Européennes: Marion Maréchal lance son premier grand meeting à Paris

Marion Maréchal, vice-présidente et tête de liste du parti Reconquête ! pour les élections européennes, lors du meeting de lancement de la campagne des élections européennes du parti d'extrême droite Reconquête au Dôme de Paris - Palais des Sports à Paris, le 10 mars 2024. (Photo, AFP)
Marion Maréchal, vice-présidente et tête de liste du parti Reconquête ! pour les élections européennes, lors du meeting de lancement de la campagne des élections européennes du parti d'extrême droite Reconquête au Dôme de Paris - Palais des Sports à Paris, le 10 mars 2024. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

Européennes: Marion Maréchal lance son premier grand meeting à Paris

  • Au-delà du scrutin européen, c'est sa propre survie politique que joue Marion Maréchal, tête de liste du parti Reconquête! aux Européennes
  • Après une intervention d’Eric Zemmour de trois quarts d'heure, qui portera sur "la civilisation", la tête de liste conclura le meeting avec une prise de parole

PARIS: Marion Maréchal, tête de liste du parti Reconquête! aux Européennes, tient dimanche après-midi son premier grand meeting de campagne à Paris, en cherchant à remobiliser l'électorat d’Eric Zemmour de la présidentielle d'il y a deux ans.

Au-delà du scrutin européen, c'est sa propre survie politique que joue l'ex-députée (2012-2017) du Vaucluse - alors encartée au Front national de sa tante Marine Le Pen -, voire celle du mouvement zemmouriste si elle échouait à passer la barre des 5% nécessaire pour envoyer des élus à Strasbourg.

Au Dôme de Paris, une salle de 5.000 sympathisants doit rassurer sur la capacité d'entraînement de Mme Maréchal, créditée de 4,5% des suffrages dans un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune publié samedi soir, dans la marge d'erreur du seuil d'élection. Pire: seules deux personnes sur trois qui indiquent vouloir voter pour elle sont "sûres" de leur choix, a noté une autre étude réalisée fin février par BVA.

Dimanche, il s'agira de convaincre du "vote utile" Maréchal, alors que Reconquête! a trouvé le mois dernier un accord avec le groupe des Conservateurs à Strasbourg, où siège notamment le PiS polonais, au pouvoir entre 2015 et 2023, et Fratelli d'Italia, le parti de la cheffe du gouvernement transalpin Giorgia Meloni.

Pour asseoir cette crédibilité, Marion Maréchal a invité l'une des figures de ce mouvement post-fasciste italien, Nicola Procaccini, qui doit ouvrir le meeting.

Après une intervention d’Eric Zemmour de trois quarts d'heure, qui portera sur "la civilisation", la tête de liste conclura le meeting avec une prise de parole "programmatique", également de 45 minutes, sur le thème de "Défendre la France contre l'Union européenne, défendre l'Europe contre l'islamisation".

Alors que l'ex-polémiste s'était fait remarquer par ses shows à grands moyens lors de la campagne élyséenne de 2022, les équipes de Reconquête! promettent également une scénographie "innovante", avec "une atmosphère moins présidentielle mais plus lumineuse".

 

Bayrou: le RN ne doit pas être "le seul sujet de la campagne" des européennes

Le camp Macron ne doit pas "faire du Rassemblement national le seul sujet" de la campagne des européennes, a mis en garde dimanche François Bayrou, alors que la plupart des orateurs du premier meeting de la majorité samedi ont durement attaqué le RN.

"Je ne crois pas que la solution soit de faire du Rassemblement national le seul sujet de la campagne électorale. Je pense que d'une certaine manière, c'est lui faire un cadeau", a estimé M. Bayrou, invité de BFMTV.

"Alors, il faut naturellement placer ses représentants face à leurs responsabilités, et Dieu sait si leurs responsabilités dans cette affaires sont considérables", a ajouté le président du MoDem.

"Le nombre de fois où ils sont venus -pas seulement eux, les amis de Mélenchon aussi, et ceux de Zemmour- sur votre plateau dire: +Ca n'est pas vrai que Poutine irait attaquer l'Ukraine+, +Qu'est-ce qu'ils iraient faire en Ukraine+... C'est pas comme ça que les choses se sont passées. Ils ont été de mauvais conseil tous ensemble, les anti-européens", a poursuivi M. Bayrou.

"D'habitude les élections européennes, c'est de la politique. C'est-à-dire des rapports de force, des discours, des promesses, des critiques". Mais "ce n'est pas du tout la situation aujourd'hui", a jugé M. Bayrou.

"Aujourd'hui, la situation est, c'est le moins qu'on puisse dire, historique. C'est-à-dire que l'essentiel de ce que nous vivons et de ce que nous croyons a été mis en jeu, a été menacé et est menacé tous les jours depuis deux ans" par l'invasion russe en Ukraine, a estimé le maire de Pau, y voyant "un basculement analogue à ce qui s'est passé dans les années 1930" avec Hitler et Staline.

Double bataille

"Notre enjeu énorme, c'est parler à nos électeurs de 2022", résume un stratège, nostalgique des 7,07% d’Eric Zemmour. Problème: seule une moitié d'entre eux entend rester fidèle à Reconquête!, lorsque 45% s'apprêtent à porter leur suffrage vers Jordan Bardella (RN), qui fait pour l'instant la course en tête dans les sondages.

"Mais on ne peut pas parler qu'à ceux qui veulent voter pour un type qui est aujourd'hui à 5-6% dans les sondages, quand il y en a un autre qui est à 30%", conviennent désormais les cadres de Reconquête!, convaincus de la nécessité de mener cette double bataille.

"Jordan Bardella est sûr d'être élu". "Si vous pensez qu'ils seront plus forts à deux (...) alors faites un vote intelligent", a lancé Guillaume Peltier à l'adresse des électeurs du RN, dimanche sur franceinfo.

Mme Maréchal, peu encline à s'en prendre à son ancien parti et à son leader avec qui elle entretient des rapports réputés cordiaux, s'attèle ainsi à trouver une "ligne de crête".

"Dans nos sphères, c'est vrai qu'on préfère Bardella à Marine Le Pen. Mais leurs divergences deviennent insupportables et Bardella, à la moindre secousse, se couche, par exemple sur la constitutionnalisation de l'IVG", s'agace un influent zemmouriste.

"Macron-Le Pen, c'est le contraire d'un duel: c'est un duo", accuse M. Zemmour dans les colonnes du JDD, en dénonçant le "+en même temps lepeno-bardelliste" du RN "qui dit tout et son contraire".

Les attaques n'en sont pas moins acides envers Les Républicains: "Bellamy, c'est l'arbre de droite qui cache la forêt centriste", ironise Stanislas Rigault le patron du mouvement de jeunesse de Reconquête!, Génération Z. Avant de faire la synthèse: "LR a trahi pendant quarante ans de pouvoir, le RN n'attend même pas d'être au pouvoir pour trahir".


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.

 

 


Hommage national à Lionel Jospin aux Invalides

Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
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  • La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu
  • De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS

PARIS: Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.

La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.

De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.

Mais sans Jean-Luc Mélenchon, qui s'est plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce que démentent l'Élysée et les proches de l'ancien Premier ministre. L'ancien ministre de l'Enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été invité par sms jeudi "matin", un délai trop court pour "être présent à Paris".

Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'État, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise. La garde républicaine doit interpréter la chanson de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, "Les Feuilles mortes", que Lionel Jospin avait lui-même interprétée dans une émission télévisée en 1984.

"Le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres (...) un homme comme il y en a peu aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances en arrivant aux Invalides.

Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.

Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.

A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.