A Gaza, un dentiste soigne dans une tente sous le bruit des tirs

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le système de santé dans la bande de Gaza est au bord de l'effondrement. (AFP)
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le système de santé dans la bande de Gaza est au bord de l'effondrement. (AFP)
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Publié le Dimanche 31 mars 2024

A Gaza, un dentiste soigne dans une tente sous le bruit des tirs

  • "La zone a été visée à plusieurs reprises" par des frappes israéliennes "qui ont fortement endommagé ma clinique dentaire"
  • Malgré les risques liés à la guerre, il y est retourné pour essayer de récupérer ce qu'il pouvait pour soigner ses patients.

TERRITOIRES PALESTINIENS: Le nouveau cabinet dentaire de Najdat Saqer, dans la bande de Gaza, ressemble à tous les autres, sauf qu'il se trouve dans une tente où le dentiste doit parler fort pour se faire entendre en raison du bruit des tirs d'arme automatique à l'extérieur.

Ses diplômes sont accrochés dans la tente de fortune pour rassurer ses patients, et ses équipements sont à la pointe de la technologie, même s'ils sont installés sur une bâche en plastique posée sur le sable.

Ce Palestinien de 32 ans a dû abandonner son cabinet à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, au début de la guerre entre Israël et le Hamas qui a éclaté après une attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre.

"La zone a été visée à plusieurs reprises" par des frappes israéliennes "qui ont fortement endommagé ma clinique dentaire", dit-il. L'intérieur a été en grande partie détruit, selon les photos montrées à l'AFP par le dentiste sur sa tablette.

Malgré les risques liés à la guerre, il y est retourné pour essayer de récupérer ce qu'il pouvait pour soigner ses patients. "J'ai réussi à récupérer une chaise et du matériel que j'ai fait transporter sur un tuk-tuk, avant de monter une tente", raconte le Dr Saqer.

Avec la guerre, "la plupart des dentistes ont soit quitté (Gaza), soit vu leurs cliniques endommagées, alors j'ai eu l'idée de mettre en place une clinique de fortune", explique-t-il dans sa tente aux toiles de couleur bleue et blanche, où il a accroché un petit drapeau palestinien.

Manque de tout 

En dépit des combats qui font rage à l'extérieur, le dentiste est imperturbable. Il tente de calmer un jeune garçon qu'il soigne, inquiet par le bruit des drones à l'extérieur, qui s'ajoute au bruit des appareils dentaires.

"Les principaux obstacles sont le manque d'électricité, d'eau et de matériel dentaire, qui ne sont pas disponibles, et qui, même lorsqu'ils le sont, coûtent très cher", dit le dentiste.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le système de santé dans la bande de Gaza est au bord de l'effondrement.

Environ 9.000 patients du territoire palestinien assiégé doivent être évacués d'urgence pour être soignés, Gaza ne comptant plus que 10 hôpitaux qui fonctionnent tous a minima, a averti samedi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le réseau social X.

Le territoire palestinien comptait 36 hôpitaux avant le début de la guerre, d'après l'OMS.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés de Gaza ont mené une attaque dans le sud d'Israël, qui a fait environ 1.160 morts en Israël, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.

Les représailles d'Israël ont fait plus de 32.700 morts dans la bande de Gaza, principalement des femmes et des enfants, selon le ministère de la santé du Hamas.


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".