Greta Thunberg en France pour soutenir les opposants à une autoroute

La militante écologiste suédoise Greta Thunberg et des manifestants participent à une manifestation contre le projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 10 février 2024 (Photo, AFP).
La militante écologiste suédoise Greta Thunberg et des manifestants participent à une manifestation contre le projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 10 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 11 février 2024

Greta Thunberg en France pour soutenir les opposants à une autoroute

  • Greta Thunberg est venue à Saïx pour participer à une «cabanade», un weekend d'ateliers, de tables rondes et de concerts organisés sur un terrain privé
  • Greta Thunberg et les autres membres des délégations sont restés dans le hangar pour écouter des prises de paroles et échanger avec les militants

SAIX: La militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue samedi en France apporter son soutien aux opposants à un projet d'autoroute, lors d'une mobilisation qui se voulait festive mais qui a été assombrie par des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

"Nous sommes ici en solidarité avec ceux qui résistent à ce projet et à cette folie", a déclaré l'égérie mondiale de la lutte contre le réchauffement climatique, arrivée sous la pluie à Saïx, à quelques kilomètres à l'ouest de Castres (sud de la France), avec une délégation de militants français et internationaux venus notamment de Belgique, de Suède et d'Espagne.

"Cela doit cesser", a-t-elle ajouté s'exprimant en anglais, avant de dire en français: "Stop A69!", en référence à une autoroute qui doit relier Toulouse à Castres. Elle a indiqué qu'elle serait dimanche dans la région de Bordeaux pour soutenir les opposants à un projet d'exploitation pétrolière.

Greta Thunberg est venue à Saïx pour participer à une "cabanade", un weekend d'ateliers, de tables rondes et de concerts organisés sur un terrain privé.

«Faire barrage»

Dans le même temps, à environ 300 à 400 mètres de là, une cinquantaine de policiers ont fait face pendant des heures à des activistes occupant une "ZAD" (zone à défendre) constituée notamment de cabanes construites dans des arbres sur le parcours de la future autoroute, pour tenter d'empêcher la poursuite du chantier.

Les forces de l'ordre, cantonnées sur une route, ont fait un usage massif de gaz lacrymogène mais n'ont pas pu pénétrer dans la ZAD, située sur un terrain privé au-delà d'un champ et d'une voie de chemin de fer.

Les activistes s'y réfugiaient, puis en sortaient, renvoyant les bombes lacrymogènes aux policiers et d'autres projectiles à l'aide de raquettes de tennis, selon un photographe de l'AFP.

"Une centaine d'individus bloque la voie ferrée entre Toulouse et Castres et ils ont mis des obstacles dessus. Les individus avaient mis en place trois barricades et en ont enflammé une, les gendarmes ont réussi à rouvrir le chemin communal qui avait été bloqué", ont indiqué les autorités locales dans un message.

Greta Thunberg et les autres membres des délégations sont restés dans le hangar pour écouter des prises de paroles et échanger avec les militants.

"J'ai grandi à Toulouse. Quand il y a des contestations écologiques en France, j'y vais. On a besoin de faire barrage, on n'a pas le temps d'attendre que notre génération arrive aux manettes", a expliqué Amine Messal, un Français de 25 ans qui se définit comme un "activiste international" et un membre de l'association La Voix est Libre, qui a convaincu Greta Thunberg et les autres représentants de venir soutenir les militants du Tarn.

Ces derniers mois, le mouvement de protestation semblait s'essouffler, alors que "45% du budget" du chantier a été engagé et "95% du déboisement" effectué, selon la société Atosca, concessionnaire de l'autoroute.

La présence de Greta Thunberg "permet d'inscrire pleinement la lutte contre l'A69 au niveau international et national et engage les responsables politiques à prendre la mesure de leur entêtement", avait souligné vendredi un des collectifs organisateurs, No Macadam.

Le gouvernement français est décidé à mener "jusqu'à son terme" cette portion d'autoroute, qui réduirait d'environ vingt minutes le trajet Castres-Toulouse et doit être mise en service en 2025. "Chère Greta Thunberg (...) l'autoroute A69 répond à un besoin vital pour le Tarn et ses habitants", a déclaré vendredi le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond.

Greta Thunberg, qui a acquis une notoriété mondiale avec ses "grèves de l'école pour le climat" entamées à l'âge de 15 ans en Suède, prend régulièrement part à de telles manifestations.

En octobre, elle avait reçu une amende pour le blocage du port de Malmö en Suède. Elle a remporté la semaine passée son procès à Londres, où elle était jugée pour trouble à l'ordre public lors d'une manifestation contre l'industrie des hydrocarbures en octobre.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».