Les vaccins contre la Covid-19 parviendront, au fil du temps, aux riches et aux pauvres

L’installation Covax de l’OMS tente de résoudre le problème de la distribution de vaccins urgents contre la Covid-19 à certains des pays les plus durement touchés au monde, dont la Syrie (Photo, AFP)
L’installation Covax de l’OMS tente de résoudre le problème de la distribution de vaccins urgents contre la Covid-19 à certains des pays les plus durement touchés au monde, dont la Syrie (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 04 janvier 2021

Les vaccins contre la Covid-19 parviendront, au fil du temps, aux riches et aux pauvres

  • Certains des nouveaux vaccins doivent être stockés dans des conditions jugées trop coûteuses et trop lourdes pour les pays pauvres
  • Les prix des vaccins devraient baisser avec le temps, donnant au monde en développement un plus grand choix et un meilleur accès

DUBAÏ : L’accès aux soins médicaux est l’un des indicateurs les plus sûrs de la santé économique d’un pays et de la qualité de vie qu’il a à offrir. Ce n'était donc qu'une question de temps avant que l'enthousiasme initial suscité par la vague de nouveaux vaccins contre la Covid-19 ne laisse place à des questions sérieuses sur l’équité de leur répartition à travers le monde. 

Certains experts internationaux de la santé publique craignent que les meilleurs vaccins soient achetés par des pays ayant les moyens de se les procurer, de les stocker et de les conserver, tandis que d'autres se voient contraints d'attendre des mois, voire des années, pour obtenir des variantes moins chères et de qualité inférieure. 

«L'une des principales préoccupations a été mise en relief au début de la pandémie: les pays à revenu élevé concluent des accords bilatéraux avec les fabricants afin de se procurer des vaccins, tandis que les pays à faible revenu sont laissés de côté», déclare à Arab News Abdinasir Abubakar, chef de l'Unité de gestion des maladies infectieuses au bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du Caire. 

En effet, plusieurs pays industrialisés, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, ont commandé d'importants stocks des vaccins les plus chers, mis au point à l'aide de nouvelles techniques révolutionnaires, et ils ont participé à des essais cliniques, ce qui leur a offert un accès privilégié. Les pays les plus pauvres, quant à eux, opteront probablement pour des vaccins moins chers et plus traditionnels, et ils pourraient être contraints d'attendre les dons et les prix avantageux venant de leurs alliés les plus puissants. 

«C'est la raison pour laquelle l'OMS et ses partenaires ont créé l'installation Covax. Son but est de distribuer équitablement les vaccins entre tous les pays, de façon à couvrir 20% de leurs populations respectives, en commençant par les groupes hautement prioritaires», indique M. Abubakar. 

Covax, un parapluie couvrant près de cent quatre-vingt-huit pays, est une «initiative mondiale qui rassemble les gouvernements et les fabricants afin de s'assurer que les éventuels vaccins contre la Covid-19 parviennent jusqu’à ceux qui en ont le plus besoin, quels qu'ils soient et où qu'ils vivent», précise l'OMS. 

Indépendamment de ce dispositif de protection multilatéral, de nombreux observateurs affirment que le train de vaccins possède un wagon de première classe desservant les pays riches, tandis que le monde en développement se trouve entassé dans des wagons économiques. 

 

La chercheuse Mais Absi
La chercheuse Mais Absi

«La dernière chose que je souhaite découvrir, c’est que les pays riches disposent des vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna et le reste du monde d’un vaccin plutôt traditionnel», explique à Arab News Mais Absi, chercheuse au King’s College Hospital de Londres. «Cela se fonde uniquement sur le coût et le défi liés au transport du vaccin.» 

Certains des nouveaux vaccins doivent être stockés à des températures ultrafroides dans des conteneurs spéciaux remplis de glace sèche – des conditions qui peuvent être jugées trop coûteuses et trop lourdes pour les pays plus pauvres. 

Les prix varient également de manière considérable. Une ventilation complète a récemment été divulguée par une ministre belge, Eva De Bleeker, qui a fait connaître par un tweet accidentel le coût payé par l'Union européenne (UE) pour chaque vaccin. 

Selon la presse, l'UE a payé 12 euros par dose pour le vaccin Pfizer/BioNTech, 18 dollars (soit 14,64 euros) pour Moderna, 10 euros pour l’allemand CureVac, 8,50 dollars (6,91 euros) pour l'américain Johnson & Johnson, 7,56 euros pour le franco-britannique Sanofi/GSK, et seulement 1,78 euro pour Oxford/AstraZeneca, au Royaume-Uni. 

Avec autant de candidats vaccins émergents, les gouvernements devraient être libres, en principe, de rechercher les meilleurs vaccins afin de répondre à leurs besoins. Mais, dans la pratique, il est probable que les pays les plus pauvres soient amenés, pour trouver le leur, à fouiller dans l’équivalent d’un bac à soldes. 

Le conseiller pharmaceutique Khawla Abu-Izza, propriétaire de la société américaine Bayview CMC Consulting, concède qu'il existe une inégalité intrinsèque. «Les différences en termes de coût et de conditions de stockage peuvent avoir des répercussions sur tel pays recevant tel vaccin», déclare-t-elle à Arab News. 

Cependant, Abu-Izza ajoute que cela ne signifie pas pour autant que les vaccins développés par des scientifiques russes et chinois qui utilisent des techniques moins onéreuses et ayant fait leurs preuves ne seront pas aussi efficaces que les produits américains et européens. 

«Les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna sont probablement les deux plus chers, mais leur efficacité est probablement comparable à celle d'autres vaccins fabriqués à l'aide de technologies conventionnelles», précise-t-elle. «Ainsi, les vaccins les moins chers ne sont pas nécessairement moins bons. Nous n'avons pas encore eu connaissance de leur composition.» 

Abu-Izza affirme que le prix des vaccins diminuera inévitablement avec le temps, donnant au monde en développement un plus grand choix et un meilleur accès. 

«Les nouveaux médicaments sont toujours chers, non pas à cause des coûts de fabrication, mais principalement en raison des coûts de recherche et développement», fait-elle savoir. «Chaque entreprise a dépensé plusieurs centaines de millions de dollars au moins, elle doit donc récupérer ses dépenses et réaliser un profit.» 

«En ce qui concerne les technologies vaccinales conventionnelles utilisées par d'autres sociétés, y compris le vaccin Oxford/AstraZeneca, il existe beaucoup de concurrence. Nous devrions voir apparaître dans quelque temps de multiples sources en Inde, en Chine et dans plusieurs autres pays qui recourent à la technologie conventionnelle pour mettre au point leur vaccin contre la Covid-19. 

Twitter: @jumanaaltamimi 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.