sa programmation pour la Misk Art Week. Il a présenté une forme hybride qui propose des sessions virtuelles et en ligne ainsi que des événements en direct pour le public au niveau du pays », déclare à Arab News Reem Al-Sultan, PDG du Misk Art Institute.

En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin de l'art, confie à Arab News Antonia Carver, directrice du centre Art Jameel. (Fourni)
En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin de l'art, confie à Arab News Antonia Carver, directrice du centre Art Jameel. (Fourni)

Certains membres de la communauté de l’art espèrent que cet esprit de générosité s'étendra au reste de la région.

« Tout au long de la pandémie, nous avons observé une véritable volonté d'agir et de sauvegarder la scène culturelle et artistique aux EAU», affirme Reem Fadda, directrice de la Fondation culturelle d'Abou Dhabi, dans un entretien avec Arab News.

« Les institutions et les organismes gouvernementaux ont choisi de se concentrer sur la culture dans ces moments difficiles parce qu'ils étaient convaincus qu'elle représentait un catalyseur capable de soutenir et de soulager nos communautés. Il est temps que les EAU tendent également la main à toute la région pour la soutenir, dans la mesure du possible, en fournissant des subventions, en passant des commandes ainsi que par d'autres moyens ».

« À la Fondation culturelle d'Abu Dhabi (« Cultural Foundation in Abu Dhabi »), nous avons lancé une série d'initiatives qui offrent des subventions et passent des commandes dans la région, que ce soit dans le domaine des arts du spectacle, des arts visuels ou dans d'autres secteurs ».

À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. (Fourni)
À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. (Fourni)

Aussi décourageants qu'ils puissent être, les défis auxquels est confronté le secteur créatif dans le Golfe sont, certes, différents des défis rencontrés dans les autres pays du Moyen-Orient.

Le 4 août dernier, l'explosion du port de Beyrouth a ravagé le cœur de la scène artistique du Moyen-Orient et dévasté une région qui abritait un grand nombre de galeries et de studios d'art.

Beyrouth a été pendant longtemps le centre de la production artistique de la région. Cependant, le Liban ne dispose pas des soutiens public et privé qui est offert dans le Golfe.

Bien que les restrictions liées au coronavirus aient temporairement perturbé les plans dans différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a trouvé des moyens d'aller de l'avant. (Fourni)
Bien que les restrictions liées au coronavirus aient temporairement perturbé les plans dans différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a trouvé des moyens d'aller de l'avant. (Fourni)

« La situation à Beyrouth revêt un caractère particulièrement pressant. En effet, il est nécessaire de reconstruire physiquement les galeries d’art, dans un environnement politique précaire ; malheureusement, il en va de même pour la Syrie et d'autres pays », explique Mme Carver.

En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin des arts, affirme Mme Carver.

« La culture est le creuset où la société découvre et débat des idées et des formes, et où nous définissons le rôle que nous allons jouer à l'avenir.  Aujourd'hui, nous en avons plus que jamais besoin, en particulier dans le monde arabe », ajoute-t-elle.

« En 2020, les phares de la Covid-19 nous ont peut-être aveuglés. En 2021, nous devons chercher à donner un sens à tout cela et aller de l'avant ».

Twitter : @rebeccaaproctor

 

 


À la lumière de l’Andalousie : les nouvelles œuvres de Luis Olaso à Dubaï

La JD Malat Gallery à Downtown Dubai accueille l’exposition Photosynthesis de l’artiste espagnol Luis Olaso (13 février – 9 mars 2026). (Photo: Arab News en français)
La JD Malat Gallery à Downtown Dubai accueille l’exposition Photosynthesis de l’artiste espagnol Luis Olaso (13 février – 9 mars 2026). (Photo: Arab News en français)
La JD Malat Gallery à Downtown Dubai accueille l’exposition Photosynthesis de l’artiste espagnol Luis Olaso (13 février – 9 mars 2026). (Photo: fournie)
La JD Malat Gallery à Downtown Dubai accueille l’exposition Photosynthesis de l’artiste espagnol Luis Olaso (13 février – 9 mars 2026). (Photo: fournie)
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  • Luis Olaso transforme les paysages et la lumière andalouse en art abstrait, créant des toiles qui reflètent la culture, la nature et l’état intérieur de l’artiste
  • Chaque œuvre de Photosynthesis agit comme un portrait sensoriel et méditatif, une immersion dans l’expérience andalouse et l’univers émotionnel de l’artiste

DUBAÏ: L’artiste espagnol Luis Olaso présente Photosynthesis, sa nouvelle exposition, du 13 février au 9 mars 2026 à la JD Malat Gallery de Downtown Dubai. Cette série marque un tournant majeur dans sa carrière, née de son installation récente à Cádiz, en Andalousie, où le soleil, la lumière et les paysages méditerranéens ont profondément transformé sa pratique.

Pour Olaso, le déménagement dans le sud de l’Espagne n’est pas seulement un changement de paysage : il s’agit d’une immersion dans une culture et un environnement qui nourrissent son art à chaque instant.

« C’est très important pour moi parce que c’est la première exposition que je réalise dans mon nouveau studio… je l’ai construit au milieu du jardin, entouré de nature, d’arbres fruitiers et d’oliviers, avec un paysage fantastique. L’influence de l’Andalousie et les couleurs de ce lieu sont le moteur de mon travail », confie l’artiste.

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LUIS OLASO – Composition for a sunflowers field (Diptych), 2025.
Huile, acrylique, pastel à l’huile et bâton d’huile sur toile, total: 210 × 370 cm. (fournie)

Situé au cœur d’une propriété entourée d’oliviers, d’amandiers et d’orangers, son studio est pensé pour que la nature pénètre physiquement et psychologiquement dans le processus créatif. Mais loin de représenter ces éléments directement, Olaso les absorbe comme un catalyseur sensoriel : chaque couleur, chaque texture et chaque geste devient l’expression d’un instant vécu.

« Même quand je travaille avec des plantes ou des fleurs, je ne vise pas la représentation littérale ; ce sont des véhicules pour exprimer des métaphores abstraites de moi-même et du moment que je vis », explique-t-il.

Son processus artistique est à la fois spontané et méditatif. L’artiste commence souvent plusieurs toiles simultanément pour se libérer de la pression de “la toile parfaite”, laissant son intuition guider le pinceau. La musique, notamment le groupe espagnol Triana et le flamenco psychédélique des années 70, joue un rôle central dans sa concentration et sa connexion intérieure.

« La peinture, pour moi, est similaire à la méditation. Je dois être dans ce moment précis et me sentir connecté à moi-même », confie Olaso.

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LUIS OLASO – Composition for a pot and a bouquet of flowers, 2025
Huile, acrylique, pastel à l’huile et bâton d’huile sur toile, 150 × 150 cm. (fournie)

Photosynthesis témoigne également d’un dialogue culturel et artistique profond. L’œuvre de l’artiste s’inspire à la fois de la tradition espagnole, avec des références à Antoni Tàpies et Manolo Millares, et des grands mouvements internationaux d’expression abstraite, tels que le gesturalisme américain et la San Francisco Bay Area Figurative Movement.

Cette rencontre entre abstraction, culture et émotion transforme chaque toile en portrait de l’instant vécu et de l’état intérieur de l’artiste.

Après Dubaï, Olaso présentera une exposition solo à Madrid en mars 2026, suivie d’une exposition solo à Helsinki en avril. Une foire d’art est prévue en septembre, avec d’autres foires programmées au cours de l’année, notamment avec la JD Malat Gallery. Ces différentes étapes illustrent son approche universelle de l’art, profondément enracinée dans un contexte culturel précis : la lumière, la couleur et la mémoire sensorielle de l’Andalousie.

Avec Photosynthesis, l’artiste offre au spectateur une expérience où la peinture devient miroir de soi, voyage émotionnel et rencontre avec un lieu singulier.
 


Le Ramadan en scène : des expériences entre tradition, élégance et convivialité

Sérénité et partage au bord de la mer à MGallery. (Photo: fournie)
Sérénité et partage au bord de la mer à MGallery. (Photo: fournie)
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  • Entre tradition et modernité, chaque lieu — des iftars contemporains aux pop-ups de designers régionaux — propose une lecture contemporaine de l’héritage du Ramadan
  • À Dubaï, le Ramadan se vit comme une expérience sensorielle: gastronomie raffinée, marchés culturels, créations joaillières, mode et bien-être se conjuguent pour célébrer le mois sacré

​​​​​​DUBAÏ : Le mois sacré transforme la ville en un lieu de partage et de recueillement. Des tables raffinées aux créations joaillières, en passant par des marchés immersifs et des hôtels axés sur le bien-être, ces quatre expériences illustrent la richesse culturelle et sensorielle de Dubaï pendant le Ramadan.

Un Iftar d’exception chez THREE CUTS Steakhouse

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Une table festive et élégante pour rompre le jeûne au cœur de Palm Jumeirah. (Photo: fournie)

Installé au Rooftop West du Nakheel Mall (Palm Jumeirah), THREE CUTS Steakhouse propose un iftar élégant et intimiste. L’adresse privilégie le partage et la convivialité, autour d’un menu structuré en quatre services.

Servi chaque jour jusqu’à 20h pendant le mois sacré, le menu mêle inspirations contemporaines et saveurs traditionnelles : soupe du jour, salade César grillée au feu de bois, suivies de plats principaux comme le bœuf Stroganoff, le poulet grillé ou le saumon poêlé, et desserts à partager tels que pudding aux dattes ou riz au lait. Des mocktails fruités accompagnent la rupture du jeûne.

Depuis sa terrasse, le restaurant offre un cadre sobre et raffiné, idéal pour se retrouver en famille ou entre amis et profiter pleinement de l’iftar.

Les bijoux emblématiques par Tharwa l’atelier

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Des bijoux raffinés par Tharwa l’atelier, qui célèbrent le Ramadan entre héritage et symbolisme. (Photo; fournie)

Tharwa l’atelier mêle modernité et héritage dans chacune de ses créations. Chaque bijou est conçu comme un symbole, portant un message culturel et spirituel et reflétant les traditions du Ramadan à travers un design soigné et contemporain.

Parmi les pièces emblématiques : le collier Ayat Al-Koursi, en calligraphie arabe, talisman de protection et de spiritualité ; le Star drop moon, croissant en or jaune serti de diamants sur perles de turquoise, malachite ou œil-de-tigre, évoquant la lune, symbole du mois sacré ; et le pendentif lune, minimaliste et raffiné, incarnant sobriété et élégance.

Au-delà de leur beauté, ces bijoux permettent de célébrer le mois sacré à travers des bijoux porteurs de sens, faisant office de présents d’exception pour le Ramadan et l’Aïd, accessibles à l’international.

Le Ramadan aux Galeries Lafayette Dubai

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Élégance et tradition : les kaftans revisités par des designers régionaux à Galeries Lafayette. (Photo: fournie)

Au cœur du Dubai Mall, Galeries Lafayette Dubai propose une expérience culturelle et commerciale pensée pour le Ramadan.

Le Ramadan Market réunit une sélection de mode, décoration et douceurs festives, tandis que chaque week-end, des animations culturelles — calligraphie arabe et ateliers artistiques — créent une ambiance conviviale et immersive.

Un pop-up met en lumière des designers régionaux tels qu’Arad Ghaderian, Dalia Al Azem et Roula Bahnam, avec kaftans et silhouettes revisitant les codes traditionnels. La sélection beauté et parfums de Guerlain et Amouage, ainsi que l’art de la table de TANAGRA et Villeroy & Boch, complètent cette expérience festive et culturelle.

Un Iftar en bord de mer chez MGallery The Retreat

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Une atmosphère paisible pour rompre le jeûne face à la mer. (Photo: fournie)

Sur les rives de Palm Jumeirah, MGallery The Retreat propose un iftar qui conjugue gastronomie et sérénité.

Le buffet présente une sélection de plats arabes et internationaux, tandis que le coucher du soleil offre une atmosphère apaisante et immersive face à la mer.

Premier resort axé sur le bien-être à Dubaï, l’établissement conçoit cet iftar comme un moment de reconnexion, où saveurs et horizon marin invitent à célébrer le Ramadan dans une dimension culturelle et sensorielle.

 


De Paris à Riad, la maison Liza poursuit son aventure culinaire et culturelle

Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif. (Photo site internet Liza)
Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif. (Photo site internet Liza)
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  • Vingt ans après sa création, la maison fondée par Liza Asseily et Ziad Asseily franchit une nouvelle étape majeure avec son déploiement à Riyad et l’ouverture de deux restaurants
  • Après Paris puis Beyrouth, la marque libanaise s’installe en Arabie saoudite avec une première adresse dans le quartier culturel de Bujairi, au cœur du site historique de Diriyah, et une seconde ouverture prochaine au sein du complexe Solitaire

PARIS: Dans l’univers foisonnant des restaurants libanais à Paris, certains établissements se distinguent par leur singularité ; parmi ceux-là, Liza occupe une place à part.
Plus qu’une adresse gastronomique, c’est un véritable art de vivre qui s’y exprime, mêlant traditions, élégance et modernité.

Vingt ans après sa création, la maison fondée par Liza Asseily et Ziad Asseily franchit une nouvelle étape majeure avec son déploiement à Riyad et l’ouverture de deux restaurants. Après Paris puis Beyrouth, la marque libanaise s’installe en Arabie saoudite avec une première adresse dans le quartier culturel de Bujairi, au cœur du site historique de Diriyah, et une seconde ouverture prochaine au sein du complexe Solitaire.

liza


Une expansion qui marque une nouvelle phase dans l’histoire d’une maison née d’une passion, d’une vision et d’un profond attachement à la culture libanaise.

Depuis sa création en 2005, Liza s’est imposé comme un restaurant concept où chaque détail participe à une expérience globale : décoration raffinée, cuisine généreuse, présentation contemporaine des plats, atmosphère chaleureuse — tout est pensé pour faire du repas un moment aussi visuel que gustatif.

Le couple libanais, à l’origine de cette aventure, est animé par l’envie d’associer l’élégance parisienne à l’âme de Beyrouth et de transmettre, à travers la cuisine, une véritable déclaration d’amour à leur ville d’origine. D’ailleurs, la signature de la maison, « Beyrouth je t’aime », résume à elle seule cet esprit.

En deux décennies, leur vision n’a cessé de s’affirmer. Liza est devenue un lieu où les traditions culinaires se réinventent sans jamais perdre leur authenticité.

L’ouverture à Riyad s’est imposée presque naturellement, confie Liza à Arab News en français. Comme souvent dans les grandes aventures entrepreneuriales, tout est parti d’une rencontre. Approché par un groupe saoudien spécialisé dans le développement de restaurants internationaux, Ziad Asseily découvre un projet ambitieux, porté par une vision culturelle forte.

Le choix de Diriyah n’est pas anodin, puisqu’il s’agit du quartier historique de la capitale saoudienne, entièrement réhabilité. Il s’affirme aujourd’hui comme un centre culturel en pleine effervescence, accueillant événements artistiques et initiatives internationales.

Séduits par l’approche globale du projet, par l’emplacement proposé et par la liberté de création offerte, les fondateurs ont décidé de se lancer, avec pour objectif de rester fidèles à leur identité tout en s’inscrivant dans un nouveau contexte culturel.

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Pour cette implantation, la maison a collaboré à nouveau avec l’architecte d’intérieur Maria Ousseimi et met en valeur le savoir-faire libanais à travers des pièces de la maison Bokja, des créations du designer Hubert Fattal et des éléments en cuivre réalisés sur mesure par des artisans de Tripoli (Liban). L’enjeu n’était pas seulement d’ouvrir un restaurant, mais de recréer un univers cohérent, fidèle à l’esprit Liza.

Côté cuisine, l’approche reste la même : préserver l’essence de la gastronomie libanaise tout en l’adaptant légèrement aux produits disponibles et aux préférences locales. Les saveurs évoluent, mais l’identité demeure intacte. Après tout, si le public saoudien a souhaité accueillir Liza, c’est précisément pour découvrir ce mélange unique de tradition libanaise et d’élégance parisienne.

Le premier restaurant de Riyad, qui compte environ 150 couverts et dispose d’une belle terrasse, a ouvert ses portes récemment et connaît déjà un démarrage prometteur.

Pour les fondateurs, cette réussite repose en grande partie sur la qualité des partenaires locaux, capables d’opérer avec professionnalisme sur un marché qu’ils connaissent parfaitement. Mais c’est l’énergie humaine qui a particulièrement marqué Liza Asseily. L’ouverture lui a permis de découvrir une ville dynamique, animée par une nouvelle génération engagée et enthousiaste. Elle évoque une atmosphère d’ouverture, un public curieux et un véritable brassage social, reflet d’une métropole en pleine transformation.

La seconde adresse prévue dans le complexe Solitaire confirmera l’ancrage de la marque en Arabie saoudite. D’autres projets sont déjà en développement dans la région, tandis que la maison poursuit également son expansion à Paris avec de nouvelles initiatives.