Dans le Gard, un imam accusé d'«appels à la haine» menacé d'expulsion

Gérald Darmanin a demandé au préfet de signaler «les propos de l'imam au procureur de la République». (Photo, AFP)
Gérald Darmanin a demandé au préfet de signaler «les propos de l'imam au procureur de la République». (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 février 2024

Dans le Gard, un imam accusé d'«appels à la haine» menacé d'expulsion

  • Le préfet du Gard Jérôme Bonet a estimé mardi que «plusieurs prêches» récents de l'imam tunisien de la mosquée de Bagnols-sur-Cèze, dont Gérald Darmanin a demandé l'expulsion, constituaient bien des «appels à la haine»
  • «Oui, évidemment, il y a appel à la haine», a déclaré sur la radio franceinfo M. Bonet, interrogé sur une vidéo dans laquelle l'imam Mahjoub Mahjoubi qualifie notamment le «drapeau tricolore» de «drapeau satanique»

MONTPELLIER: Les prêches de l'imam tunisien de la mosquée de Bagnols-sur-Cèze, dont Gérald Darmanin a demandé l'expulsion, remettent "fondamentalement en cause les valeurs" de la République et constituent des "appels à la haine", a insisté mardi le préfet du Gard, l'intéressé évoquant lui un "lapsus".

"Aucun appel à la haine ne restera sans réponse", avait averti dimanche le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, un an et demi après la polémique entourant l'imam marocain Hassan Iquioussen, qui avait fui du nord de la France vers la Belgique après un arrêté d'expulsion, avant d'être finalement expulsé vers le Maroc.

Cette fois, c'est un imam exerçant dans le Gard, Mahjoub Mahjoubi, qui est visé, notamment après la diffusion d'une vidéo dans laquelle il qualifie le "drapeau tricolore" -sans préciser s'il parle du drapeau français- de "drapeau satanique" qui n'a "aucune valeur auprès d'Allah".

"Oui, évidemment, il y a appel à la haine", a déclaré mardi matin sur franceinfo le préfet du Gard, Jérôme Bonet.

Gérald Darmanin avait indiqué dimanche avoir demandé au préfet de signaler "les propos de l'imam au procureur de la République". Lundi, le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme.

Cet imam fait l'objet d'un suivi depuis plusieurs mois, a insisté le préfet, évoquant une "mosquée à la dérive": et "quand j'entends parler d'un +lapsus+ au sujet des drapeaux, c'est un lapsus qui dure plusieurs dizaines de minutes, (avec) des propos qui ne touchent pas qu'à la question du drapeau, qui tiennent également à la place de la femme, du peuple juif qu'il désigne comme un ennemi".

"Je ne parlais en aucun cas du drapeau français", s'est défendu Mahjoub Mahjoubi sur France Bleu Gard Lozère, expliquant qu'il dénonçait les rivalités entre supporters lors de la récente Coupe d'Afrique des Nations (CAN): "Je parle des stades et de tous ces drapeaux qu'on lève dans les stades et qui divisent les musulmans".

«Une espèce de surréaction»

"J'ai fait un lapsus, je ne suis pas Voltaire ni Victor Hugo. Dans mes propos, au lieu de dire +tous ces drapeaux multicolores ou de différentes couleurs+, et bien j'ai dit +tous ces drapeaux tricolores+, mais en aucun cas je ne parlais de la France", a ajouté M. Mahjoubi.

"Bien au contraire, je défends la République, la laïcité, bien entendu j'ai défendu Samuel Paty (NDLR: le professeur assassiné en 2020 par un jeune jihadiste), j'étais dans la marche pour Charlie Hebdo", a poursuivi l'imam.

"Il y a plusieurs dizaines de minutes de prêches qui ont été analysés et qui recèlent bien d'autres choses que ce pseudo lapsus", a répliqué sur franceinfo Jérôme Bonet.

Outre l'enquête du parquet, "il y a le volet du droit au séjour, qui fait l'objet comme l'a souhaité le ministre de l'Intérieur d'une instruction, pour voir les modalités selon lesquelles nous pourrons le cas échéant retirer le titre de séjour de cette personne", a aussi expliqué le préfet.

"C'est ce que permet la nouvelle loi immigration. Doit-on conserver sur notre territoire des gens qui tiennent des propos qui contestent à ce point nos valeurs ?", a-t-il conclu.

Pour Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste des Frères musulmans, l'affirmation de l'imam de Bagnols-sur-Cèze selon laquelle il défendrait la République ,"c'est évidemment faux": "Par contre, en ce qui concerne le lapsus, je pense que c'est vrai", a réagi l'anthropologue sur RMC/BFM-TV.

"Ce qu'il dit là est banal. Dans les mosquées, c'est ce qu'on entend partout. En fait, c'est la pensée frériste, qui considère que la seule nation qui vaille, c'est la nation islamique", a expliqué l'auteure du livre "Le frérisme et ses réseaux".

Pour autant, face à cet imam, on assisterait à "une espèce de surréaction, qui n'est pas bonne, parce qu'on essaye de viser l'homme, alors que ce sont les idées" qu'il faut selon elle combattre, a ajouté la chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), placée sous protection policière l'an dernier après avoir reçu des menaces de mort suite à la parution de son ouvrage.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.