Le centre culturel Al-Balad célèbre la Fête nationale saoudienne

Divers ateliers ont également été organisés pour les participants de tous âges, mêlant des éléments éducatifs et divertissants. (Fourni)
Divers ateliers ont également été organisés pour les participants de tous âges, mêlant des éléments éducatifs et divertissants. (Fourni)
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Publié le Mardi 24 septembre 2024

Le centre culturel Al-Balad célèbre la Fête nationale saoudienne

  • Les festivités ont attiré un public varié et ont offert un riche mélange de divertissements et d'activités culturelles pour tous les âges
  • Ibrahim Al-Sanousi, directeur général par intérim de la Commission des musées, a déclaré: "Feu Tariq Abdul Hakim était une personnalité éminente qui a grandement contribué au développement de l'identité musicale nationale de l'Arabie saoudite”

DJEDDAH: Sous le thème "Nous construisons notre nation avec notre héritage et notre avenir" (We Build Our Nation with Our Heritage and Future), le Centre Tariq Abdul Hakim de Djeddah a célébré la 94e Journée nationale saoudienne du 19 au 23 septembre.

Les festivités ont attiré un public varié et ont offert un riche mélange de divertissements et d'activités culturelles pour tous les âges.

Ibrahim Al-Sanousi, directeur général par intérim de la Commission des musées, a déclaré: "Feu Tariq Abdul Hakim était une personnalité éminente qui a grandement contribué au développement de l'identité musicale nationale de l'Arabie saoudite”.

"La célébration de notre fête nationale au Centre Tariq Abdul Hakim aujourd'hui souligne l'importance de préserver et d'apprécier notre riche patrimoine culturel et de susciter un sentiment de fierté chez tous les Saoudiens".

Des élèves de la région ont visité le musée du centre, où ils ont découvert l'histoire de la musique et de l'art saoudiens à travers l'héritage du compositeur défunt”.

Tariq Abdul Hakim est considéré comme le "maître de l'art saoudien", et le musée possède une collection variée d'objets, notamment ses effets personnels, des instruments de musique, des enregistrements, des vêtements traditionnels et de nombreuses récompenses.

Pour rendre hommage au compositeur défunt, le centre a organisé des sessions musicales en direct sur son toit, permettant aux participants d'apprécier un programme de chansons nationales et traditionnelles. L'ambiance familiale comprenait un karaoké interactif, invitant les visiteurs à montrer leur talent de chanteur.

Divers ateliers ont également été organisés pour les participants de tous âges, mêlant des éléments éducatifs et divertissants visant à améliorer les compétences en matière d'instruments de musique et de chant.

Les festivités ont attiré un public varié et ont offert un riche mélange de divertissements et d'activités culturelles pour tous les âges. (Fourni)

Yasser Alshehri, instructeur de l'atelier, a fait part de ses réflexions sur l'hymne national à Arab News: "L'hymne national était auparavant dépourvu de paroles, il ne s'agissait que de notes de musique. Le Roi Khaled a donc ordonné que des paroles soient écrites pour accompagner la musique de l'hymne national. L'auteur, Ibrahim Khafaji, a travaillé avec Tariq Abdul Hakim pour écrire les notes de musique".

En ce qui concerne le lancement de l'hymne national, il a déclaré: "Malheureusement, le Roi Khaled est décédé avant qu’il ne soit achevé, et le Roi Fahd a poursuivi le projet. Il a été écrit un vendredi de 1984 et diffusé dans les écoles, les ambassades et dans tout le pays. Dans cet atelier, nous faisons un bref historique de l'hymne national, de sa genèse, puis je joue les notes que les participants chantent en même temps que moi”.


Yasser Alshehri, l'instructeur de l'atelier, a partagé ses idées sur l'hymne national. (Fourni)

Pour ajouter à l'esprit de fête, un coin restauration proposait des plats saoudiens traditionnels et des boissons rafraîchissantes, mettant en valeur les saveurs locales. Les plus jeunes ont pu se faire maquiller et participer à d'autres activités intéressantes, tandis qu'une boutique de souvenirs proposait des articles inspirés de l'héritage saoudien à ceux qui souhaitaient ramener un souvenir de la fête à la maison.

La calligraphe arabe Mariam Al-Yafi avait un stand où elle créait des noms et des phrases à la demande, et les visiteurs pouvaient s'initier à l'art de la calligraphie.

Elle a déclaré à Arab News: "À travers ma calligraphie, je cherche à mettre en valeur la beauté de l'écriture arabe et sa profonde signification culturelle”.

"La calligraphie n'est pas seulement une forme d'art, c'est un reflet de notre patrimoine et des histoires qui nous relient à notre passé. Je suis fière de contribuer à la riche tapisserie de la culture saoudienne en partageant mon art avec d'autres personnes à l'occasion de cet événement important".

Au stand de Mariam Al-Yafi, calligraphe arabe, les visiteurs ont pu s'immerger dans l'art de la calligraphie, tandis qu'elle créait des noms et des phrases à la demande. (Fourni)

La musique a été présentée comme une forme d'art attrayante, invitant les visiteurs à explorer différents styles musicaux. Saud Al-Sharif, qui jouait de la musique traditionnelle saoudienne au centre, a déclaré: "Je joue de l'oud et j'explique les chansons aux visiteurs. Nous jouons des chansons traditionnelles d'Arabie saoudite et nous en discutons, car Tariq Abdul Hakim est le compositeur de la plupart d'entre elles".

Il ajoute: "Jouer de l'oud aide à libérer l'énergie négative et constitue une forme de thérapie. Les visiteurs exploreront la musique et apprendront les mélodies traditionnelles”.

Lors d'une discussion avec Arab News, Hasan Iskandari, chercheur en musique folklorique au centre, a souligné le rôle central de Tariq Abdul Hakim dans l'élaboration de l'hymne national saoudien.

Il a souligné que le parcours d'Abdul Hakim a commencé par l'hymne royal, qui s'est ensuite transformé en la mélodie de l'hymne national créée par Ibrahim Khafaji. Iskandari a déclaré que les chansons d'Abdul Hakim transcendaient le simple divertissement, incarnant des aspects essentiels de l'identité saoudienne moderne.

"Son héritage est vraiment remarquable", a déclaré Iskandari. "Les visiteurs de la fête nationale ont la possibilité de consulter les notes exposées au musée et de découvrir les origines de l'hymne, en comprenant qu'il sera toujours lié à lui, garantissant ainsi que son souvenir perdure à chaque fois qu'il est joué.


« The Other Bennet Sister » : quand Mary Bennet sort enfin de l’ombre

Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
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  • The Other Bennet Sister réinvente l’univers d’Orgueil et Préjugés en plaçant Mary Bennet, longtemps éclipsée par ses sœurs, au cœur du récit
  • La série séduit par une héroïne authentique, une évolution crédible et une romance de la Régence portée par chaleur, sincérité et charme

DUBAÏ : Mary Bennet — l’enfant du milieu maladroite dans Orgueil et Préjugés de Jane Austen — a toujours vécu dans l’ombre de ses sœurs plus glamour, davantage connue pour ses faux pas sociaux que pour une grande histoire d’amour.

Mais The Other Bennet Sister braque les projecteurs sur Mary et, ce faisant, livre une série pleine de charme qui mêle récit d’apprentissage et romance de la Régence avec un résultat des plus réjouissants.

Adaptée du roman de Janice Hadlow, la série débute en revisitant les événements familiers d’Orgueil et Préjugés. Plutôt que d’imposer aux spectateurs une nouvelle relecture exhaustive, elle s’appuie sur la voix off de Mary, aussi pragmatique que savoureuse, pour résumer l’histoire emblématique d’Austen avec un mélange d’esprit et d’exaspération. Nous assistons une fois encore aux drames de la famille Bennet, mais cette fois à travers le regard de la sœur perpétuellement reléguée à l’arrière-plan.

Ces premiers épisodes sont particulièrement réussis parce qu’ils permettent au public de retrouver l’univers d’Austen. Mais la série prend véritablement son envol lorsque Mary quitte la maison familiale pour s’installer à Londres. À partir de là, The Other Bennet Sister cesse d’être un simple récit parallèle ludique pour devenir une œuvre plus riche et plus profonde.

À Londres, Mary devient gouvernante chez sa tante et son oncle, interprétés avec charme par Indira Varma et Richard Coyle. Leur demeure devient un refuge où Mary commence peu à peu à découvrir qui elle est, au-delà des attentes et des humiliations qui avaient façonné son existence.

Surtout, sa transformation ne paraît jamais artificielle. Trop souvent, les récits consacrés à des femmes longtemps ignorées gomment leurs aspérités pour les conformer aux standards traditionnels de beauté, d’élégance ou d’assurance. Ici, même lorsqu’elle s’épanouit, Mary reste maladroite, directe et socialement gauche. Elle parle encore avec trop de franchise. Elle continue de mal interpréter certaines situations. Elle ne s’intègre toujours pas complètement. C’est cette honnêteté qui donne à la série sa véritable force émotionnelle.

Et puis il y a la romance. La série comprend parfaitement pourquoi les histoires d’amour situées à l’époque de la Régence fascinent autant le public. Mary attire l’attention de deux prétendants très différents : le charismatique M. Ryder — incarné avec un charme irrésistible par Laurie Davidson — et le sensible avocat M. Heyward (Donal Finn). La série reprend plusieurs codes bien connus du genre, mais avec tant de sincérité et de chaleur que cela n’a finalement aucune importance.

The Other Bennet Sister réussit parce qu’elle comprend quelque chose que les adaptations de Jane Austen oublient souvent : tout le monde n’est pas Elizabeth Bennet. Certaines personnes sont maladroites. Certaines mettent plus de temps à trouver leur voix. Et parfois, ce sont précisément ces histoires-là qui méritent d’être racontées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« À dream of Saudi Arabia », un livre émotion de Gilles Bensimon

Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite. (Photo fournie)
Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite. (Photo fournie)
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  • Pendant trente-deux jours, le photographe a parcouru l’Arabie saoudite sans annonce, presque à pas feutrés. Il n’y avait ni mise en scène ni attente particulière, juste une disponibilité, un désir de capter en toute spontanéité des instants de vie
  • Bensimon a toujours photographié ainsi : d’abord des visages, ceux des grandes figures de la mode et du show-business lorsqu’il était directeur de la photographie du magazine ELLE

PARIS: Avec son nouveau livre, « A Dream of Saudi Arabia », le photographe de renommée internationale Gilles Bensimon signe un nouveau chapitre de son idylle avec le royaume d’Arabie saoudite.

arabie saoudite

Plus qu’un simple ouvrage, c’est un voyage intérieur, un regard posé avec douceur sur un pays que Gilles Bensimon a connu tardivement et qui semble l’avoir profondément transformé.

Pendant trente-deux jours, le photographe a parcouru l’Arabie saoudite sans annonce, presque à pas feutrés. Il n’y avait ni mise en scène ni attente particulière, juste une disponibilité, un désir de capter en toute spontanéité des instants de vie de ce pays.

C’est sans doute cela qui donne à ses images leur authenticité et leur sensibilité : elles ne cherchent pas à prouver, elles accueillent et immortalisent.

arabie saoudite

Bensimon a toujours photographié ainsi : d’abord des visages, ceux des grandes figures de la mode et du show-business lorsqu’il était directeur de la photographie du magazine ELLE.

Mais ici, quelque chose change. Le regard est autre, empreint de sentiment et de spiritualité. Il devient plus lent, plus attentif, presque méditatif. Et ce qu’il capte en Arabie saoudite ne relève pas du spectaculaire, mais de l’infime : une lumière sur un mur, un geste autour d’un café, un silence dans un désert.

arabie saoudite

Très vite, ce voyage dépasse le cadre esthétique et devient une expérience intime. « Il y a dans ce pays un sens de la spiritualité absolument remarquable », confie-t-il à Arab News en français.

Chez lui, ce mot n’a rien d’abstrait, car ce qui frappe Bensimon, avant tout, c’est l’hospitalité : simple, immédiate, offerte sans condition.

« On n’avait pas annoncé qu’on arrivait, les gens ne me connaissaient pas. Et pourtant… » Il y a dans cette phrase une forme d’étonnement presque enfantin, comme si le photographe découvrait un monde où la relation humaine prime encore sur tout le reste.

De cette proximité naît une forme d’adhésion et de sensibilité. Il raconte, presque à mi-voix, qu’il a suivi le Ramadan avec ceux qui l’accueillaient, non par obligation, mais par désir de partage. « Je ne voulais pas être différent », dit-il simplement.

Et puis il y a cette phrase, surprenante de sincérité : « Si j’habitais là-bas, je deviendrais musulman. » Lorsqu’on l’écoute vraiment, on comprend qu’au fond, il ne parle pas d’une conversion, mais d’une reconnaissance, celle d’une unité. « Je crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu », ajoute-t-il tranquillement.

Dans son récit, les religions cessent d’être des frontières et redeviennent des racines communes. Lorsqu’il en parle, ce n’est pas pour comparer, mais pour relier et réconcilier silencieusement.

Ce regard, Bensimon l’étend aussi à l’histoire. Il s’agace doucement des clichés, des raccourcis, des ignorances. « Les gens parlent sans connaître », dit-il.

Lui découvre un pays de culture, de mémoire, de complexité : un pays qui ne se laisse pas réduire et, surtout, un pays en mouvement.

Car « A Dream of Saudi Arabia » n’est pas seulement un livre sur un territoire, mais un livre sur une transformation. Bensimon en perçoit les signes, notamment dans la place des femmes, dans les évolutions du quotidien, dans cette interaction entre tradition et modernité qui traverse chaque image.

Ses photographies ressemblent alors à des fragments de temps. Elles saisissent, loin de tout préjugé, ce qui est là et ce qui est en train de disparaître.

C’est d’ailleurs cela, au fond, qui le pousse déjà vers un autre projet, car la boucle, pour lui, n’est pas refermée. « Il faut faire ces choses maintenant, parce qu’elles vont disparaître », confie-t-il.

Dans son esprit, un nouveau livre prend forme. Il ne s’agira plus seulement de parcourir un pays, mais de retrouver des traces, des gestes anciens, des modes de vie en voie d’effacement. Il parle de caravanes, de traversées, de ces itinéraires oubliés qui racontaient autrefois le monde autrement.

Après avoir saisi l’instant présent de l’Arabie saoudite, Bensimon semble vouloir en explorer la mémoire profonde, avant qu’elle ne s’efface.

Il y a dans cette démarche quelque chose de presque mélancolique, mais aussi une forme d’urgence douce : photographier pour garder, regarder pour comprendre et, surtout, rester fidèle à ce qui l’anime depuis toujours, soit une curiosité intacte pour les êtres et les lieux.

Le lancement du livre s’est d’ailleurs inscrit dans cette même logique immersive, lors d’un événement grandiose au Molière, hôtel particulier dédié aux événements d’importance.

Entre projections monumentales, installations sensorielles et mise en scène enveloppante, le public a été invité à vivre, plus qu’à découvrir, l’univers du photographe : une expérience totale, à l’image du voyage qu’il raconte.

Avec « A Dream of Saudi Arabia », Gilles Bensimon ne signe pas seulement un livre : il poursuit un dialogue entre les cultures, les croyances et les époques, qu’il avait entamé avec son magnifique ouvrage dédié à AlUla, publié en 2021.


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
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  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.