Le remaniement attendu, Bayrou et Oudéa-Castéra au cœur de l'équation

Le chef du parti centriste MoDem français François Bayrou quitte le tribunal judiciaire de Paris, district nord de Paris, le 5 février 2024 (Photo, AFP).
Le chef du parti centriste MoDem français François Bayrou quitte le tribunal judiciaire de Paris, district nord de Paris, le 5 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 février 2024

Le remaniement attendu, Bayrou et Oudéa-Castéra au cœur de l'équation

  • Le Premier ministre s'est entretenu du casting à la mi-journée mardi avec Emmanuel Macron, dans l'espoir de trouver la bonne formule
  • Gabriel Attal semble en tout cas vouloir dissiper l'idée qu'il ferait obstacle à un tel retour tonitruant du dirigeant centriste

PARIS: Une équation à plusieurs inconnues et des invités surprises : la composition de la deuxième moitié du gouvernement, qui devrait être annoncée "plutôt" mercredi, pourrait s'avérer plus spectaculaire que prévu, avec l'entrée potentielle de François Bayrou et le possible départ d'Amélie Oudéa-Castéra, au coeur d'une série de polémiques à l'Education nationale.

Le Premier ministre Gabriel Attal s'est entretenu du casting à la mi-journée mardi avec le chef de l'Etat, dans l'espoir de trouver la bonne formule, mais différentes sources ont laissé entendre que les noms ne seraient probablement dévoilés que mercredi.

La rencontre de midi "n'a pas été conclusive", a reconnu un conseiller de l'Elysée.

"Ce sera plutôt demain (mercredi, ndlr) et plutôt après le Conseil des ministres", a indiqué, par ailleurs, l'entourage d'Emmanuel Macron, à propos de l'annonce des noms de la quinzaine de ministres délégués et secrétaires d'Etat appelés à rejoindre les 14 ministres en fonction depuis déjà un mois.

Malgré ces intenses tractations, le chef de l'Etat s'est rendu dans l'après-midi dans le Doubs, où il a été vu dans un bar-tabac au cœur du village de Roulans, selon le journal L'Est Républicain. L'Elysée a précisé que le déplacement visait à "échanger avec différents agriculteurs sur une exploitation (...) en petit comité".

La relaxe, lundi, de François Bayrou dans l'affaire des assistants parlementaires européens s'est subitement invitée dans la composition de l'équipe. Il a, dans la foulée, été longuement reçu par M. Macron, selon une source du camp présidentiel.

Résultat de cette entrevue, d'après deux influents conseillers de l'exécutif: le leader centriste âgé de 72 ans fait désormais bien "partie de l'équation" gouvernementale.

Mardi, c'est avec Gabriel Attal qu'il s'est entretenu, selon des sources proches du président du MoDem.

"Il y a beaucoup de manières de servir, je n'en ai éliminé aucune et choisi aucune", a martelé sur BFMTV-RMC le  leader centriste, éphémère ministre de la Justice juste après l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée en 2017.

Il avait déjà été ministre de l'Education nationale de 1993-1997 sous les gouvernements Balladur et Juppé.

«Poids lourds»

Si son nom circule beaucoup depuis lundi pour remplacer Amélie Oudéa-Castéra, la surprise à ce poste pourrait venir d'ailleurs, selon une source proche de l'exécutif, qui voit une autre personnalité émerger à l'Education nationale.

Amélie Oudéa-Castéra est dans la tourmente depuis ses propos sur ses enfants scolarisés dans le très conservateur établissement privé catholique Stanislas dans le VIe arrondissement de Paris et, de plus en plus, son sort semble scellé.

La ministre, qui était auditionnée mardi après-midi à l'Assemblée nationale, a été chahutée lors de la séance des questions au gouvernement, certains députés criant le nom de "François Bayrou". "C'est vous qui refusez de démissionner, qui insultez les enseignants", lui a lancé le socialiste Arthur Delaporte.

Amélie Oudéa-Castéra, qui affrontait mardi une nouvelle grève des enseignants, n'a "plus la confiance de la profession", juge Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. La syndicaliste réclame "un ou une ministre de plein exercice" alors que Mme Oudéa-Castéra a gardé la responsabilité des Sports et des Jeux olympiques.

"La maison brûle, si on a besoin de quelqu'un pour pacifier les relations entre le monde de l'Education nationale et le pouvoir politique, François Bayrou a des titres à faire valoir", a estimé de son côté le député MoDem Jean-Louis Bourlanges.

Gabriel Attal semble en tout cas vouloir dissiper l'idée qu'il ferait obstacle à un retour tonitruant du dirigeant centriste, qui n'avait pas accueilli avec ferveur sa nomination à Matignon. "J'ai tout intérêt à avoir des poids lourds dans l'équipe", a plaidé le chef du gouvernement auprès du quotidien Le Monde.

Mais in fine, "personne ou alors très peu de monde sait ce qu'il se trame réellement entre le président (Emmanuel Macron) et François Bayrou", relève un cadre du camp présidentiel.

D'autant que son arrivée aurait une influence sur d'autres équilibres à respecter, comme la place de son parti et d'Horizons, celui de l'ex-Premier ministre Edouard Philippe, ou la parité hommes-femmes.

Selon le chef de file des députés Renaissance, Sylvain Maillard, la volonté de M. Macron et de M. Attal d'avoir un gouvernement resserré de 30 membres maximum complique aussi la donne.

"Ils ont du mal avec les périmètres", explique-t-il, car certains secteurs veulent "des ministres pour les représenter", comme les associations de défense de l'enfance.

D'autres enjeux politiques seront à surveiller comme la place de l'aile gauche de la macronie, ou le débauchage de nouvelles recrues à droite, notamment chez les sénateurs, après celui de Rachida Dati à la Culture.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.