'Un génocide : Des médecins indonésiens choqués par l'ampleur de la violence israélienne à Gaza'

Sur cette photo, Asrina Sari,infirmière indonésienne, (deuxième à partir de la droite), s'occupe d'un jeune patient à l'hôpital koweïtien de Rafah, le 1er juillet 2024. (Photo partagée le 1er juillet 2024 avec l'aimable autorisation d'Asrina Sari)
Sur cette photo, Asrina Sari,infirmière indonésienne, (deuxième à partir de la droite), s'occupe d'un jeune patient à l'hôpital koweïtien de Rafah, le 1er juillet 2024. (Photo partagée le 1er juillet 2024 avec l'aimable autorisation d'Asrina Sari)
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Publié le Lundi 01 juillet 2024

'Un génocide : Des médecins indonésiens choqués par l'ampleur de la violence israélienne à Gaza'

  • Des médecins et des infirmières indonésiens arrivent à Rafah depuis le mois de mars pour y travailler bénévolement.
  • Ils évoquent le manque d'équipement de base, l'obligation de soigner des enfants blessés sans anesthésie...

JAKARTA : Lorsqu'Ita Muswita est arrivée à Rafah en mars pour faire du bénévolat à la maternité Al-Halal Al-Emirati, elle a été bouleversée par l'ampleur de la malnutrition des nouveau-nés qu'elle aidait à mettre au monde. 

L'hôpital était l'un des rares à rester partiellement opérationnel à Gaza et fournissait des soins médicaux à des milliers de femmes enceintes et de jeunes mères, traitant entre 50 et 65 naissances par jour avec seulement cinq lits d'accouchement.

Beaucoup d'entre elles souffraient d'insuffisance pondérale.  

"Il est probable qu'ils tombent malades ou meurent... C'est parce que les mères ne répondent pas à leurs besoins (nutritionnels)", a déclaré M. Muswita à Arab News. 

"Les bébés en sous-poids sont vulnérables aux maladies, ce qui signifie que nous avons besoin de plus de chambres d'hôpital pour les bébés, qui nécessitent des équipements et des médicaments, et c'était un problème... Nous manquions souvent de médicaments... de gaze et d'instruments de suture". 

Cette sage-femme indonésienne de la province de Banten faisait partie de la première équipe de médecins et d'infirmières de l'organisation non gouvernementale Medical Emergency Rescue Committee, basée à Jakarta, qui envoie depuis le mois de mars des volontaires médicaux dans l'enclave assiégée, dans le cadre d'un déploiement médical d'urgence plus large dirigé par l'Organisation mondiale de la santé. 

Alors qu'elle était préparée à affronter la situation, sachant d'après les estimations des Nations unies que la plupart des 50 000 femmes enceintes de Gaza avaient un accès limité aux soins de santé maternelle, la situation à laquelle elle a été confrontée sur le terrain a été pire que ce qu'elle avait imaginé.

"Ce n'est pas une guerre, c'est une extermination, c'est un génocide, c'est vrai", a déclaré Mme Muswita.

Depuis octobre, les frappes aériennes et les offensives terrestres israéliennes à Gaza ont tué près de 37 900 Palestiniens et blessé plus de 86 000 personnes, tandis que des milliers de personnes sont toujours portées disparues sous les décombres. 

Israël a également coupé l'enclave de l'approvisionnement en eau, en nourriture, en carburant et en aide médicale, ses forces ayant détruit la plupart de ses infrastructures vitales. 

Nadia Rosi, une infirmière membre d'une autre équipe MER-C arrivée à Rafah le 21 avril, a déclaré qu'elle avait été choquée par la situation des soins de santé à Gaza. 

Même la possibilité de désinfecter le matériel était rare. 

"Où allons-nous chercher de la gaze, du matériel ? Nous ne le savons pas parce qu'il n'y en a pas", a-t-elle déclaré.

"J'avais aussi peur, bien sûr, car même lorsque nous étions à l'hôpital, nous pouvions entendre les bombes exploser, les bruits forts des tirs, et cela continue alors que les attaques se poursuivent pendant 24 heures. 

Lorsqu'elle travaillait au centre de santé de Tal Al-Sultan, les enfants constituaient la majorité de ses patients. Elle se souvient de leurs cris lorsqu'il n'y avait pas d'analgésiques ou d'anesthésiques disponibles.  

"Je travaillais sur les plaies et la plupart des patients étaient des enfants. Sur 50 patients, environ 35 étaient des enfants. Nous n'avions pas d'anesthésiant... Je leur donnais des bonbons pour les calmer", a-t-elle déclaré. 

"Je les invitais aussi à réciter le Coran, en commençant avec eux avant de les laisser continuer seuls, et ils se calmaient presque immédiatement... Ces enfants retiennent courageusement la douleur, pouvez-vous imaginer à quel point les coupures sont généralement profondes ? Nous ressentons déjà une grande douleur avec de petites blessures, et celles-ci sont des lacérations qui nécessitent des points de suture". 

Après avoir assisté pendant des semaines aux violences israéliennes contre les Palestiniens, les médecins indonésiens ont refusé de qualifier la situation à Gaza de guerre. 

"Ce n'est pas une guerre... C'est un meurtre de masse, une annihilation de masse. Quel genre de fou vient avec ses chars dans les tentes, tuant des enfants, des bébés, des personnes âgées, des femmes ?" Asrina Sari, une autre infirmière arrivée à Rafah en avril, a déclaré à Arab News. 

"Il s'agit d'un véritable génocide que le monde entier doit connaître, car les sionistes sont impitoyables. 

Après son retour en Indonésie le mois dernier, elle s'est jointe à d'autres volontaires indonésiens pour sensibiliser l'opinion à ce qui se passe en Palestine. 

"Il suffit d'être humain pour défendre la Palestine", a-t-elle déclaré. "Continuons à prier pour l'indépendance de la Palestine et utilisons toujours les médias sociaux pour nous tenir au courant de la situation en Palestine, pour partager toutes les questions liées à la Palestine afin que les gens soient informés. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.

 


Trump dit qu'il «va parler» aux dirigeants iraniens 

Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
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  • "Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a dit Trump
  • "La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement"

PALM BEACH: Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs.

"Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il dit, selon les propos rapportés par le mensuel américain.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

48 dirigeants iraniens tués

Donald Trump a déclaré dimanche que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l'offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran.

"Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup", a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

"Je viens juste d'être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste", a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. "Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime."

Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n'a pas jusqu'ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des Etats-Unis depuis le déclenchement du conflit.

Donald Trump, qui n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes.

Des dirigeants iraniens "veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d'informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l'Iran "progressait très bien" et "plus vite que prévu".

Des bombardiers furtifs B-2 ont participé aux bombardements, a dit dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ce sont les mêmes appareils qui avaient frappé en juin dernier des installations d'enrichissement d'uranium en Iran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".