Un an après, l'OMS attendue en Chine pour enquêter sur la Covid-19

Le délai mis par la Chine pour accepter une enquête indépendante signifie que les premières traces de l'infection vont être compliquées à retrouver pour les chercheurs (Photo, AFP)
Le délai mis par la Chine pour accepter une enquête indépendante signifie que les premières traces de l'infection vont être compliquées à retrouver pour les chercheurs (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 janvier 2021

Un an après, l'OMS attendue en Chine pour enquêter sur la Covid-19

  • La visite prend des allures de mission secrète. Ses dates n'ont pas même été précisées, l'OMS évoquant simplement «la première semaine de janvier»
  • « L'équipe ira à Wuhan, c'est l'objectif de la mission », a déclaré mi-décembre le responsable des situations d'urgence sanitaire de l'institution genevoise, Michael Ryan

PÉKIN: Plus d'un an après l'apparition du nouveau coronavirus, une équipe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est enfin attendue en Chine pour enquêter sur l'origine de la pandémie. 

La visite des 10 experts de l'OMS est ultra-sensible pour le régime chinois, soucieux d'écarter toute responsabilité dans l'épidémie qui a fait plus de 1,8 million de morts à la surface du globe. 

Au point que la visite prend des allures de mission secrète. Ses dates n'ont pas même été précisées, l'OMS évoquant simplement « la première semaine de janvier ». 

S'il est parvenu à pratiquement éradiquer la maladie sur son sol, Pékin n'a pas pu empêcher que le président américain Donald Trump l'accuse régulièrement d'avoir répandu « le virus chinois» sur la planète -- voire de l'avoir laissé s'échapper d'un laboratoire de virologie de Wuhan, la ville du centre du pays où le virus est apparu fin 2019. 

Signe de nervosité, le pouvoir communiste a fait condamner la semaine dernière à quatre ans de prison une journaliste citoyenne, Zhang Zhan, qui avait couvert la mise en quarantaine de Wuhan. 

Et les autorités ne manquent pas une occasion d'émettre des doutes sur l'origine chinoise du virus, alors qu'elles avaient dans un premier temps incriminé un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux vivants. 

«De plus en plus de recherches laissent à penser que l'épidémie pourrait être apparue dans de nombreux endroits du monde», a déclaré pendant le week-end le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi. 

Les experts en quarantaine  

Epidémie oblige, les experts internationaux devront subir une quarantaine de deux semaines à leur arrivée à Pékin. Il leur restera trois à quatre semaines pour enquêter. 

Ils pourraient ainsi se rendre à Wuhan aux alentours du 20 janvier, un an tout juste après la mise en quarantaine de cette métropole de 11 millions d'habitants, le 23 janvier 2020.  

Le 20 janvier est également la date à laquelle Donald Trump doit quitter la Maison-Blanche, et certains observateurs supposent que Pékin a pu vouloir attendre son départ avant le début effectif de l'enquête, pour ne pas donner l'impression de céder aux exigences du président républicain. 

Ce dernier a réclamé à plusieurs reprises une enquête internationale sur l'origine du virus, une demande reprise à son compte par l'Australie – soumise ces derniers mois à des sanctions commerciales chinoises. 

Le délai mis par la Chine pour accepter une enquête indépendante signifie que les premières traces de l'infection vont être compliquées à retrouver pour les chercheurs. 

«Je ne suis pas optimiste. Ils vont arriver après la bataille», s'alarme l'infectiologue Gregory Gray, de l'université Duke aux États-Unis. 

«Ce sera incroyablement difficile de trouver l'origine du virus», abonde Ilona Kickbusch, de l'Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. 

Les scientifiques pensent en général que l'hôte originel du virus est une chauve-souris, mais on ne connaît pas l'animal intermédiaire qui a permis la contamination humaine. 

La presse chinoise évoque de plus en plus l'hypothèse d'une importation du virus par de la nourriture congelée, une théorie écartée par l'OMS. 

Pas de «coupables» 

Pour l'organisation internationale, accusée par l'administration Trump de tendances pro-chinoises, il ne fait pas de doute que ses experts pourront enquêter librement, même si Pékin n'a toujours pas confirmé que Wuhan est bien au programme de la visite.  

«L'équipe ira à Wuhan, c'est l'objectif de la mission», a déclaré mi-décembre le responsable des situations d'urgence sanitaire de l'institution genevoise, Michael Ryan. 

«Nous travaillerons avec nos collègues chinois, ils ne seront pas (...) supervisés par des fonctionnaires chinois», a-t-il assuré. 

La mission est composée de dix scientifiques (Danemark, Royaume-Uni, Pays-Bas, Australie, Russie, Vietnam, Allemagne, États-Unis, Qatar et Japon) reconnus dans leurs différents domaines de compétence. 

«L'objectif n'est pas de désigner un pays ou une autorité coupable», a déclaré l'un des membres de l'équipe, Fabian Leendertz, de l'Institut Robert Koch en Allemagne. «Il est de comprendre ce qui s'est passé pour éviter que ça se reproduise.» 

Si l'enquête devait être entravée par les autorités, «cela aurait un impact négatif sur la réputation politique et scientifique de la Chine», avertit le professeur Gray. 


De la Normandie au Moyen-Orient: Fléchard et Gillot développent leur réseau à l’international

Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité. (Photo: Zeina Zbibo/AN)
Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité. (Photo: Zeina Zbibo/AN)
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  • Pour la dixième année consécutive, Fléchard et Gillot ont participé au salon Gulfood à Dubaï
  • Bien que la marque soit déjà bien implantée au Moyen-Orient, Fléchard ambitionne de renforcer sa présence aux Émirats arabes unis

DUBAÏ: Fléchard et Gillot, deux entreprises françaises emblématiques de la gastronomie, nous ont récemment accordé un entretien pour discuter de leurs projets et ambitions au Moyen-Orient.

Pour la dixième année consécutive, Fléchard et Gillot ont participé au salon Gulfood à Dubaï, un événement stratégique pour leur essor à l'international.

Reconnues pour la qualité de leurs produits, notamment le beurre pâtissier haut de gamme et le camembert AOP, ces sociétés familiales cherchent à élargir leur présence au Moyen-Orient, un marché clé en pleine croissance pour les produits laitiers français.

«Gulfood est l'opportunité idéale pour rencontrer tous nos clients internationaux en un seul endroit. Dubaï revêt une importance primordiale pour la région et permet d’explorer de nouveaux marchés de manière efficace», explique Charlotte Fléchard, responsable export chez Fléchard, dans un entretien avec Arab News en français.

Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité.

Bien que la marque soit déjà bien implantée dans des pays comme le Liban, la Jordanie, le Maroc, la Turquie ou l'Irak, Fléchard ambitionne de renforcer sa présence aux Émirats arabes unis.

«Nous avons récemment trouvé un partenaire aux Émirats pour distribuer nos camemberts dans les grandes surfaces, comme Carrefour, mais notre objectif est de développer encore davantage notre présence dans les grands restaurants et hôtels de la région», précise Charlotte Fléchard.

En plus de sa spécialité dans le beurre, Fléchard poursuit son développement à l'international avec Gillot, une marque de camembert AOP achetée en 2005. Cette acquisition permet à Fléchard de diversifier son offre et de se positionner comme un acteur global de la gastronomie française. «Le camembert est un produit bien connu, mais nous cherchons à le promouvoir davantage à l’international, en profitant du nom Fléchard pour renforcer la visibilité de Gillot», ajoute Charlotte Fléchard.

Fléchard et Gillot ont également innové avec des produits comme le camembert congelé, qui permet de prolonger la durée de conservation du fromage et de faciliter son transport vers des destinations lointaines, comme l'Australie ou le Japon. Cette solution logistique a pris encore plus de sens avec les défis liés à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine, qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement. «Le camembert congelé offre une durée de vie prolongée et permet de mieux gérer les coûts liés au transport par avion», explique Guy Fléchard, directeur général de l’entreprise.

L’exportation reste un axe stratégique majeur pour Fléchard et Gillot. L’entreprise cherche à se développer non seulement dans la région du Moyen-Orient, mais aussi dans d’autres zones comme l’Amérique du Sud, les États-Unis et l'Asie. «Nous explorons chaque marché avec des produits adaptés, mais le développement au Moyen-Orient reste essentiel pour nous», souligne M. Fléchard.

«Nous sommes fiers de cette réussite et nous attendons les visiteurs pour leur montrer le savoir-faire Normand», ajoute Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne.

Grâce à leur savoir-faire ancestral et à leur modèle familial, Fléchard et Gillot parviennent à concilier tradition et innovation. Leur présence à Gulfood 2025 est un signe de leur volonté de renforcer leur influence dans la région tout en continuant de représenter les valeurs de la gastronomie française à travers le monde.

Avec des produits de haute qualité destinés aussi bien aux professionnels de la gastronomie qu'aux consommateurs exigeants, les entreprises Fléchard et Gillot montrent qu'elles sont prêtes à s'imposer davantage sur la scène internationale. L’accueil chaleureux réservé aux produits français à Dubaï témoigne d'un véritable appétit pour la cuisine et les ingrédients de qualité. La gastronomie française, portée par ces marques familiales, continue ainsi de séduire les gourmets du monde entier.


L'Arabie saoudite lève 2,36 milliards de dollars d'eurobonds, y compris la tranche verte inaugurale

Le Centre national de gestion de la dette a indiqué que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite quatre fois plus que la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. (Shutterstock)
Le Centre national de gestion de la dette a indiqué que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite quatre fois plus que la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. (Shutterstock)
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  • C'est la première fois que l'Arabie saoudite émet une obligation verte en euros, en accord avec sa stratégie de durabilité à plus grande échelle 
  • L'émission est une étape vers l'objectif du Royaume de parvenir à des émissions nettes nulles et reflète son engagement en faveur d'un financement durable

RIYAD: L'Arabie saoudite a levé 2,25 milliards d'euros par le biais d'une vente d'obligations libellées en euros, y compris sa première tranche verte, dans le cadre de son programme global d'émission d'obligations à moyen terme.

Dans un communiqué de presse, le Centre national de gestion de la dette du Royaume a déclaré que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite à hauteur de quatre fois la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. La tranche verte, d'une valeur de 1,5 milliard d'euros, a une échéance de sept ans, tandis que la seconde tranche, d'une valeur de 750 millions d'euros, a une échéance de 12 ans.

C'est la première fois que l'Arabie saoudite émet une obligation verte en euros, en accord avec sa stratégie de durabilité à plus grande échelle dans le cadre du programme de développement du secteur financier. L'émission est une étape vers l'objectif du Royaume de parvenir à des émissions nettes nulles et reflète son engagement en faveur d'un financement durable, a déclaré le centre.

«Elle met également en évidence les efforts du Royaume auprès des investisseurs et des acteurs du marché, ce qui représente une étape importante vers la réalisation des objectifs de la Vision 2030», a ajouté ledit centre.   

Au début du mois, Muhannad Mufti, chef de la gestion de portefeuille du centre, a déclaré lors du Forum des marchés financiers que l'Arabie saoudite envisageait d'émettre des obligations vertes sur les marchés internationaux en 2025.

Le marché de la dette du Royaume s'est considérablement développé ces dernières années, suscitant l'intérêt des investisseurs pour les instruments de dette dans un contexte de hausse des taux d'intérêt.

En décembre, un rapport de Kamco Invest prévoyait que l'Arabie saoudite représenterait la plus grande part des échéances d'obligations et de sukuk dans la région du Conseil de coopération du Golfe, atteignant 168 milliards de dollars entre 2025 et 2029. Sur cette somme, les obligations et les sukuk émis par le gouvernement devraient totaliser 110,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro).

Un autre rapport de Fitch Ratings indique que le marché de la dette du CCG dépassera la barre des 1 000 milliards de dollars d'encours d'ici la fin novembre 2024.

Entre-temps, le centre a achevé son émission de sukuk libellés en riyals en février pour un montant de 3,07 milliards de riyals saoudiens (818 millions de dollars). Le Royaume a levé 3,72 milliards de riyals en sukuk en janvier, 11,59 milliards en décembre et 3,41 milliards en novembre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Émirats arabes unis lancent une coentreprise de fabrication de parapentes

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  • Le Fonds de développement stratégique (FSD) des Émirats arabes unis a signé un accord initial avec REGENT Craft, basé à Rhode Island, en vue d'établir une coentreprise pour la fabrication de parapentes et de services aux Émirats arabes unis
  • Le partenariat est soumis aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture

ABOU DHABI : Le Fonds de développement stratégique (FSD) des Émirats arabes unis a signé un accord initial avec REGENT Craft, basé à Rhode Island, en vue d'établir une coentreprise pour la fabrication de parapentes et de services aux Émirats arabes unis.

Le partenariat est soumis aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture.

L'entreprise commune produira les parapentes entièrement électriques de REGENT pour les marchés du Moyen-Orient et à l'international, tout en offrant des services de maintenance, de réparation et de révision.

Ce partenariat s'inscrit dans le cadre de la priorité accordée par EDGE à l'aérospatiale et aux technologies de pointe, et soutient la croissance industrielle et les capacités de la chaîne d'approvisionnement des Émirats arabes unis.

SDF a investi pour la première fois dans REGENT en 2023, puis a augmenté sa participation en 2024 à mesure que les discussions avançaient. Une fois le projet finalisé, SDF prévoit d'autres investissements pour renforcer le partenariat.

"L'investissement de SDF dans REGENT Craft reflète notre engagement à encourager les partenariats stratégiques et à favoriser les avancées technologiques dans des secteurs clés", a déclaré Hamad al-Marar, directeur général et PDG du groupe EDGE.

Billy Thalheimer, PDG de REGENT, a souligné le rôle des Émirats arabes unis dans l'avenir de la technologie des parapentes: "Ce partenariat fera d'Abou Dhabi une plaque tournante du transport durable", a-t-il déclaré.

L'accord fait suite à un protocole d'accord conclu en 2024 entre l'Office d'investissement d'Abou Dhabi et REGENT pour soutenir la fabrication au sein de la grappe industrielle des véhicules intelligents et autonomes d'Abou Dhabi.

Les Seagliders sont des navires à grande vitesse entièrement électriques conçus pour le transport côtier, la logistique et les applications de défense. REGENT développe une usine de 255 000 pieds carrés dans le Rhode Island, dont l'ouverture est prévue en 2026, et prévoit d'intégrer les seagliders dans les réseaux de transport des Émirats arabes unis d'ici à 2027.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.jp