En plein conflit à Gaza, le cabinet de guerre israélien se déchire

Benny Gantz, membre du cabinet de guerre israélien, arrive au Département d'État américain avant une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le 5 mars 2024 à Washington DC (Photo, AFP).
Benny Gantz, membre du cabinet de guerre israélien, arrive au Département d'État américain avant une réunion avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le 5 mars 2024 à Washington DC (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 mars 2024

En plein conflit à Gaza, le cabinet de guerre israélien se déchire

  • La visite, non autorisée par Benjamin Netanyahu, de Benny Gantz à Washington lundi et mardi et à Londres mercredi a étalé au grand jour les profondes divergences entre les deux hommes
  • Le cabinet de guerre compte cinq membres dont les trois principaux sont M. Netanyahu, M. Gantz et le ministre de la Défense, Yoav Gallant

JÉRUSALEM: Symbole d'unité nationale dans le conflit face au Hamas, le cabinet de guerre israélien est secoué par la rivalité politique entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le centriste Benny Gantz, en tête des intentions de vote.

La visite, non autorisée par Benjamin Netanyahu, de Benny Gantz à Washington lundi et mardi et à Londres mercredi a étalé au grand jour les profondes divergences entre les deux hommes, au moment où s'intensifie la pression internationale sur Israël face à la crise humanitaire majeure à Gaza.

Selon Yohanan Plesner, directeur de l'Institut démocratique d'Israël (IDI), un centre de réflexion libéral, ce déplacement de Benny Gantz chez le principal soutien d'Israël "montre que sa confiance envers Netanyahu est au plus bas et qu'il a décidé de représenter une autre voix à Washington".

Ce déplacement fait beaucoup de bruit en Israël, où le leader centriste s'est attiré les foudres des ministres du Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu.

"Il agit derrière le dos du Premier ministre", a dénoncé Miri Regev, la ministre des Transports, qualifiant ce déplacement de "subversif".

Rival politique de Benjamin Netanyahu, l'ancien ministre de la Défense et chef du parti centriste de l'Union nationale a accepté de rejoindre le cabinet de guerre dans un souci d'union nationale après le traumatisme de l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Gantz «prépare sa sortie»

"Mais les tensions n'ont jamais disparu" entre les deux hommes qui "se détestent mutuellement", décrypte Reuven Hazan, professeur au sein du département de sciences politiques de l'Université hébraïque de Jérusalem.

Le cabinet de guerre compte cinq membres dont les trois principaux sont M. Netanyahu, M. Gantz et le ministre de la Défense, Yoav Gallant.

Pour Reuven Hazan, Benny Gantz a entrepris cette visite à Washington et à Londres pour afficher sa stature comme futur possible Premier ministre et surtout commencer à "préparer sa sortie du gouvernement" qui est, selon l'universitaire, inéluctable.

Il tente donc de tirer profit de la préoccupation de plus en plus grande affichée par Washington sur la tournure que prend la guerre dans la bande de Gaza, menacée de famine selon les Nations unies.

Le président américain Joe Biden et Benjamin Netanyahu sont en "conflit ouvert", Washington pressant le Premier ministre israélien de ne pas "continuer ainsi avec des morts massives de civils à Gaza sans savoir ce qu'il veut faire après" la guerre, note Reuven Hazan.

«Proche des Américains»

"Gantz n'est pas Netanyahu, il est plus proche de (la position des) Américains" sur l'après-guerre, assure-t-il.

C'est un "partenaire plus confortable" pour Washington, "plus ouvert au dialogue avec des partenaires modérés dans la région" et sur le rôle que pourrait jouer l'Autorité palestinienne à Gaza après la guerre, ajoute Yohanan Plesner.

La semaine dernière, M. Gantz a aussi salué l'annonce d'une réforme du service militaire faite par Yoav Gallant, afin d'intégrer les juifs orthodoxes, exemptés pour raisons religieuses.

Cette proposition a fait l'effet d'une bombe politique en Israël où les médias l'ont perçue comme une marque de défiance de Yoav Gallant à l'égard de Benjamin Netanyahu, alors qu'ils sont pourtant tous deux membres du même parti.

Elle met en effet le Premier ministre dans une position très inconfortable alors que les deux grands partis représentant les ultra-orthodoxes peuvent faire tomber à tout moment sa fragile coalition.

Netanyahu essaie à tout prix "d'éviter des élections anticipées", auxquelles Gantz a en revanche intérêt, et y est parvenu jusqu'ici mais "s'il y a bien une question qui peut entraîner la chute de la coalition, c'est celle du recrutement des ultra-orthodoxes", résume Yohanan Plesner.

Reste maintenant à Gantz à trouver le bon moment pour lâcher le Premier ministre "en montrant qu'il défend les intérêts d'Israël" à long terme "et que Netanyahu n'est là que pour protéger ses intérêts personnels", avance Reuven Hazan.


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com