Macron replace l'Ukraine au cœur de l'agenda politique pour mieux affronter le RN

«Il nous faudra être à la hauteur de l'Histoire et du courage qu'elle implique», a-t-il insisté (Photo, AFP).
«Il nous faudra être à la hauteur de l'Histoire et du courage qu'elle implique», a-t-il insisté (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 mars 2024

Macron replace l'Ukraine au cœur de l'agenda politique pour mieux affronter le RN

  • Emmanuel Macron a appelé mardi à Prague les alliés de l'Ukraine à «ne pas être lâches» face à une Russie «devenue inarrêtable»
  • Il a évoqué «des puissances devenues inarrêtables» qui «sont en train d'étendre la menace chaque jour, de nous attaquer nous mêmes davantage»

PRAGUE: Débat au Parlement, réunion avec les chefs de parti d'opposition, rencontres avec ses prédécesseurs Sarkozy et Hollande: Emmanuel Macron replace l'Ukraine au cœur de l'agenda politique français, une manière également de mettre en lumière les ambiguïtés du RN, grand favori des élections européennes.

Après ses propos controversés sur l'envoi potentiel de troupes occidentales en Ukraine - des déclarations assumées mardi à Prague où il a appelé à "un sursaut stratégique" et mis en garde contre "l'esprit de défaite" - le chef de l'Etat a rouvert une séquence politique qui doit se poursuivre dans les jours qui viennent.

Mercredi, il rencontre les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande pour évoquer la situation, alors que Kiev demande davantage d'armes et de munitions dont manque l'armée ukrainienne.

Le lendemain, ce sont les chefs de parti qu'il recevra à l'Elysée.

Quant au débat et au vote du Parlement, annoncés la semaine dernière sur le sujet, ils auront lieu les 12 et 13 mars, respectivement à l'Assemblée nationale et au Sénat, selon des sources parlementaires.

Ils seront précédés d'une déclaration du gouvernement sur l'accord bilatéral de sécurité signé le 16 février entre Emmanuel Macron et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Jeudi, les oppositions de gauche comme de droite comptent réitérer leur désapprobation farouche à tout envoi de troupes en Ukraine.

"La France doit jouer un rôle diplomatique majeur, beaucoup plus fort que le rôle qu'elle a joué aujourd'hui. Et pour ça, elle doit écarter toute hypothèse qui la rendrait belligérante", a insisté mardi sur France 2 Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise.

Il sera à l'Elysée notamment aux côtés d'Olivier Faure (PS), Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (EELV), Eric Ciotti (LR) ou Jordan Bardella (RN).

«Irresponsable»

La droite compte aussi monter au créneau.

"Sur des sujets aussi lourds de conséquences pour notre nation, pour l'Europe, il faut faire preuve de sérénité, de responsabilité, ne pas jouer avec les peurs", a souligné Eric Ciotti. La France se retrouve "isolée", "elle n’a été suivie par aucun de ses partenaires", a-t-il déploré.

La semaine dernière, lors d'une conférence de presse à Paris, Jordan Bardella, avait estimé que la sortie d'Emmanuel Macron avait "affaibli la position française en étalant au grand jour les divisions de l'Europe", faisant selon lui "le jeu du Kremlin et de Vladimir Poutine".

"Je pense qu'être le chef des armées, c'est précisément savoir conserver son sang froid", avait ajouté le leader d'extrême droite.

La guerre en Ukraine, qui avait déjà été au cœur de la présidentielle de 2022 est, avec la crise agricole, l'un des grands sujets sur lequel l'exécutif veut montrer que le clivage avec le Rassemblement national est béant.

La séquence politique orchestrée par Emmanuel Macron n'est ainsi pas sans arrière-pensée: essayer de lever les ambiguïtés supposées des oppositions vis-à-vis de la Russie, en particulier celles des lepénistes, alors que la liste conduite par Jordan Bardella est, à trois mois des Européennes, largement en tête des sondages.

"Menacer la paix dans le monde, lancer la menace d'une guerre avec une puissance nucléaire dans un but fantasmé de lutter contre un adversaire politique, c'est non seulement dangereux mais irresponsable", s'est agacé le patron du RN.

Eric Ciotti a lui aussi déploré "le petit scénario qu'est en train d’installer le président de la République, (être) le chef de guerre dans un duel qu'il installe en politique intérieure contre le RN".

Mais, pour une source gouvernementale, "c'est l'occasion pour que chacun se positionne, tombe les masques".


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".