Apple s'ouvre à la concurrence, l'UE salue l'impact de ses nouvelles règles

Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau de l'Union européenne à San Francisco, en Californie, le 22 juin 2023. (Photo de Josh Edelson / AFP)
Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau de l'Union européenne à San Francisco, en Californie, le 22 juin 2023. (Photo de Josh Edelson / AFP)
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Publié le Vendredi 26 janvier 2024

Apple s'ouvre à la concurrence, l'UE salue l'impact de ses nouvelles règles

  • Apple a annoncé jeudi des modifications majeures au système d'exploitation iOS qui équipe ses célèbres téléphones portables afin de se conformer à la nouvelle réglementation sur les marchés numériques
  • Apple avait annoncé en septembre qu'il allait intégrer le port universel de chargement dit «USB-C» à sa nouvelle gamme d'iPhone

BRUXELLES: Le commissaire européen Thierry Breton a salué vendredi "le changement en cours" après des annonces d'Apple pour adapter ses iPhone aux nouvelles règles européennes, tout en prévenant que l'UE n'hésiterait pas à sévir en cas d'infraction.

Apple a annoncé jeudi des modifications majeures au système d'exploitation iOS qui équipe ses célèbres téléphones portables afin de se conformer à la nouvelle réglementation sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA).

Ces changements ont été consentis à contrecoeur, sous la pression de Bruxelles, le groupe de Cupertino ayant toujours affiché son hostilité au DMA.

La Commission européenne, qui joue désormais le rôle de gendarme du numérique dans l'UE, devra évaluer leur conformité avec la nouvelle législation qui s'appliquera début mars.

"Le changement est déjà en cours", s'est félicité le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, interrogé par l'AFP sur les annonces du groupe californien.

"Plus de choix pour les consommateurs et plus d'opportunités pour les petites entreprises technologiques innovantes. Le DMA ouvrira les portes de l'internet à la concurrence afin que les marchés numériques soient équitables et ouverts", a-t-il souligné.

"À partir du 7 mars, nous évaluerons les propositions des entreprises, avec l'avis de tiers. Si les solutions proposées ne sont pas assez bonnes, nous n'hésiterons pas à prendre des mesures fortes", a-t-il prévenu.

Concrètement, la marque à la pomme a annoncé qu'elle autoriserait sur ses téléphones à partir de mars des magasins d'applications alternatifs qui entreront en concurrence avec son App Store.

Elle s'ouvrira également aux services de paiement sans contact autres que sa solution Apple Pay.

Le choix d'un navigateur alternatif à Safari sera par ailleurs facilité par l'ouverture automatique d'un menu proposant des solutions concurrentes alors qu'il fallait jusqu'ici aller dans les paramètres pour faire une telle modification.

Ces évolutions sont assorties de nouvelles conditions tarifaires pour les développeurs.

Apple dénonce «des risques»

"Les changements sont conformes aux exigences de la loi sur les marchés numériques de l'Union européenne, tout en contribuant à protéger les utilisateurs de l'UE contre les inévitables menaces accrues en matière de confidentialité et de sécurité que cette réglementation entraîne", affirme Phil Schiller, vice-président marketing d'Apple, cité dans un communiqué.

"Même avec ces garanties en place, de nombreux risques demeurent", affirme le groupe de Cupertino, dont la sécurité est l'un des principaux arguments marketing et qui n'a jamais caché son hostilité au DMA. Apple estime aussi que les nouvelles règles entraîneront une "expérience utilisateur moins intuitive".

"C'est la même histoire que pour le chargeur commun: ils font tout un drame, mais ils finissent par se conformer. S'ils s'inquiètent de la sécurité, cela signifie qu'ils n'ont pas bien fait leur travail et que la Commission peut les poursuivre", a confié vendredi à l'AFP un haut fonctionnaire européen.

Apple avait annoncé en septembre qu'il allait intégrer le port universel de chargement dit "USB-C" à sa nouvelle gamme d'iPhone, afin de respecter avec un an d'avance une législation européenne qu'il a longtemps combattue.

La marque à la pomme a construit son succès sur un écosystème fermé dont elle contrôle tous les paramètres, une philosophie en opposition frontale avec les règles européennes de concurrence. Elle l'a toujours défendu en invoquant des impératifs de sécurité et un confort accru pour ses utilisateurs.

Le règlement sur les marchés numériques s'appliquera à Apple mais également à cinq autres géants du numérique - Alphabet (Google), Amazon, Meta (Facebook, Instagram), Microsoft et le Chinois ByteDance (TikTok).

Cette législation introduit des règles plus strictes pour endiguer les pratiques anticoncurrentielles dans l'UE. Les entreprises en infraction s'exposeront à des amendes pouvant atteindre 20% de leur chiffre d'affaires mondial en cas de récidive, voire à des mesures de démantèlement dans les cas les plus graves.

A l'initiative du texte, les commissaires Thierry Breton et Margrethe Vestager espèrent favoriser l'émergence de start-ups européennes et améliorer les services offerts aux consommateurs.

Le DMA permettra d'agir en amont contre les abus de position de dominante. Les règles traditionnelles de concurrence en vigueur dans l'UE avaient échoué à mettre au pas les mastodontes du secteur, entraînant la Commission dans des procédures judiciaires interminables.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.