«On n'a pas été entendus»: les actions d'agriculteurs continuent après les annonces de Gabriel Attal

Le Premier ministre français Gabriel Attal s'exprime lors d'une conférence de presse à l'hôtel Matignon, à Paris, le 21 février 2024, pour répondre aux agriculteurs qui protestent contre les salaires, les impôts et la réglementation. (AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal s'exprime lors d'une conférence de presse à l'hôtel Matignon, à Paris, le 21 février 2024, pour répondre aux agriculteurs qui protestent contre les salaires, les impôts et la réglementation. (AFP)
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Publié le Jeudi 22 février 2024

«On n'a pas été entendus»: les actions d'agriculteurs continuent après les annonces de Gabriel Attal

  • Le Premier ministre a récapitulé mercredi matin les dizaines d'engagements et chantiers déjà lancés, et annoncé des mesures sur les visas de saisonniers étrangers, sur les pesticides ou encore sur la rémunération
  • L'agriculture, a dit M. Attal mercredi, fait partie «des intérêts fondamentaux» de la Nation au même titre que sa sécurité ou sa défense

PARIS: Préfecture d'Ille-et-Vilaine, siège de Lactalis à Laval, A62 près de Montauban: les actions de mobilisation d'agriculteurs continuent mercredi après les annonces du Premier ministre Gabriel Attal, à trois jours du Salon de l'agriculture où le président Emmanuel Macron est attendu au tournant.

Le Premier ministre a récapitulé mercredi matin les dizaines d'engagements et chantiers déjà lancés, et annoncé des mesures sur les visas de saisonniers étrangers, sur les pesticides ou encore sur la rémunération. Mais il semble avoir laissé sur leur faim les agriculteurs, focalisés sur l'intervention à venir du chef de l'Etat.

"Il y a des choses qui bougent, des marqueurs qui commencent à tendre dans le bon sens (mais) il faut des actes", a réagi le président des Jeunes agriculteurs, Arnaud Gaillot.

L’attente est très forte, le président de la République doit incarner "le changement de logiciel" de la France et de l'Europe sur l'agriculture, et l'accent mis sur "la souveraineté alimentaire française", a souligné le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau, sur France 5.

"Si on est là, c'est qu'on n'a pas été entendus", estimait après les annonces du Premier ministre un agriculteur sur la chaussée de l'autoroute A62, près de Montauban, bloquée depuis mardi après-midi.

Dans le même temps, plusieurs dizaines d'agriculteurs bretons déversaient de la terre devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine à Rennes afin notamment de réclamer de "vraies annonces", tandis que quelque 200 manifestants en colère pénétraient dans le siège de Lactalis à Laval, à l'appel de la Confédération paysanne, pour dénoncer les pratiques du géant de l'industrie laitière et réclamer une meilleure rémunération des éleveurs.

Visas simplifiés

L'agriculture, a dit M. Attal mercredi, fait partie "des intérêts fondamentaux" de la Nation au même titre que sa sécurité ou sa défense. "L'objectif de souveraineté agricole et alimentaire" sera inscrit "noir sur blanc" dans le futur projet de loi d'orientation agricole, a-t-il promis.

Le texte, renommé Projet de loi pour une agriculture souveraine selon un communiqué de Matignon, comprendra aussi plusieurs mesures de simplification, une revendication forte des manifestants, sur les haies par exemple.

Pour simplifier la vie des exploitants, le Premier ministre s'est aussi engagé à "faciliter" l'attribution de visas pour les saisonniers étrangers venant travailler dans les fermes françaises.

Sur les pesticides, la France va abandonner le Nodu, le principal indicateur utilisé pour mesurer la réduction de leur usage, au profit d'un indice européen.

Cet abandon, qui "satisfait" le syndicat agricole majoritaire FNSEA et l'industrie des pesticides, a été dénoncé par les associations environnementales.

Le gouvernement va aussi présenter d'ici l'été un nouveau texte de loi pour "renforcer le dispositif Egalim" devant permettre une meilleure rémunération des producteurs dans le cadre des négociations entre distributeurs et fournisseurs agro-industriels.

Pour Laurence Marandola, porte-parole nationale de la Confédération paysanne, une nouvelle version de la loi Egalim ne peut attendre.

"La priorité des priorités ne peut pas attendre l'été. Si en deux semaines on peut défaire des questions sur les produits phytosanitaires, pourquoi on ne pourrait pas en quelques semaines se doter d'une loi qui protège les revenus des paysans ?", a-t-elle demandé.

"La loi Egalim, c'est beau sur le papier mais aujourd’hui ça ne fonctionne pas. Il faut revenir à la base, c'est l'agriculteur", estime de son côté Pierre Berthelot, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs (JA) d'Ille-et-Vilaine.

Selon un décompte du gouvernement, sur 62 engagements pris, 50% sont réalisés, 31% sont "avancés" et 19% "engagés".

Objectif Salon

La FNSEA a salué des "avancées certaines" mais s'en remet à M. Macron pour engager le gouvernement sur un calendrier rapide et clair.

"Il y a une telle défiance vis-à-vis du politique aujourd'hui que les gens disent: +tant que je ne le vois pas dans ma ferme, je n'y crois pas", a expliqué Arnaud Rousseau.

La présidente de la Coordination rurale, deuxième syndicat du secteur, Véronique Le Floc'h, a regretté que le Premier ministre n'ait pas annoncé une année avec suspension des remboursements des prêts pour soulager la trésorerie des agriculteurs.

Inscrire la souveraineté agricole et alimentaire dans la loi avec l'objectif de produire plus, "de quoi parle-t-on ?", s'est-elle interrogée. "Avant de produire plus, on veut savoir combien on va gagner."

Pour peser jusqu'au bout, les deux syndicats majoritaires FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA) ont prévu à Paris vendredi soir un "cortège" d'agriculteurs emmenés par quelques tracteurs et se terminant devant les portes du Salon. Plusieurs d'entre eux pourraient camper jusqu'à la venue du président Macron. Celui-ci serait ouvert à l'idée d'un débat avec des agriculteurs, peut-être une table-ronde, selon Arnaud Gaillot.

A l'appel de la Coordination rurale, vendredi, à partir de 10H00, un cortège de tracteurs devrait défiler de la porte de Saint-Cloud à la place Vauban, où les agriculteurs, venus du Doubs, de Haute-Loire et de Côte-d'Or, resteront toute l'après-midi.

"Notre but est de rencontrer les Parisiens à la veille du Salon de l'agriculture, de leur expliquer notre mission: nourrir les Français", a précisé à l'AFP Thierry-James Facquer, organisateur du cortège.

M. Attal a rappelé qu'il ne souhaitait pas que le Salon de l'agriculture devienne "l'otage" des responsables politiques et a proposé de nouveau à Marine Le Pen de débattre avec lui de ces questions, ce que la cheffe de file des députés RN a refusé mardi soir.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.