Le Premier ministre thaïlandais: la Thaïlande est «ouverte aux affaires» et l’Arabie saoudite offre une énorme potentiel

Le Premier ministre Srettha Thavisin, au centre, salue des touristes dans le quartier chinois de Bangkok le jour du Nouvel An chinois, une fête importante. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin, au centre, salue des touristes dans le quartier chinois de Bangkok le jour du Nouvel An chinois, une fête importante. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin (G) s’est entretenu avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin (G) s’est entretenu avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
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Publié le Lundi 12 février 2024

Le Premier ministre thaïlandais: la Thaïlande est «ouverte aux affaires» et l’Arabie saoudite offre une énorme potentiel

  • Srettha Thavisin affirme que c’est son travail de voyager et de «vendre» la Thaïlande au monde entier
  • Il salue les réformes saoudiennes et évoque les possibilités de renforcer les liens entre les deux pays et appelle les dirigeants du monde entier à mettre en œuvre un cessez-le-feu à Gaza

BANGKOK: Rien n’est probablement plus symbolique de l’équilibre délicat que la Thaïlande maintient entre l’Orient et l’Occident que le fait que le Premier ministre thaïlandais ait proposé à Arab News de l’interviewer au Starbucks local, dans le quartier chinois, le jour du Nouvel An chinois, une fête importante.

Mais Srettha Thavisin n’est pas un politicien comme les autres. Avant de devenir Premier ministre, il était un homme d’affaires prospère, connu pour gérer son emploi du temps avec la régularité d’une montre suisse. En fait, il lance immédiatement la conversation en déclarant que son travail consiste à «vendre la Thaïlande», ce qui, selon lui, n’était pas le cas dans le passé. Aujourd’hui, près de six mois après son entrée en fonction, le magnat de l’immobilier devenu homme politique affirme que sa priorité absolue est de voyager et de dire au monde entier que son pays est ouvert aux affaires.

«Les gens ne connaissent pas le monde des affaires en Thaïlande parce que, pendant les neuf ou dix dernières années, la Thaïlande n’est pas allée à l’extérieur pour vendre la Thaïlande. Cependant, depuis que j’ai pris mes fonctions (en août de l’année dernière), ma priorité absolue est de voyager et de dire au monde que la Thaïlande est ouverte aux affaires, que ce soit pour l’investissement et le commerce ou pour l’échange de personnes comme le tourisme, l’éducation et l’assistance technique», assure-t-il.

Sans exagération (ou plutôt parce que c’est à l’œuvre qu’on connaît l’artisan), Srettha est venu à la réunion avec un T-shirt rouge, la couleur traditionnelle du Nouvel An chinois. Lorsque nous sommes sortis du café américain pour entrer dans le quartier chinois animé, il a été assailli par les touristes et les habitants, certains Chinois, d’autres Européens et de nombreux Thaïlandais. Une famille danoise est repartie très heureuse d’avoir réussi à prendre un selfie inattendu avec le Premier ministre du royaume.

M. Srettha plaisante en se référant à une tradition locale qui veut que l’on ne travaille pas le jour du Nouvel An chinois : «Les gens disent que si l’on travaille le jour du Nouvel An chinois, on doit travailler dur toute l’année. Mais je travaille car chaque année, même lorsque je prends un congé pour le Nouvel An, je dois travailler dur tous les jours.»

Lorsqu’on lui demande comment la Thaïlande parvient à maintenir un équilibre dans ses liens avec l’Orient et l’Occident, notamment parce que la Chine (son deuxième partenaire commercial, avec une composante ethnique et une influence culturelle) ne s’entend pas avec les États-Unis (le premier partenaire commercial de Bangkok, qui coopère également en matière de sécurité), il répond : «Nous sommes un pays neutre. Nous ne sommes en conflit avec personne ici. Vous voyez des Européens de l’Est, des Russes, des Chinois, des Indiens, des Japonais, des Coréens, des Européens et des Américains.»

«En raison de notre position diplomatique, nous ne faisons pas partie du conflit. Nous croyons en une paix durable et en une prospérité commune.» 

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)
Le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin faisait partie de la délégation de l'ANASE lors de la réunion des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est qui s'est tenue à Riyad en octobre dernier. Pour le Premier ministre Srettha, la priorité absolue est de voyager et de dire au monde que son pays est ouvert aux affaires. (Photo SPA)

Évoquant les avantages de l’investissement dans son pays, M. Srettha a expliqué que pour attirer des travailleurs expatriés qualifiés, il fallait leur fournir des services de qualité.

«C’est très important pour les hommes et femmes d’affaires», affirme-t-il. «Par exemple, il faut de bonnes écoles internationales. Les expatriés, comme vous, viennent avec leur famille. Où leurs enfants vont-ils à l’école ? Nous devons faire en sorte d’avoir d’excellentes écoles internationales.»

En tant qu’ancien homme d'affaires, il sait clairement où se trouvent les principales opportunités, et le pays qui figure en tête de liste est l’Arabie saoudite. En fait, cette interview avec Arab News a été demandée, à l’origine, pour marquer le deuxième anniversaire du rétablissement des relations entre l’Arabie saoudite et la Thaïlande, suspendues du début des années 1990 jusqu’en janvier 2022 en raison d’un incident diplomatique.

Depuis la réconciliation, les relations se sont considérablement améliorées, favorisant les échanges commerciaux, les investissements et les relations interpersonnelles. Toutefois, M. Srettha estime qu’il existe un grand potentiel d’approfondissement des liens, ayant été très impressionné par ce qu’il a vu lors d’une visite dans le Royaume en octobre dernier.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)

«Je me suis entretenu avec la Saudi Basic Industries Corporation (Sabic)», dit-il. «Ils veulent faire tout ce qui concerne l’agriculture. Je me suis entretenu avec Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde, avec le PIF, le fonds souverain, et avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.»

«J’ai été stupéfait par l’ampleur de ce que vous essayez de faire et par le potentiel du pays. Encore une fois, les investissements transfrontaliers que vous avez réalisés dans le monde entier sont une source d’admiration et d’inspiration pour le reste du monde.»

«Vous n’avez pas seulement la puissance financière. Vous avez la capacité de déterminer ce que vous n’avez pas et d’essayer de l’obtenir pour votre pays. Par exemple, la sécurité alimentaire est très importante.»

«La logistique, The Line (le projet phare de Neom), l’aéroport de Riyad — votre aéroport sera deux fois plus grand que celui de Dubaï dans les dix prochaines années. C’est admirable. C’est vraiment admirable.» 

Rappelant les politiques environnementales de l’Arabie saoudite, notamment l’Initiative verte saoudienne (SGI), qui vise à planter 10 milliards d’arbres dans le Royaume au cours des prochaines années, M. Srettha a indiqué qu’il s’agissait d’un domaine dans lequel la Thaïlande pouvait apporter son soutien, notamment en exportant de jeunes arbres destinés à être replantés.

Le projet de verdissement de l’Arabie saoudite vise à planter 10 milliards d’arbres dans le cadre de l’initiative verte saoudienne. (Photo fournie)
Le projet de verdissement de l’Arabie saoudite vise à planter 10 milliards d’arbres dans le cadre de l’initiative verte saoudienne. (Photo fournie)

La Thaïlande exporte beaucoup de main-d’œuvre. Les travailleurs thaïlandais sont présents dans le monde entier, dans de nombreux secteurs, et sont réputés pour leur éthique de travail et leur amabilité. Environ 8000 travailleurs thaïlandais se trouvent actuellement en Arabie saoudite. Le réchauffement des relations entre les deux pays signifie que ce nombre pourrait rapidement augmenter.

Selon M. Srettha, la récente escalade du conflit entre Israël et le Hamas a fortement ébranlé l’un des marchés les plus lucratifs pour la main-d’œuvre thaïlandaise qualifiée, à savoir Israël. Lors de l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre dernier, environ 1200 personnes ont été tuées, dont au moins 39 ressortissants thaïlandais. Les combattants ont pris en otage quelque 240 personnes, dont 32 travailleurs thaïlandais.

Jusqu’à présent, 23 d’entre eux ont été libérés dans le cadre d’un accord distinct entre la Thaïlande et le Hamas, négocié par des tiers. Le Premier ministre thaïlandais souhaite que les otages restants soient libérés.

«Sommes-nous impliqués dans le conflit ? Nous ne sommes pas impliqués dans le conflit. Tout ce que nous voulons, c’est la paix et la prospérité communes. Tout ce que nous voulons, c’est la sécurité pour notre peuple. Tout ce que nous voulons, c’est la libération des huit otages restants. À ce jour, nous ne savons toujours pas s’ils sont en vie», ajoute-t-il.

«Faut-il nous blâmer ? Non. Nous sommes allés là-bas pour contribuer au développement de l’économie. Ce ne sont pas des espions. Ils étaient sur le terrain.»

Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, est vu sur un écran d’affichage alors qu’il s’adresse aux ressortissants thaïlandais libérés par leurs ravisseurs du Hamas à leur arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 30 novembre 2023. (Photo, AFP)
Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, est vu sur un écran d’affichage alors qu’il s’adresse aux ressortissants thaïlandais libérés par leurs ravisseurs du Hamas à leur arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 30 novembre 2023. (Photo, AFP)

Malgré les torts causés aux ressortissants thaïlandais lors de l’attaque du 7 octobre, la Thaïlande s’est jointe à d’autres pays pour demander à Israël de cesser sa campagne de représailles dans la bande de Gaza, s’en tenant fermement à sa politique de neutralité.

«Nous voulons un cessez-le-feu», insiste M. Srettha. «(Lorsque je m’adresse aux dirigeants du monde, je leur demande) : “Comment mettre fin au conflit ?”»

«Comment pouvons-nous parler d’énergie verte ? Comment pouvons-nous parler de développement économique ? Comment peut-on parler d’échanges et de commerce alors que des gens meurent ? Ce n’est pas juste. Ce n’est tout simplement pas juste.»

Le conflit entre Israël et le Hamas n’est pas le seul conflit régional où les travailleurs thaïlandais ont eu besoin d’être rapatriés. Lorsque la crise a éclaté au Soudan le 15 avril dernier, l’Arabie saoudite a ouvert son espace aérien pour permettre à l’armée de l’air thaïlandaise d'évacuer ses ressortissants de ce pays d’Afrique de l’Est ravagé par la guerre.

«Nous sommes reconnaissants à l’Arabie saoudite pour cela», déclare M. Srettha. 

Sur cette photo prise le 3 mars 2022, des responsables saoudiens accueillent des pèlerins thaïlandais arrivant à l’aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah à bord du premier avion de la compagnie Saudia à relier directement la Thaïlande à l’Arabie saoudite après une interruption de trois décennies. (X : @HajMinistry)
Sur cette photo prise le 3 mars 2022, des responsables saoudiens accueillent des pèlerins thaïlandais arrivant à l’aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah à bord du premier avion de la compagnie Saudia à relier directement la Thaïlande à l’Arabie saoudite après une interruption de trois décennies. (X : @HajMinistry)

Quelque 5% de la population thaïlandaise est musulmane. Chaque année, des milliers de Thaïlandais se rendent en Arabie saoudite pour accomplir le pèlerinage du Hajj. Ce phénomène s’est poursuivi même pendant les longues années où les liens entre les deux pays ont été rompus.

«Des millions et des millions de personnes se rendaient à La Mecque», raconte M. Srettha.

Les Thaïlandais musulmans qui se sont adressés à Arab News souhaitent que le gouvernement augmente le quota de pèlerins autorisés à se rendre en Arabie saoudite pour le pèlerinage et ainsi que le nombre de vols proposés.

«Je ne suis pas au courant qu’ils n’ont pas assez de quotas. Évidemment, leurs vols sont déjà prêts à être assurés. En tant que gouvernement issu du peuple, nous devons être à l’écoute des besoins de la population», souligne-t-il.

Le Premier ministre Srettha a reçu des dattes de la part du rédacteur en chef d’Arab News, Faiçal J. Abbas, après une interview dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha a reçu des dattes de la part du rédacteur en chef d’Arab News, Faiçal J. Abbas, après une interview dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)

Les provinces du sud de la Thaïlande, à majorité musulmane, ont connu des décennies de troubles. C’est pourquoi M. Srettha explique que son gouvernement s’efforce de soutenir l’économie locale du sud afin d’encourager la stabilité.

«Si vous suivez la Thaïlande depuis longtemps, vous constaterez qu’il y a un problème dans l’extrême sud, dans les trois ou quatre provinces de l’extrême sud, et qu’il y a eu des troubles récemment», précise-t-il.

«J’aimerais que davantage de personnes vivant dans les zones rurales tirent des revenus plus importants des produits agricoles.»

M. Srettha souhaite que les citoyens jouissent de plus de libertés individuelles et d’une plus grande prospérité.

«Je souhaite le bien-être de la population en général et plus d’argent dans les poches», dit-il. «Libérez votre cœur pour faire ce que vous voulez, être ce que vous voulez être.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump nomme Tony Blair et Marco Rubio à son Conseil de la paix pour Gaza

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
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  • Donald Trump a dévoilé la composition du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera, avec notamment Marco Rubio, Tony Blair et plusieurs figures politiques et économiques américaines
  • Ce Conseil doit superviser la mise en œuvre de la phase 2 du plan Trump pour Gaza, incluant le désarmement du Hamas, le retrait israélien progressif et le déploiement d’une force internationale, dans un contexte de cessez-le-feu fragile

WASHINGTON: Donald Trump a dévoilé vendredi la liste de membres du Conseil de la paix pour Gaza, qu'il présidera et auquel siégeront en particulier le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.

Cette deuxième phase prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement de la Force internationale de stabilisation, selon les termes de ce plan endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre.

Le Conseil de la paix doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien temporaire et technocratique composé de 15 personnalités formées pour administrer temporairement la bande de Gaza.

Outre MM. Blair et Rubio, il compte M. Witkoff ainsi que le gendre du président américain Jared Kushner, homme d'affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale Ajay Banga, a indiqué M. Trump dans un communiqué.

La liste de sept personnalités - dont cinq Américains - composant ce que la Maison Blanche appelle le "founding executive board" comprend aussi Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d'investissement Apollo Global Management, et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump.

Chacun d'eux va "superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l'attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capital", selon le communiqué.

- Reconstruction -

M. Trump avait annoncé dès octobre la présence de M. Blair dans son futur Conseil de la paix, mais des doutes avaient émergé quant à la participation effective de l'ex-dirigeant face à la vive opposition de pays arabes en raison de son soutien à l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

Donald Trump avait promis, avec son emphase habituelle, le "plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé".

Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, que l'on savait destiné à un rôle important, sera Haut représentant pour Gaza, a annoncé la Maison Blanche. Et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.

Le déploiement de cette force, prévu par le plan Trump, doit permettre d'aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.

Les travaux de reconstruction "s'appuieront essentiellement" sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien, dans un entretien à la chaîne de télévision égyptienne al-Qahera News, réputée proche des services de renseignement égyptiens.

Ce plan avait été adopté en mars 2025, avec le soutien des pays européens, en réponse au projet alors avancé par M. Trump d'une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis pour en faire la "Riviera du Moyen-Orient" après en avoir expulsé les habitants.

Sur le terrain, l'armée israélienne a affirmé avoir mené jeudi des frappes en riposte à des tirs plus tôt cette semaine contre ses troupes dans le sud du territoire palestinien, qu'elle a qualifiés de "violation flagrante" du cessez-le-feu.

Dans un communiqué, le Hamas a de son côté accusé Israël d'avoir commis une "nouvelle violation" du cessez-le-feu avec ces raids, qui ont fait au moins sept morts selon la Défense civile de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous son autorité.

Le Hamas avait rejeté en octobre la création du Conseil de la paix pour Gaza, un de ses hauts responsables, Osama Hamdan, dénonçant un retour "à l'ère des mandats et du colonialisme".


Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
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  • Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
  • M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques"

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé jeudi des sanctions économiques à l'encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays.

"Les dirigeants iraniens ont répondu brutalement aux manifestations pacifiques par des actes de violence, allant de tueries massives dans les rues à des attaques contre des victimes blessées et des hôpitaux", a dénoncé dans un message vidéo le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

En réponse, le Trésor impose une nouvelle série de sanctions économiques contre les intérêts iraniens.

Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué.

Sont aussi sanctionnés quatre responsables sécuritaires opérant à l'échelle régionale en Iran.

"Notre message au peuple iranien est clair: vos revendications sont légitimes. Vous manifestez pour une noble cause", a déclaré le ministre Bessent dans la vidéo.

"Notre message aux dirigeants iraniens est également clair", a-t-il continué.

"Le Trésor américain sait que, tels des rats qui quittent un navire en perdition, vous transférez frénétiquement les fonds volés aux familles iraniennes vers des banques et des institutions financières à travers le monde. Soyez assurés que nous les traquerons, et vous avec."

Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées.

Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.


«Continuez à manifester», «l'aide est en route», lance Donald Trump aux Iraniens

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.  Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
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  • La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option"
  • Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement

PARIS: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à renverser les institutions et a promis que "l'aide" arrivait, Téhéran dénonçant de son côté des "troubles orchestrés" pour servir de prétexte à une intervention militaire américaine.

"CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a écrit le président américain sur son réseau Truth social, soulignant que "beaucoup d'aide est en route".

Le président américain a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

La mission iranienne à l'ONU a accusé mardi les Etats-Unis de chercher à renverser le régime par la force, "des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire".

Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979 et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond".

La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.

Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme également l'ONG Human Rights Watch.

De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.

"Tirs au hasard" 

Les condamnations internationales ont afflué mardi: l'ONU s'est dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.

L'UE et des capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, selon Londres.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option".

Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement".

L'Iran reste privé d'internet depuis le 8 janvier. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.

L'IHR évoque 10.000 arrestations.

"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Mashad (nord-est de l'Iran).

Téhéran "prêt à toute éventualité" 

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté.

Les médias d'Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.

Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue mercredi d'une cérémonie funéraire géante à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en référence essentiellement à ceux-ci.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".

"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.

Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution.