Beyrouth étudie une proposition de trêve, selon des responsables

Le 14 novembre 2024, le quartier de Rweiss, dans la banlieue sud de Beyrouth, a été la cible d'une frappe aérienne israélienne qui a provoqué d'importantes destructions. (AFP)
Le 14 novembre 2024, le quartier de Rweiss, dans la banlieue sud de Beyrouth, a été la cible d'une frappe aérienne israélienne qui a provoqué d'importantes destructions. (AFP)
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Publié le Samedi 16 novembre 2024

Beyrouth étudie une proposition de trêve, selon des responsables

  • Le Liban étudie une proposition américaine de trêve dans la guerre entre le Hezbollah et Israël, ont indiqué vendredi des responsables libanais, au moment où le Hamas palestinien s'est dit prêt à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza
  • Depuis le 23 septembre, l'armée israélienne mène des bombardements intenses au Liban, visant notamment les fiefs du Hezbollah dans le sud, l'est et la banlieue de Beyrouth

BEYROUTH: Le Liban étudie une proposition américaine de trêve dans la guerre entre le Hezbollah et Israël, ont indiqué vendredi des responsables libanais, au moment où le Hamas palestinien s'est dit prêt à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza avec l'armée israélienne.

Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque d'une ampleur inédite du Hamas sur le sol israélien, les multiples initiatives diplomatiques n'ont pas abouti à un cessez-le-feu, le Hamas et Israël s'accusant mutuellement de bloquer tout accord.

De son côté, le Hezbollah a ouvert un front en octobre 2023 contre Israël en soutien à son allié palestinien, et après un an d'échanges de tirs transfrontaliers dans le sud du Liban, le puissant mouvement islamiste et l'armée israélienne sont entrés en guerre le 23 septembre.

- Réponse attendue -

Un haut responsable libanais a indiqué à l'AFP que l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Lisa Johnson, avait présenté au Premier ministre, Najib Mikati, et au chef du Parlement, Nabih Berri, un plan en 13 points qui prévoit notamment une trêve de 60 jours et le déploiement de l'armée dans le sud du Liban, à la frontière avec Israël.

Une deuxième source gouvernementale libanaise a confirmé qu'une proposition était à l'étude.

"M. Berri a demandé un délai de trois jours", a précisé le premier responsable, ajoutant qu'Israël n'avait pas encore apporté de réponse.

Depuis le 23 septembre, l'armée israélienne mène des bombardements intenses au Liban, visant notamment les fiefs du Hezbollah dans le sud, l'est et la banlieue de Beyrouth. Elle a lancé une offensive terrestre dans le sud du pays une semaine plus tard.

De nouveaux raids israéliens "violents" ont visé vendredi la banlieue sud de Beyrouth, selon l'agence de presse libanaise ANI.

L'armée israélienne a indiqué de son côté vendredi soir avoir mené plus tôt dans la banlieue sud de Beyrouth une série de frappes contre des cibles du Hezbollah, parmi lesquelles "des centres de commandement" du mouvement. Elle a dit avoir préalablement averti la population du secteur.

Plus de 3.440 personnes ont péri au Liban depuis le 23 septembre, la majorité des civils, selon le ministère de la Santé.

Israël affirme vouloir neutraliser le mouvement pro-iranien dans les régions frontalières du sud du Liban pour permettre le retour chez eux des quelque 60.000 habitants du nord du pays déplacés par les tirs du Hezbollah.

Dans le même temps, l'armée israélienne a poursuivi des frappes dans la bande de Gaza, notamment à Deir el-Balah, dans le centre.

"J'ai été réveillé par le bombardement à 02H30 (00H00 GMT)", a déclaré à l'AFPTV Mohamed Baraka, un Palestinien debout au milieu des décombres et des éclats de verre jonchant les ruines de sa maison détruite par une frappe. Il a fait état de "trois martyrs et 15 blessés" et appelé "le monde à mettre fin à la guerre".

Le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a rapporté en outre que "plusieurs Palestiniens déplacés" avaient été "tués lors d'attaques dans la zone d'al-Mawasi", dans le sud du territoire.

Depuis octobre 2023, l'offensive israélienne à Gaza a fait 43.764 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

Les opérations militaires israéliennes, qui ont plongé le territoire palestinien, dans une grave crise humanitaire, ont affaibli le Hamas.

- "Arrêter l'agression" -

"Le Hamas est prêt à parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza au cas où une proposition de cessez-le-feu est présentée et à condition que (Israël) le respecte", a assuré à l'AFP un membre de son bureau politique, Bassem Naïm, en appelant "l'administration américaine et Trump à faire pression sur le gouvernement israélien pour arrêter l'agression" à Gaza.

Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions à la Maison Blanche en janvier, a promis de ramener la paix dans la région.

M. Naïm a réaffirmé que le Hamas souhaitait un "accord sérieux pour un échange de prisonniers" palestiniens détenus par Israël contre des otages emmenés le 7 octobre 2023 à Gaza.

Lors de l'attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les données officielles israéliennes incluant les otages tués ou morts en captivité, 251 personnes ont été enlevées sur le sol israélien.

Au total, 97 restent otages à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l'armée.

Le Jihad islamique, groupe palestinien armé ayant participé à l'attaque du 7 octobre 2023, a diffusé vendredi un extrait vidéo de l'otage Sacha Trupanov, s'adressant à un membre de la coalition gouvernementale israélienne, pour qu'il contribue à sa libération et à celle des autres otages.

Plus de 100 otages avaient été libérés fin novembre 2023 en vertu de l'unique trêve appliquée en plus d'un an de guerre.

Dans un rapport diffusé vendredi, une trentaine d'ONG ont par ailleurs accusé l'armée israélienne de favoriser le pillage de l'aide humanitaire à Gaza, en s'en prenant notamment aux forces de police palestiniennes qui tentent de le combattre.


Liban: frappes sur la banlieue sud de Beyrouth après un appel à évacuer d'Israël

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le quartier de Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth, le 16 novembre 2024, dans le cadre de la guerre entre Israël et le Hezbollah. La frappe a touché la zone peu après que l'armée israélienne ait lancé un nouvel appel à l'évacuation. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le quartier de Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth, le 16 novembre 2024, dans le cadre de la guerre entre Israël et le Hezbollah. La frappe a touché la zone peu après que l'armée israélienne ait lancé un nouvel appel à l'évacuation. (AFP)
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  • De nouvelles frappes aériennes ont visé samedi matin la banlieue sud de Beyrouth, après un appel de l'armée israélienne à évacuer un quartier de ce bastion du mouvement libanais pro-iranien Hezbollah
  • Trois frappes ont touché le secteur, provoquant à trois reprises des volutes de fumée au-dessus des immeubles de la banlieue

BEYROUTH: De nouvelles frappes aériennes ont visé samedi matin la banlieue sud de Beyrouth, après un appel de l'armée israélienne à évacuer un quartier de ce bastion du mouvement libanais pro-iranien Hezbollah, selon des images de l'AFPTV.

Trois frappes ont touché le secteur, provoquant à trois reprises des volutes de fumée au-dessus des immeubles de la banlieue, selon les images de l'AFPTV.

Depuis mardi, l'armée israélienne a enchaîné, de jour, plusieurs séries de bombardements contre les quartiers de la banlieue sud, vidée en grande partie de ses habitants.

Peu avant les raids de samedi matin, un porte-parole en langue arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a publié sur le réseau social X un appel à évacuer adressé aux habitants du quartier de Haret Hreik, assurant qu'ils se trouvaient "à proximité d'infrastructures et d'intérêts du Hezbollah".

L'agence nationale d'information libanaise (Ani) a confirmé trois raids menés par "l'ennemi", dont une près de la municipalité de Haret Hreik. "La première frappe sur Haret Hreik a détruit des bâtiments et provoqué des dommages dans les environs", a-t-elle précisé.

La banlieue sud, un des fiefs du mouvement islamiste Hezbollah visé depuis plusieurs semaines par l'armée israélienne, a été largement vidée de ses habitants, mais dans la journée certains reviennent inspecter leurs maisons ou leurs commerces.

Dans le sud du Liban, des frappes israéliennes avaient été menées dans la nuit et tôt samedi sur plusieurs villages, notamment dans la région de Bint Jbeil, selon l'Ani.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Hezbollah a de son côté revendiqué deux attaques de roquettes menées contre la caserne de Ramim, qui abrite le QG d'un bataillon d'infanterie, près de la frontière dans le nord d'Israël.

L'armée israélienne a lancé le 23 septembre une intense campagne de bombardements au Liban, et déclenché le 30 septembre une offensive terrestre dans le sud du pays.

Elle dit vouloir neutraliser le Hezbollah pour permettre le retour des habitants du nord d'Israël, déplacés par plus d'un an de tirs de projectiles sur son sol. Le mouvement libanais a lancé le 8 octobre 2023 un "front de soutien" au Hamas, au lendemain du déclenchement de la guerre à Gaza, après l'attaque sans précédent le 7 octobre du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien.


KSrelief poursuit son action humanitaire à Gaza, en Jordanie et au Yémen

L'agence humanitaire saoudienne a déployé un convoi de 30 camions chargés de 10 560 sacs d'abris remplis de fournitures essentielles destinées au peuple palestinien. (SPA)
L'agence humanitaire saoudienne a déployé un convoi de 30 camions chargés de 10 560 sacs d'abris remplis de fournitures essentielles destinées au peuple palestinien. (SPA)
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  • Les activités humanitaires du KSrelief se poursuivent avec la livraison de nourriture et de services médicaux à Gaza, en Jordanie et au Yémen

RIYAD : Les activités humanitaires du King Salman Humanitarian Aid and Relief Center (KSrelief) se poursuivent avec la livraison de nourriture et de services médicaux à Gaza, en Jordanie et au Yémen.

Dans la bande de Gaza, l'organisation humanitaire saoudienne a déployé un convoi de 30 camions chargés de 10 560 sacs d'abris remplis de produits de première nécessité destinés au peuple palestinien, qui seront distribués par l'intermédiaire de l'Organisation caritative hachémite jordanienne.

Dans le camp jordanien de Zaatari, les cliniques de KSrelief ont fourni des services médicaux à 2 483 réfugiés. Les spécialistes en médecine interne ont traité 122 patients souffrant de diabète, d'hypertension et d'asthme ; les pédiatres ont reçu 285 enfants, tandis que les médecins urgentistes ont traité 253 patients, entre autres.

Dans le gouvernorat d'Hadhramaut au Yémen, KSrelief a livré un nouveau lot de solutions d'hémodialyse et de fournitures au Centre Fatima Babtain pour les patients souffrant d'insuffisance rénale à Sayoun.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Hamas est prêt à un cessez-le-feu «immédiat», mais Israël n'a pas encore fait de proposition «sérieuse»

Un responsable du Hamas a affirmé qu'Israël n'avait présenté aucune "proposition sérieuse" de cessez-le-feu depuis l'assassinat de son chef Ismail Haniyeh, bien que le groupe soit prêt à un cessez-le-feu "immédiatement". (AFP)
Un responsable du Hamas a affirmé qu'Israël n'avait présenté aucune "proposition sérieuse" de cessez-le-feu depuis l'assassinat de son chef Ismail Haniyeh, bien que le groupe soit prêt à un cessez-le-feu "immédiatement". (AFP)
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  • Basem Naim, responsable du Hamas : l'attaque du 7 octobre est un acte d'autodéfense
  • "J'ai le droit de vivre une vie libre et digne", déclare-t-il à Sky News

LONDRES: Un responsable du Hamas a affirmé qu'Israël n'avait présenté aucune "proposition sérieuse" de cessez-le-feu depuis l'assassinat de son chef Ismail Haniyeh, bien que le groupe soit prêt à un cessez-le-feu "immédiatement".

Basem Naim a déclaré à l'émission "The World With Yalda Hakim" de Sky News que le dernier "accord bien défini et négocié" avait été mis sur la table entre les deux parties belligérantes le 2 juillet.

"Il a été discuté dans tous les détails et je pense que nous étions proches d'un cessez-le-feu (...) qui peut mettre fin à cette guerre, offrir un cessez-le-feu permanent, un retrait total et un échange de prisonniers", a-t-il déclaré. "Malheureusement, (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahou a préféré aller dans l'autre sens.

M. Naim a exhorté la future administration Trump à faire tout ce qui est nécessaire pour contribuer à mettre fin à la guerre.

Il a déclaré que le Hamas ne regrettait pas son attaque contre Israël le 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts et a déclenché l'invasion israélienne de Gaza, qui a tué plus de 43 000 personnes et fait des centaines de milliers de blessés.

M. Naim a déclaré qu'Israël était coupable de "grands massacres" dans l'enclave palestinienne et, lorsqu'on lui a demandé si le Hamas portait la responsabilité de l'attaque du 7 octobre, il l'a qualifiée d'"acte d'autodéfense", ajoutant : "C'est exactement comme si vous vous étiez trompés de cible : "C'est exactement comme si vous accusiez les victimes des crimes de l'agresseur.

Il a ajouté : "C'est exactement comme si vous accusiez les victimes des crimes de l'agresseur" : "Je suis membre du Hamas, mais en même temps je suis un civil palestinien innocent parce que j'ai le droit de vivre une vie libre et digne et j'ai le droit de me défendre, de défendre ma famille.

Lorsqu'on lui a demandé s'il regrettait l'attaque du 7 octobre, Naim a répondu : "Croyez-vous qu'un prisonnier qui frappe à la porte ou qui essaie de sortir de la prison doive regretter sa volonté d'être ? Cela fait partie de notre dignité... de nous défendre, de défendre nos enfants".