2020: Les musées à l’épreuve de la pandémie

Des visiteurs portant des masques faciaux marchent dans une allée du musée du Louvre, désertée par les touristes en raison de la pandémie de la Covid-19, à Paris, le 14 octobre 2020. (AFP)
Des visiteurs portant des masques faciaux marchent dans une allée du musée du Louvre, désertée par les touristes en raison de la pandémie de la Covid-19, à Paris, le 14 octobre 2020. (AFP)
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Publié le Dimanche 03 janvier 2021

2020: Les musées à l’épreuve de la pandémie

  • 90 % des institutions muséales, soit plus de 85 000 à travers le monde, ont fermé leurs portes pendant la crise
  • Comme le contact avec le public est essentiel, de nombreux musées ont tenté de s’adapter à la situation nouvelle en proposant un contenu numérique de leurs collections

Dans son ensemble, le secteur est durement touché par la pandémie de la Covid-19. La fermeture des musées et l’impossibilité des rencontres à cause des mesures sanitaires ont privé la population d’un accès physique aux musées et considérablement pesé sur les revenus des professionnels de ce secteur. 90 % des institutions muséales, soit plus de 85 000 à travers le monde, ont fermé leurs portes pendant la crise. Aujourd’hui, ces institutions restent confrontées à des défis complexes qui devraient perdurer en 2021.

De lourdes pertes

«Difficile», c’est le terme employé par Peter Keller, directeur général du Conseil international des musées (Icom) pour décrire la situation que traversent actuellement les musées et les professionnels du secteur. «Mais les situations sont contrastées et diffèrent selon la situation géographique des établissements et leur modèle économique», explique-t-il.

Ainsi, selon les résultats de l’enquête effectuée par l’Icom à l’automne 2020, «44 % des musées dont les chiffres dépendent de la billetterie ou des ventes en boutique et non du financement public s’attendent à une diminution de leurs revenus de 50 %».

«À titre d’exemple, en France, ce sont les grands musées qui dépendent du tourisme international qui souffrent le plus, et leur modèle économique repose essentiellement sur des recettes propres (billetterie, boutiques, restaurants, mécénat)», souligne M. Keller. Le musée le plus célèbre au monde, le Louvre, qui a enregistré 40 millions d’euros de pertes sèches pendant le confinement, a vu sa fréquentation baisser de 75 % en juillet et de 60 % en août par rapport aux deux mois correspondants de 2019.

Un visiteur regarde les sacs exposés lors d'un aperçu presse de la prochaine exposition « Bags: Inside Out » au musée Victoria and Albert (V&A) à Londres le 9 décembre 2020. (AFP)
Un visiteur regarde les sacs exposés lors d'un aperçu presse de la prochaine exposition « Bags: Inside Out » au musée Victoria and Albert (V&A) à Londres le 9 décembre 2020. (AFP)

Mais si la situation des établissements français peut paraître compliquée, «celles des musées outre-Atlantique, au Moyen orient et en Afrique est bien plus difficile», poursuit le directeur de l’Icom. Dans une enquête publiée le 17 novembre par l’Alliance américaine des musées (AAM), les institutions muséales du pays auraient perdu, en moyenne, 850 000 dollars (1 dollar = 0,82 euro), soit un total de 29,75 milliards de dollars.

En Europe, globalement la situation reste meilleure. Les musées français pourront compter sur un soutien des pouvoirs publics. Le 3 septembre, le ministère de la Culture a annoncé une enveloppe de 334 millions d’euros pour la reprise d’activité des musées en difficulté.

Même au Royaume-Uni, le ministre britannique de la Culture, Oliver Dowden, a annoncé une aide de 100 millions de livres (1 livre sterling = 1,11 euro) aux 15 musées nationaux, fragilisés par la pandémie de Covid-19. Mais ce soutien semble soumis à condition. Dans un courrier envoyé aux directeurs des musées et révélé par l’Art Newspaper, le ministre leur demande d’avoir une approche aussi commerciale que possible. Notamment en monétisant leur offre numérique. C’est ce que la National Gallery à Londres a annoncé le 20 novembre 2020, en proposant une visite vidéo payante de son exposition en cours, mais non accessible pour cause de Covid-19. Une démarche mal accueillie par le public.

Professionnels en difficulté

Quant au personnel muséal, lui aussi a souffert. «Selon 14 % des personnes interrogées, une partie du personnel a été placé en chômage partiel ou licenciée. En outre, pour 16,2 % des sondés, au moins un quart du personnel des musées a été licencié ou mis à pied entre février et septembre 2020 à la suite de la crise», affirme Peter Keller. Il faut également noter une fragilité particulière du free-lance: «40,9% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles devront suspendre le paiement de leur propre salaire en raison de la crise», explique-t-il.

Travailler, malgré tout

Pourtant, nombre d’entre eux, comme le musée du Quai Branly-Jacques-Chirac, ont maintenu certaines de leurs activités. «Certes il n’y avait pas de public, mais la vie a continué à l’intérieur des portes du musée. Nous avons régulièrement organisé des veilles sanitaires dans les salles permanentes du musée et dans les réserves. De nombreux objets ont été acquis, certains ont même été préemptés dans des ventes publiques. Nous avons également continué le travail de correction et d’enrichissement scientifique des fiches informatiques des objets dans la base de données», affirme Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient.

Défis numériques et techniques

Comme le contact avec le public est essentiel, de nombreux musées ont tenté de s’adapter à la situation nouvelle en proposant un contenu numérique de leurs collections. Ils ont fait preuve d’inventivité et ont lancé des actions originales. À Genève, les musées proposent des webséries, des feuilletons digitaux, des activités ludiques à la maison pour les enfants. À Saint-Pétersbourg, le musée de l’Ermitage propose une visite virtuelle de cinq heures de ses 45 galeries et de ses 588 chefs-d’œuvre filmés d’une traite et sans public. À l’occasion de la Journée internationale des musées, le Musée national au Liban a lancé une campagne virtuelle de sensibilisation au coronavirus en utilisant les objets archéologiques du musée. En France, le musée du Quai Branly révèle, en trois épisodes vidéo, les mystères de la civilisation olmèque, exposée dans ses salles. Au Centre Pompidou, le jeu vidéo Prisme7 propose d’interagir avec 40 œuvres. Les musées néerlandais ont lancé VanGoghWorldwide, une plate-forme numérique qui regroupe 1 000 œuvres de Van Gogh.

Les visiteurs du musée voient la crèche baroque napolitaine du XVIIIe siècle et l'arbre de Noël traditionnel au Metropolitan Museum of Art le 21 décembre 2020 à New York City. (AFP)
Les visiteurs du musée voient la crèche baroque napolitaine du XVIIIe siècle et l'arbre de Noël traditionnel au Metropolitan Museum of Art le 21 décembre 2020 à New York City. (AFP)

Mais le succès de toutes ces offres numériques s’est déjà un peu essoufflé lors du deuxième confinement: le «public virtuel» s’est lassé. Et les offres sont gratuites dans la majorité des cas. Ce qui, selon les spécialistes, est peu rentable et connaît des limites, car l’expérience du vécu reste inhérent à la vocation des musées: «Le fait d’avoir accès à des œuvres d’art, à des objets, à des documents en vrai, devant soi, est irremplaçable. Le numérique est un plus. En ce moment, sur les court et moyen termes, ça peut aller, mais si le virtuel va certainement enrichir l’offre, il ne la remplacera jamais dans la durée lorsque la situation sera revenue à la normale», confie Peter Keller.

Expositions itinérantes ajournées

Aussi, d’autres obstacles de taille semblent modifier et ralentir l’offre muséale. Les professionnels prennent conscience de la difficulté de faire voyager les œuvres: transports bloqués, coûts additionnels, risque de circulation du virus, problèmes de conservation. Les expositions itinérantes dont l’un des objectifs est de renouveler la relation avec les visiteurs sont de facto ajournées. «Nous faisons face à des difficultés dans la programmation. Il est très difficile de se projeter alors qu’il n’y a aucune visibilité dans la durée. Une exposition se prépare longtemps à l’avance – parfois jusqu’à deux ans. Cette année, nous avons annulé une exposition et en avons décalé trois autres sans savoir si nous pourrons les reprogrammer en 2021», déclare Zeina Arida, directrice du musée Sursock à Beyrouth.

Aujourd’hui, il y a une nouvelle réflexion autour des grandes expositions. «Il est vrai qu’elles récoltent des fonds, mais, en contrepartie, elles engendrent de lourds coûts financiers. Dorénavant, le choix des expositions sera plus raisonnable, et les objets effectueront moins de déplacements», déclare Anne-Marie Afeiche directrice générale du Conseil général des musées au Liban. «En 2021, un frein sera certainement mis aux grandes expositions coûteuses partout dans le monde, tandis que les collections permanentes pourraient être mieux mises en valeur. Tout cela en attendant la fin de la crise, bien entendu», ajoute-t-elle.

Le musée Sursock de Beyrouth dans le quartier d'Achrafieh se tient sans ses vitraux le 7 août 2020, brisé lorsqu'une explosion massive a ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise trois jours plus tôt. (AFP)
Le musée Sursock de Beyrouth dans le quartier d'Achrafieh se tient sans ses vitraux le 7 août 2020, brisé lorsqu'une explosion massive a ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise trois jours plus tôt. (AFP)

Il reste à savoir comment la situation va évoluer. De toute évidence, la tournure que prend la crise sanitaire n’augure rien de bon pour les prochains mois, voire pour toute l’année à venir. «Mais sur le long terme – à partir de 2023-2024 –, je reste optimiste», avance Peter Keller. «Le monde des musées avance aujourd’hui à pas mesurés, en gardant en tête que notre équilibre reste précaire et que nous devons nous réinventer pour garder une activité, sur site ou en ligne

Pour Anne-Marie Afeiche, «il est nécessaire de garder les musées disponibles au public. Et surtout ne pas oublier le rôle fondamental que jouent ces institutions dans nos sociétés. Elles préservent non seulement notre patrimoine commun, mais fournissent également des espaces qui promeuvent l’éducation, l’inspiration et le dialogue. Enfin, elles sont des lieux de résilience et d’appréciation du beau à toute époque», conclut-elle.


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com