Discrimination envers des footballeurs musulmans: L'ex-entraîneur niçois Galtier relaxé

A l'audience vendredi dernier, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a requis un an de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre l'ex-coach du PSG (Photo, AFP).
A l'audience vendredi dernier, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a requis un an de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre l'ex-coach du PSG (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 22 décembre 2023

Discrimination envers des footballeurs musulmans: L'ex-entraîneur niçois Galtier relaxé

  • Christophe Galtier, l'ex-entraîneur de Nice, a été relaxé jeudi, à l'issue d'un procès qui avait tourné au règlement de comptes personnels
  • «Aucune des deux infractions n'est caractérisée», a insisté le tribunal correctionnel de Nice, en prononçant son jugement

NICE: Poursuivi pour discrimination et harcèlement, essentiellement contre des footballeurs musulmans, Christophe Galtier, l'ex-entraîneur de Nice, a été relaxé jeudi, à l'issue d'un procès qui avait tourné au règlement de comptes personnels.

"Aucune des deux infractions n'est caractérisée", a insisté le tribunal correctionnel de Nice, en prononçant son jugement.

Lors d'une longue audience vendredi, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avait pourtant prononcé un réquisitoire très dur contre l'ancien coach du Paris SG, réclamant un an de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.

Pour le parquet, Galtier avait "clairement cherché à diminuer le nombre de noirs et de musulmans dans l'équipe", notamment en "instrumentalisant le ramadan", le mois de jeûne dans l'islam, sur "fond de racisme ordinaire".

Retourné au Qatar, où son équipe Al-Duhail devait jouer jeudi après-midi, Galtier était absent à l'annonce du jugement au palais de justice de Nice. Informé par téléphone de l'issue positive de son procès, il s'est déclaré "soulagé", a précisé Me Sébastien Schapira, l'un de ses deux avocats.

Les deux conseils de l'ancien joueur de l'Olympique de Marseille ont salué la victoire judiciaire de leur client: "Ces accusations odieuses avaient causé des dégâts importants dans sa vie d'homme et sa carrière professionnelle", a affirmé Me Olivier Martin.

"Aujourd'hui, c'est une réhabilitation totale pour lui, (...) mais c'est aussi une satisfaction pour la défense car nous avons pu démontrer la manipulation qui avait été opérée et l'instrumentalisation faite de certains propos, avec le but avoué de nuire à l'homme et à sa réputation professionnelle".

L'affaire avait commencé en avril avec la révélation par deux journalistes d'un courriel incendiaire de mai 2022 de Julien Fournier, alors directeur général de l'OGC Nice, à l'actionnaire, le groupe britannique Ineos.

Il y accusait Galtier de réclamer moins "de noirs et de musulmans" dans l'équipe et de s'insurger contre les joueurs qui refusaient de suspendre le jeûne du ramadan les jours de match, comme le faisaient les Lillois musulmans avec lesquels il avait été champion de France la saison précédente.

«Ce dossier était vide»

Au cours de l'enquête, de nombreux autres responsables de l'OGC Nice et d'Ineos avaient assuré n'avoir jamais entendu parler de souci avec Galtier dans le vestiaire, avant la révélation de ce mail. Plusieurs avaient plutôt insisté sur les relations exécrables instaurées au fil de la saison entre Fournier et Galtier.

"Cette décision est un rappel à l'ordre salvateur, la justice se rend dans les prétoires, dans le cadre d'un débat contradictoire, pas dans des talk-shows de fin de soirée ou sur YouTube par deux pseudo-journalistes incompétents", a insisté Me Martin.

"Ce dossier était vide", a poursuivi Me Schapira. "Cela ne correspondait pas non plus à la personne de Christophe Galtier, qui exerce dans le foot depuis 40 ans et qui n'avait jamais été pris en défaut", a-t-il plaidé.

A l'audience, mi-décembre, aucun des accusateurs du coach des Aiglons pendant la saison 2021-2022 ne s'était présenté à l'audience, où Galtier était resté debout à la barre pendant huit heures, écoutant sans broncher la lecture fastidieuse des éléments saillants des procès-verbaux d'une trentaine d'auditions réalisées dans ce dossier.

Cité par la défense, Hakim Chalabi, directeur médical du PSG, était venu expliquer les risques que le mois de jeûne diurne et les courtes nuits faisaient peser sur les joueurs et leurs performances s'il était mal géré, estimant que ce serait "une faute professionnelle" pour un entraîneur de ne pas s'en soucier.

L'enquête avait en tous cas démontré qu'aucun des joueurs de l'OGC Nice suivant le ramadan n'avait concrètement été écarté des terrains. Et ce quand bien même le mois de jeûne musulman intervenait cette année-là en avril, dans la dernière ligne droite d'un championnat où Nice avait de hautes ambitions.

L'an dernier, Antoine Kombouaré, autre ex-entraîneur du PSG alors au FC Nantes, n'avait pas été poursuivi après avoir pourtant publiquement expliqué en conférence de presse qu'il laissait chez eux, pour les préserver, les joueurs respectant le ramadan les jours de match.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.