Près de la Manche, toujours plus de tombes de migrants et un inlassable combat contre l'oubli

Cette photographie prise le 19 décembre 2023 montre un panneau en bois d'une tombe indiquant "Nour et Kair Oughalime - 30-09-2010" au cimetière de Calais Nord, à Calais, dans le nord de la France (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 19 décembre 2023 montre un panneau en bois d'une tombe indiquant "Nour et Kair Oughalime - 30-09-2010" au cimetière de Calais Nord, à Calais, dans le nord de la France (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 08 avril 2024

Près de la Manche, toujours plus de tombes de migrants et un inlassable combat contre l'oubli

  • Une initiative prise face à «l'absence de mobilisation» des autorités, selon les associations
  • A Calais, Mariam Guerey, tente de rendre sa part d'humanité à chaque migrant décédé dans sa quête d'Angleterre, mais la liste ne cesse de s'allonger

CALAIS: Yasser, 20 ans, Abubaker, 26 ans, Rola, 7 ans: derrière ces noms sur les tombes, le souvenir d'un visage juvénile et d'une mort violente. A Calais, Mariam Guerey, tente de rendre sa part d'humanité à chaque migrant décédé dans sa quête d'Angleterre, mais la liste ne cesse de s'allonger.

Cette salariée du Secours catholique fait partie du "groupe décès", assemblage inter-associatif constitué en 2017 pour faire respecter au mieux les souhaits des exilés décédés, servir d'interface avec leurs familles mais aussi tenter de redonner une identité à certains pour éviter les enterrements sous X.

Une initiative prise face à "l'absence de mobilisation" des autorités, selon les associations.

Yasser, tué par un camion en 2021. "On a sa photo à l'accueil de jour (du Secours catholique). Il était jeune!". Abubaker, écrasé par un train en 2022. "Il n'arrêtait pas de faire des photos. Il avait un frère en Angleterre qui n'a pas pu venir (à son enterrement) parce qu'il n'avait pas encore de papiers, mais qui est venu l'année dernière".

Behzad, dont le corps a été rejeté par la mer en 2020. "Il était parti seul, sans rien, à la rame". Mariam Guerey avait réussi à découvrir son identité en faisant le tour des campements, grâce à la pochette plastique qu'il portait.

"Il était chiite. La famille nous a dit de mettre un tissu noir sur la tombe, de poser un gâteau spécial dessus", se souvient-elle.

Les associations dénombrent 404 exilés morts dans cette zone frontalière depuis 1999, sans compter les disparus.

Au cimetière Nord de Calais, la plupart des tombes de migrants sont de simples monticules de terre arborant des panneaux en bois portant un nom, une année de décès et parfois une année de naissance sur une plaque métallique.

Avec les années, certaines s'aplanissent au point de presque se fondre dans le sol, et les noms s'effacent.

En 2022, le Secours catholique avait lancé un appel aux dons pour consolider les sépultures, mais seules quelques tombes ont pu bénéficier d'une bordure en ciment.

Les cimetières constituent "le seul lieu de mémoire de la présence des personnes exilées" à Calais, déplore Thibault, autre membre du groupe décès.

Entourée de cailloux blancs et fleurie, la tombe de Salim sort du lot. Son ami Amjad, ancien migrant désormais installé à Calais, l'entretient. "C'est important, et pas beaucoup de monde ici travaille sur ça", explique ce Libyen de 36 ans.

Amjad va aussi aux enterrements quand son travail de soudeur le lui permet et commémore la mort de son ami par un repas annuel.

Deux prières 

Les exilés, dont beaucoup sont Soudanais ou originaires du Moyen-Orient, occupent une large partie du carré musulman du cimetière Nord, qui est presque plein.

"La création d'un autre espace confessionnel au sein des cimetières de Calais est à l'étude", indique la mairie.

Dans un autre carré musulman, dans un cimetière de Grande-Synthe, près de Dunkerque, un petit signe en peluche a été déposé sur une tombe couverte de tulipes: celle de Rola, une fillette irakienne de 7 ans, morte dans un naufrage le 3 mars.

A Calais, les exilés d'une autre confession ou bien non identifiés sont inhumés dans "le carré des indigents", où les sépultures sont conservées "cinq ans minimum", explique la mairie.

Quand la religion du défunt est inconnue, "on fait deux prières devant la tombe, une musulmane et une chrétienne", rapporte Mariam Guerey.

Certaines familles parviennent à financer le coûteux rapatriement de la dépouille,  comme celle d'un Éthiopien mort en novembre dernier, mais beaucoup d'autres ne verront jamais la sépulture de leur enfant.

Rapatrier un corps en Syrie coûte ainsi 6.000 à 8.000 euros, explique Mariam Guerey.

Quand la famille se résout à un enterrement en France, le groupe décès aide à financer les obsèques, avec la communauté concernée.

Alors qu'un enterrement musulman intervient généralement très vite après le décès, les délais nécessaires pour identifier officiellement certains corps sont douloureux pour les familles.

L'identification qui auparavant "se fondait sur des témoignages, avec la concordance des papiers" exige "de plus en plus (...) des preuves primaires, comme des tests ADN", allongeant les délais, regrette Thibault.

Sur les cinq morts d'un naufrage mi-janvier, trois n'avaient pas encore été inhumés fin mars.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.