Gaza: le Hamas annonce au moins 210 morts dans la zone où les otages ont été libérés

Un enfant blessé reçoit des soins à l'hôpital des martyrs d'Al-Aqsa à la suite d'une frappe israélienne dans le centre de la bande de Gaza, le 8 juin 2024 (Photo, Reuters).
Un enfant blessé reçoit des soins à l'hôpital des martyrs d'Al-Aqsa à la suite d'une frappe israélienne dans le centre de la bande de Gaza, le 8 juin 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Dimanche 09 juin 2024

Gaza: le Hamas annonce au moins 210 morts dans la zone où les otages ont été libérés

  • Le nombre de victimes du massacre perpétré par l'occupant israélien dans le camp de Nousseirat s'élève à 210 martyrs et plus de 400 blessés
  • Voici ce que l'on sait des quatre otages libérés samedi

GAZA: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé samedi un bilan d'au moins 210 morts dans des attaques israéliennes sur le camp de Nousseirat, dans la centre de la bande de Gaza, où quatre otages ont été libérés, selon Israël.

"Le nombre de victimes du massacre perpétré par l'occupant israélien dans le camp de Nousseirat s'élève à 210 martyrs et plus de 400 blessés", a indiqué le service de presse du gouvernement du Hamas dans un communiqué qui ne mentionne pas la libération d'otages.

Qui sont les quatre otages israéliens libérés samedi?

L'armée israélienne a annoncé samedi avoir libéré quatre otages israéliens, en vie et en bonne santé, lors d'une opération militaire "difficile" à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza.

Noa Argamani, 26 ans, Almog Meir Jan, 22 ans, Andrey Kozlov, 27 ans, et Shlomi Ziv, 41 ans, avaient été capturés le 7 octobre sur le site du festival de musique electro Nova, dans le sud d'Israël, par des combattants du Hamas infiltrés depuis Gaza.

Le mouvement islamiste palestinien avait ce jour-là mené une attaque sans précédent contre Israël, qui a déclenché la guerre en cours dans la bande de Gaza.

Samedi matin, ils ont été "secourus" dans deux lieux différents au cœur de Nousseirat, a indiqué l'armée, le Forum des familles d'otages saluant pour sa part un "triomphe miraculeux".

A ce jour, 116 otages sur les 251 enlevés le 7 octobre sont toujours retenus à Gaza, dont 41 sont morts, selon l'armée israélienne.

Voici ce que l'on sait des quatre otages libérés samedi.

 Argamani, 26 ans 

L'image de cette Israélienne criant "Ne me tuez pas!" à des combattants du Hamas a fait le tour du monde. Etudiante à l'Université Ben Gourion de Beer Sheva (sud d'Israël), elle a été enlevée lors de la rave party Tribe of Nova. Une vidéo apparaîtra par la suite sur les réseaux sociaux, la montrant en train de boire une bouteille d'eau à Gaza.

Son compagnon, Avinathan Or, ingénieur de 30 ans, est toujours captif.

La mère sino-israélienne de Noa, dont les jours sont comptés en raison d'un cancer du cerveau, s'était inquiétée dans une vidéo largement relayée de ne pas avoir l'occasion de revoir sa fille avant de mourir.

Andrey Kozlov, 27 ans 

Habitant de Rishon Lezion, au sud de Tel-Aviv, le Russe Andrey Kozlov, 27 ans, participait en tant qu'agent de sécurité au festival de musique Tribe of Nova lorsque l'événement fut pris d'assaut le 7 octobre.

En contact avec son père et avec des amis, il ne donna plus de signe de vie à partir de 09H00. Sa famille sera informée trois semaines après de son enlèvement.

Né à Saint-Pétersbourg, il était arrivé récemment en Israël.

Shlomi Ziv, 41 ans 

Shlomi Ziv, qui a eu 41 ans depuis son enlèvement, faisait partie du service de sécurité de la rave Nova organisée dans le désert, selon la presse israélienne. L'une de ses deux soeurs lui a parlé à 07H30 le jour de l'attaque. Il lui a dit qu'il allait bien, qu'il tentait de fuir en voiture mais qu'il y avait un embouteillage pour quitter la zone du festival.

Sa dernière conversation a eu lieu un peu plus tard, avec son autre sœur. L'air essoufflé, il lui a dit "je te rappelle".

Il était allé au festival avec deux amis, qui assuraient également la sécurité du festival et ont été tués.

Shlomi Ziv vivait avec son épouse près de la frontière libanaise, au moshav Elkosh. Il travaillait comme distributeur en gros mais avait récemment terminé avec succès des études pour devenir décorateur d'intérieur.

Almog Meir Jan, 22 ans 

Originaire d'Or Yehuda, petite ville à l'est de Tel-Aviv, Almog Meir Jan, 22 ans, participait au festival quand des hommes armés y ont fait irruption.

Le 7 octobre, à 07H45, la sonnerie du portable de sa mère, Orit Meir, retentit. C'est son fils à l'appareil: "Maman, les roquettes tombent de partout. Je ne sais pas ce qui se passe. Maman, je t'aime", racontait Mme Meir un mois après.

Puis, dans une courte vidéo publiée par le Hamas, elle reconnaît "immédiatement" son fils. "Il était allongé sur le sol. Il était terrifié, terrifié".

"Mon fils est allé à une fête et il a été kidnappé (...) Notre vie est devenue un cauchemar", témoignait sa mère.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.