Afghanistan: une nouvelle rentrée scolaire sans les filles

Des écoliers afghans assistent à leur première classe à la rentrée scolaire, dans une école privée de Khost, le 20 mars 2024 (Photo, AFP).
Des écoliers afghans assistent à leur première classe à la rentrée scolaire, dans une école privée de Khost, le 20 mars 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 mars 2024

Afghanistan: une nouvelle rentrée scolaire sans les filles

  • Les femmes, désormais interdites de sport, hammam, musée, parc ou salon de beauté, et dont l'accès à l'emploi a été très restreint, ont peu à peu été effacées de l'espace public
  • Zuhal Shirzad, âgée de 18 ans, a dû quitter le secondaire il y a trois ans et voit avec chagrin cette rentrée

KABOUL: La rentrée scolaire a eu lieu mercredi en Afghanistan, pour la troisième année sans les filles dans le secondaire, qui leur est interdit par les autorités talibanes.

Le ministère de l'Education avait annoncé mardi cette rentrée pour le primaire et le secondaire, au premier jour de l'année calendaire afghane.

Moins d'un an après leur retour au pouvoir, les talibans avaient interdit en mars 2022 aux filles de suivre les cours du secondaire, faisant de l'Afghanistan le seul pays au monde où leur éducation est interdite après l'école primaire.

"Depuis plus de 900 jours, les filles de plus de 12 ans sont interdites d'école", a déploré sur X la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua).

La Manua a appelé le gouvernement taliban à mettre fin à "ce bannissement injustifiable et préjudiciable", estimant que "l'éducation est essentielle à la paix et à la prospérité".

"L'année scolaire (...) va commencer dans toutes les provinces lorsque sonnera la cloche à une cérémonie" organisée à l'école Amani, dans la capitale Kaboul, avait annoncé mardi le ministère de l'Education.

C'est dans cette grande école qu'est traditionnellement lancée l'année scolaire en Afghanistan.

Des élèves en uniforme noir et blanc se sont tenus en matinée en rang devant l'entrée de l'école, portant de petits drapeaux de l'Emirat islamique de mêmes couleurs, alors qu'arrivaient des responsables locaux, a constaté un photographe de l'AFP.

La couverture de cette cérémonie avait été explicitement interdite aux journalistes femmes par le ministère.

Les universités, desquelles les femmes ont été bannies en décembre 2022, ont déjà fait récemment leur rentrée.

Les femmes, désormais interdites de sport, hammam, musée, parc ou salon de beauté, et dont l'accès à l'emploi a été très restreint, ont peu à peu été effacées de l'espace public sous l'administration talibane.

Les talibans ont imposé une interprétation ultra-rigoriste de l'islam dont les femmes sont les premières cibles, au nom d'une politique décriée par les Nations unies comme étant un "apartheid de genre".

Le sort réservé aux femmes est l'obstacle majeur à des relations diplomatiques avec la communauté internationale pour l'Afghanistan, dont le gouvernement n'est reconnu par aucun pays.

«La moitié de la société»

Zuhal Shirzad, âgée de 18 ans, a dû quitter le secondaire il y a trois ans et voit avec chagrin cette rentrée, qu'elle aurait dû faire en terminale avant de s'orienter vers l'université.

"Ca fait presque trois ans que je ne peux plus aller à l'école. J'ai frôlé la dépression", déclare la jeune fille, interrogée à Kaboul par l'AFP. "C'est très dur pour moi que les garçons de mon âge étudient et pas moi. C'est de la discrimination de genre."

Mais "je n'abandonnerai jamais mes rêves", ajoute-t-elle. "Si les écoles ne rouvrent pas (aux jeunes filles), je continuerai d'étudier en ligne pour devenir une femme d'affaires".

Des cours en ligne existent, mais ils sont réservés aux adolescentes ayant un accès à internet et ne les empêchent pas d'accumuler un retard scolaire par rapport aux garçons, tout en les désociabilisant.

Mudasir, un élève de quatrième dans la ville de Khost (est) estime auprès de l'AFP que les filles "devraient voir leurs droits reconnus dans le cadre de l'islam" et qu'"elles pourraient aller à l'école (totalement) couvertes du hijab".

A 15 ans, Faiz Ahmad Nohmani, qui a fait sa rentrée en troisième dans un établissement privé de Hérat (ouest), est "vraiment désolé que les filles ne viennent pas à l'école".

"Aujourd'hui quand je suis arrivé, j'aurais aimé que nos soeurs viennent elles aussi à l'école, parce qu'elles représentent la moitié de la société", confie-t-il à l'AFP. Mais "elles sont restées à la maison. Elles devraient étudier comme nous".

Ali Ahmad Mohammadi, élève de 18 ans en terminale à Hérat également, est conscient de la chance qu'il a d'étudier.

"Une société d'illettrés sera toujours confrontée à la stagnation," dit l'adolescent, qui souhaite entrer ensuite à l'université.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.