Le PDG d'Al-Ittihad jette des bases solides pour un avenir brillant au club de Djeddah

Domingos Soares de Oliveira, PDG de l'Ittihad Club Company. (Photo fournie)
Domingos Soares de Oliveira, PDG de l'Ittihad Club Company. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 04 avril 2024

Le PDG d'Al-Ittihad jette des bases solides pour un avenir brillant au club de Djeddah

  • À la fin du mois de septembre 2023, Domingos Soares de Oliveira a été annoncé comme le nouveau PDG de l'Ittihad Club Company
  • «Ce club possède un héritage fantastique. Nous sommes les champions en titre, nous avons remporté deux Ligues des champions»

RIYAD: À la fin du mois de septembre 2023, Domingos Soares de Oliveira a été annoncé comme le nouveau PDG de l'Ittihad Club Company. En février, il a été nommé au sein du nouveau comité sportif du club aux côtés du directeur sportif, Ramon Planes, et de l'entraîneur, Marcelo Gallardo.

Ces mesures visent à doter le champion saoudien en titre de la Pro League de la meilleure structure et de la meilleure gouvernance possible dans la perspective d'un avenir radieux.

M. De Oliveira a parlé à Arab News de ses six premiers mois à ce poste et il a donné son avis sur divers sujets, notamment sur le niveau de la Saudi Pro League (SPL), sur le recrutement d'Al-Ittihad et sur le statut de Karim Benzema au sein du club.

Voici quelques extraits de l'entretien.

La prise en charge du poste de PDG de l'Ittihad Club Company

Au moment où j'ai quitté Benfica, j'ai eu plusieurs opportunités pour exercer de nouvelles fonctions sur différents continents. Mais, lorsque la proposition d'Ittihad est arrivée, j'ai été vraiment surpris. En effet, j'avais eu beaucoup d'informations passionnantes sur la transformation à laquelle le Royaume était confronté et sur tous les clubs professionnels.

Ce club possède un héritage fantastique. Nous sommes les champions en titre, nous avons remporté deux Ligues des champions. Nous avons été le premier club du Royaume, je pense, et je suis sûr que nous sommes le club qui a la meilleure base de supporters. Je ne sais pas si c'est la plus grande, mais, en termes d'engagement et de passion, les fans sont fantastiques. Nous avons 18 ou 19 sports différents, donc la responsabilité d'être le PDG de l'Ittihad est énorme. Mais, en même temps, c'est un grand défi parce que le Royaume et l'Ittihad sont confrontés à une nouvelle réalité.

Je pense que nous entrons dans une nouvelle ère. Nous sommes actuellement dans un processus de transformation et nous sommes passés d'un club qui présentait un profil différent en termes d'actionnaires à un club beaucoup plus structuré. Nous avons mis en place un nouveau management, une nouvelle gouvernance, un nouvel effectif dans le sens où nous avons été capables, avec les meilleurs programmes, d'attirer des joueurs différents, et de bien meilleurs joueurs.

Pour être honnête, je pense que c'était la meilleure opportunité qu'un professionnel comme moi, en tant que directeur général d'un club européen, puisse avoir.

Le rôle du football saoudien dans la culture du Royaume

C'est assez impressionnant, car je pense que l'histoire du Royaume et celle de notre club se confondent. En fait, le club a été créé en 1927 et le Royaume en 1932.

On voit que les Saoudiens sont très fiers de leur histoire, comme les supporters de l'Ittihad. Je pense que vous avez une grande, une très grande histoire, et, vraiment, je suis surpris chaque jour par ce pays et par les opportunités qu'il offre. C'est une question d'unité, de communauté, avec toutes les valeurs que vous avez dans votre pays. Il en va de même pour l'Ittihad.

Les ambitions du football saoudien

La Saudi Pro League a des ambitions et nous les partageons en tant que club. Mais je crois aussi que nous pouvons facilement faire partie des cinq meilleures ligues du monde. Et je pense que nous pouvons avoir l'ambition d'être bien plus que cela, parce que nous avons mis en place une stratégie qui est totalement alignée sur la Vision 2030.

Nous avons également un nouveau défi à relever: en 2034, le pays organisera la Coupe du monde. Nous devons donc entraîner nos joueurs afin qu'ils soient prêts pour 2034. C’est dans ce sens que la SPL opère une véritable transformation. Par exemple, la saison prochaine, il y aura seulement 25 joueurs dans l’équipe, dont 15 Saoudiens. Les clubs devront donc investir beaucoup plus dans les joueurs saoudiens.

Je pense que nous faisons partie de ce processus. Cet hiver, nous avons ainsi engagé cinq jeunes joueurs saoudiens et nous sommes très satisfaits de la façon dont ils se comportent ici. En réalité, comme vous le savez, nous avons l'équipe olympique et nous devrons prendre cinq joueurs de notre équipe pour Paris 2024. Nous en sommes fiers, même si cela représente un défi difficile pour notre entraîneur.

L'impact de la technologie sur le football

La technologie aura un impact important dans deux domaines.

Tout d'abord, en ce qui concerne la numérisation de l'entreprise, tous les services, commerciaux, financiers… Tous adoptent le numérique.

En ce qui concerne le recrutement, il sera extrêmement utile de recueillir autant d'informations que possible sur les joueurs, d'avoir accès aux informations recueillies lors des séances d'entraînement, ou encore en direct pendant les matchs. La SPL nous envoie déjà beaucoup de données, mais nous voulons aller bien plus loin et disposer de plus de technologie dans tous les domaines au sein du club.

La recherche de talents saoudiens par Al-Ittihad dans l’ensemble du Royaume

La détection est un élément essentiel de notre activité. Sans les bonnes matières premières, on ne peut pas construire un bon produit. C'est évident dans n'importe quel secteur, mais particulièrement ici. Ce dont nous avons besoin, et c'est ce que nous sommes en train de mettre en place, c'est, tout d'abord, un département de prospection qui se concentre sur le Royaume.

Nous allons donc développer une sorte de réseau de recruteurs à travers le Royaume afin d'identifier les meilleurs talents. En fait, ce n'est pas la première fois que nous agissons ainsi. Les joueurs que nous avons repérés en hiver, nous avons su les attirer. Tout le monde a reconnu que nous avions fait du bon travail à ce moment-là.

Mais ce n'est pas tout. Je pense que nous devons faire de la prospection dès le plus jeune âge, et pas seulement à Djeddah. Nous devons être capables d'identifier des joueurs qui ont aujourd'hui entre 8 et 12 ans et de les attirer dans le club.

Il nous faut prendre soin d'eux et de leurs familles. Mais nous devons avoir une stratégie globale et un modèle complet pour ces enfants et définir un programme avec leurs familles afin de développer non seulement les joueurs, mais aussi les jeunes hommes.

Équilibrer le recrutement local et international

Nous voulons des joueurs comme ceux que nous avons aujourd'hui: de véritables modèles capables de jouer et de travailler main dans la main avec les joueurs saoudiens.

Nous disposons d'un réseau de recruteurs internationaux. En réalité, le département football que nous avons aujourd'hui fait du repérage partout dans le monde. Il est à la fois international et saoudien.

Au niveau international, nous recherchons des joueurs bien établis; et, au niveau national, de jeunes joueurs dont nous pourrons être fiers dans deux ou trois ans, et, surtout, en 2034.

Le rôle d'Ittihad pour aider l'Arabie saoudite à devenir un centre sportif international

L'Arabie saoudite a probablement le meilleur programme que j'aie vu jusqu'à présent pour devenir une plaque tournante du sport. Très souvent, les investissements dans d'autres pays sont basés sur les investissements des clubs, et les clubs se maintiennent dans une position très individuelle.

Ici, le ministère des Sports a une stratégie et il soutient les clubs en termes de développement des différents sports. Dans notre cas, nous avons 19 sports différents. Certains sont très individuels, avec de fortes performances. Si vous regardez le badminton, le tir à l'arc, le tennis de table, le tennis… Nous disposons d’un groupe fantastique de jeunes joueurs qui obtiennent de très bons résultats.

Participer à la Said Super Cup à Abu Dhabi

Pour nous, il est capital de participer aux compétitions les plus importantes. Nous voulons participer aux compétitions internationales, à la Super Coupe, à la Coupe du Roi, à la SPL. Nous sommes un club qui aime être défié, qui accepte les défis, qui adore se battre, parce que nous avons cet esprit, un esprit combatif.

C'est pourquoi la Super Coupe, même si elle se déroule à Abu Dhabi, même s'il sera un peu plus difficile pour nos supporters d'être présents, même si certains de nos joueurs joueront avec l'équipe olympique – ce dont nous en sommes fiers –, nous l’appréhendons avec une grande confiance. Nous pensons que nous pouvons obtenir un très bon résultat et notre ambition, comme celle de notre président et de notre entraîneur, est de réussir.

Le nouveau comité sportif d'Al-Ittihad

Le comité sportif a été créé par le conseil d'administration. Il s'agit donc d'une décision du conseil d'administration et le comité sportif est composé de trois personnes : moi-même, le directeur sportif, Ramon Planes, mais aussi l'entraîneur, Marcelo Gallardo. La commission sportive est principalement chargée des décisions relatives au marché. Il s'agit des joueurs que nous voulons recruter, de l'analyse de l'effectif, des postes que nous devons renforcer, des joueurs qui en sont peut-être au stade où nous préférerions qu'ils soient vendus. Car, bien sûr, les clubs ont aussi besoin de ces revenus qui proviennent des échanges de joueurs.

Il s'agit donc de décisions sportives, et non, bien sûr, de décisions de l'entraîneur. Nous ne décidons pas qui va jouer ou non, mais nous réfléchissons en termes de marché et de joueurs. Je pense que c'était une décision très courageuse de la part du conseil d'administration. En effet, très souvent, les membres du conseil aiment être impliqués dans ce genre d'opérations, mais ils comprennent qu'il est essentiel que ces choix soient faits par des professionnels qui ont l'habitude de prendre ces décisions.

Les cinq joueurs que nous avons recrutés lors de la fenêtre de transfert hivernale sont le résultat des décisions de ce comité sportif et du soutien que nous avons reçu de la part du conseil d'administration.

Les normes professionnelles de la Saudi Pro League

La Saudi Pro League est une compétition très intéressante. Il y a de très bons joueurs et nous avons une très bonne organisation au sein de la SPL, avec des experts que j'ai rencontrés pour la première fois ici et qui en savent beaucoup sur l'industrie du football. Je faisais moi-même partie de la ligue portugaise et je travaillais sur un sujet très spécifique, les droits de télévision.

Ce que j'ai trouvé ici est extrêmement professionnel. Pour que le produit soit attractif, il faut que la concurrence soit forte et que tous les clubs se battent pour obtenir les mêmes résultats. Bien sûr, certains clubs sont plus importants que d'autres. En ce sens, je pense que le travail qui a commencé il y a peut-être un an ou un an et demi pour attirer des joueurs très importants doit se poursuivre.

Nous devons attirer plus de joueurs et les faire évoluer dans les différents clubs pour que les matchs soient plus attrayants. Nous ne voulons pas qu'il soit facile de gagner contre une petite équipe. Le concept devrait être le même que celui de la Premier League, par exemple, où une petite équipe peut battre un grand club parce que les revenus des droits de télévision sont répartis de manière très démocratique.

Les joueurs saoudiens qui vous ont le plus impressionné

Mes joueurs, pour être très honnête. Ce sont des joueurs que j'aime. Je ne veux pas mettre l'accent sur un joueur en particulier, car ce serait injuste pour le reste des joueurs.

Nous disposons d’un groupe de joueurs saoudiens dont certains sont très âgés et d'autres très jeunes. Ils méritent tous mon respect; je pense que ce sont de très bons professionnels.

Développer la marque Al-Ittihad dans le monde

Al-Ittihad est déjà un club très connu en dehors de l'Arabie saoudite, parce qu'il fait partie de la marque historique du Royaume, mais aussi parce que nous avons réussi à attirer de jeunes joueurs comme Benzema, Kanté, Fabinho, Luiz Felipe, Jota. Ils contribuent à concentrer l’attention sur le club.

J’estime que nous devons aller de l'avant. C'est la raison pour laquelle, par exemple, cette présaison sera différente de celle que nous avons connue la saison dernière. Nous serons en Europe. Une partie du travail que nous ferons pendant la présaison se déroulera entre l'Espagne et le Portugal. Nous jouerons des matchs européens non seulement au Portugal et en Espagne, mais aussi, probablement, en Europe centrale.

Voilà ce que nous voulons faire. Nous voulons avant tout préparer nos joueurs à de nouveaux défis. Nous voulons qu'ils jouent contre des équipes très importantes en Europe, mais nous voulons aussi que la communauté internationale prenne conscience de la qualité de notre club. Je pense que c'est le bon moment pour présenter certains des joueurs saoudiens que nous avons aujourd'hui, car ils sont vraiment bons.

Je ne pense pas qu'ils soient très connus sur le marché, mais ils le deviendront si nous les faisons jouer dans les meilleurs stades, contre les meilleures équipes.

L'impact de la signature de Karim Benzema

Commençons par l'extérieur du terrain. C'est évident, Karim est un joueur qui est un joueur international. Il y a très peu de joueurs «globaux». Je parlerais plutôt de marque internationale, mais c'est un joueur international: tout le monde connaît Karim Benzema. L'impact de ses supporters sur notre club a été impressionnant.

Je pense que le fait de voir Karim avec le maillot jaune et noir est une manière fantastique de montrer notre club au monde entier.

Mais, surtout, Karim est le lauréat du Ballon d'or. Il a joué dans l'un des meilleurs championnats du monde. Il a fait partie de la sélection française. La qualité de Karim ne fait donc aucun doute. Comme vous le savez, il a été blessé pendant une certaine période, pendant ces deux derniers mois. Maintenant, lors des dernières séances d'entraînement que nous avons eues cette semaine, on a pu constater que Karim était en très bonne forme et je pense qu'il sera un élément déterminant pour le reste de la saison.

Je suis satisfait de voir qu'il est souriant et investi. Je serai heureux quand je le verrai sur le terrain.

Les frustrations des supporters cette saison

Le rôle que nous jouons dans le club ne peut pas se limiter à ce très court terme. Je comprends la frustration des supporters, qui est aussi la mienne. Nous aurions aimé obtenir de meilleurs résultats cette saison. Mais, d'après mon expérience, il faut avant tout préparer l'avenir.

Il est important, notamment, d'avoir une académie. Nous avons déjà le nouveau terrain et nous commencerons à construire l'académie d’ici à très peu de temps. Il s’agit également de disposer d'une très bonne équipe de gestion. Nous avons déjà une équipe professionnelle en place.

Il s'agit en outre de prendre des décisions intelligentes dans la constitution de l'équipe, entre les joueurs internationaux et les joueurs saoudiens. Nous prenons ces décisions.

Une fois que ces fondations seront en place, le succès, le succès sportif, sera évident. Nous devons aller plus vite que nos concurrents, et c'est ce que nous ferons. Voici donc le message que je transmets à nos fans, que je respecte totalement: je vous comprends, mais, s'il vous plaît, sachez que nous faisons du bon travail en ce moment, qui consiste à préparer l'avenir.

Cet avenir sera brillant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.


De Riyad à Paris : pourquoi les Saoudiens reviennent toujours en France

Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
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  • Pour les voyageurs saoudiens, la France offre bien plus que ses monuments, avec une culture, une histoire et une gastronomie qui laissent une impression durable
  • Des lunes de miel aux carrières dans la pâtisserie, en passant par des années d’études à Paris, les visiteurs racontent des expériences qui continuent de les attirer en France

RIYAD : Le secteur touristique français a franchi une étape remarquable en 2025, en accueillant 102 millions de visiteurs internationaux et en confortant sa position de destination la plus visitée au monde.

Pour de nombreux voyageurs saoudiens, la France n’est pas simplement une destination incontournable : c’est une expérience enrichissante, façonnée par les rencontres avec sa culture, son histoire, sa gastronomie, son art et sa vie intellectuelle.

Les deux pays sont de plus en plus connectés grâce à des liaisons aériennes directes. Saudia assure des vols directs entre Paris et Riyad ainsi qu’entre Paris et Djeddah. Dans le même temps, Air France a lancé sa liaison directe Paris-Riyad à l’été 2025, élargissant les possibilités de voyage entre les deux capitales.

Pour les visiteurs saoudiens, ces liaisons ouvrent la porte aux attractions emblématiques, mais surtout à une ville qui peut se découvrir à travers sa culture, son histoire, ses musées, sa gastronomie et la vie quotidienne.

Marwan Alrasheed, traducteur et consultant culturel, s’est rendu en France à l’automne 2025, animé précisément par cette curiosité.

« Je suis venu découvrir la richesse culturelle de Paris, qu’elle soit artistique, historique, philosophique ou culinaire », a-t-il déclaré à Arab News, décrivant Paris comme occupant « une place prépondérante dans l’histoire de la culture humaine ».

Alrasheed a séjourné pendant dix jours dans le Quartier latin, près de la Sorbonne, l’un des quartiers les plus étroitement associés à l’histoire intellectuelle de la ville.

Son itinéraire, riche et varié, reflétait ces centres d’intérêt. Il s’est notamment rendu aux Deux Magots, le célèbre café associé à des écrivains, artistes et philosophes tels que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Il a également exploré le Louvre, où il a admiré la Joconde de Léonard de Vinci et la Victoire de Samothrace.

Alrasheed s’est aussi arrêté à Shakespeare and Company, la librairie anglophone de la rive gauche associée à plusieurs générations d’écrivains, qualifiant son voyage d’« hors du commun et instructif ».

La gastronomie a constitué une autre manière de découvrir la ville.

Passionné d’histoire, Alrasheed a participé à une visite consacrée aux boulangeries historiques parisiennes, explorant l’univers culinaire de la capitale parallèlement à ses visites de musées et de lieux littéraires.

Pris dans leur ensemble, ces expériences ont durablement marqué sa perception de Paris et lui ont donné toutes les raisons d’y revenir. « La gastronomie, la culture, l’art et l’histoire vous invitent tous à revenir », a-t-il déclaré.

Pour Dania Halawani, originaire de Djeddah, la France a offert un autre type de lien personnel. Sa première visite a eu lieu pendant sa lune de miel, lorsqu’elle a passé une semaine à voyager entre Paris, Versailles et Marseille.

« En plus d’être d’une beauté à couper le souffle et incroyablement riche en culture à chaque coin de rue, c’est un pays absolument romantique », a-t-elle déclaré à Arab News.

Versailles a été l’un des temps forts du voyage. « Nous avons parcouru le palais et nous avions l’impression de revivre son histoire et de la respirer », a-t-elle raconté.

Le séjour lui a également permis de se familiariser davantage avec la langue française, l’anglais ne lui permettant pas toujours de communiquer, et elle a commencé à apprendre des mots et des expressions au fil de son voyage.

Pour d’autres visiteurs saoudiens, la France a été une source d’inspiration professionnelle.

Les voyages répétés à Paris de la cheffe pâtissière saoudienne Al-Batoul Al-Maddah l’ont aidée à transformer son intérêt pour la pâtisserie en véritable carrière.

« Je voyageais à Paris à chaque vacances et je découvrais de nouvelles pâtisseries et de nouvelles saveurs, car la pâtisserie ressemble à la mode : tout est question de nouvelles tendances », a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle a ensuite choisi d’étudier à Paris, attirée par la culture culinaire de la ville et la créativité de sa scène pâtissière.

« Ma vie étudiante à Paris a été remarquable et j’ai eu la chance d’en apprendre davantage sur ce que j’aime vraiment », a-t-elle déclaré.

Pour Hadeel Al-Nufaiey, l’expérience est allée encore plus loin. Elle a vécu cinq ans à Paris pendant ses études à l’université Paris Descartes, décrivant cette période comme une expérience culturelle, éducative et sociale déterminante.

La vie à Paris l’a amenée à participer à des conversations sur l’Arabie saoudite avec des personnes qui connaissaient peu le Royaume.

Elle a expliqué qu’elle se retrouvait souvent à présenter la société et la culture saoudiennes à des personnes dont la perception était largement façonnée par la couverture médiatique.

« J’ai essayé de contribuer au changement autant que possible et j’espère avoir représenté l’Arabie saoudite de la meilleure manière », a-t-elle déclaré.

À son retour à Riyad, la France était également devenue une partie de sa vie familiale : ses deux jeunes enfants parlent couramment français.

Cafés philosophiques, bibliothèques historiques, pâtisseries et bien d’autres découvertes sont autant d’expériences que les voyageurs saoudiens rapportent de France. Ce qui les relie souvent, c’est le sentiment que le pays offre bien plus qu’une simple liste d’attractions incontournables : il offre la possibilité de découvrir des idées, des goûts et des traditions qui continuent de façonner leurs souvenirs longtemps après la fin du voyage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com