Des mesures pour favoriser la mixité sociale annoncées par la Première ministre Élisabeth Borne

Ahmed Laouedj, sénateur de la Seine-Saint-Denis. (Photo fournie).
Ahmed Laouedj, sénateur de la Seine-Saint-Denis. (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 08 décembre 2023

Des mesures pour favoriser la mixité sociale annoncées par la Première ministre Élisabeth Borne

  • Annoncées par la Première ministre française, Élisabeth Borne, des mesures seront mises en œuvre afin de favoriser la mixité sociale en France
  • «Cette population est concentrée dans les mêmes quartiers depuis quarante ans», nous révèle Ahmed Laouedj

PARIS: Annoncées par la Première ministre française, Élisabeth Borne, à l’issue du comité interministériel des villes qui s’est tenu à Chanteloup-les-Vignes, des mesures seront mises en œuvre afin de favoriser la mixité sociale en France. Ces mesures, selon Mme Borne, ont notamment pour objectif d’atténuer les inégalités sociales, en particulier dans l’attribution de logements sociaux aux personnes en situation de précarité.

«Je demande donc aux préfets de ne plus installer via les attributions de logements ou la création de places d’hébergement les personnes les plus précaires dans les quartiers qui concentrent déjà le plus de difficultés.» La Première ministre précise que le gouvernement compte «mener une action déterminée pour enrayer les phénomènes de concentration de la pauvreté et des difficultés dans les quartiers».

Elle annonce également des mesures pour lutter contre le racisme et atténuer les inégalités entre les quartiers populaires et le reste du territoire. Plus concrètement, le gouvernement appelle les préfets à ne plus délivrer les logements sociaux d’urgence aux seuls quartiers défavorisés. Les personnes bénéficiant du droit au logement opposable (Dalo), dispositif juridique qui leur permet d’être reconnues prioritaires dans l’attribution de logements sociaux, ne devraient plus être orientées vers les quartiers les plus défavorisés de France.

«Cette population est concentrée dans les mêmes quartiers depuis quarante ans», nous révèle Ahmed Laouedj, sénateur de la Seine-Saint-Denis, qui appartient au groupe du Rassemblement démocratique et social européen et qui est vice-président national du parti Radical de gauche, dans une interview accordée à Arab News en français. Concernant la mesure annoncée par la Première ministre, le sénateur y est favorable. «Mais je m’interroge: comment vont-ils procéder pour faire accepter ce dispositif dans des quartiers comme celui du XVIe arrondissement de Paris? Nous avons en France des villes qui préfèrent payer des amendes plutôt que construire des logements sociaux pour ces populations.» Ahmed Laouedj rappelle que les demandes de logements sociaux en attente dans son département concernent entre douze et quinze mille dossiers.

Inégalités sociales

Au sujet de la lutte contre les inégalités sociales, Élisabeth Borne annonce plusieurs mesures, parmi lesquelles l’extension des cités éducatives, la prise en charge des élèves en difficulté et en échec scolaire ou l’élargissement de l’accès aux établissements culturels et éducatifs, dont les bibliothèques.

«Deux gouvernements successifs, ceux de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ont fait en sorte de couper les vivres et de limiter les services publics attribués aux habitants des quartiers», déplore Ahmed Laouedj.

Interrogé sur les annonces de la Première ministre pour la lutte contre les inégalités sociales, le sénateur Laouedj évoque la faiblesse des services publics dans les quartiers pauvres. «Deux gouvernements successifs, ceux de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ont fait en sorte de couper les vivres et de limiter les services publics attribués aux habitants des quartiers. Les aides qui permettaient de créer des liens associatifs ont été supprimées. Comment dépasser les contraintes que subissent ces populations sans l’omniprésence des services publics? On a laissé pourrir la situation. Aujourd’hui, des caïds de la drogue et de la délinquance se sont installés dans les quartiers.» Le sénateur regrette «le retrait de la police de proximité dans les quartiers difficiles, une police qui permettait de créer du lien, d’échanger avec les jeunes. […] L’État a décidé de mettre plus de 300 millions d’euros sur la table. Alors je dis: “Allons-y!” Faites-nous des propositions, parce que, pour moi, à ce jour, ce sont juste des annonces.»

Lutte contre les discriminations

Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, au logement ou aux prêts bancaires, le gouvernement compte lancer, dès 2024, des opérations de testing massives pilotées par une délégation interministérielle. Mme Borne fait part du lancement d’un programme intitulé «Entrepreneuriat quartiers 2030» et doté d’une enveloppe budgétaire de 456 millions d’euros sur quatre ans, et dont l’objectif est d’encourager la création d’entreprises dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPPV).

Pour Ahmed Laouedj, il faudra aider les jeunes entrepreneurs issus des quartiers défavorisés. «Ces entrepreneurs créent des richesses dans notre pays. Il faut que l’État prenne en compte ces initiatives qui sont porteuses pour un département comme le nôtre. Il faudra une réelle volonté politique pour arrêter toute discrimination. Le testing, c’est du show.»

«Nous voulons des actes, un accès aux crédits pour la population. Bloquer des personnes dans l’évolution sociale en raison de leur origine ou de leur religion est inadmissible et condamnable. J’attends que la Première ministre puisse mettre les choses en place. […] Les discriminations, quoi qu’on en dise, existent dans notre pays. Nous avons des surdiplômés qui habitent dans les quartiers et qui n’accèdent pas à l’emploi dans les grandes entreprises. Il faut que cela cesse», conclut-il.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.