Projet de trêve à Gaza: vote lundi du Conseil de sécurité de l'ONU sur un texte américain

Des enfants palestiniens fouillent les décombres de leur maison un jour après une opération de l'armée israélienne dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 9 juin 2024. (AFP)
Des enfants palestiniens fouillent les décombres de leur maison un jour après une opération de l'armée israélienne dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 9 juin 2024. (AFP)
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Publié le Lundi 10 juin 2024

Projet de trêve à Gaza: vote lundi du Conseil de sécurité de l'ONU sur un texte américain

  • «Cette proposition est la meilleure occasion pour parvenir au moins à un arrêt temporaire des combats, pour faire entrer plus d'aide, libérer des otages», a commenté lundi l'ambassadeur américain adjoint à l'ONU Robert Wood
  • Alors que le Hamas n'a toujours pas réagi officiellement à cette proposition, les Etats-Unis font clairement peser sur le mouvement islamiste palestinien la responsabilité première de l'accepter

NATIONS UNIES, États-Unis : Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce lundi sur un projet de résolution américaine soutenant le plan de trêve à Gaza, un vote à l'issue incertaine au moment où Washington mène une intense campagne diplomatique pour pousser le Hamas à l'accepter.

La dernière version du texte, vue par l'AFP, «salue» une proposition de trêve annoncée le 31 mai par le président américain Joe Biden.

Elle assure aussi, contrairement aux précédentes versions, que le plan a été «accepté» par Israël. Elle appelle le Hamas «à également l'accepter et appelle les deux parties à appliquer pleinement ses termes sans délai et sans conditions».

Après plus de huit mois de guerre, le plan prévoit, dans une première phase, un cessez-le-feu de six semaines accompagné d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages enlevés lors de l'attaque du Hamas et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

«Cette proposition est la meilleure occasion pour parvenir au moins à un arrêt temporaire des combats, pour faire entrer plus d'aide, libérer des otages», a commenté lundi l'ambassadeur américain adjoint à l'ONU Robert Wood.

«Nous voulons faire pression sur le Hamas pour qu'il accepte cet accord (...) C'est pour cela que nous avons cette résolution, parce que nous sommes à l'orée de quelque chose de vraiment important», a-t-il ajouté, espérant que tous les membres du Conseil soutiennent le projet de résolution.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken était de retour au Proche-Orient lundi pour promouvoir ce plan de cessez-le-feu.

Alors que le Hamas n'a toujours pas réagi officiellement à cette proposition, les Etats-Unis font clairement peser sur le mouvement islamiste palestinien la responsabilité première de l'accepter.

Mais si Joe Biden a décrit le plan comme venant d'Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu dit vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas et les divisions politiques dans son pays pourraient compliquer les efforts diplomatiques américains.

- Algérie, Russie réservées -

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre, faisant 1.194 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

L'offensive israélienne en représailles a fait 37.124 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Selon des sources diplomatiques, la plupart des membres du Conseil de sécurité soutiennent le principe de la résolution, mais plusieurs d'entre eux se sont montrés très réservés sur la formulation des précédentes versions du texte américain, en particulier l'Algérie, qui représente le groupe arabe, et la Russie, qui dispose d'un droit de veto.

Répondant aux demandes faites par certains membres, le dernier texte précise certains éléments du plan.

Il indique notamment, que si la première phase prend plus de six semaines, le cessez-le-feu sera maintenu «aussi longtemps que les négociations se poursuivront».

Depuis le 7 octobre, le Conseil de sécurité peine à parler d'une seule voix. De nombreux projets de résolution ont été rejetés, soit par manque de voix, soit en raison de vetos américains d'un côté, russes et chinois de l'autre.

Après deux résolutions principalement centrées sur l'aide humanitaire, il avait finalement exigé fin mars un «cessez-le-feu immédiat», pour la durée du ramadan; un appel précédemment bloqué plusieurs fois par les Etats-Unis, qui s'étaient cette fois abstenus.

Après la décision fin mai de la Cour internationale de Justice ordonnant à Israël d'arrêter son offensive à Rafah, l'Algérie avait fait circuler un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat et l'arrêt de l'offensive à Rafah.

Les Etats-Unis avaient alors estimé qu'un tel texte «n'aiderait pas», privilégiant toujours les négociations sur le terrain pour parvenir à une trêve.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.