Les dix ans de Marine Le Pen à la tête du FN, devenu RN

Présidente du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, Marine Le Pen arrive au Monument aux morts de la Grande Guerre à Lisbonne, le 8 janvier 2021. (CARLOS COSTA / AFP)
Présidente du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, Marine Le Pen arrive au Monument aux morts de la Grande Guerre à Lisbonne, le 8 janvier 2021. (CARLOS COSTA / AFP)
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Publié le Vendredi 15 janvier 2021

Les dix ans de Marine Le Pen à la tête du FN, devenu RN

  • Marine Le Pen accède le 16 janvier 2011 à la tête du parti cofondé par son père en 1972 face à Bruno Gollnisch
  • En janvier 2021, elle travaille son image présidentielle en venant soutenir au Portugal le petit candidat populiste et en se disant, après des réticiences, "prête à se faire vacciner" contre le Covid-19

PARIS: En dix ans à la tête du Front national Marine Le Pen a connu de réels succès électoraux, malgré les déchirements récurrents de son parti et son échec à la présidentielle de 2017.

2011-2014, les années fastes 

Marine Le Pen accède le 16 janvier 2011 à la tête du parti cofondé par son père en 1972 face à Bruno Gollnisch. 

Lors de l'élection présidentielle de 2012, elle arrive en troisième position à 17,9%, mais échoue de peu à entrer au Palais Bourbon, contrairement à Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen.

Après les municipales de mars 2014 où le FN remporte onze mairies (Hénin-Beaumont, Orange, Fréjus, etc.), le parti remporte une victoire historique - près de 25% des voix - aux élections européennes de mai, loin devant l'UMP et le PS.

2014: père et fille, rien ne va plus -

Alors que Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du parti, multiplie les dérapages, Marine Le Pen condamne une "faute politique", tentant d'adoucir l'image du parti.

Aux cantonales de mars 2015, le FN arrive en tête dans 43 départements.

M. Le Pen père tente de voler la vedette à sa fille lors du traditionnel discours du 1er mai. Le 20 août, âgé de 87 ans, il est exclu du FN mais reste président d'honneur.

A partir de là, père et fille ne cesseront de s'affronter devant la justice. 

2017: présidentielle et affaires 

Arrivée deuxième au 1er tour de la présidentielle (21,30% des voix), Mme Le Pen perd face à Emmanuel Macron le 7 mai après un mauvais débat.

En juin, elle est mise en examen pour "abus de confiance", requalifié en "détournement de fonds publics", dans une enquête sur les assistants parlementaires d'eurodéputés de son parti.   

Contestée en interne, elle est lâchée par sa nièce la députée Marion Maréchal-Le Pen. Aux législatives, le FN envoie huit députés au Palais Bourbon, dont Marine Le Pen. 

Florian Philippot reproche au FN de ne plus faire d'une sortie de l'euro sa priorité et claque la porte du parti.

Le FN progresse en voix aux élections sénatoriales du 24 septembre, mais ne compte que deux élus.

Le 30 novembre 2017, le FN est mis en examen en tant que personne morale dans l'enquête sur les emplois fictifs. 

Congrès de Lille: appel au rassemblement 

Lors du 16e Congrès à Lille, en mars 2018, Marine Le Pen, réélue pour un troisième mandat, propose de rebaptiser son parti "Rassemblement national". Le FN revendique 51.000 adhérents.

Les nouveaux statuts suppriment le titre de président d'honneur : Jean-Marie Le Pen n'a désormais plus aucun lien avec le mouvement.

Invité surprise, Steve Bannon, ex-directeur de campagne de Donald Trump, voit en Marine Le Pen "la chef de file du mouvement populiste en Europe".

Le FN devient RN 

Le 8 avril, Mme Le Pen reconnaît une baisse de 6.000 adhérents due selon elle aux problèmes bancaires du parti.

Fin mai, elle propose à Nicolas Dupont-Aignan de figurer avec elle sur une liste commune aux européennes de 2019. Le président de Debout la France lui demande de "clarifier" son projet.

Le 19 juin, la justice européenne confirme que Marine Le Pen doit rembourser près de 300.000 euros au Parlement européen.

Le 8 juillet, les juges financiers parisiens décident de retenir à ce motif 2 millions d'euros de subvention publique au RN. Marine Le Pen dénonce un "assassinat politique", en septembre la justice réduit de moitié la saisie.

En tête aux européennes 

Aux européennes de 2019, la liste RN arrive en tête (23,31%) en devançant de peu celle soutenue par le président Emmanuel Macron. Le RN se renforce dans ses terres de conquête.

Dès janvier 2020, Marine Le Pen annonce sa candidature à la présidentielle de 2022. En juin, le bilan du RN aux municipales est mitigé, malgré la prise notable de Perpignan.

En janvier 2021, elle travaille son image présidentielle en venant soutenir au Portugal le petit candidat populiste et en se disant, après des réticences, "prête à se faire vacciner" contre la Covid-19.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».