Face à la menace d'une famine, les généraux soudanais écouteront-ils les appels à un cessez-le-feu pendant le ramadan?

Des Soudanais qui ont fui le conflit à Geneina, dans la région soudanaise du Darfour, reçoivent de la nourriture distribuée par des volontaires de la Croix-Rouge à Ourang, dans la banlieue d’Adré, au Tchad. (Photo, Reuters)
Des Soudanais qui ont fui le conflit à Geneina, dans la région soudanaise du Darfour, reçoivent de la nourriture distribuée par des volontaires de la Croix-Rouge à Ourang, dans la banlieue d’Adré, au Tchad. (Photo, Reuters)
Des enfants soudanais déplacés par le conflit reçoivent des portions de riz dans un centre de réfugiés au Tchad. (Photo, AFP)
Des enfants soudanais déplacés par le conflit reçoivent des portions de riz dans un centre de réfugiés au Tchad. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

Face à la menace d'une famine, les généraux soudanais écouteront-ils les appels à un cessez-le-feu pendant le ramadan?

  • Les populations souffrent de la faim en raison du conflit prolongé alors que le monde islamique s’apprête à entamer le mois sacré
  • L’effondrement économique contraint la plupart des Soudanais à donner la priorité à la survie plutôt qu’aux joies partagées des repas en commun

ABIDJAN: Alors que le monde islamique s'apprête à entamer le mois sacré du ramadan, avec son jeûne requis pendant les heures de la journée, la population du Soudan a faim, mais ce n’est pas un choix. Onze mois de violence ont conduit ce pays d’Afrique de l’Est au bord de la famine.

En raison du conflit qui sévit dans le pays depuis près d’un an, les récoltes de sésame et de gomme arabique, autrefois abondantes, ont diminué. Par ailleurs, le spectre de la famine plane sur les communautés isolées par les combats et auxquelles l’aide humanitaire ne peut accéder.

«Cette année, le ramadan sera difficile, en raison de la menace imminente de famine», a déclaré à Arab News Mendy Ahbizzy, un Soudanais vivant dans le Kordofan du Sud.

«Des États comme le Kordofan du Sud et le Gadarif, qui fournissaient traditionnellement de la nourriture pendant la saison des pluies l’année dernière, n’ont pas beaucoup produit.»

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Déplacement massif de Soudanais, quittant Khartoum ou toute autre ville dans les véhicules dont ils disposent. (Photo, AFP)

Osama Eklas, activiste pro-démocratie dans la ville d’Atbara sur le Nil, située dans le nord du pays, a confié qu’elle ne voyait «que du désespoir, pas de grand espoir pour les semaines ou les mois à venir».

«Peu d’aide humanitaire a été acheminée et les gens sont de plus en plus désemparés au fil des jours», a-t-elle indiqué à Arab News.

La faim a atteint des proportions catastrophiques, soulignant le besoin urgent d’un cessez-le-feu pendant le ramadan. Selon l’ONU, environ 25 millions de personnes, soit la moitié de la population soudanaise d’avant-guerre, ont désormais besoin d’une aide humanitaire, 18 millions d’entre elles étant en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

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Les réfugiés soudanais dans les camps des pays voisins sont confrontés à la menace d’une baisse de l’aide alimentaire alors que l’ONU a vu son soutien financier réduit. (Photo, AFP)

Cette crise est née d’une lutte de pouvoir acharnée entre le général Abdel Fattah al-Burhane, président de facto et chef des Forces armées soudanaises (FAS), et Mohammed Hamdane Dagalo, commandant des Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR).

Autrefois alliés au sein du gouvernement de transition du Soudan après le coup d’État de 2021, les deux hommes sont devenus des ennemis jurés. Le conflit qui en résulte a causé des milliers de morts, des déplacements massifs et des atrocités horribles, en particulier à l’encontre des communautés non-arabes du Darfour.

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Le chef des Forces armées soudanaises, Abdel Fattah al-Burhane (à gauche) et son ancien adjoint, Mohammed Hamdane Dagalo, commandant des Forces de soutien rapide. (Photo, AFP)

Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel passionné en faveur d’un cessez-le-feu, exhortant les généraux en conflit à déposer les armes et à respecter les valeurs du ramadan.

Il a brossé un tableau sombre d’enfants mourant de malnutrition. Toutefois, ce message risque de tomber dans l’oreille d’un sourd, car les généraux belligérants ignorent les multiples appels au cessez-le-feu depuis le début des violences, le 15 avril dernier.

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, a lui aussi appelé à un cessez-le-feu national pour le mois sacré du ramadan afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux civils qui en ont cruellement besoin et d’empêcher la famine.

EN CHIFFRES

25 millions de personnes «prises dans la spirale» de l’insécurité alimentaire.

 

18 millions de personnes «en situation d’insécurité alimentaire aiguë» à l’intérieur du Soudan.

 

90% des habitants du Soudan sont confrontés à des «niveaux de faim extrêmes».

 

4,2 millions de femmes et de filles exposées à un risque accru de violence sexuelle.

(Source: ONU)

Vendredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté massivement en faveur d’une résolution rédigée par le Royaume-Uni appelant Al-Burhane et Dagalo à cesser immédiatement les hostilités pendant le ramadan, avec le soutien de quatorze pays et l’abstention de la Russie uniquement.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il énumère un certain nombre de conditions pour qu’un cessez-le-feu soit effectif, tandis que les FSR n’ont pas répondu. Pourtant, les deux parties sont certainement conscientes que les appels à la trêve sont une demande désespérée pour arrêter la spirale descendante du Soudan vers la famine et le chaos.

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Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a déclaré qu’il avait dû réduire l’aide aux réfugiés soudanais au Tchad en raison d’un manque de fonds. (Photo, AFP)

M. Guterres a mis en garde contre la possibilité d’une instabilité régionale «aux proportions dramatiques», couvrant le Sahel du Mali à l’ouest jusqu’à la Corne de l’Afrique et la mer Rouge à l’est, si l’on laisse le conflit perdurer.

Le Soudan accueille aujourd’hui la plus grande population déplacée au monde, avec 6,3 millions de personnes forcées de quitter leur foyer, tandis que 1,7 million d’autres se sont réfugiées dans les pays voisins.

L’impact de la guerre sur les habitudes alimentaires des Soudanais a été profond.

La cuisine soudanaise, autrefois symbole d’harmonie communautaire et de variété avec ses ragoûts, ses sauces, ses salades fraîches et ses pains, est devenue un lointain souvenir pour une population aujourd’hui aux prises avec la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

La situation économique, caractérisée par une forte taxation des produits importés et une inflation élevée qui en découle, a contraint la plupart des Soudanais à donner la priorité à la survie plutôt qu’aux joies partagées des repas en commun.

Même avant l’éclatement du dernier conflit, l’économie politique soudanaise était caractérisée par un large fossé entre les nantis et les démunis.

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Manifestation de soutien à l’armée soudanaise à Wad Madani, le 17 décembre 2023, dans le cadre de la guerre contre les Forces paramilitaires de soutien rapide. (Photo, AFP)

Aujourd’hui, après onze mois de combats incessants, une grande partie de la population, qui ne dispose pas des ressources nécessaires pour exploiter le potentiel de la terre, doit se contenter de céréales hors de prix pour se nourrir.

D’immenses étendues de terres arables, abandonnées par les Soudanais en fuite, sont désormais vulnérables à la désertification inexorable provoquée par la sécheresse et le changement climatique.

Dans le Soudan du Sud en crise, où environ 600 000 personnes sont réfugiées, des camps de transit surpeuplés témoignent d’une sombre réalité. Ici, les familles déjà éprouvées par les privations liées au déplacement sont confrontées à davantage de privations.

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Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a déclaré qu’il avait dû réduire l’aide aux réfugiés soudanais au Tchad en raison d’un manque de fonds. (Photo : PAM, Eloge Mbaihondoum)

Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), un enfant sur cinq traversant la frontière souffre de malnutrition. Seulement 5% de la population soudanaise peut s’offrir un repas complet par jour, ce qui donne une image désastreuse de l’insécurité alimentaire généralisée.

Pour Samah Salmane, spécialiste soudano-américaine de la sécurité alimentaire, cette crise de la faim est le fruit d’un mélange de plusieurs facteurs tels que le conflit, les précipitations irrégulières et les mauvaises récoltes.

«La dévastation économique et les déplacements internes ont entraîné un écart de 50% dans les besoins de sécurité alimentaire du Soudan», a expliqué M. Salmane à Arab News. «Les personnes qui prenaient autrefois trois repas par jour se retrouvent aujourd’hui avec un seul repas par jour.»

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Les personnes qui prenaient autrefois trois repas par jour se retrouvent aujourd’hui avec un seul repas par jour. (Photo, AFP)

Les mêmes tendances qui affectent l’agriculture en général s’appliquent à la gomme arabique, un produit stratégique mais non comestible du secteur de l’agriculture et de la sylviculture, qui était autrefois la principale culture de rente du Soudan.

«Au Darfour, au Kordofan et à Khartoum, les conflits et l’insécurité empêchent les agriculteurs et les cueilleurs de gomme arabique d’accéder aux champs, ce qui réduit les surfaces cultivées de 40 à 50%», a précisé M. Salmane. 

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La guerre au Soudan a gravement affecté la production de gomme arabique, l’une des principales exportations du pays. (Photo, AFP)

L’instabilité économique exacerbe la crise dans tous les domaines de l’agriculture. Au cours du dernier trimestre, le Soudan a vu l’inflation grimper en flèche pour atteindre 200 à 250%, soit le troisième taux le plus élevé au monde.

«Le taux de change sur le marché parallèle a doublé, passant de 600 livres soudanaises pour un dollar américain (1 dollar = 0,91 euro) au début du conflit à environ 1100 livres soudanaises aujourd’hui, ce qui exacerbe la crise économique», a souligné M. Salmane. 

Selon une récente note de synthèse de Clingendael, l’Institut néerlandais des relations internationales, cette situation est aggravée par la destruction délibérée des systèmes alimentaires du Soudan par les parties belligérantes, ce qui entrave les mécanismes de survie de la population.

Clingendael a ajouté que le monde devait prendre conscience de la menace de famine qui pèse sur le Soudan et a proposé des mesures concrètes pour relever ce défi.

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Des commerçants et des éleveurs d’ânes se rassemblent sur un marché ouvert dans l’État de Gedaref, dans l’est du Soudan, le 16 février 2024, alors que les ânes sont de plus en plus utilisés pour le transport en raison de la pénurie de carburant et d’essence dans ce pays ravagé par la guerre. (Photo, AFP)

Ils recommandent notamment d’injecter de l’argent mobile directement aux producteurs locaux et d’aider les consommateurs par l’intermédiaire de «salles d’intervention d’urgence». Ils recommandent également d’augmenter immédiatement et de manière substantielle l’aide alimentaire et le soutien en matière d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène.

Mettant en garde contre l’éventualité de la plus grave crise alimentaire mondiale depuis des décennies, Clingendael a insisté sur la nécessité pour les puissances mondiales de mobiliser d’urgence des ressources et de réagir de manière décisive afin d’éviter une famine de masse.

Un développement récent a apporté une lueur d’espoir, le gouvernement soudanais dirigé par les FAS ayant accepté, pour la première fois, de recevoir de l’aide humanitaire via le Tchad et le Soudan du Sud, même si cette aide devra passer par des territoires contrôlés par leur adversaire, les FSR.

L’expression traditionnelle soudanaise «Nous avons mangé ensemble», qui symbolisait autrefois l’harmonie et la paix, constitue aujourd’hui un rappel poignant des défis auxquels est confrontée une nation déchirée par les conflits et la faim.

Alors que le Ramadan débute, la communauté internationale observe la situation avec une inquiétude croissante, espérant que les appels au cessez-le-feu seront entendus et que les valeurs du mois sacré apporteront une paix durable au peuple soudanais.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.