Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
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Publié le Mardi 02 avril 2024

Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

  • Le porte-parole de l'Unicef a déclaré que la prévention de la famine à Gaza dépendait d'un cessez-le-feu immédiat et d'un accès illimité à l'aide humanitaire
  • James Elder a qualifié l'Unrwa de «colonne vertébrale» de l'aide humanitaire à Gaza et il a affirmé qu'aucune autre agence ne pouvait la remplacer

DUBAÏ: Y a-t-il un espoir pour les enfants de Gaza avec le conflit actuel entre Israël et le Hamas, les restrictions d'accès à l'aide et la famine qui menace le nord de l'enclave?

Selon James Elder, porte-parole du Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef), qui a récemment parcouru la bande de Gaza, seul un cessez-le-feu immédiat peut redresser la situation humanitaire.

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza.

«L'Unicef a la capacité d'étendre son action, d'acheminer de l'aide dans une zone donnée», a indiqué M. Elder à Katie Jensen, animatrice de l'émission Frankly Speaking.

«Nous disposons au Danemark de la plus grande plate-forme d'approvisionnement humanitaire du monde. Nous effectuons des transports par avion, par bateau; nous faisons tout. Nous disposons également d’entrepôts dans la région. De nombreux entrepôts sont constamment prêts à acheminer l'aide.»

Cependant, tant qu'Israël ne lèvera pas ses restrictions sur la quantité d'aide autorisée à entrer dans l'enclave assiégée, permettant ainsi à l'Unicef et à d'autres agences humanitaires d'apporter une aide indispensable, beaucoup craignent que l'extrême insécurité alimentaire déjà endurée par les Palestiniens ne dégénère en une véritable famine.

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Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)

Dans ce long entretien, M. Elder a décrit le rôle irremplaçable joué dans la réponse humanitaire par l'Office de secours et de travaux des nations unies (Unrwa), à court d'argent. Il a en outre souligné les obligations non respectées d'Israël en vertu du droit international pour permettre l'entrée d'une aide suffisante à Gaza.

M. Elder a également évoqué «l'anéantissement» des villes de Gaza et les menaces qui pèsent sur les travailleurs de l'ONU ainsi que sur les bénéficiaires de l'aide dans le cadre des combats. Ces derniers ont fait du territoire palestinien «l'endroit potentiellement le plus dangereux de la planète».

Un rapport soutenu par les Nations unies et publié au mois de mars a averti que si les hostilités ne cessaient pas et que si l'aide n'était pas autorisée à entrer sans restriction dans la bande de Gaza, la famine pourrait survenir d'ici à la fin du mois de mai. Le rapport indique que 70% des 2,3 millions d'habitants de Gaza connaissent des niveaux catastrophiques de faim et d'insécurité alimentaire.

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a prévenu jeudi que «la famine est en train de s'installer» en raison des restrictions continues imposées par Israël à l'acheminement de l'aide.

Dans un arrêt unanime, la plus haute juridiction des Nations unies a ordonné à Israël de prendre «toutes les mesures nécessaires et efficaces» pour garantir que les denrées alimentaires de base parviennent sans délai au peuple palestinien.

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

S'il est possible de sauver la population de Gaza de la famine, il faudra plus de temps pour s'attaquer à des problèmes tels que les maladies, la dévastation du système de santé, des hôpitaux, des systèmes d'approvisionnement en eau et des égouts, a fait savoir M. Elder.

Depuis qu'Israël a lancé son opération à Gaza en représailles à l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre, l'enclave est devenue un cimetière pour au moins 13 000 enfants, selon les chiffres de l'ONU.

La malnutrition aiguë touche désormais 31% des enfants de moins de 2 ans dans les gouvernorats du nord, tandis qu'au moins 23 enfants sont déjà morts de faim et de déshydratation.

La création de ces conditions pourrait constituer un crime de guerre, a déclaré jeudi à la BBC Volker Türk, le responsable des droits de l'homme des Nations unies, ajoutant qu'il était «plausible» qu'Israël utilise la famine comme arme de guerre dans la bande de Gaza.

«Le droit humanitaire international est très clair sur les proportions et sur ce que les factions en guerre peuvent faire. Nous avons vu tant de violations dans cette guerre, et le sujet des enfants ne semble pas faire de différence à l'heure actuelle. Les enfants ne comprennent pas si le droit international est respecté ou non», a affirmé M. Volker.

«Pour l'instant, tout ce qu'ils font, c'est affronter la gravité d'une situation qu'aucun enfant ne devrait jamais, au grand jamais, avoir à subir.»

Au cours des premiers mois du conflit, l'essentiel de la distribution de l'aide et du travail de secours a été effectué par l'Unrwa, qui soutient les réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, en Syrie et au Liban depuis 1949.

En janvier, plus d'une douzaine de pays ont suspendu le financement de l'Unrwa après qu'Israël a affirmé que 12 membres du personnel de l'agence des Nations unies avaient participé à l'attaque du 7 octobre, tandis que 450 autres étaient des «agents militaires de groupes terroristes».

Bien qu'une enquête interne et une autre, indépendante, aient été lancées pour examiner ces allégations, la plus grande partie du financement de l'Unrwa n'a toujours pas été rétablie, ce qui met ses opérations à Gaza au bord de l'effondrement.

M. Elder a précisé que l'Unicef et d'autres agences d'aide n'étaient pas en mesure d'assumer les responsabilités de l'Unrwa en cas de faillite.

«L'Unrwa est l'épine dorsale de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza», a-t-il précisé. «Il compte des milliers et des milliers de travailleurs très courageux, d'enseignants, de médecins, de pharmaciens, d'infirmières, entre autres.»

«L'Unicef s'est spécialisé dans la protection de l'enfance, la nutrition, etc., mais la population de Gaza a besoin de l'Unrwa pour disposer d'une main-d'œuvre complète dans toute la bande de Gaza.»

«Cinquante pour cent de l'aide alimentaire apportée aux civils dans le nord était fournie par l'Unrwa. Cette aide est désormais bloquée. C'est une catastrophe accélérée», a-t-il ajouté.

La bande de Gaza est devenue un endroit extrêmement dangereux pour les organisations humanitaires.

«Des gens ont été tués en recevant de l'aide, des travailleurs humanitaires aussi. Plus de travailleurs humanitaires, plus de mes collègues des Nations unies ont été tués dans cette guerre qu'à n'importe quel moment depuis les débuts de l’organisation. Telle est la réalité à laquelle les gens sont confrontés», a déploré M. Elder.

«Les Nations unies travaillent dans des endroits très dangereux. L'Afghanistan, le Soudan, l'Ukraine, ici, à Gaza. Mais nous devons être très clairs. Le droit international humanitaire est sans équivoque. Israël a l'obligation légale de faciliter l'acheminement de l'aide, non seulement en la faisant entrer, mais aussi en veillant à ce qu'elle soit distribuée en toute sécurité à ceux qui en ont le plus besoin.»

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

Au cours de son voyage le long de la bande de Gaza, M. Elder a été consterné par l'ampleur de la catastrophe humanitaire. Alors qu'il traversait le poste-frontière de Rafah en venant d'Égypte, il a vu «des centaines de camions bloqués avec de l'aide vitale du mauvais côté de la frontière».

«Nous sommes loin de recevoir suffisamment d'aide», a-t-il ajouté.

Plus tard, lors de sa visite dans le nord de Gaza, il a vu «des gens qui s'accrochent à la vie, des enfants et des familles qui ont un besoin urgent de nourriture». Et pourtant, «il y a des points de passage qui pourraient être ouverts, d'anciens points de passage où l'aide serait acheminée en dix ou quinze minutes».

L'accès routier à Gaza étant limité par les forces israéliennes, les organisations humanitaires ont examiné les possibilités de créer un corridor maritime. À la mi-mars, l'Open Arms a quitté Chypre avec à son bord 200 tonnes de farine, de protéines et de riz à destination de Gaza.

«Toute aide est utile, mais le navire transportait l'équivalent d'environ 12 camions», a indiqué M. Elder. «De l'autre côté de la frontière, il y a 50 fois 12 camions.»

Les États-Unis, la Jordanie et l'Égypte cherchent également à contourner le problème de l'accès à l'aide en procédant à des parachutages d'aide dans la bande de Gaza.

Toutefois, les parachutages sont généralement utilisés «lorsque les populations sont massivement coupées de l'aide humanitaire – lors d'une inondation ou d'une catastrophe naturelle», a expliqué M. Elder. «Ici, ils ne sont pas isolés. Il y a un réseau routier. La route est le moyen le plus efficace. C'est grâce aux routes qu'un cessez-le-feu permettra d'éviter cette catastrophe humanitaire.»

Le 25 mars, le Conseil de sécurité des nations unies a adopté une résolution qui exige un cessez-le-feu immédiat à Gaza pour le mois sacré du ramadan, qui se termine dans moins de quinze jours.

M. Elder a déclaré que la résolution devait être «substantielle, et non symbolique», car un cessez-le-feu «permet aux Nations unies d'inonder la bande de Gaza d'aide humanitaire et nous pouvons renverser cette famine imminente».

Un cessez-le-feu, a ajouté M. Elder, permettrait également à Israël de rapatrier ses citoyens retenus en otage à Gaza depuis le 7 octobre. «Il y a des enfants ici, quelque part dans les souterrains ou ailleurs, qui endurent des supplices épouvantables», a-t-il déclaré. «Mettez fin aux tourments, ramenez les otages chez eux.»

Il a ajouté: «Un cessez-le-feu signifie que les familles – une mère et un enfant – peuvent aller se coucher avec la certitude absolue qu'ils se réveilleront. Ils n'ont pas eu cette certitude depuis de nombreux mois.»

En novembre et décembre de l'année dernière, M. Elder a fait savoir qu’il avait visité l'hôpital Al-Nasr, à Khan Younès, où les «incroyables» travailleurs de la santé «faisaient des gardes de vingt-quatre à trente-six heures dans une zone de guerre».

«Ils faisaient ce travail qu’ils aimaient et pour lequel ils étaient nés, comme certains l'avaient dit, mais ils étaient terrifiés parce que leurs familles étaient à l'extérieur.»

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Des Palestiniens inspectent le site d'une frappe israélienne sur une maison à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

De retour à Khan Younès ces derniers jours, M. Elder a affirmé: «J'ai traversé la ville et elle est tout simplement anéantie. Dans chaque rue, il y a des décombres partout. Je n'avais jamais vu un tel niveau de dévastation, ce qui m'a fait penser à Rafah et à la raison pour laquelle nous ne pouvons pas voir cela se produire ici.»

Aujourd'hui, c'est comme si Khan Younès et Gaza City n'existaient plus. «Il n'y a que des décombres et de l'acier à perte de vue ainsi que des gens qui ont l'air stupéfaits, car les maisons ont été détruites les unes après les autres», a-t-il déploré.

Rafah, quant à elle, «est une ville de tentes. C'est une ville d'enfants. C'est ici que les familles étaient censées se rendre pour rester en sécurité. Il y a du désespoir ici, mais il y a aussi de la solidarité. Les gens font ce qu'ils peuvent pour les autres».

M. Elder a ajouté: «Je me suis rendu dans toute la bande de Gaza. Dans le nord, il y a un niveau de souffrance que les mots ne suffisent pas à décrire; on en arrive au stade où on voit des enfants mourir de malnutrition, de déshydratation.»

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Une personne endeuillée porte le corps d'un enfant palestinien tué lors d'une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

«Vous voyez des parents en larmes devant le berceau d'un enfant, un enfant maigre comme du papier. C'est une mère qui a fait tout ce qu'elle pouvait pour protéger son enfant de ces bombardements incessants. Désormais, elle essaie de protéger son enfant de la famine.»

«Ces mères et ces pères apprennent que les vraies décisions relatives à la sécurité de leurs enfants sont prises par d'autres personnes. Il y a donc un niveau de stress et d'anxiété dans l’ensemble de la bande de Gaza».

M. Elder a fait savoir que la situation à Gaza témoignait «du traumatisme mental de plus d'un million d'enfants».

«Comme me l'a dit un psychologue pour enfants, nous sommes en territoire inconnu en ce qui concerne la santé mentale des filles et des garçons de Gaza.»

Ce texte est la traduction d’un papier paru sur Arabnews.com


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.