Un corridor maritime attendu entre Chypre et Gaza pour acheminer de l'aide

Ursula von der Leyen est en visite à Chypre pour des négociations sur un couloir d'aide maritime entre l'île et Gaza (Photo, AFP).
Ursula von der Leyen est en visite à Chypre pour des négociations sur un couloir d'aide maritime entre l'île et Gaza (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 mars 2024

Un corridor maritime attendu entre Chypre et Gaza pour acheminer de l'aide

  • Israël s'est «félicité» du corridor humanitaire prévu entre Chypre et Gaza, distantes d'environ 370 km
  • Les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur Israël, leur allié, qui assiège Gaza depuis le 9 octobre et ne laisse entrer les camions d'aides qu'au compte-gouttes

TERRITOIRES PALESTINIENS: L'Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé vendredi l'ouverture prochaine d'un corridor maritime entre Chypre et la bande de Gaza pour acheminer l'aide humanitaire dans le territoire palestinien menacé de famine et bombardé par Israël, après cinq mois de guerre.

Cette annonce a suivi celle du président américain Joe Biden jeudi sur une opération humanitaire majeure par mer impliquant selon des responsables américains la construction d'une "jetée temporaire" à Gaza pour permettre l'arrivée d'"aides massives", qui pourrait cependant prendre plusieurs semaines.

Israël s'est "félicité" du corridor humanitaire prévu entre Chypre et Gaza, distantes d'environ 370 km.

Après cinq mois d'une guerre dévastatrice déclenchée le 7 octobre par une attaque sanglante du Hamas contre Israël, les frappes israéliennes sur Gaza ne connaissent aucun répit: ces dernières 24 heures, au moins 78 personnes y ont péri, portant à 30.878 le bilan des morts à Gaza depuis le début du conflit selon les autorités du mouvement islamiste.

Les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur Israël, leur allié, qui assiège Gaza depuis le 9 octobre et ne laisse entrer les camions d'aides qu'au compte-gouttes en provenance d'Egypte.

Selon l'ONU, sur les 2,4 millions d'habitants dans le territoire exigu, 2,2 millions sont menacés de famine avec d'importantes pénuries de nourriture et d'eau potable et 1,7 ont été déplacés par les combats et les frappes israéliennes qui ont provoqué des destructions colossales.

Deux ONG sont bientôt "prêtes" à faire partir de Chypre vers Gaza un bateau chargé de 200 tonnes de nourriture, première cargaison destinée à ce territoire dévasté par la guerre.

"Tout sera prêt aujourd'hui pour pouvoir partir", a déclaré samedi à l'AFP Laura Lanuza, la porte-parole de l'ONG espagnole Open Arms, partenaire dans ce projet de l'ONG américaine du chef cuisinier hispano-américain José Andrés, World Central Kitchen (WCK).

"Tout dépendra de l'arrivée des autorisations et des permis, nous ne savons pas si cela sera aujourd'hui ou demain", a ajouté Mme Lanuza.

Elle a indiqué que les autorités israéliennes - qui ont autorisé le principe de cette opération comme les autorités chypriotes - étaient en train d'inspecter la cargaison de "200 tonnes de nourriture, riz, farine, boîtes de thon", dans le port de Larnaca.

WCK "a déjà des gens à Gaza" depuis le début de la guerre et l'ONG est en train de "construire une jetée" pour pouvoir décharger la cargaison une fois le bateau arrivé sur le territoire côtier, a dit la porte-parole d'Open Arms qui n'a pas souhaité indiquer où celle-ci était construite "pour des raisons de sécurité".

Opération «complexe»

"Nous sommes très proches de l'ouverture de ce corridor, avec un peu de chance ce dimanche", a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au port de Larnaca dans le sud de Chypre, le pays de l'Union européenne géographiquement le plus proche de Gaza.

"La situation humanitaire à Gaza est désastreuse (...) C'est pourquoi la Commission européenne, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, Chypre, les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni et les Etats-Unis annoncent aujourd'hui leur intention d'ouvrir un corridor maritime pour acheminer l'aide humanitaire supplémentaire qui fait cruellement défaut", selon une déclaration commune des participants.

Tout en reconnaissant que cette opération serait "complexe", ils ont souligné leur détermination à oeuvrer pour "garantir que l'aide soit acheminée le plus efficacement possible".

Accompagnée des Premiers ministres de Grèce Kyriakos Mitsotakis et de Belgique Alexander De Croo, Mme von der Leyen doit se rendre le 17 mars en Egypte, médiateur dans le conflit et qui maintient fermée sa frontière terrestre avec la bande de Gaza.

Vendredi, plusieurs pays arabes et occidentaux, dont les Etats-Unis et la France, ont effectué de nouveaux largages aériens de nourriture et d'aides médicales.

Mais ces parachutages, de même que l'envoi d'aide par la mer, ne peuvent se substituer à la voie terrestre, estime l'ONU qui met en garde contre une "famine généralisée presque inévitable" à Gaza.

Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées vendredi et dix autres blessés par la chute de colis d'aide humanitaire largués par des avions sur la ville de Gaza, selon une source hospitalière.

D'après le ministère de la Santé du Hamas, au moins 20 civils, la plupart des enfants, sont morts de malnutrition et de déshydratation à Gaza.

Les soldats israéliens ont pris de vastes secteurs du territoire palestinien depuis le lancement de leur offensive terrestre le 27 octobre, dont le petit port de Gaza.

Occupée par l'armée israélienne de 1967 à 2005, la bande de Gaza, déjà soumise à un blocus israélien depuis la prise du pouvoir par le Hamas en 2007, est bordée par Israël, l'Egypte qui garde sa frontière fermée et la mer Méditerranée.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur sans précédent du Hamas qui a entraîné la mort d'au moins 1 160 personnes, la plupart des civils, dans le sud d'Israël, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources officielles.

Environ 250 personnes ont aussi été enlevées et emmenées à Gaza ce jour-là, et 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts d'après Israël.

Le difficile acheminement de l'aide à Gaza: ce que l'on sait

Construction par les Américains d'un port temporaire à Gaza, annonce de l'ouverture d'un corridor maritime entre Chypre et le territoire palestinien... La question de l'accès de l'aide humanitaire est lancinante depuis le début de la guerre à Gaza, en proie à une crise humanitaire majeure et menacée par la famine.

Par où l'aide entre-t-elle à Gaza?

Depuis le début de la guerre le 7 octobre, la grande majorité de l'aide parvenue dans le territoire palestinien a été acheminée par des camions et par deux points de passage.

Celui de Rafah, tout au sud de la bande de Gaza, permet le passage des camions venus d'Egypte. Il a été le premier à rouvrir le 21 octobre après des bombardements israéliens dans cette zone.

Celui de Kerem Shalom, également situé dans le sud de la bande de Gaza, a ouvert le 17 décembre et permet l'entrée des camions depuis Israël.

Selon les derniers chiffres arrêtés au 6 mars, 14 477 camions ont pu pénétrer dans le territoire palestinien par ces deux passages depuis le 21 octobre, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA.

Selon Israël, 16 093 camions sont entrés.

Soit une moyenne de 105 par jour, très éloignée des 500 camions qui entraient en moyenne quotidiennement dans Gaza avant la guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque du Hamas dans le sud d'Israël.

Qu'est-ce qui peut entrer dans Gaza?

Sur les 297 000 tonnes d'aide entrées jusqu'ici, 200 000 sont de la nourriture: farine, lait, pain, lentilles, riz. Quelque 176 camions citernes de carburant sont également entrés, et 18 000 tonnes de matériel médical notamment.

Mais selon Alexandre Fort, coordinateur logistique pour Médecins Sans Frontières (MSF) dans les territoires palestiniens, "tout ce qui peut servir à la production d'énergie, les panneaux solaires et les générateurs par exemple, c'est pratiquement tout le temps refoulé", la plupart du temps sans explication.

Pourquoi les embouteillages de camions à l'entrée de Gaza?

Les contrôles drastiques des camions par Israël constituent la principale raison de la lenteur de l'acheminement, selon les organisations humanitaires.

L'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes (Cogat) explique que le volume pouvant entrer est notamment "déterminé par la capacité des organisations humanitaires dans la bande de Gaza à absorber cette aide".

Selon M. Fort, "des centaines" de camions attendent en permanence d'être inspectés du côté égyptien de la frontière. Les ONG doivent fournir une liste précise du chargement qu'elles souhaitent faire entrer et si un produit ne répond pas aux critères, tout le chargement est rejeté, explique-t-il.

«Tout le monde criait»

En riposte, Israël a juré d'anéantir le Hamas.

"L'armée israélienne continuera à opérer dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah (sud), le dernier bastion du Hamas", a répété jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Pour parvenir à la "victoire totale", Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, à la frontière égyptienne, où sont massés près de 1,5 million de Palestiniens selon l'ONU.

"Nous dormions quand un missile a touché la maison. Tout le monde a commencé à crier. Ma belle-soeur et ses enfants ont été tués. Nous ne savons pas où aller maintenant avec nos enfants", raconte en pleurs à Rafah Jamila Abou Audeh, une déplacée de 55 ans.

Après quatre jours de négociations infructueuses au Caire, les négociations sur une trêve impliquant les pays médiateurs -Egypte, Qatar, Etats-Unis- doivent reprendre la semaine prochaine, selon un média égyptien progouvernemental.

Les médiateurs espéraient pouvoir arracher un accord sur une trêve associée à une libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens avant le ramadan, le mois sacré du jeûne pour les musulmans, qui commence en début de semaine prochaine.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré vendredi qu'il appartenait au Hamas d'accepter un trêve avec Israël, mais la branche armée du groupe a dit que le Hamas ne ferait "aucun compromis" sur ses exigences d'un cessez-le-feu définitif et d'un retrait des troupes israéliennes en échange de tout accord sur une libération des otages.

La guerre a aussi entraîné une flambée de violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où les forces israéliennes ont tué un membre du Djihad islamique, allié du Hamas, qui avait mené des attaques contres des troupes à Silat al-Harithiya, près de Jénine.

La construction du port temporaire à Gaza prendra jusqu'à 60 jours, selon le Pentagone

L'établissement par les Etats-Unis d'un port temporaire pour les livraisons d'aide à Gaza prendra jusqu'à 60 jours et impliquera probablement plus de 1 000 soldats, a annoncé vendredi le Pentagone.

Les Etats-Unis vont "établir une jetée temporaire au large qui permettra aux navires de marchandises de transférer à de plus petits bateaux des cargaisons pour les transporter et les décharger le long d'une chaussée temporaire afin d'acheminer l'aide humanitaire à Gaza", a déclaré à la presse le porte-parole du Pentagone Pat Ryder.

"Il faudra plus de 1 000 soldats américains" pour installer ce port et "jusqu'à 60 jours pour déployer et construire la chaussée et la jetée", a ajouté M. Ryder.

Il "pourrait fournir plus de deux millions de repas par jour aux citoyens de Gaza", a-t-il déclaré, ajoutant qu'"il n'y aura pas de soldats américains sur le terrain à Gaza" dans le cadre de cette opération, pour laquelle Washington "travaillera avec des partenaires régionaux".

L'insuffisance de l'aide par voie terrestre a conduit les Etats-Unis à se joindre à d'autres pays pour larguer des colis par les airs.

Un avion militaire américain a largué vendredi plus de 11 500 repas sur Gaza dans le cadre de la quatrième opération conjointe entre les Etats-Unis et la Jordanie ce mois-ci, a annoncé le Pentagone.


Rubio affirme que les Etats-Unis doivent "réexaminer" leurs relations avec l'Otan

Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
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  • Marco Rubio évoque un possible réexamen du rôle des États-Unis dans l’OTAN, après des tensions liées au conflit avec l’Iran et au manque de coopération de certains alliés européens
  • Donald Trump intensifie ses critiques contre l’alliance, remettant en cause l’engagement américain et accusant l’OTAN d’être déséquilibrée au détriment des États-Unis

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant mardi que les Etats-Unis devaient "réexaminer" leurs relations avec l'alliance atlantique militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.

"Je pense qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation. Nous devrons réexaminer l'intérêt que présente l'Otan pour notre pays dans le cadre de cette alliance", a déclaré M. Rubio sur la chaîne Fox News, ajoutant qu'il reviendrait au président Donald Trump de trancher cette question.

Les Etats-Unis reprochent à des pays de l'Otan dont la France, l'Espagne et l'Italie de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.

"Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'Otan nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des Etats-Unis, alors l'Otan est une voie à sens unique", a déclaré M. Rubio.

"L'Otan se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (...) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est +non+ ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'Otan ? Il faut se poser cette question", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des Etats-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole.

Parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que "nous sommes proches de la ligne d'arrivée" sans donner de calendrier.

Les relations entre les Etats-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, et l'Otan traversent depuis le retour au pouvoir du président américain une zone de fortes turbulences, les premiers accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, les seconds inquiets d'un éventuel désengagement américain.


Trump dit que la guerre sera finie d'ici deux ou trois semaines, Ormuz n'est plus son problème

Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump annonce un retrait imminent des États-Unis d’Iran, avec ou sans accord, tout en minimisant l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, malgré les tensions persistantes
  • Le conflit s’intensifie : frappes en Iran, menaces contre des entreprises américaines, positions fermes d’Benjamin Netanyahu et exigences de Massoud Pezeshkian, sans signe de désescalade

WASHINGTON: Dans un nouveau revirement dont il est coutumier, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis quitteraient l'Iran "très bientôt", dans "deux ou trois semaines", peu importe qu'un accord soit conclu, et que le détroit d'Ormuz bloqué par la République islamique n'était plus son problème.

Après plus d'un mois de conflit, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente mercredi pas de signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.

La journée de mardi a été marquée par des frappes tous azimuts sur l'Iran et une mise en garde des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, envers les entreprises américaines du secteur des hautes technologies implantées dans la région.

Le président américain, de son côté, continue de souffler le chaud et le froid: lui qui avait promis lundi d'"anéantir" la stratégique île iranienne de Kharg et d'autres cibles si un accord n'était pas trouvé "rapidement", a fait machine arrière mardi.

"Tout ce que j'ai à faire c'est partir de l'Iran et nous le ferons très bientôt", a ainsi affirmé Donald Trump. Il a ensuite évoqué un délai de "deux, peut-être trois semaines", et finalement peu importe selon lui qu'un accord soit trouvé avec la République islamique: c'est "sans importance".

"Nous partirons très bientôt. Et si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole ou son gaz ils iront tout droit dans le détroit d'Ormuz (...) et ils se débrouilleront tout seuls. Je pense que ce sera un endroit très sûr en réalité, mais nous n'avons rien à voir avec ça", a-t-il poursuivi.

- "Espionnage" -

Il avait déjà affirmé mardi matin que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend de ce détroit stratégique, bloqué par l'Iran depuis le début du conflit.

La Maison Blanche a en tout cas annoncé que Donald Trump s'adresserait à la nation mercredi soir à 21H00 (01H00 GMT jeudi) pour "donner de nouvelles informations importantes sur l'Iran".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est quant à lui resté sur une ligne dure: "La campagne n'est pas terminée (...) nous allons continuer d'écraser le régime terroriste, nous renforcerons les zones de sécurité autour de nous et nous atteindrons nos objectifs", a-t-il affirmé lors d'une allocution télévisée.

De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a réclamé pour mettre fin à la guerre, des "conditions essentielles", en particulier "les garanties nécessaires pour empêcher la répétition de l'agression", le versement de compensations financières et un arrêt des hostilités sur tous les fronts.

En attendant, les Gardiens de la Révolution ont listé dans un communiqué 18 entreprises américaines dont Google, Apple, Meta ou encore Tesla, les accusant d'"espionnage" et menaçant de "destruction" de leurs locaux en représailles à tout nouvel "assassinat" de responsables en Iran.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé que les prochains jours seraient "décisifs", tout en assurant que les discussions avec l'Iran "se renforcent".

"Je reçois des messages directement de (l'envoyé spécial américain Steve) Witkoff, comme auparavant, et cela ne signifie pas pour autant que nous soyons en négociations", a tempéré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur Al Jazeera.

- "Interdiction de passage" -

Dans la soirée, plusieurs explosions ont été entendues dans le centre de Téhéran et selon les médias iraniens deux gros complexes sidérurgiques ont été frappés. Le gouvernement iranien avait indiqué plus tôt qu'une entreprise pharmaceutique avait été touchée, ainsi qu'une usine de dessalement sur l'île de Qeshm.

L'Union européenne a appelé l'Iran à garantir "la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, alors qu'une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce goulet, selon des médias d'Etat. Le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.

Au Liban, le ministère de la Santé a annoncé tôt dans la nuit mercredi que des frappes israéliennes avaient fait sept morts, cinq à Beyrouth et deux au sud de la capitale.

Un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" ont été frappés dans la région de Beyrouth, selon l'armée israélienne.

Dans la capitale libanaise, plus d'un millier de personnes fuyant les bombes ont trouvé refuge dans des tentes sous les gradins de la Cité sportive. "Nous vivions comme des rois dans nos maisons. Notre vie est devenue un calvaire", explique Khodr Salem, un commerçant qui se déplace à l'aide d'une béquille.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a déclaré que son pays avait l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, Beyrouth fustigeant une "nouvelle occupation" du pays.


Liban : dix pays européens et l'UE appellent à garantir la «sécurité» de la Finul 

De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • "Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts"
  • Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien

PARIS: Dix pays européens et l'Union européenne ont appelé mardi dans une déclaration conjointe à garantir la "sécurité et la sûreté" de la force de maintien de la paix de l'ONU Liban, dont trois militaires ont été tués ces derniers jours.

"Nous exigeons de l'ensemble des parties, en toutes circonstances, qu'elles garantissent la sécurité et la sûreté du personnel et des locaux de la Finul", ont affirmé dans cette déclaration les ministres des Affaires étrangères de la Belgique, de Chypre, de la Croatie, de la France, de la Grèce, de l'Italie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal et du Royaume-Uni ainsi que la haute Représentante de l'Union européenne.

"Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts", ajoutent les ministres, qui dénoncent des "pertes humaines inacceptables".

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien. Deux autres Casques bleus indonésiens ont été tués le lendemain dans une explosion, qui pourrait être due à une mine, a indiqué la même source à l'AFP.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir mardi une réunion d'urgence après la mort des Casques bleus au Liban.

Dans leur déclaration, les ministres appellent également "Israël à éviter toute nouvelle aggravation du conflit, notamment par le biais d'une opération terrestre sur le territoire libanais" et condamnent "fermement les attaques du Hezbollah menées contre Israël en soutien à l'Iran".

Ils encouragent également le gouvernement libanais "à maintenir son cap en mettant en œuvre des mesures concrètes et irréversibles, à tous les niveaux, afin de rétablir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, notamment concernant le monopole de l'État sur les armes"

La Finul, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.