TEHERAN : L'Iran n'a jusqu'à présent procédé à "aucune arrestation" concernant l'assassinat dans la capitale iranienne la semaine dernière du chef politique du Hamas palestinien, Ismaïl Haniyeh, que Téhéran a attribué à Israël, a indiqué mardi le pouvoir judiciaire.
"Les investigations nécessaires ont été lancées" et les résultats "seront annoncés dès que l'enquête sera terminée", a déclaré le porte-parole du pouvoir judiciaire, Asghar Jahangir.
"Jusqu'à présent, aucune arrestation n'a été effectuée concernant cette affaire", a-t-il ajouté, précisant que les enquêtes impliquent des responsables de l'armée iranienne.
Selon les Gardiens de la révolution, armée idéologique d'Iran, Ismaïl Haniyeh a été tué le 31 juillet par un "projectile de courte portée" tiré sur la résidence où il séjournait dans le nord de Téhéran.
L'Iran et le Hamas ont accusé Israël et promis de riposter. Israël ne s'est pas exprimé sur cette affaire.
Samedi, le New York Times a rapporté que l'Iran avait arrêté "plus d'une vingtaine de personnes, y compris des officiers supérieurs du renseignement", en lien avec le meurtre de Haniyeh.
M. Jahangir a rejeté ces affirmations comme étant des "rumeurs" et des "fausses informations".
"L'assassinat de Haniyeh sera certainement suivi d'une réponse courageuse de la part de la République islamique", a-t-il affirmé.
Les tensions déjà vives au Moyen-Orient, dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, ont redoublé après l'assassinat de Haniyeh, et la mort quelques heures plus tôt du chef militaire du Hezbollah libanais, Fouad Chokr, dans une frappe israélienne près de Beyrouth.
Le Hezbollah a promis une riposte à la frappe qui a tué Chokr, dans un immeuble d'un quartier densément peuplé. La frappe israélienne a également tué cinq civils.
L'armée israélienne a dit tenir Fouad Chokr pour responsable de la mort le 27 juillet de 12 jeunes Druzes, tués par un tir de roquette sur le Golan syrien occupé par Israël. Le Hezbollah a démenti toute implication.
La communauté internationale est engagée dans une course contre la montre pour éviter une escalade militaire entre, d'un côté, Téhéran qui soutient le Hamas et le Hezbollah et, de l'autre côté, Israël allié des Etats-Unis.
Tard lundi soir, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré qu'Israël "recevrait la réponse pour ses crimes et son arrogance", mais il a insisté sur le fait que Téhéran "ne cherche en aucun cas à étendre le champ de la guerre et de la crise dans la région".