Israël promet une opération «puissante» à Rafah, malgré les pressions internationales

Des garçons palestiniens déplacés vendent des chips faites maison devant un camp de tentes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 février 2024 (Photo, Reuters).
Des garçons palestiniens déplacés vendent des chips faites maison devant un camp de tentes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 février 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Israël promet une opération «puissante» à Rafah, malgré les pressions internationales

  • «Nous combattrons jusqu'à la victoire complète, ce qui implique une action puissante à Rafah»
  • Environ 1,4 million de personnes, selon l'ONU, soit plus de la moitié de la population de Gaza, dont beaucoup déplacées à plusieurs reprises, s'entassent à présent à Rafah

TERRITOIRES PALESTINIENS: De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi le sud de la bande de Gaza, où Israël a promis de mener une "puissante" opération terrestre dans la ville surpeuplée de Rafah malgré les pressions internationales qui se multiplient.

Après plus de quatre mois de guerre contre le Hamas à travers le Territoire palestinien assiégé, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, veut maintenant détruire le "dernier bastion" du mouvement islamiste à Rafah, devenue l'ultime refuge pour des centaines de milliers de civils qui ont fui les combats.

Pendant que les pays médiateurs poursuivent au Caire leurs négociations pour tenter d'obtenir une trêve ainsi que la libération d'otages détenus à Gaza, les appels se multiplient à travers le monde face aux conséquences potentiellement dévastatrices d'une telle opération.

Après notamment l'ONU et les Etats-Unis, principal allié d'Israël qui réclame des "garanties" pour la sécurité des civils, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont mis en garde jeudi Israël contre une opération "catastrophique" à Rafah.

«Nulle part où aller»

"Il n'y a tout simplement nulle part où aller" pour les civils bloqués contre la frontière fermée avec l'Egypte, soulignent ces trois pays, exhortant Benjamin Netanyahu à "ne pas s'engager dans cette voie".

"Nous combattrons jusqu'à la victoire complète, ce qui implique une action puissante à Rafah et ce, après avoir permis à la population civile de quitter les zones de combat", avait déclaré mercredi le Premier ministre.

Environ 1,4 million de personnes, selon l'ONU, soit plus de la moitié de la population de Gaza, dont beaucoup déplacées à plusieurs reprises, s'entassent à présent à Rafah, transformée en un gigantesque campement, dans l'angoisse de l'offensive annoncée.

Rafah est en outre le principal point d'entrée de l'aide humanitaire depuis l'Egypte, contrôlée par Israël et insuffisante pour répondre aux besoins d'une population menacée en plein hiver par la famine et les épidémies.

Jeudi, de nouveaux bombardements ont visé Khan Younès, une grande ville à quelques kilomètres au nord de Rafah, transformée en champ de ruines, devenue le coeur de l'offensive israélienne.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé un bilan de 107 morts à travers le territoire, ajoutant que des bombardements sur l'hôpital Nasser de Khan Younès avaient fait un mort et plusieurs blessés.

Des milliers de déplacés sont réfugiés dans l'enceinte de cet hôpital assiégé par les chars israéliens, où les médecins décrivent une situation désespérée.

«Nous avons peur»

"Mon mari et mon fils Mohammad sont partis mercredi avec des milliers de personnes mais je ne sais pas ce qu'ils sont devenus, nous avons perdu le contact", a raconté à l'AFP une déplacée à l'hôpital Nasser, Jamila Zidane.

"Nous avons peur", confie cette femme de 43 ans, restée dans l'hôpital avec ses six filles. "Depuis plusieurs jours, nous n'avons plus de nourriture et nous buvons de l'eau souillée".

L'armée a annoncé jeudi "poursuivre ses raids ciblés" à Khan Younès. L'aviation israélienne a mené "une série de frappes" en appui aux troupes au sol à travers le territoire, qui ont atteint "des installations souterraines, des base militaires et des postes de tir du Hamas", a ajouté l'armée.

La guerre a été déclenchée par l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. L'armée a lancé une offensive qui a fait 28.576 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La guerre a aussi ravivé les tensions à la frontière nord d'Israël avec le Liban.

Mercredi, Israël a lancé des frappes dans le sud du Liban qui ont fait au moins dix morts, selon des sources libanaises, en représailles à des tirs de roquette qui ont tué une soldate dans une base militaire du nord d'Israël, faisant de nouveau craindre une escalade régionale.

Le chef d'état-major israélien, Herzi Halevi, en visite dans le nord du pays, a menacé mercredi d'une "campagne très offensive" au Liban, après quatre mois d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah chiite libanais, allié du Hamas et soutenu par l'Iran.

«Des exigences délirantes»

Les négociations en vue d'une trêve incluant de nouvelles libérations d'otages du Hamas et de Palestiniens détenus par Israël se poursuivent pendant ce temps au Caire, par l'intermédiaire du Qatar et de l'Egypte.

Après une réunion mardi entre le chef du Mossad, les services secrets israéliens, David Barnea, le directeur de la CIA, William Burns, le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, et des responsables égyptiens, ces tractations doivent durer jusqu'à vendredi.

Benjamin Netanyahu a évoqué mercredi "des exigences délirantes du Hamas" qui bloqueraient les négociations, sans autre précision.

Selon Israël, 130 otages sont encore détenus à Gaza, dont 29 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées le 7 octobre. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages et de 240 Palestiniens détenus par Israël.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réitéré jeudi "son extrême inquiétude pour la vie et le bien-être des otages retenus à Gaza depuis plus de quatre mois".


Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête du Parlement algérien

Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
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  • Le Parlement algérien a élu Khalida Boufedeche à sa présidence, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du pays et le quatrième personnage de l'État
  • Membre du FLN, vainqueur des législatives avec 91 sièges sur 407, elle prend ses fonctions dans un Parlement marqué par une participation record à la baisse (21,24%) et une forte sous-représentation des femmes

ALGER: Le Parlement algérien a élu mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa tête, Khalida Boufedeche, qui devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat.

Mme Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir.

Le FLN est arrivé en tête des dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré.

Trois candidats postulaient pour la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement: Mme Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP - 43 sièges) et un autre du parti laïque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son actuel mandat de députée, elle été élue dans sa commune à Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger.

Mme Boufedeche accède au perchoir du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14% des sièges.

Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature alors qu'elles représentent 49% de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017. Cette dernière élection s'était tenue sous le régime des quotas.

Le FLN est suivi dans l'hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
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  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com