La solidarité protège les artistes dans un Moyen-Orient touché par le coronavirus

Des amateurs d'art examinent une œuvre présentée à la galerie Hafez. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
Des amateurs d'art examinent une œuvre présentée à la galerie Hafez. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
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Publié le Dimanche 17 janvier 2021

La solidarité protège les artistes dans un Moyen-Orient touché par le coronavirus

  • Les différents réseaux artistiques, les galeries d'art et les institutions culturelles de la région ont uni leurs efforts dans ces moments difficiles
  • Les subventions, les commandes et les exonérations de loyer ont aidé les artistes des pays du Golfe à survivre à la pandémie et au ralentissement économique

DUBAÏ : L'art présente une dimension interculturelle, que ce soit dans sa forme, sa fonction ou sa signification. Cependant, depuis le déclenchement de la pandémie du coronavirus, le monde a vu les foires, les salles d'exposition, les salles de concert, les musées et les théâtres d'art dramatique fermer boutique et annuler des événements. Cette situation engendre une véritable menace pour les artistes et prive les sociétés des plaisirs qui leur semblaient autrefois si évidents.

Ces dernières décennies, le monde de l'art évoluait dans un circuit international d'expositions, de foires artistiques, de biennales et de spectacles. Artistes, conservateurs, collectionneurs, galeristes et amateurs d'art ont parcouru le monde entier pour se réunir dans des événements allant de Dakar à Mexico. Tel fut le paysage artistique avant que les voyages ne ralentissent pour s'interrompre par la suite en mars 2020.

À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. En raison de l'effondrement de l'économie mondiale, la création, la valorisation et la vente d'œuvres d'art sont mises sur la touche. En effet, la priorité pour de nombreux artistes consiste désormais à survivre, tant matériellement que moralement.

Galerie Dr. Dorothea van der Koelen (Mayence et Venise), Art Dubaï 2019. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
Galerie Dr. Dorothea van der Koelen (Mayence et Venise), Art Dubaï 2019. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)

Toutefois, l'art et la culture ont trouvé le moyen de s'épanouir au Moyen-Orient, une région pourtant déchirée, depuis longtemps, par les conflits, l'incertitude et les turbulences politiques.

Au début de l'année 2020, le tableau semblait déjà sombre, même avant que les restrictions ne soient imposées. Dans ce contexte, les EAU traversaient un ralentissement économique soutenu, et les tensions géopolitiques menaient au désespoir de nombreuses galeries de la région, en particulier celles du Liban et de l'Iran.

Grâce aux réformes sociales entreprises, à la diversification économique et à une scène culturelle en pleine expansion, l'Arabie saoudite représentait la principale lueur d'espoir. Cependant, la fermeture de ses frontières et l'annulation d'événements annoncés après le mois de mars ont freiné le dynamisme de l'industrie artistique.

La communauté d’art du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières auxquelles elle était confrontée.

Nombre de galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. (Fourni)
Nombre de galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. (Fourni)

Des organisations comme Art Jameel, le ministère de la Culture des Émirats arabes unis, la Fondation Kamel Lazaar en Tunisie et le Alserkal Avenue, centre artistique dynamique de Dubaï, n'ont pas tardé à lancer des initiatives de soutien aux entreprises créatives et culturelles en favorisant le développement des communautés ainsi que les échanges artistiques. Ainsi, Alserkal Avenue a offert aux locataires un forfait de trois mois de loyer gratuit.

Avançons rapidement jusqu'en janvier 2021. De nombreuses galeries, établissements et théâtres d'art du Golfe ont repris leurs activités, en dépit des mesures strictes de distanciation sociale. Art Dubaï a été l'un des premiers événements à annuler sa foire en 2020, et pourtant, il vient d'annoncer qu'il reprendra son activité comme prévu du 17 au 20 mars à son siège à Madinat Jumeirah.

« Pour nous à Art Jameel, la 2020 a été une année de survie collective. 2021 s'annonce comme une année de reprise collective », confie à Arab News Antonia Carver, directrice d'Art Jameel.

« Nous avons distribué plus de 100 micro-subventions grâce à la Plateforme de recherche et de pratique (Research and Practice Platform) que nous avons inaugurée en avril dernier : ce programme, parmi bien d'autres, a montré que le monde arabe est très riche en talents créatifs et qui ont besoin d'un réseau de soutien continu ».

Certes, la crise est loin de se terminer. « Les artistes et les créateurs du Moyen-Orient ont besoin de toute une série de soutiens, y compris les bourses », ajoute Mme Carver.

La communauté d’art du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)
La communauté artistique du Moyen-Orient a compris d'instinct qu'elle devait s'unir pour faire face aux difficultés économiques et financières. (Avec l'aimable autorisation de Photo Solutions)

Comme on le dit souvent, « the show must go on » - peu importe de quelle manière -.

« Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même sans événements physiques, si l'on souhaite que le monde de l'art perdure », explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD).

« En réalité, nous n'organiserons probablement pas d'événements physiques avant septembre 2021 », confie-t-il à Arab News. « Je me suis vraiment efforcé de passer outre le langage des « événements physiques » ou des « événements en direct » et de les remplacer dorénavant par des événements en temps réel, organisés via Internet ou par téléphone et qui n’en sont pas moins réels ».

« Un point est primordial : il faut veiller à ce que les artistes soient soutenus », dit-il. Dans cette optique, M. Bragin a commandé plusieurs pièces produites par des artistes basés aux Émirats arabes unis. Elles seront présentées plus tard cette année.

« Nous avons constaté que nous devons agir rapidement », explique M. Bragin. « Les personnes qui travaillent dans le domaine de l'art et de la culture aux EAU éprouvent généralement  un certain sentiment de devoir. C'est une mission importante pour nous à titre personnel, mais aussi pour le pays et pour le développement des EAU. Nous souhaitons tous maintenir l'élan déjà engagé dans le pays. Nous ne voulons pas perdre du terrain ».

Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même en l'absence d’événements physiques, maintenir la scène artistique en mouvement, explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD). (Fourni)
Il est essentiel de soutenir les artistes et de passer de nouvelles commandes, même en l'absence d’événements physiques, maintenir la scène artistique en mouvement, explique Bill Bragin, directeur artistique du Centre des arts de l'Université de New York à Abu Dhabi (NYUAD). (Fourni)

Il en est de même pour l'Arabie Saoudite. Si les restrictions imposées sur le coronavirus ont temporairement bouleversé les perspectives de différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a su aller de l’avant.

« L'année 2020, aussi difficile qu'elle ait été, a prouvé que les hommes sont suffisamment flexibles pour affronter les circonstances inhabituelles », affirme à Arab News Farah Abushullaih, directrice du musée Ithra au Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale à Dhahran.

« À Ithra, nous avons maintenu notre engagement à mettre la culture à la portée de tous, même lorsque nous avons fermé nos portes. Nous avons lancé la plateforme en ligne Ithra Connect pour interagir avec notre communauté. En effet, cette initiative a bénéficié à plus d'un million de personnes, ce qui témoigne de l'intérêt pour la culture dans le Royaume ».

Outre Ithra Connect, le musée a également mis en place Ithra Open-Call pour soutenir les jeunes artistes saoudiens et l'Exposition Covid-19 (« COVID-19 Exhibit »). Quant à l'exposition annuelle Tanween d'Ithra, elle a été présentée en ligne.

EN BREF: 

Les industries artistiques

* Les arts et l'artisanat.

* Le stylisme et la mode.

* La publicité.

* L'architecture.

* Les films, la vidéo, la photographie et la télévision/radio.

* La musique et les arts du spectacle.

* Les publications, les logiciels et les jeux informatiques.

Le musée Ithra entame l'année 2021 avec un calendrier rempli d'événements, dont Al-Sharqia Gets Creative, Ana Mohafeth et le Festival du film saoudien qui est organisé en partenariat avec la Saudi Arabian Society for Culture & Arts à Dammam, grâce au soutien de la Commission du film au ministère de la Culture.

« Malgré le ralentissement incontournable observé en 2020, le monde de l'art en Arabie Saoudite maintient son essor. Cet accomplissement a été réalisé grâce à un nombre considérable de créateurs, ainsi qu'au dynamisme du ministère de la Culture et aux institutions, collections et galeries de plus en plus présentes qui construisent de bonnes infrastructures et créent des opportunités pour tous les acteurs qui forment la scène artistique », souligne Alia Fattouh, directrice de l'Athr Gallery de Djeddah, l'une des plus importantes galeries d'art contemporain du Royaume.

Le Misk Art Institute (MAI), fondé en 2017 par le prince héritier Mohammed bin Salman pour encourager la créativité de tous, a organisé son événement annuel, la Misk Art Week, du 3 au 7 décembre. Au cours de cet événement qui s'est déroulé sur cinq jours à Riyad, 85 000 visiteurs en ligne et plus de 2 500 participants sont venus assister à l'événement, ce qui constitue un record.

« En raison de la pandémie, le  Misk Art Institute (MAI) a adapté sa programmation pour la Misk Art Week. Il a présenté une forme hybride qui propose des sessions virtuelles et en ligne ainsi que des événements en direct pour le public au niveau du pays », déclare à Arab News Reem Al-Sultan, PDG du Misk Art Institute.

En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin de l'art, confie à Arab News Antonia Carver, directrice du centre Art Jameel. (Fourni)
En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin de l'art, confie à Arab News Antonia Carver, directrice du centre Art Jameel. (Fourni)

Certains membres de la communauté de l’art espèrent que cet esprit de générosité s'étendra au reste de la région.

« Tout au long de la pandémie, nous avons observé une véritable volonté d'agir et de sauvegarder la scène culturelle et artistique aux EAU», affirme Reem Fadda, directrice de la Fondation culturelle d'Abou Dhabi, dans un entretien avec Arab News.

« Les institutions et les organismes gouvernementaux ont choisi de se concentrer sur la culture dans ces moments difficiles parce qu'ils étaient convaincus qu'elle représentait un catalyseur capable de soutenir et de soulager nos communautés. Il est temps que les EAU tendent également la main à toute la région pour la soutenir, dans la mesure du possible, en fournissant des subventions, en passant des commandes ainsi que par d'autres moyens ».

« À la Fondation culturelle d'Abu Dhabi (« Cultural Foundation in Abu Dhabi »), nous avons lancé une série d'initiatives qui offrent des subventions et passent des commandes dans la région, que ce soit dans le domaine des arts du spectacle, des arts visuels ou dans d'autres secteurs ».

À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. (Fourni)
À présent, avec le retour au verrouillage dans de nombreux pays, l'art est exposé en ligne et à travers les médias sociaux ou sur rendez-vous dans les galeries et les musées. (Fourni)

Aussi décourageants qu'ils puissent être, les défis auxquels est confronté le secteur créatif dans le Golfe sont, certes, différents des défis rencontrés dans les autres pays du Moyen-Orient.

Le 4 août dernier, l'explosion du port de Beyrouth a ravagé le cœur de la scène artistique du Moyen-Orient et dévasté une région qui abritait un grand nombre de galeries et de studios d'art.

Beyrouth a été pendant longtemps le centre de la production artistique de la région. Cependant, le Liban ne dispose pas des soutiens public et privé qui est offert dans le Golfe.

Bien que les restrictions liées au coronavirus aient temporairement perturbé les plans dans différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a trouvé des moyens d'aller de l'avant. (Fourni)
Bien que les restrictions liées au coronavirus aient temporairement perturbé les plans dans différents secteurs économiques, le monde des arts et de la culture a trouvé des moyens d'aller de l'avant. (Fourni)

« La situation à Beyrouth revêt un caractère particulièrement pressant. En effet, il est nécessaire de reconstruire physiquement les galeries d’art, dans un environnement politique précaire ; malheureusement, il en va de même pour la Syrie et d'autres pays », explique Mme Carver.

En cette période de turbulences et de transitions, le Moyen-Orient a plus que jamais besoin des arts, affirme Mme Carver.

« La culture est le creuset où la société découvre et débat des idées et des formes, et où nous définissons le rôle que nous allons jouer à l'avenir.  Aujourd'hui, nous en avons plus que jamais besoin, en particulier dans le monde arabe », ajoute-t-elle.

« En 2020, les phares de la Covid-19 nous ont peut-être aveuglés. En 2021, nous devons chercher à donner un sens à tout cela et aller de l'avant ».

Twitter : @rebeccaaproctor

 

 


À Dubaï, la Saint-Valentin se raconte à table

Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
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  • Une Saint-Valentin qui sort du cliché, privilégiant l’expérience, le rythme et la mémoire plutôt que la démonstration
  • Le partage comme fil conducteur, entre menus conçus pour deux, attention portée au souvenir et produits soigneusement sourcés

​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, la Saint-Valentin ne se limite plus au simple dîner à deux. Certaines adresses cherchent désormais à raconter une histoire, à créer un moment qui dépasse l’assiette. C’est le cas de Three Cuts Steakhouse et de Sal’s Bistro, deux restaurants qui proposent cette année des formats très différents mais animés par une même idée : célébrer le partage, la mémoire et la générosité des saveurs.

Three Cuts Steakhouse : l’élégance sans rigidité

Perché sur le rooftop du Palm Jumeirah Mall, Three Cuts mise pour le 14 février sur une expérience pensée comme un tout, où la gastronomie dialogue avec le décor et le souvenir. Loin des démonstrations ostentatoires souvent associées à la Saint-Valentin, l’adresse cultive une élégance plus décontractée, fidèle à son ADN.

Le menu dégustation en trois temps, conçu pour être partagé, commence par une série d’entrées qui jouent sur les textures et la précision des saveurs : gratin d’huîtres aux épinards crémeux, carpaccio de saumon à l’orange et à la betterave, ou encore arancini aux champignons sauvages. Le plat principal laisse le choix entre deux classiques du steakhouse, travaillés avec sobriété et rigueur, accompagnés de garnitures saisonnières.

Le dessert, un gâteau “Be Mine” à partager, clôt le repas sur une note ludique et régressive. Mais c’est peut-être le détail extra-culinaire qui marque le plus : chaque couple repart avec une photographie Polaroid prise sur place. Un geste simple, presque nostalgique, qui inscrit la soirée dans le temps long, au-delà de l’événement lui-même.

Sal’s Bistro : le romantisme en version décontractée

À Jumeirah Islands, Sal’s Bistro aborde la Saint-Valentin sous un angle plus libre et quotidien. Pendant toute la semaine du 9 au 15 février, le restaurant propose un plateau de sushis conçu pour deux, à savourer sur place, en terrasse au bord du lac, ou à emporter.

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Sal’s Bistro. (Photo: fournie)

Présenté comme « un peu d’amour sur une planche en bois », l’assortiment rassemble des pièces emblématiques de la maison : saumon épicé croustillant, nigiri de thon, sashimi de saumon, rainbow maki, volcano maki et California maki. Les produits proviennent de Le Fumoir by Joe Bassili, structure familiale reconnue pour son travail du poisson depuis plus de trois décennies dans la région.

Ici, pas de mise en scène sophistiquée, mais une invitation à partager, à picorer, à prolonger le moment. Sal’s Bistro confirme ainsi sa place d’adresse de quartier chic, où la Saint-Valentin peut se vivre sans contrainte de date unique ni de rituel figé.


Grèce: nouveau portail pour les réservations et les informations sur les sites antiques

Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.  Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril. Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
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  • La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023
  • Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants

ATHENES: Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.

Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.

La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023.

Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants.

Des conseils sur des sites méconnus et des promenades thématiques seront proposés.

"Notre ambition est que le voyageur puisse établir un lien personnel avec chaque monument", a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lors de la présentation officielle.

"La vérité, c’est que la majorité des visiteurs, encore aujourd’hui, ne viennent pas dans notre pays pour découvrir la culture grecque. C’est quelque chose qui doit changer", a-t-il ajouté.

La Grèce s’efforce depuis des années de développer un système de billetterie électronique pour maximiser les recettes et réduire les files d’attente.

Quelque 3 millions de billets électroniques ont été émis rien que pour l’Acropole l’an dernier, a indiqué M. Mitsotakis.

Une section dédiée exclusivement aux professionnels, fournissant des données de disponibilité en temps réel, aidera les opérateurs touristiques à rationaliser les réservations de groupes, ont précisé les organisateurs.

La ministre de la Culture, Lina Mendoni, a assuré que les personnes en situation de handicap et leurs accompagnants pourront sélectionner l’utilisation d’un ascenseur, d’un monte-charge ou d’un fauteuil roulant lors de la réservation de leurs billets.

Les voyagistes présents à la présentation de jeudi ont exprimé des inquiétudes quant à leur capacité à harmoniser le nouvel outil de billetterie avec leurs propres systèmes de réservation en moins de deux mois.

"Si tout le monde essaie de se connecter le 1er avril, le système plantera", a averti un opérateur.

 


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.